« Comme des fous », B.O.S.S

Les paroles de Comme des fous:

[Refrain: JoeyStarr – x2]
Comme des fous
9-3 mon ghetto mon crew
écoute ça vient d’en dessous
On ira jusqu’en haut, jusqu’au bout, jusqu’au bout

[Couplet1: Fatcap (Bobby Buntlack)]
2 triples zéro
Plus rien ne peut se passer
Le truc qui nique tout
C’est qu’il y a tout qui fait qu’on sature
Tellement de pression que quand je rappe faut que ca tue
Rien à perdre chacun veut garder sa tune
Un inédit: Jaeyez et Fat et faut que ça tourne
C’est fuck celles qui se moquent qu’on ken
Tellement high que pour m’avoir faut smoke cocaïne
Rien à foutre de tout je me fou de tout et c’est tout, j’ai l’atmosphère qui t’étouffe
Dis moi qui t’écoute? Violence sans cesse
Mon rap sent le sexe, l’école est là pour élever ton mental
L’état lui pour enlever ton métal, partout les faits divers s’étalent
Partout ca parle de flingues de métal
Nouveau millénaire, mec faut bien qu’on se taille
Mais tout part vite en couille comme Ferk et freestyle
Même ghetto, même but, même bedo, même pute
L’argent n’a pas d’odeur parle plus d’authenticité
Demande aux petits, aux grands de ta cité
Ce qu’ils pensent de leur avenir
1.9.9.9 apocalypse à l’heure à venir dur d’effacer

[Refrain: JoeyStarr – x2]

[Couplet2: Fatcap (Ferk Daxxx)]
Putain mais qu’est ce que tu veux que je dise, je suis juste un sale gosse de 20 piges
Qui bosse pour le Scandalz et qui agit avec stratégie
Faut que tu t’imagines la scène comme au ciné
Un film signé Fatcap et Jaeyez pour tout calciner
L’enfer est sur terre, t’as vu ? et ca c’est sans commentaires
Je suis juste un homme et je sais plus comment faire
Vu qu’il y a plus d’humanité
Ni de fraternité depuis un éternité
Si je crois plus en rien, c’est parce que j’ai plus rien qui me tient
à part les liens avec les miens et tu sais bien d’où je viens du 9-3
Département d’ailleurs je cass-dédi tout droit
Pour les appartements de Seine-Saint-Denis et d’ailleurs
Ca vient de Bondy, qu’est ce que t’en dis ?
J’apporte un style, hostile et austère
Je suis pas la pour faire l’imposteur, ni la fausse star en poster
Pour le 3ème millénaire, on vit les nerfs à vif
Et on reviens encore plus venère
Avec toujours du son que tu kiffes

[Refrain: JoeyStarr – x2]

[Couplet3: Jaeyez]
Je sais faut se faire la belle
Terre, ciel, ou mer pour être de la fête
Ici comme chaque été pour s’évader on se pète la tête
On bien forcer d’y aller
Raler ca sert plus à rien
Trop embêté trop endetté mais je vais bien
Dernier message du cokpit, dehors c’est le souk plus de re-soi plus de zouk
Il faut boucler la boucle
Nul doute nos valeurs reste intrinsèquent
Au régime, au pain sec, en chien entre 2 siècles
Et faut garder le moral ici-bas
Tous le même combat
L’aiguille sur le sillon, le discours en dit long baba
à l’instar d’un Fatcap, SP.One, Joey re-Sta
Babylone qu’est ce que t’as ?
On décapite ta casta c’est un festival
Prêt pour le grand final instinct animal
Sur un son minimal débat de débit en vrai vandale
Je viens marquer les annales
De mes coups de sandale
Je suis prêt pour le Scandalz

Portrait d’apo75

Comme apo75, fais-toi tirer le portrait en 5 questions par Comme des fous.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Ma mère, mon père. Je fais du violon mais j’aime aussi la littérature. Je suis passionnée par le Droit. Je veux devenir avocate ou juge.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Avocate c’est se battre pour que la justice soit rendue ou du moins tenter de la rétablir tout en tenant compte de la personne.
J’ai l’impression que je pourrais agir et faire entendre ma voix au sein d’une société qui ne veut pas entendre parler de moi.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Un monde bien à part qui mérite largement qu’on s’y intéresse et qu’on finance la recherche afin que les patients puissent bénéficier de meilleurs traitements.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La force créatrice.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je pourrais œuvrer pour le monde de la santé mentale l’ayant fréquenté. Sinon je lui demanderais de laisser plus de liberté aux patients pour qu’ils se révèlent. Etre fou ne signifie pas pour autant être idiot bien au contraire.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://www.facebook.com/folleffet/

Portrait d’Elojoy

Comme Elojoy, fais-toi tirer le portrait en 5 questions par Comme des fous.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Le partage du bonheur, avec de l’amour, de la famille, des amis… sur un coin vert de Terre !
Un coin vert, avec du ciel bleu, de l’eau, du soleil et plus de la chaleur humaine 🙂

J’aspire à la Paix !
J’aspire à la Joie !
J’aspire à rire, à chanter, à danser et aimer encore….

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis sans emploi, j’erre avec mes questions existentielles sur mon parcours d’étudiante avorté, et je suis tétanisée à l’idée de travailler pour de vrai (horaires fixes, patron, obligation de rentabilité…).

Mais j’aime ma vie, remplie de créativité, de bonheurs simples, partagés avec les amis…
Prendre soin de moi, de mes proches.
Prendre le temps de vivre, de faire la cuisine, d’étendre le linge, d’écouter les oiseaux, de sentir les fleurs…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il y a encore beaucoup à faire, de recherches à mener, de bienveillance à amener, de dé-stigmatisation à faire…

!!! à la question, QUE PENSES-TU DE LA SANTÉ MENTALE DU MONDE ?

Je répondrais :
J’ai toujours dit que le monde est plus fou que tous mes délires confondus..
Je suis diagnostiquée bipolaire, avec des phases maniaques délirantes…
Et j’ai plutôt des « good trip »… pourtant ça se finit toujours à l’HP…

Alors qui est le plus malade, le monde ou moi ? Ou bien la folie ambiante du monde m’écœurerait-elle ? Me contaminerait-elle ? Au point de perdre la tête.

Le monde marche sur la tête, on jette de la nourriture quand d’autres meurent de faim, on pisse dans l’eau quand certains font des kilomètres pour en trouver. On vit dans un paradis que l’on détruit. On est en train de scier la branche sur laquelle on est perchée…
Le monde est définitivement MALADE…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie ? Je ne sais pas…
Ma folie ? Elle me permet de regarder le monde autrement, de prendre de la distance (entre les crises), elle m’offre le temps de vivre… une vie avec une saveur intense, et parfois trop intense.

C’est le grain de sel qui évite à la sagesse de pourrir dirait Saint François d’Assise.

Et je dirais que sans la pluie, le ciel n’aurait pas d’arc-en-ciel… et sans larmes, l’âme non plus…

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je ne pourrais pas devenir ministre de la santé mentale, quoi que, en y réfléchissant…

Par contre, je lui demanderais de considérer un malade, non par sa maladie, mais par son humanité, sa fragilité, sa sensibilité…

Je construirais des hôpitaux psychiatriques beaux, inspirants, avec des soignants bienveillants.
Formés à l’écoute active, à la communication non-violente.
Je mettrais un punching ball à disposition pour se défouler…
Surtout quand on est enfermé dans une chambre d’isolement pendant des semaines.

Je réenchanterais les hôpitaux de tendresse, de beauté et de légèreté… (ce qui m’a le plus manqué là-bas).

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

www.smiile.com

Portrait de Mathieu

Comme Mathieu, fais-toi tirer le portrait en 5 questions par Comme des fous.

Comme un faux air de famille…

Elle te fauche en plein vol, Elle se révèle insidieuse

Tu divagues, Je suis dans le déni

Elle te transforme, Elle me grignote

Tu attires l’attention, Je m’efface

Elle ne te laisse aucun répit, Elle est déjà bien installée

Tu deviens insupportable, Je procrastine

Elle nous éloigne de toi, Elle fait maintenant partie de moi

Tu reprends goût à la vie, Je commence à mettre des mots sur les maux

Elle guide de moins en moins tes pensées, Elle reste à apprivoiser

Tu te construis tant bien que mal, J’ai l’espoir d’y arriver

Elle s’appelle schizophrénie. Elle s’appelle anxiété généralisée.

 

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Parvenir a faire le deuil d’une vie : une vie rêvée, une vie marquée par l’insouciance, cette vie façonnée par ses envies, cette vie faite de petits et grands bonheurs.

Etre en phase avec la maladie, qui à fait de moi ce que je suis aujourd’hui, c’est la prochaine étape de ma vie.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

« La question qui tue ».

Cette interrogation fait ressurgir mes tourments : les palpitations se font sentir…la honte m’envahit.

C’est le néant, le vide.

« Je ne fais rien ».

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

D’une façon générale, je dirai que le monde de la santé mentale se singularise par sa bienveillance, son empathie.

Se mettre émotionnellement à la place de l’autre, tout en gardant la distance nécessaire est à mes yeux assez remarquable.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une force de caractère que l’on ne soupçonnait pas.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Une campagne nationale pour un changement de regard sur le handicap psychique.

On a souvent peur de ce que l’on ne connaît pas.

Il est important de briser les préjugés.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://latetehaute.fr

Un match de folie

Par un dimanche de septembre, je me suis rendu au stade et j’ai fini le lendemain interné en psychiatrie. Voici mon récit pour tenter de mettre en mots ce souvenir vivace.

Nouvellement abonné au Paris Saint-Germain, je devais me rendre au Parc des Princes pour le match entre le PSG et Lyon. Mais en attendant, je me suis arrêté en chemin à Place de la République pour voir s’il y avait encore des débats sur la place publique. Alors que j’étais dans les couloirs du métro, j’entends une annonce prévenant que les sorties du métro sont fermées pour cause de manifestation. Je me dirige tout de même vers la sortie et, à ma surprise, les portes sont ouvertes.

Je replonge dans le métro après avoir vu une voiture de police et une forte suspicion m’envahit, j’ai l’impression que les caméras du métro m’observent. Direction le Parc des Princes, dans un métro bondé. Je prends mon temps pour sortir car je commence à croire qu’il y a des policiers en civil, ou plutôt des renseignements généraux (RG) qui m’attendent à la sortie.

Comme il pleuvait, j’attendais dans le couloir qui donnait sur la sortie avec d’autres supporters. Alors qu’arrivent les voyageurs d’un second métro, je décide de sortir. Je vois des cars de CRS, l’un des chefs me regarde sans m’interpeler, je me dis alors qu’il a dû me prendre pour un policier en civil vu que j’étais tout de noir vêtu.

Je passe un à un les contrôles avec ma carte d’abonné et je vois une policière avec un fusil mitrailleur postée sur le chemin. Je commence à croire à une menace terroriste et que la menace c’est moi.

Je décide de me fondre dans la foule et j’entame la discussion avec d’autres supporters. J’étais arrivé trop tôt et les portes du stade étaient encore fermées. Sauf qu’à un moment on entend le son d’un mégaphone qui demande s’il y a des abonnés dans la foule. Puis ils commencent à se moquer d’un jeune avec qui je parlais.

Après avoir ignoré les supporters au mégaphone, j’accède enfin à la tribune encore vide de monde. Assis impassiblement, j’écoute les chants des supporters et j’ai l’impression d’entendre mon prénom et des chants contre Daesh. Au bout d’un moment, on nous distribue des ballons de baudruche rouges et bleus, chose que je n’avais jamais vu au stade. Et puis, le speaker annonce le jeu concours qui récompense un abonné capté au hasard dans la tribune par les caméras du stade. Quand arrive la mi-temps, le supporter descend sur la pelouse pour recevoir son cadeau, sauf que ce soir là, personne n’est descendu. J’espère me tromper, j’avais sûrement la tête ailleurs car je voyais défiler dans l’escalier des personnes dont la tenue neutre me faisait penser à des policiers en civils.

Comme ils s’arrêtaient près de moi, j’ai bien tenté de les démasquer et je me souviens avoir crié « tout le monde déteste la police ». Mais la palme du déguisement revient à cet homme au t-shirt jaune qui déboula façon touriste avec des bières plein les mains alors que le match touchait à sa fin.

A la fin du match, la foule qui sortait était compacte et avançait au ralenti. J’ai eu l’impression qu’ils allaient en profiter pour m’attraper alors j’ai crié « ici c’est paris » et puis certains ont commencé à m’interpeler. N’arrivant pas à distinguer les policiers en civils ni non plus les soignants en civil, j’ai suivi le pas d’un couple qui me conseillait de ne pas haranguer la foule.

Un fois dehors, j’entends un monsieur âgé qui vociférait dans son téléphone et qui repasse devant moi quelques instants plus tard comme pour me barrer la route. Je commence à croire qu’ils sont nombreux à mes trousses et qu’ils m’encerclent à distance, soit devant, soit derrière, pendant que je me dirige vers le tramway. J’interpelle deux jeunes couples qui semblent s’être déguisés en supporters pour se fondre dans la masse, puis me sentant pris au piège, je me mets à courir pour les dépasser. Je m’arrête alors devant le passage piéton à quelques mètres du tramway quand je vois un homme barbu enlever ses écouteurs, s’approcher en courant et me mettre un coup de poing qui fait voler mes lunettes en éclat. Je me mets au milieu de la chaussée devant les voitures qui arrivent à toute vitesse quand un homme m’aide à ramasser les lunettes puis disparaît à son tour.

Avec une douleur et un bruit sourd dans l’oreille, je me dirige vers le tramway. Comme il est plein à craquer, je le laisse partir et j’attends le départ du prochain. Je m’assois à côté d’un homme âgé qui a plus l’air d’un sans abri que d’un policier et je me mets à lui raconter l’histoire pendant la dizaine de minutes à attendre puis le long du trajet en tramway où j’ai l’impression que les policiers en civil sont présents. Je descends du tramway et j’arrive chez moi après avoir croisé trois personnes qui ne semblent pas être là par hasard.

Puis je décide d’aller dans la nuit aux urgences car j’ai mal. Au bout d’un moment, je retourne en salle d’attente et là je vois le monsieur du tramway blotti dans un coin qui fait mine de ne pas me reconnaître.

Je suis alors les soignants qui décident de m’attacher avec des sangles. Après quelques heures, ils me font passer un scanner et m’envoient en ambulance direction l’hôpital psychiatrique où je confonds certains patients et soignants avec des infiltrés de la police. Vu mon agitation, je suis placé en chambre d’isolement où ils m’injectent une dose d’Haldol avec les renforts. Mauvaise dose car je suis emmené une semaine plus tard en réanimation et que je ne garde aucun souvenir de cette semaine en isolement.

Joan

Portrait de Thalia

Comme Thalia, fais-toi tirer le portrait en 5 questions par Comme des fous.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Ma famille, les animaux, l’écriture et tout ce qui touche à la créativité, l’harmonie corps esprit.

J’aspire à trouver la paix intérieure malgré les troubles bipolaires.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’écris et c’est ce que j’aime faire, ce n’est pas mon métier, c’est ce qui nourrit mon âme.

Je suis une maman disponible à chaque instant et ça c’est un vrai métier à temps plein.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Mon mari est psychanalyste psychothérapeute et il a de plus en plus de demandes.

Le monde est incertain et je pense que nombreux sont ceux et celles qui ont besoin de parler et d’évacuer leurs démons.

Le stress est quasi permanent et vibre un peu partout. Je pense que la santé mentale n’est pas au beau fixe.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie c’est quoi ? La normalité c’est quoi ? Ou sont les frontières entre folie et normalité ?

J’aime ma folie, elle donne de la magie à ma vie quotidienne. J’ai appris à vivre avec mes troubles bipolaires et émotionnels, ils font partie de moi, ils sont mon histoire.

Ma folie c’est aussi mon imaginaire et il n’a aucune limite.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je déteste la politique, je déteste les hommes politiques.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

La Fondation SEVE.

SEVE (Savoir Etre et Vivre Ensemble) a pour mission de former des animateurs et des formateurs d’ateliers de philosophie et de méditation dans les écoles, mais aussi soutenir, faire connaître et accompagner les projets qui, à travers la réflexion philosophique, la pratique de l’attention, l’activité ludique ou artistique œuvrent pour mieux préparer les enfants et les jeunes à devenir des humains et des citoyens confiants, actifs, responsables et respectueux du vivant.

Portrait de deelilah

Comme deelilah, fais-toi tirer le portrait en 5 questions par Comme des fous.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La nature et son observation. Les animaux. La physique quantique et la spiritualité.
J’aspire à une meilleure compréhension (plus objective) des choses qui forment notre monde. C’est large oui.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’aime apprendre et apprendre aux autres.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Des choses positives… mais pas forcément toujours, les statistiques sont parfois biaisantes quant à son propre état.
Peut-être que parfois ce monde regarde les choses à travers un regard normal / pathologique qui peut être sacrément stigmatisant.
Mais c’est une chose qui va dans l’ensemble vers des choses positives, alors c’est déjà ça.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Pleins de choses!

On peut apprendre de sa propre différence à apprécier et respecter aussi d’autres différences, et être moins dans un état d’esprit de normalisation du monde.

Une remise en question de son monde et donc une recherche de compréhension des choses sous un autre regard, moins normé. Parfois la folie est causée par le fait de vivre des choses ou de vivre dans un environnement qui nous pousse à la folie, à partir de là, de cet état on peut chercher à se comprendre soi-même et accéder à une recherche personnelle à laquelle on ne pense parfois pas quand on est « normal ».

On peut aussi assister à des choses artistiques impressionnantes parfois, cela permet d’ouvrir les horizons des regards les plus étriqués.

« La folie » c’est très subjectif. Et parfois ceux qui semblent très sains extérieurement ont des comportements en réalité pervers et ceux qui se pensent fous au moins ne renient pas la multiplicité de la nature humaine…

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non! la santé mentale…. c’est quoi?

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

The Knife.

Comment l’asile de Fort Boyard m’a rendu fou

J’apprends hier la mise en garde par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de l’émission qui nous a mobilisés une bonne partie de l’été : Fort Boyard et son épreuve de l’asile. Un sourire éclaire mon visage puis je reste perplexe, j’ai ruiné ma vie pour ça?

La décision du CSA: « Tout en relevant que l’épreuve litigieuse avait été renommée « La cellule capitonnée » et avait fait l’objet d’un nouveau travail de montage la semaine suivant la première diffusion, le CSA a regretté la diffusion d’une telle épreuve dans cette émission familiale et emblématique du service public. Il a estimé que la séquence en question, caricaturale et stigmatisante à l’égard des personnes souffrant de troubles psychiatriques ou psychiques, portait atteinte aux dispositions précitées du cahier des charges de France Télévisions. En conséquence, le Conseil a demandé aux responsables de France Télévisions de veiller à mieux respecter, à l’avenir, ses obligations en matière de respect des droits et libertés et les a mis en garde contre le renouvellement de telles pratiques. »

Après la première diffusion le samedi 24 juin 2017, on avait réussi à mobiliser grâce à Comme des fous une bonne partie du monde de la santé mentale derrière le slogan Touche Pas à Ma Folie pour revendiquer le retrait de l’épreuve.

Les semaines passant, les vacances de chacun arrivant, on a bien vu qu’on n’obtiendrait pas le retrait de l’épreuve.

J’aurai dû en rester là et passer à autre chose, comme tout le monde, mais je n’ai pas pu, cette histoire m’avait pris trop à cœur.

Alors accroche-toi car voici ce qui s’est passé pendant que je disparaissais des réseaux sociaux.

Non, Alexia Laroche-Joubert et sa production ne m’ont ni kidnappé ni offert un chèque pour me taire, j’ai juste fini à l’asile.

Connecté non-stop aux réseaux sociaux (à consommer avec modération), j’étais épuisé de courir après les médias qui ne sont qu’une chambre d’écho cherchant à faire le buzz sans décrypter ni chercher le fond du problème.

Cette implacable raison du plus fort qui voulait qu’on ne puisse pas couper la séquence au montage, que ça coûterait trop cher, que même en mobilisant tous les médias qui existent, on n’y pourrait rien, m’exaspérait au plus au point alors j’ai eu des pensées suicidaires.

Mais non, je n’ai pas sauté d’un pont. Avec toute cette suractivité, j’avais basculé dans ce qu’on appelle un épisode maniaque.

Le suicidaire d’un soir a commencé à se sentir tout-puissant, à mettre de l’ordre dans sa vie, à prendre soin de lui-même, à se sentir bien et exister.

La frontière entre l’épanouissement et la maladie psychiatrique est difficile à tracer car j’ai commencé à déraper malgré cette vie devenue parfaite. Il y a eu ce voyage improvisé au Pays-Bas où j’ai fini une nuit en garde-à-vue puis une fois retourné à Paris mis en contention par les urgences psy malgré mon envie de dialogue et de méthodes douces. J’ai ensuite parlé de mon envie de lancer un pavé sur les psychiatres et j’ai fini attaché à nouveau dans une ambulance direction le Pavillon 7 fermé de Soisy-sur-Seine, en bref « l’asile », le vrai.

Retour à la case départ, je me retrouvais dans le même hôpital psychiatrique qu’il y a 7 ans quand j’avais déjà fait une bouffée délirante. Comme j’étais en rupture de soin (je ne prenais plus de médicaments), le fait de gober des pilules jour et nuit sans aucun suivi psychothérapeutique m’a paru d’une violence énorme.

Avale les pilules sinon c’est la piqûre. L’hôpital ce n’est pas un lieu de dialogue mais un lieu de distribution de médicaments, c’est un lieu de crise. Malgré des symptômes persistants, j’ai été libéré une douzaine de jours plus tard après être passé face au juge des libertés.

Portrait de La Folie Ordinaire

Comme La Folie Ordinaire fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître lafolieordinaire.fr

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je suis inspirée par des personnes qui me donnent l’impression qu’il est possible d’atteindre une certaine paix intérieure. Des figures comme le Dalaï Lama ou plus proche dans notre culture occidentale Mathieu Ricard et Christophe André m’amènent à penser que le travail que l’on peut faire sur soi peut permettre de toucher à plus de sérénité.

J’aime la nature qui me permet de relativiser la place que l’Homme prend. Me sentir toute petite face à un paysage grandiose me donne à chaque fois une claque agréable qui m’apprend à rester à ma place. Quand je le peux, j’aime fuir le vrombissement trop actif de la Cité. Alors les loisirs ayant rapport à la nature sont ceux qui m’apportent le plus, avec la lecture et l’écriture.

Cela sonnera peut-être mièvre, mais j’aspire à plus d’harmonie entre les être vivants. Je n’arrive toujours pas à comprendre que les hommes ne puissent pas arrêter de se taper dessus à la moindre occasion. La fermeture d’esprit et le manque de curiosité de beaucoup de gens m’intrigue. J’estime que la découverte de l’autre est d’une grande richesse.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier de psychiatre psychothérapeute consiste à aider des personnes en difficulté psychologique ou psychiatrique, à aller au delà pour trouver ou retrouver un équilibre qui puisse leur rendre le plaisir de la vie.

Je l’aime car se sentir utile est agréable. Rendre service, apaiser la souffrance, voir des personnes s’améliorer à une échelle temporelle relativement restreinte met du baume au cœur. C’est parfois dur les premiers temps, quand la situation est compliquée, quand on ne voit pas trop comment soulager.

Mais la majorité du temps, je me sent passeuse de connaissances, starter de mieux-être, car ce sont les patients que je vois qui bossent. La guérison, l’amélioration, l’équilibre, ce sont eux qui l’obtiennent.

Je n’ai fait que les aider à s’alléger de quelques poids et acquérir de meilleures stratégies pour pouvoir s’en sortir seuls face à l’adversité.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un vaste monde qui regroupe énormément d’intervenants. Soignés, soignants, administratifs, politiques. Je ne suis pas sûre que je serais capable de pouvoir trouver tous les corps de métier qui peuvent s’y rapporter. Par le petit bout de ma lorgnette de psychiatre, je pense que ce monde est en train d’évoluer et que l’on a tendance à changer de modèle.

Nous étions au temps des asiles avec une vision d’exclusion de la cité des fous et déments que l’on ne voulait pas côtoyer. La stigmatisation était officielle, assumée.

Avec l’avènement du secteur en psychiatrie en France, les soins ont été dispensés au cœur de la Cité, avec les centres médico-psychologiques, les établissements de santé spécialisés qui se sont rapprochés et se rapprochent encore.

Les patients sont devenus des acteurs de la prise en charge de plus en plus avec l’apparition des GEM (Groupes d’Entraide Mutuelle) et des associations de plus en plus impliquées. Les patients experts commencent à se former et avoir un rôle dans l’information des « nouveaux patients » ce qui améliore la trajectoire de santé.

Je pense que les choses ont donc tendance à s’améliorer d’un certain côté, mais qu’il ne faut pas que des baisses de budget ne coupent les ailes des projets innovants qui améliorent le quotidien de personnes fragilisées par une santé mentale vacillante.

L’incertitude du devenir de la pratique libérale me fait craindre par moments ce que je ferai plus tard, mais je reste optimiste.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Cela paraîtra banal, mais les moments de folie que l’on peut avoir apportent une créativité qui ne peut sortir de la monotonie.

Un grand nombre d’artistes ont été et sont encore de grands tourmentés. Le mal-être a tendance à rendre plus perméable à une certaine sensibilité qui peut toucher, quelle que soit la voie qui sera choisie: peinture, sculpture, musique, littérature, cinéma…

On peut imaginer que ceux qui frayent avec le bonheur plus souvent ont un truc qui manque sur ce plan là.
J’ai beaucoup de patients qui ont des talents artistiques qu’ils exploitent en lien avec leur souffrance. Elle est leur muse, leur échappatoire, parfois leur seul moment de respiration.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je ne pense pas pouvoir devenir un jour avec autant de responsabilités que ministre.

Déjà si je réussi à ce que mes enfants m’écoutent ce sera pas mal. Mais si un jour un ministre spécifique de la santé mentale vient à être nommé, je lui demanderai de faire des campagnes d’information pour que la population générale puisse changer l’image des problèmes de santé mentale.

On l’a bien vu avec l’histoire de l’épreuve de l’Asile de Fort Boyard qui stigmatise une frange de la population en surfant sur la vague de la psychophobie. De même avec l’histoire de la vaccination.

Or qu’est-ce qui est responsable de la peur? La méconnaissance.

Informer, c’est lutter contre la peur. Et si des choses restent difficilement acceptables dans les pratiques psychiatriques, il sera nécessaire de faire en sorte qu’elles puissent être améliorées, avec les budgets nécessaires.

N’oublions pas que la santé mentale est le premier poste des dépenses de santé avec les conséquences que l’on connait sur l’efficience au travail.

Car oui, il est nécessaire d’argumenter maintenant terme économique pour justifier de l’intérêt de la prise en charge de la santé mentale : c’est ce que voit le politique!