Mathieu a lu le Rapport Wonner-Fiat (septembre 2019) sur la psychiatrie

Mois de septembre chargé pour la psychiatrie.

Lundi 16 septembre, le décret liberticide Hopsyweb fichant toute personne hospitalisée sous contrainte et l’assimilant à un terroriste en puissance a volé en éclat grâce à l’action conjointe d’une association de psychiatrisés, le CRPA, d’un syndicat (le SPH) et du conseil national de l’ordre des médecins.

Mercredi 18 septembre, une mission d’information parlementaire dirigée par Martine Wonner (LREM) et Caroline Fiat (LFI) remet à la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale.

Jeudi 19 septembre, les professionnels de Saint Etienne du Rouvray repartent en lutte un an après leur grève de la faim mettant en lumière les engagements pris et non tenus par leur direction.

Jeudi 26 septembre, à l’appel du collectif inter-urgences, une mobilisation est prévue pour étendre les constats globaux mis en lumière par la crise des urgences à l’ensemble de l’hôpital public et du secteur de la santé. Des mobilisations locales sont prévues dans les établissements sous toutes les formes possibles : grèves, assemblées générales, blocages.

Le monde de la psychiatrie est attendu comme l’autre grand révélateur de la catastrophe sanitaire en cours orchestrées par des années de pénuries, de privations, de novlangue et de politiques destructrices qui plutôt que de privilégier des soin humains et accessibles pour toutes et tous préfèrent trier selon les critères rentabilité financières pour les établissements et de prises en charge de court terme car correspondant mieux au système concurrentiel contemporain.

En psychiatrie, comme pour les urgences, l’enjeu est d’investir financièrement sans tourner autour du pot des « réorganisations », du « tournant numérique » et du « virage ambulatoire » supposés composer avec la pénurie puis l’adapter aux budgets contraints. Pour autant, les conclusions des rapports flashs persistent dans ce même entêtement de « réorganisation », que ce soit le rapport Carli pour les urgences ou le rapport Wonner pour la psychiatrie.

Le rapport remis ce mercredi 18 septembre à la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale fait suite à la mission « flash » de la députée Wonner (avril 2019) qui proposait de réforme le financement de la psychiatrie en compartimentant les budgets. Dans les suites du rapport Aubert sur le financement de l’hôpital, la proposition de cette première mission est de financer les établissements en fonction des indicateurs qualité promus par la Haute Autorité de Santé.

Cette deuxième mission, une fois que le cadre du financement a été avancée, est celle des propositions concrètes pour réorganiser la psychiatrie dans un contexte de soulèvement sans précédent des professionnels de différents hôpitaux psychiatriques publics rejoints par des usagers et des familles. D’abord les finances, ensuite le sens. Cela précise le cadre dans lequel se place cette mission.

Le contexte est également celui de la mobilisation des urgences depuis plusieurs mois et des problématiques identiques de saturation, de manque de dispositifs d’amont (médecine de ville, structures préventives) et d’aval (notamment en termes de places en établissements puisque le recours aux solutions belges est fréquentes) sans compter le rôle de contrainte qui échoit à la psychiatrie et qui se développe d’une façon exponentielle en dépit des rapports du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté, de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et du comité de suivi de l’ONU.

En mai 2018, un fichage sans précédent des personnes hospitalisées sans consentement a été créé, fichier croisé avec celui des personnes fichées S. Le recours du CRPA contre le décret Hopsyweb est en passe de censuré plusieurs articles de ce décret. Pourtant, au printemps dernier, le délégué ministériel à la psychiatrie dédramatisait sa portée liberticide lors des journées de l’ADESM. Car si les intentions désaliénistes et d’ouvertures sont mises en avant, dans la réalité des faits, le Ministère de la Santé pèse que peu de poids face au Ministère de l’Intérieur. C’est pourtant sous les auspices de Lucien Bonnafé, du printemps de la psychiatrie et des paroles de souffrance des usagers et des professionnels que débute ce rapport. L’ambition affichée est d’assainir la situation catastrophique de la psychiatrie, ambition que nous partageons car nous sommes aux premières loges de la dégradation voire de la destruction de l’hôpital public en termes d’accès aux soins et d’ambiance réellement soignante dans les services et les secteurs.

Si nous sommes en accord sur une partie du diagnostic, les propositions quant au traitement politique de cette situation diffèrent radicalement. Malgré les velléités d’ouverture, les pistes proposées par ce rapport sont pour la plupart liées au travail intensif du lobby de la fondation FondaMental au détriment des autres voix qui s’élèvent dans le paysage de la psychiatrie et de la santé mentale et notamment les voix des premiers concernés à savoir celles des usagers.

Diagnostic général de la situation

Comme l’écrivait Denys Robiliard en 2013 dans le rapport de la Mission d’Information sur la Santé Mentale et l’Avenir de la Psychiatrie (MISMAP), le nombre de rapports sur la psychiatrie et la santé mentale est inversement proportionnel aux solutions politiques proposées. Ce dernier préconisait même d’arrêter cet exercice puisque le diagnostic était fait et qu’il s’agissait désormais de passer aux actes. Depuis, il y eut le rapport Laforcade, le rapport de l’IGAS puis le rapport Aubert sur le financement de l’hôpital qui déboucha sur la première mission flash de Martine Wonner, sans compter les rapports annuels du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Libertés. Il y eut également la feuille de route remis au délégué ministériel à la psychiatrie, fraîchement nommé en avril 2019.

Le diagnostic posé par les deux rapporteures complète cet état des lieux fait à répétition et qui s’est traduit dans les réalités de terrain par un étouffement de plus en plus grand de la psychiatrie publique, sa déréliction ayant provoqué les soulèvements des mois passés dans les HP. Le Printemps de la psychiatrie est cité et son manifeste repris dans l’introduction. Pour autant, il ne s’agit ici que de communication pour tenter d’étouffer les causes profondes de notre mobilisation et la question du renouveau des soins psychiques n’est pas à l’ordre du jour.

La première partie retrace l’importance historique du secteur, sa tombée en désuétude pendant quinze ans (2001-2016) et son rôle central dans la future organisation territoriale. Il est évoqué la place prédominante qui doit être donné à l’ambulatoire, au travail de proximité dans la cité, premier lieu des soins et des futurs investissements.

L’actuelle organisation de la santé mentale est décrite comme un « mille-feuille indigeste » comprenant des commissions sur différents échelons géographiques et administratifs (CPT, GHT, PTSM, PRS et tous les acronymes de la langue bureaucratique). Il est également pointé avec justesse l’augmentation ininterrompue de la contrainte et le manque accru de structures d’amont et d’aval. Ces deux phénomènes intensifiant « la pression de toute la filière de soins psychiatrique qui se concentre sur l’hôpital psychiatrique ».

Il est également dit, et cela est suffisamment rare pour le noter, « que le virage ambulatoire tant attendu ait été amorcé, mais le développement de l’offre ambulatoire reste largement insuffisant par rapport aux besoins ». Il sera donc question de développer les moyens sur l’ambulatoire pour qu’à terme 80% de ces moyens soient dans la Cité.

Le constat général tiré dans les deux premiers chapitres relève l’état de destruction de la psychiatrie : l’absence d’investissement depuis des dizaines d’années, la porosité avec l’évolution sécuritaire de la société se traduisant par l’explosion des contraintes aux soins : contraintes légales (avec les soins sans consentement et les mesures de protection type tutelles et curatelles), contraintes physiques (recours massif aux psychotropes, contentions et isolements) contraintes sociales (augmentation de la précarisation pour les personnes les plus malades en terme de logement, d’accès aux soins, à la culture, aux aides sociales).

Par ailleurs, il est abordé l’importance accordée aux soins physiques des personnes ayant des troubles psychiques, éléments nécessaires étant donné les écarts d’espérance de vie avec la population normale. Ainsi, former les médecins généralistes à la spécificité de prise en charge des personnes psychiatrisées et insister sur l’importance de l’articulation entre les services de soins psychiatriques et les services de soins somatiques sont également nécessaires. Aux côtés de ces deux éléments, il serait également utile de maintenir une formation psychiatrique spécifique pour les médecins psychiatres car, depuis une dizaine d’années, l’énoncé « les maladies psychiatriques sont des maladies comme les autres » a eu pour effet de faire progressivement des psychiatres « des médecins comme les autres » au détriment de leur rôle spécifique pour penser et travailler avec les psychés troublées.

Bilan pré-thérapeutique des « experts » de l’Institut Montaigne

Aux alentours de la soixantième page, les rapporteures expliquent l’importance du rôle de la Recherche comme levier d’action pour réorganiser l’ensemble du champ de la santé mentale puisqu’elle serait à même de proposer un cadre pour en finir avec « l’hétérogénéité des pratiques » et du « ça dépend » comme réponse organisationnelle.

Si la Recherche est bien un levier d’action, il ne l’est pas tant pour les soins des patients mais pour la conquête du pouvoir par une certaine organisation de la psychiatrie. Une organisation ciblée sur « l’expertise » et la « spécialisation » avec comme corollaire la nécessité d’un accès au diagnostic. Le rapport fait ensuite la place aux propositions de la fondation FondaMental et des auteurs de l’ouvrage co-édité par l’Institut Montaigne, think tank néolibéral, également responsable de la réforme Blanquer avec son soutien à l’association « Agir pour l’Ecole ». Les professeurs Leboyer et Llorca sont cités à maintes reprises (p61, p62, p68). Les centres experts qui sont des centres de diagnostics sont promus comme l’une des solutions. Pour autant la distinction entre le « diagnostic » (intervention ponctuelle) et la prise en charge (intervention sur le court, moyen voire long terme en fonction des troubles présentés et de leur évolution) n’est pas suffisamment éclaircie.

Il est à noter des oublis notables qui sont des réalités de terrain quotidiennes. Aux côtés de l’insuffisance « d’alternatives à l’hospitalisation », il existe également une insuffisance d’alternatives à la délocalisation des patients en Belgique du fait du sous-investissement dans la construction de structures médico-sociales sur le territoire hexagonal compliqué par le cadre des « appels à projets » des ARS. Auparavant, les acteurs de terrain pouvaient proposer aux tutelles des projets répondant directement aux problématiques rencontrées sans attendre un hypothétique appel à projet et son cadre formaté. Nulle mention également du mille-feuille administratif des MDPH qui sous prétexte de valoriser les plateformes et la fluidification des parcours au nom de la « Réponse Accompagnée pour Tous » (RAPT), multiplient le nombre de réunions administratives (GOS, PAG…) bloquant toute possibilité de débouché rapide pour les personnes en attente d’orientation ou de structures médico-sociales. Enfin, la pédo-psychiatrie est encore une fois oubliée. La création de postes de professeurs d’université en psychiatrie de l’enfant est-elle réellement à la hauteur des enjeux ?

Une thérapeutique paradoxale

Il existe plusieurs éléments inconciliables en l’état des choses ce qui provoque des paradoxes sur le traitement politique du champ psychiatrique. En effet, l’expertise et le tri par pathologies qui sont le pendant, dans les pratiques, de la Recherche telle que l’envisage la fondation FondaMental vont à l’encontre de la volonté de démocratie sanitaire où les usagers et les familles pourraient dialoguer sur un pied d’égalité avec les professionnels.

Plusieurs paradoxes structurent les propositions du rapport :

–       Homogénéiser les pratiques et conforter le libre choix des usagers d’aller dans les services de leur choix. Ce qui sous-entend tout de même le maintien d’une hétérogénéité des pratiques du champ psychiatrique.

–       Simplifier le mille-feuille administratif en ayant recours au PTSM  

–       Avoir une attitude plus ouverte face à la maladie mentale alors que le gouvernement Macron a mis en place un fichage stigmatisant inédit « Hopsyweb » croisé avec le fichier pour radicalisés. La ténacité du CRPA est, heureusement, en train de le tailler en pièce.

Les lignes directrices sont confiées aux portes voix de la Fondation FondaMental (p71) : « Les structures devraient être labellisées et développer les bonnes pratiques reconnues ». La proposition centrale est celle d’une agence interministérielle : « vos rapporteures partagent entièrement ce constat [d’autres observateurs tels les professeurs Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca] » et celle de consolider le Projet Territorial de Santé Mentale (PTSM).

Contrairement à l’ambition centralisatrice de « l’institut national pour la santé mentale », nous pensons qu’une participation des acteurs de terrain aux soins qu’ils veulent recevoir et promouvoir soit le meilleur levier pour contrôler les dérives locales et repérer les « innovation » de terrain qui ne soient pas uniquement des vitrines pour attirer les financements. 

Plutôt que de suivre aveuglément les consignes gouvernementales et ministérielles, les agences régionales de santé devraient être des lieux de conflictualité pour les différents acteurs et non pas la promotion exclusive d’une certaine vision, souvent réductrice (car comptable), des soins et de la santé. 

Paradoxe également puisque laisser la liberté de choix aux usagers, cela permettrait de mettre en concurrence des pratiques hétérogène considérées comme désuètes par les centres experts. Ce qui est intéressant puisque le nombre de patients ayant recours à ces centres se retrouvent souvent déçus et sans soins réels une fois le bilan effectué. Si nous tenons le fait que le secteur s’applique d’abord et avant tout aux équipes et non pas aux usagers et aux familles, il serait temps de donner les moyens à celles et ceux qui se battent sur le terrain pour faire (ou pour tenter de faire) hospitalité d’une façon généreuse aux personnes les plus en souffrance.

Il existe aussi certaines propositions méritant l’attention puisque les établissements publics sont friands du recours aux cabinets d’audits, payés rubis sur l’ongle, pour appliquer les consignes dictées par les tutelles, tout en faisant croire aux acteurs de terrain que leur avis et leurs échanges est structurant pour les projets d’établissement : « En outre les acteurs se trouvent souvent dépossédés de leurs prérogatives au profit de cabinets de conseil privés, recruter par les ARS pour les assister. Il est fréquent qu’ils proposent des orientations opérationnelles « clefs en main » très morcelées, traduisant ainsi une technocratisation rampante du processus qui échappe par-là même à ceux qui devraient en être les seuls artisans ». Ici, nous avons affaire à un autre paradoxe : la volonté d’homogénéiser les pratiques alors que les situations locales varient et doivent laisser du jeu à l’adaptation des structures au milieu dans lequel elles se trouvent (qualité de la population, urbaine ou rurale, facilité d’accès au logement ou non, diversité de l’offre médico-sociale d’amont et d’aval…). Si une homogénéisation est nécessaire, elle doit cibler l’égalité de traitement des citoyens face aux libertés fondamentales dans les soins psychiatriques : liberté de circulation, accès aux soins (et pas uniquement l’accès au diagnostic et à l’ordonnance du centre expert), liberté de choix…

En conclusion : des missions « flashs pour éblouir »

Plus démocratique, plus accessible, plus citoyenne, l’ambition de ce rapport pour la psychiatrie ayant est notable. Il présente des points positifs quand il s’agit de la reprise des thèmes désaliéniste : ouverture de la psychiatrie à la cité, respect des libertés fondamentales. Positif également, quand il s’agit que les acteurs de terrain puissent s’organiser au plus près de leur territoire sans les intermédiaires de la « technocratisation ».

Pour autant, il existe plusieurs contradictions.

La première est de ne pas insister sur l’une des raisons fondamentales du mal profond ayant participé à l’émergence du printemps de la psychiatrie et des luttes dans les hôpitaux psychiatriques : le sous financement. Comme pour les urgences, il est nécessaire d’investir dans le recrutement de professionnels en nombre pour promouvoir des soins humains de qualité.

La deuxième contradiction est de privilégier une organisation au plus près du terrain tout en voulant homogénéiser les pratiques par le biais d’un institut national laissé entre les mains d’un lobby ayant désormais ses entrées au gouvernement.

« L’organisation » ou plutôt la réorganisation est devenue le maître mot pour régler les problèmes de sous-investissement chroniques entraînant le désespoir des usagers et des professionnels comme en témoigne le « fonds d’innovations organisationnel » mis en place par le ministère de la santé (à hauteur de 10 millions d’euros) pour favoriser les projets « innovants » qui permettent d’habituer l’ensemble des acteurs à la pénurie organisée. Ces choix politiques sont d’abord et avant tout des investissements de communication. Ils ne résolvent rien sur le terrain et s’inscrivent dans des logiques de court terme sans augmentation de budget. Ce financement par projet et de durée limitée est en contradiction avec une réelle vision sur le long terme. Ici, le pire imaginable sera de financer une réorganisation de soin sur un mode purement rentabiliste et concurrentiel, laissant libre cours au développement d’une offre privée lucrative accrue et au délaissement toujours plus important des populations les plus précaires, les plus en souffrance et les plus à distance d’un accès facile aux soins en détruisant le service public de santé.

Ainsi, il y a tout lieu de penser que la réponse générale apportée par ce rapport soit dans la même ligne que les autres missions flashs : sur le financement de la psychiatrie (rapport Wonner 1) ou sur les urgences (rapport Carli et Mégnien). Ces flashs qui aveuglent temporairement l’opinion publique, une fois dissipés, laissent la question entière : la santé ne doit pas être une variable d’ajustement économique et financière mais bien un investissement pour la qualité de vie de la population. À défaut, ce rapport finira dans les tiroirs déjà bien encombrés des gouvernements successifs.

Tout comme la crise des urgences, de l’hôpital public, du système de santé, du travail social, la psychiatrie et la pédopsychiatrie ont besoin d’investissements supplémentaires à hauteur de plusieurs milliards d’euros pour reconstruire un monde habitable pour ses usagers dans ce paysage détruit par des années d’abandon. Là aussi, la crise de la psychiatrie est une crise de sens, une crise environnementale, sociale et politique qui nécessite des remèdes polydimensionnels et s’appuyant sur la pluralité des acteurs. Nous appelons donc à la mobilisation générale de la psychiatrie aux côtés des urgences et des autres mobilisations du service public de santé.

Mathieu Bellahsen, psychiste à Moisselles et membre du collectif pour un Printemps de la Psychiatrie.

Le rapport Wonner-Fiat est à lire ici : http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-info/i2249.asp

Un clip vidéo pour lutter contre la stigmatisation en santé mentale

Ce clip vidéo découle d’un travail effectué au sein de l’atelier slam dans le but de sensibiliser le grand public aux troubles psychiques.

Les patients et les équipes des Cliniques psychiatriques CLINÉA Robert Schuman (à Berlaimont), Marie Savoie (à Le Cateau Cambrésis) et des Hauts-de-France (à Louvroil), avec le concours du GEM de Maubeuge « La Main tendue » ont réalisé un slam pour lutter contre la stigmatisation en santé mentale et présenter la réalité quotidienne en réponse aux clichés encore trop souvent répandus.

Psycom

Vers un mouvement social pour la santé mentale

A lire en écoutant cette superbe archive sonore de l’association Humapsy:

Les personnels hospitaliers en lutte

Pinel en lutte

Depuis quelques mois, la colère gronde en France et, dans la frénésie médiatique et des réseaux sociaux, les travailleurs hospitaliers de la psychiatrie et urgentistes ne manquent pas d’imagination pour se faire entendre : en campant devant les hôpitaux comme la Militente de Toulouse, avec des clips musicaux, des Die-in, le Printemps de la psychiatrie, la grève de la faim, l’auto-injection d’insuline, un marathon autour d’un rond-point, en s’enchaînant aux grilles de l’Agence Régionale de Santé, en se perchant sur les toits comme au Havre, ou en fleurissant les blouses blanches de Shadoks colorés comme à l’hôpital Pinel à Amiens.

Mais que veulent les blouses blanches? De meilleures conditions de travail, ce qui implique plus de moyens et d’être en nombre suffisant pour bien faire leur travail avec les patients.

Mais pourquoi soutenir la mobilisation des personnels hospitaliers et urgentistes quand nous aussi, nous serrons les dents, que pour nous aussi la mobilisation c’est au quotidien : pour aller travailler, pour chercher un travail ou simplement tenter d’exister et que quand nous avons un temps pour nous, on a aussi le droit de s’autoriser de souffler.

C’est gentil de proposer un mouvement social mais les manifestations ou les gilets jaunes, ce n’est pas votre truc?

Les problèmes de santé mentale coûtent cher à l’Etat, d’où la nécessité de faire des économies en réduisant les personnels et les hospitalisations. Mais à vouloir gérer les hôpitaux comme des entreprises, on réduit le travail à ce qui est quantifiable, tarifiable voire rentable, et dans les métiers de l’humain et du social, ce n’est clairement pas la meilleure idée.

Pour faire tourner la machine, il faut des travailleurs en bonne santé (mentale). Mais quand les travailleurs de la santé commencent eux-mêmes à souffrir dans leur travail, c’est que cette rhétorique ne tourne pas rond.

La santé et le service public ça nous concerne bien sûr tous car on finit tous par tomber malade un jour et qu’on attend dans ces cas-là les meilleurs soins possibles.

Au-delà de la distinction entre professionnels de santé et malades, ou plus communément entre soignants et soignés, c’est un enjeu de société dont il s’agit.

L’esprit Mad Pride au quotidien.

Il s’agit d’assumer fièrement notre qualité de citoyens et malgré le stigmate de la maladie mentale, il nous appartient de ne plus apparaître aux yeux des médias comme des « malades mentaux » en marge des questions sociales.

Il s’agit pour chacun de nous de se construire en tant que sujet et sortir du silence, de montrer que les patients ne sont pas de simples consommateurs ni des statistiques.

Mais là où on pourrait croire que la santé mentale est un problème individuel, à chacun son diagnostic et sa santé (fragile), il nous faut réintroduire la force du collectif.

Il s’agit de décloisonner, d’aller au-delà de la psychiatrie, du tout médical et du tout médicament mais aussi de combattre la stigmatisation qui entoure le soin psychiatrique. Pourquoi considère-t-on comme une honte d’atterrir en psychiatrie, ou que la place des dépressifs n’est pas avec les fous?

On peut voir d’un bon œil la fermeture progressive des lits en psychiatrie comme une façon de désaliéner et d‘en finir avec l’enfermement asilaire. Mais fermer les hôpitaux psychiatriques comme en Italie, ça ne veut pas dire en finir du même coup avec la violence institutionnelle, les soins contraints, la contention ou les chambres d’isolement. Dire des hôpitaux que ce ne sont pas des lieux de vie mais des lieux de soins, c’est en faire des endroits de non-vie.

En tant que maladies de la relation, le rôle de l’hôpital ou des alternatives à l’hospitalisation, c’est justement de récréer un lien perdu, de soigner la relation à l’autre. Cette thérapeutique par la relation fait partie de la vie.

Soigner la démocratie

Un mouvement social c’est un redéploiement de la vie, un déploiement de créativité, des rencontres qui alimentent une réflexion durable et pas uniquement des manifestations éparpillées ici et là, pour se rendre visible.

C’est l’idée que la lutte des blouses blanches doit rejoindre celle des patients et des familles pour un accueil et des soins de qualité en santé mentale, des soins sur mesure ou personnalisés, c’est-à-dire sensibles à la personne dans sa subjectivité et son histoire de vie.

Si la santé mentale est à priori un sujet a-politique, il existe dans les faits des lobbys et des think tank qui en font un sujet d’intérêt politique et économique. Il en est ainsi des lobbys de l’industrie pharmaceutique mais aussi des lobbys comme l’Institut Montaigne et la Fondation Fondamental qui tentent de drainer des fonds pour la recherche en neurosciences et en immunologie et la création de centre experts. Les experts, les syndicats professionnels et les associations agréées participent également au jeu politique.

Si l’idée n’est pas forcément d’infiltrer ce jeu politique en créant par exemple un syndicat des patients, il faut tenir compte des acteurs en présence et de la logique néolibérale qui est à l’oeuvre dans le démantèlement des services publics et de la psychiatrie de secteur.

Le progrès de la recherche scientifique (rarement indépendante) et la quête des molécules miracles ne va pas toujours dans le sens d’un accueil inconditionnel et de qualité de la souffrance psychique. En réduisant l’humain à sa dimension biologique, en cherchant à automatiser les méthodes thérapeutiques et à adapter les soins au fonctionnement du système économique, on en oublie la relation de soin et la complexité du fonctionnement psychique. On a parfois l’impression que seuls les pair-aidants peuvent nous comprendre tant la vision organiciste et cérébrale des troubles se répand chez les professionnels de santé.

En santé mentale, rien ne fait vraiment l’unanimité, certains sont pour l’évaluation et la scientificité des méthodes de soins, d’autres laissent une place à l’imprévu et à l’expérience vécue par le patient puisqu’en définitive, ce ne sont pas les médicaments qui soignent mais bien ce qu’on fait de notre vie une fois passée la crise.

On ne doit pas chercher à mettre tout le monde d’accord mais plutôt à faire valoir notre parole et notre intérêt face à d’autres intérêts qui peuvent être divergents. Il s’agit de démocratiser le système en place ou de rebattre les cartes de façon à faire progresser les choses en permettant aux personnes concernées de s’exprimer autrement que par les témoignages, d’accéder à leurs droits et les faire respecter, de faire entendre ce qui leur a fait du bien, ce qui marche et ce qu’il faudrait transformer.

On peut, par exemple, s’inquiéter de la disparition d’un savoir-faire « psy » chez les infirmiers pour apaiser l’agitation d’un patient, éviter l’escalade jusqu’à la violence et le recours à des méthodes coercitives.

On peut aussi faire progresser les représentations sociales au sein de la société, renverser la politique de la peur et la psychophobie et promouvoir la diversité et la neurodiversité.

Il s’agit aussi de faire lien, de prendre le temps de se rencontrer, de créer des espaces citoyens ainsi que des outils pédagogiques pour déstigmatiser, penser de nouvelles formes d’organisation, se former, se structurer à travers des espaces virtuels et physiques, rendre visible ce qui ne se voit pas et ce qui ne s’entend pas.

Réjouissons-nous, les ingrédients de ce cocktail social sont là, pour créer un dialogue salutaire pour l’ensemble de la société.

A propos :

Comme des fous est né comme un média alternatif aux médias traditionnels qui nous qualifient à la hâte de malades mentaux dès qu’une initiative émane d’une association ou d’un groupe de personnes concernées par la psychiatrie.

Voir par exemple dans Libération : Une séquence de «Fort Boyard» émeut les associations de malades mentaux

Créée en avril 2019, l’association Comme des fous a pour objet la dé-stigmatisation des troubles psychiques par la communication numérique et médiatique de la parole des personnes concernées par et pour elles-mêmes afin de :
– promouvoir l’expression et la communication de personnes en situation d’isolement ou de fragilité, confrontées à un problème de santé mentale ; 
– permettre une participation effective des usagers de la santé mentale aux instances de la vie publique.

Une première rencontre associative est prévue à Paris le samedi 7 septembre 2019 : https://lightskyblue-penguin-597208.hostingersite.com/agenda/rencontre-associative-comme-des-fous-1/

Portrait de Bazile

Comme Bazile, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime être surpris, j’aime ce qui n’est pas conventionnel, ce qui ne fait pas consensus.

La créativité est un moteur mais pour y parvenir, il faut tout de même auparavant avoir travaillé ses gammes.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis maintenant formateur en santé mentale et responsable formation d’un CHS après avoir longtemps été un acteur de terrain.

J’ai beaucoup aimé la rencontre en premier lieu des patients que j’ai eu la chance de côtoyer, j’ai apprécié leur folie, les ai peut être enviés même par moment (mais pas tous) car pour certains ils s’expriment sans filtres, sans compromis.

Maintenant, avoir la responsabilité de former de jeunes professionnels, entre autres, est une super opportunité pour leur faire gagner du temps sur la compréhension des troubles mentaux.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il est mouvant, j’assiste à des guerres de clans, des philosophies de soin qui s’opposent et ne se respectent pas.

Il manque souvent, de part et d’autre, d’écoute de l’autre alors que pourtant le métier nous y inviterait.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La liberté, cette possibilité d’agir sans s’inquiéter du regard de l’autre.

Quelquefois, j’aimerais avoir un peu de folie mais ma place dans la société ne m’y autorise pas (ou pas assez).

Moi je dis souvent qu’en psychiatrie, ce ne sont pas les patients le problème, ce sont les dynamiques d’équipe.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Ne pas voir que l’abord financier des prises en charge, même si l’efficience doit être un guide.

Si chacun savait occuper sa juste place!

Mais cela passe sûrement par la reconnaissance de l’autre, savoir aussi mobiliser ses équipes, les entraîner dans la bienveillance, le plaisir à travailler en équipe.

Portrait de La Folie Ordinaire

Comme La Folie Ordinaire fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître lafolieordinaire.fr

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je suis inspirée par des personnes qui me donnent l’impression qu’il est possible d’atteindre une certaine paix intérieure. Des figures comme le Dalaï Lama ou plus proche dans notre culture occidentale Mathieu Ricard et Christophe André m’amènent à penser que le travail que l’on peut faire sur soi peut permettre de toucher à plus de sérénité.

J’aime la nature qui me permet de relativiser la place que l’Homme prend. Me sentir toute petite face à un paysage grandiose me donne à chaque fois une claque agréable qui m’apprend à rester à ma place. Quand je le peux, j’aime fuir le vrombissement trop actif de la Cité. Alors les loisirs ayant rapport à la nature sont ceux qui m’apportent le plus, avec la lecture et l’écriture.

Cela sonnera peut-être mièvre, mais j’aspire à plus d’harmonie entre les être vivants. Je n’arrive toujours pas à comprendre que les hommes ne puissent pas arrêter de se taper dessus à la moindre occasion. La fermeture d’esprit et le manque de curiosité de beaucoup de gens m’intrigue. J’estime que la découverte de l’autre est d’une grande richesse.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier de psychiatre psychothérapeute consiste à aider des personnes en difficulté psychologique ou psychiatrique, à aller au delà pour trouver ou retrouver un équilibre qui puisse leur rendre le plaisir de la vie.

Je l’aime car se sentir utile est agréable. Rendre service, apaiser la souffrance, voir des personnes s’améliorer à une échelle temporelle relativement restreinte met du baume au cœur. C’est parfois dur les premiers temps, quand la situation est compliquée, quand on ne voit pas trop comment soulager.

Mais la majorité du temps, je me sent passeuse de connaissances, starter de mieux-être, car ce sont les patients que je vois qui bossent. La guérison, l’amélioration, l’équilibre, ce sont eux qui l’obtiennent.

Je n’ai fait que les aider à s’alléger de quelques poids et acquérir de meilleures stratégies pour pouvoir s’en sortir seuls face à l’adversité.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un vaste monde qui regroupe énormément d’intervenants. Soignés, soignants, administratifs, politiques. Je ne suis pas sûre que je serais capable de pouvoir trouver tous les corps de métier qui peuvent s’y rapporter. Par le petit bout de ma lorgnette de psychiatre, je pense que ce monde est en train d’évoluer et que l’on a tendance à changer de modèle.

Nous étions au temps des asiles avec une vision d’exclusion de la cité des fous et déments que l’on ne voulait pas côtoyer. La stigmatisation était officielle, assumée.

Avec l’avènement du secteur en psychiatrie en France, les soins ont été dispensés au cœur de la Cité, avec les centres médico-psychologiques, les établissements de santé spécialisés qui se sont rapprochés et se rapprochent encore.

Les patients sont devenus des acteurs de la prise en charge de plus en plus avec l’apparition des GEM (Groupes d’Entraide Mutuelle) et des associations de plus en plus impliquées. Les patients experts commencent à se former et avoir un rôle dans l’information des « nouveaux patients » ce qui améliore la trajectoire de santé.

Je pense que les choses ont donc tendance à s’améliorer d’un certain côté, mais qu’il ne faut pas que des baisses de budget ne coupent les ailes des projets innovants qui améliorent le quotidien de personnes fragilisées par une santé mentale vacillante.

L’incertitude du devenir de la pratique libérale me fait craindre par moments ce que je ferai plus tard, mais je reste optimiste.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Cela paraîtra banal, mais les moments de folie que l’on peut avoir apportent une créativité qui ne peut sortir de la monotonie.

Un grand nombre d’artistes ont été et sont encore de grands tourmentés. Le mal-être a tendance à rendre plus perméable à une certaine sensibilité qui peut toucher, quelle que soit la voie qui sera choisie: peinture, sculpture, musique, littérature, cinéma…

On peut imaginer que ceux qui frayent avec le bonheur plus souvent ont un truc qui manque sur ce plan là.
J’ai beaucoup de patients qui ont des talents artistiques qu’ils exploitent en lien avec leur souffrance. Elle est leur muse, leur échappatoire, parfois leur seul moment de respiration.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je ne pense pas pouvoir devenir un jour avec autant de responsabilités que ministre.

Déjà si je réussi à ce que mes enfants m’écoutent ce sera pas mal. Mais si un jour un ministre spécifique de la santé mentale vient à être nommé, je lui demanderai de faire des campagnes d’information pour que la population générale puisse changer l’image des problèmes de santé mentale.

On l’a bien vu avec l’histoire de l’épreuve de l’Asile de Fort Boyard qui stigmatise une frange de la population en surfant sur la vague de la psychophobie. De même avec l’histoire de la vaccination.

Or qu’est-ce qui est responsable de la peur? La méconnaissance.

Informer, c’est lutter contre la peur. Et si des choses restent difficilement acceptables dans les pratiques psychiatriques, il sera nécessaire de faire en sorte qu’elles puissent être améliorées, avec les budgets nécessaires.

N’oublions pas que la santé mentale est le premier poste des dépenses de santé avec les conséquences que l’on connait sur l’efficience au travail.

Car oui, il est nécessaire d’argumenter maintenant terme économique pour justifier de l’intérêt de la prise en charge de la santé mentale : c’est ce que voit le politique!

Témoignage au Ministère de la Santé sur la contrainte en psychiatrie

Visionnez le témoignage de Joan lors de la journée de réflexion organisée par le Centre collaborateur OMS pour la recherche et la formation en santé mentale (CCOMS) intitulée « Contrainte et liberté en psychiatrie : des expériences, des résultats » du 14 mars 2017.

[SISM 2017] Réflexions d’une consultante sur le handicap psychique et la santé mentale au travail (4/4)

A l’occasion des Semaines d’information sur la Santé Mentale du 13 au 26 mars 2017, Philippa vous propose un feuilleton « santé mentale et emploi » en 4 épisodes!

INTRODUCTION

Vous devinez peut être qu’avec un job un pareil, on ne s’ennuie pas. La grande aventure commence dès que j’essaye d’expliquer mon métier à quelqu’un. Je vois le visage de mon interlocuteur se déformer et prendre un air inquiet. La phrase qui suit est presque toujours la même : « ah la la la ça ne doit pas être facile » ou bien « le handicap psychique ? Mais ils ne peuvent pas travailler ces gens-là ? »

Nombreuses sont les idées reçues, elles sont aisément formulées, comme s’il était normal d’en avoir. Faire de la formation sur le handicap psychique, c’est d’abord et avant tout travailler sur les préjugés pour faire évoluer les mentalités.

En dehors des experts et des personnes concernées, rares sont ceux qui savent de quoi il s’agit. Même pour les milieux spécialisés, les contours du handicap psychique sont parfois difficiles à tracer. Alors qu’il s’agit d’une thématique complexe et passionnante qui est aussi un véritable enjeu de société.

C’est pourquoi à l’occasion de ces SISM sur la santé mentale et le travail, je vous propose de partager avec vous, quelques-unes de mes réflexions.

ÉPISODE 1 : LA LOI DE 2005 A FAIT DE LA SANTÉ MENTALE UN SUJET DE SOCIÉTÉ…

ÉPISODE 2 : L’ÉMERGENCE DE BONNES PRATIQUES EN FAVEUR DE L’INSERTION.

ÉPISODE 3 : QUELS FREINS DANS LE MONDE PROFESSIONNEL?

épisode 4 : La santé mentale des salariés : un enjeu majeur que les dirigeants ont du mal à prendre en compte

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[SISM 2017] Réflexions d’une consultante sur le handicap psychique et la santé mentale au travail (3/4)

A l’occasion des Semaines d’information sur la Santé Mentale du 13 au 26 mars 2017, Philippa vous propose un feuilleton « santé mentale et emploi » en 4 épisodes!

INTRODUCTION

Vous devinez peut être qu’avec un job un pareil, on ne s’ennuie pas. La grande aventure commence dès que j’essaye d’expliquer mon métier à quelqu’un. Je vois le visage de mon interlocuteur se déformer et prendre un air inquiet. La phrase qui suit est presque toujours la même : « ah la la la ça ne doit pas être facile » ou bien « le handicap psychique ? Mais ils ne peuvent pas travailler ces gens-là ? »

Nombreuses sont les idées reçues, elles sont aisément formulées, comme s’il était normal d’en avoir. Faire de la formation sur le handicap psychique, c’est d’abord et avant tout travailler sur les préjugés pour faire évoluer les mentalités.

En dehors des experts et des personnes concernées, rares sont ceux qui savent de quoi il s’agit. Même pour les milieux spécialisés, les contours du handicap psychique sont parfois difficiles à tracer. Alors qu’il s’agit d’une thématique complexe et passionnante qui est aussi un véritable enjeu de société.

C’est pourquoi à l’occasion de ces SISM sur la santé mentale et le travail, je vous propose de partager avec vous, quelques-unes de mes réflexions.

ÉPISODE 1 : LA LOI DE 2005 A FAIT DE LA SANTÉ MENTALE UN SUJET DE SOCIÉTÉ…

ÉPISODE 2 : L’ÉMERGENCE DE BONNES PRATIQUES EN FAVEUR DE L’INSERTION.

épisode 3 : Quels freins dans le monde professionnel?

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[SISM 2017] Réflexions d’une consultante sur le handicap psychique et la santé mentale au travail (2/4)

A l’occasion des Semaines d’information sur la Santé Mentale du 13 au 26 mars 2017, Philippa vous propose un feuilleton « santé mentale et emploi » en 4 épisodes!

INTRODUCTION

Vous devinez peut être qu’avec un job un pareil, on ne s’ennuie pas. La grande aventure commence dès que j’essaye d’expliquer mon métier à quelqu’un. Je vois le visage de mon interlocuteur se déformer et prendre un air inquiet. La phrase qui suit est presque toujours la même : « ah la la la ça ne doit pas être facile » ou bien « le handicap psychique ? Mais ils ne peuvent pas travailler ces gens-là ? »

Nombreuses sont les idées reçues, elles sont aisément formulées, comme s’il était normal d’en avoir. Faire de la formation sur le handicap psychique, c’est d’abord et avant tout travailler sur les préjugés pour faire évoluer les mentalités.

En dehors des experts et des personnes concernées, rares sont ceux qui savent de quoi il s’agit. Même pour les milieux spécialisés, les contours du handicap psychique sont parfois difficiles à tracer. Alors qu’il s’agit d’une thématique complexe et passionnante qui est aussi un véritable enjeu de société.

C’est pourquoi à l’occasion de ces SISM sur la santé mentale et le travail, je vous propose de partager avec vous, quelques-unes de mes réflexions.

ÉPISODE 1 : LA LOI DE 2005 A FAIT DE LA SANTÉ MENTALE UN SUJET DE SOCIÉTÉ…

épisode 2 : L’émergence de bonnes pratiques en faveur de l’insertion.

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