Portrait de Maxime Perez Zitvogel

Comme Maxime, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Dans ma vie de tous les jours, je suis amené à rencontrer des gens de tous horizons et ces rencontres me nourrissent beaucoup, elles me permettent d’avancer.

L’autre inspiration dans ma vie c’est mon passé familial. Je viens d’une famille qui a vécu la guerre. Cela a chamboulé les histoires de chacun mais ça ne les a pas empêché de réussir dans la vie, ce qui est un énorme enseignement pour moi.

J’ai eu la chance de grandir dans une maison où j’ai pu côtoyer des femmes incroyables comme ma tante, une chercheuse qui a décidé dès son plus jeune âge de dévouer sa vie aux autres, Agnès B., créatrice qui contribue à changer le monde.

Vous l’aurez compris, mes inspirations ce sont plutôt des femmes, d’ailleurs, je vous laisse vous renseigner sur mes trois co-fondatrices qui contribuent à mon éveil au quotidien.

Les fondateurs de la Maison Perchée, communauté d’esprits singuliers.

Mon père, mon frère et Gringe, qui a accepté d’être le parrain de notre association dès les premiers instants, contribuent à me tirer vers le haut.

Au delà des rencontres et des personnes, il y a trois éléments qui me permettent de trouver un certain équilibre dans la vie : la plongée, la marche et la musique.

J’ai eu la chance de pouvoir plonger dès mon plus jeune âge et le monde marin en général m’apporte un certain équilibre. Il n’y a que sous l’eau que je ne pense à rien d’autre, c’est le seul endroit où je n’ai pas les idées qui fusent. A l’opposé, la marche me permet d’avoir plein d’idées. Enfin, la musique qui m’accompagne au quotidien, est pour moi une source d’inspiration énorme. Comme par exemple le titre « Toucher l’horizon » de Oxmo Puccino.

J’espère trouver un jour l’équilibre parfait. Pour moi ce serait me réveiller avec le sourire, dormir sereinement et savoir que toutes les personnes qui comptent pour moi vivent la même chose.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Mon métier je ne le décrirais pas trop, mais si je devais vous en parler je vous citerais Van Gogh, fameux bipolaire, qui a dit « Je fais toujours ce que je ne sais pas faire, pour apprendre comment le faire ». C’est pour cela que j’aime mon métier, parce que j’apprends tous les jours de nouvelles choses.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Ce qui est merveilleux, et flippant à la fois, c’est qu’il y a encore tout à faire.

A La Maison Perchée, notre baseline c’est « Tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin » et je suis très heureux de constater que l’ensemble des acteurs du milieu commencent enfin à se mobiliser.

Affaire à suivre !

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Dans mon cas, assumer ma folie m’a permis de grandir et de m’éveiller.

Je pourrais simplement donner l’exemple suivant, quand j’étais au lycée on m’appelait « tomate rouge » quand je faisais une présentation, j’étais incapable de prendre la parole en public.

Aujourd’hui, j’enchaine les interviews, comme quoi quand on fait les choses avec le cœur, en s’assumant pleinement, tout est possible.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

A la base ça ne m’intéressait pas, j’étais apolitique.

En intégrant le système on se rend vite compte que c’est une nécessité pour faire réellement avancer les choses, du coup, l’avenir nous le dira. D’ailleurs, je viens d’être élu conseiller parisien des associations pour deux ans, c’est une première mais peut-être le début d’une autre histoire.

Aujourd’hui, je lui demanderais pourquoi les processus sont si complexes pour obtenir des subventions publiques et si peu adaptés aux personnes vivant avec un handicap.

Une initiative que tu aimerais faire connaître ?

Les Piailleries de La Maison Perchée.

Guide famille pour son proche en crise maniaque

J’ai enfin compris, pourquoi je n’ai jamais pu expliquer à mes proches,

La montée et la descente intérieure ce qu’on appelle folie.

Il faudrait que je verbalise, que je rationalise, ce qui ne l’est pas

Si tu m’écoutes quand j’escalade,

Je ferai un effort insurmontable pour paraître cohérente.

En passant par le mental, je ne le suis pas.

Et ton angoisse aggravera mon état intérieur.

Car moi aussi, quand je suis là-bas, j’ai peur.

Si j’écris un guide quand je suis stable,

Je n’y arrive pas.

Parce que mis à part moi, mon entourage n’est passé par-là.

Quand la conscience aura repris le dessus, et il m’interdit de transmettre ce que j’ai vécu.

Je suis dans mon inconscient, je ne suis pas perdue.

Mais quand tu me verras, en physique, tu ne me reconnaîtras plus.

Mes actes, mes paroles, tout te paraîtra incongru, inhabituel.

Je suis guidée par une sorte de force « spirituelle ».

Ce n’est pas magique, mais ce n’est pas logique.

Pour mon inconscient, oui. Il sait ce qu’il fait.

Il cherche les ressources dont il a besoin.

Ce que je dis en situation stable, aux autres bipolaires de type 1

«  Aller se promener dans l’inconscient, c’est interdit, en tout cas, aux humains »

Parce que si le corps est créé, tout comme la nature aime l’équilibre,

Ton cerveau conditionne ton corps et ta pensée, pour rétablir ce qu’on appelle l’homéostasie

C’est assez dur, de rester consciente, quand je suis en folie.

Je me vois agir autrement, je me vois ne plus pouvoir trouver les mots pour expliquer

Je sais que je vais pouvoir stopper la montée, si je m’accroche un peu, que j’essaie de freiner

Je suis sage, je n’ai pas besoin de voyager dans mon inconscient.

Par rapport à quelqu’un d’autre, il se manifeste bien-plus souvent.

Ton inconscient se manifeste dans tes rêves, dans ta poésie,

Il ne te permet pas de t’en souvenir, lorsque tu sors de ton lit.

Tu prends ça à la légère, tu crois ça anodin, car l’humain est constitué aussi.

Pour avoir franchi la barrière,

Lis bien ce que je t’écris.

Il faut que l’inconscient reste à sa place.

Utilise-le à bon escient, il est ton ami.

On compare toujours la folie, au génie.

Sans expliquer forcément pourquoi.

Parce que c’est la créativité, le pont entre l’esprit.

Ecoute les artistes, ceux qui disent « je suis en transe, je me laisse aller, quelqu’un d’autre prend la place ».

Mais quand je suis en montée, c’est trop tard, je ne suis qu’une marionnette qui essaie de freiner.

Je n’ai pas envie de monter, je veux vite redescendre.

Sinon tu me retrouveras quelques mois plus tard, le cerveau en cendres.

Un handicap, un trouble, une maladie

Qui débouche sur de la chimie.

Je suis d’accord avec ça, je ne me connais pas assez moi-même

Et je n’ai aucune envie de savoir, sans pilules, où ce voyage m’emmène

J’ai déjà vu ce que j’avais à voir, « de l’autre côté »

A priori c’est similaire, à la prise de LSD

Je produis ma propre drogue, sans vouloir l’avaler

Car la descente est rude, le bad trip mal accompagné.

Ca fait des années que je sais l’expliquer, que j’ai compris un peu le sens

De ces crises maniaques, leurs essences.

Le cerveau humain a besoin de donner un sens à tout

Quand le cerveau s’effondre, les repères éclatent

L’esprit s’éclate mais il dévaste tout

Je deviens hypersensible, la lumière me brûle, le simple bruit m’agace, les lumières sont trop vivaces,

Je recherche à me créer, ma propre cellule d’isolement,

Celle qui me fera rester, dans mon appartement.

J’ai bien compris, aux urgences, ce que font les soignants.

Pas eu vraiment besoin de le vivre, pour l’imaginer,

Et aujourd’hui je doute, que j’aurais pu vous l’écrire, si je l’avais vécu, avec tant de sérénité.

Les urgences, la contention, hurler à la mort son désespoir, un discours incohérent,

Ne pas comprendre ce qui se passe, la peur.

Le vide, aucune chaleur humaine, un numéro que l’on attache au lit

Car on estime que vous allez vous faire du mal, et aussi à autrui.

Mais on entend tout, même si notre compréhension du monde dans lequel tu vis,

Est déformé.

Tout ce que vous dites à ce moment-là, restera profondément gravé.

Personne à la sortie, ne sera là pour vous accueillir, vous écouter, vous accompagner,

Et encore moins, vous l’expliquer. Vous n’étiez qu’un dérèglement chimique,

Qu’il fallait isoler.

Et votre cerveau alors, une fois revenu stable, que va-t-il en penser ?

Tu vas douter de toi, te penser fou. On va s’éloigner de toi, et toi, tu ne comprendras pas.

Tu vas t’isoler, pleurer, être en dépression. Tu vas songer à quitter la vie,

Car tu n’y as trouvé, aucune compassion.

Comment leur dire ce que tu as vécu ? La beauté et le pire, la peur et le rire ?

Toi-même tu n’arrives pas à mettre des mots dessus.

Et même si tu y arrives, personne n’est à l’intérieur de toi.

Et moi, sans autorisation, ce que j’en tire comme conclusion, c’est n’y va pas.

Mais si tu arrives à te calmer avec des bizarreries, que tes proches réussissent à te regarder comme un bébé attendri,

Qu’ils ont confiance en toi, qu’ils savent que ta partie consciente est là, mais que tu ne peux pas l’exprimer

Comme un bébé éponge, qui essaie de parler, pour dire qu’il a mal, qu’il a peur, qu’il est content

Qu’il a besoin d’aide, momentanément, tu as tout gagné.

Un bébé pleure, crie, car il n’a pas les mots. Il tente par tous les moyens de se faire comprendre, en montrant du doigt.

Les parents et l’entourage, le trouvent mignon, adorable, et lui laissent  le temps, de grandir, avec beaucoup de soutien, d’amour.

Ils ne se moquent pas s’il fait des actions bizarres, rigolotes. Ils savent qu’il va grandir, s’ils leur tiennent bien la main.

Le soir, pour faire acquérir le langage aux enfants, on leur lit des histoires, on leur montre des images.

Mais on leur explique, et on considère encore, que pour tout comprendre, ils n’ont pas l’âge.

Un fou c’est comme un adulte bébé, si je devais mettre des mots. Il a 5 ans.

Il est dans son monde imaginaire, il ne perçoit pas la réalité d’un adulte.

Il interprète que si papa se cache derrière un masque, papa est parti, et le bébé pleure.

Puis quand papa réapparaît, ouf, entre rire et les larmes, le bébé est rassuré.

Un enfant qui lit les mots, ne les déchiffre pas de la même manière, sa vue est comme embrouillée.

Il va chercher de l’aide, on rit de ses maladresses.

Non ma fille, un mot a plusieurs sens. On lui explique tout. La laisse, ce n’est pas que « la laisse d’un chien ».

Je peux aussi te dire « je te laisse », donc je m’en vais.

Ou je te délaisse, je t’abandonne.

L’enfant va te regarder en se disant, que le français, ça a l’air vraiment compliqué.

Un enfant n’agit, qu’au premier degré. Si je perds mon second degré, ça commence à être trop tard. Mais encore possible, si je demande de l’aide. J’ai encore assez de conscience, pour rester chez moi.

Un bipolaire en phase maniaque, c’est pareil. L’adulte est parti, mais il est en sommeil.

Sauf si le regarde avec peur, mépris, incompréhension.

Qui pourrait comprendre qu’en face de lui, il a le même adulte

Qui est redevenu un petit garçon ?

Un enfant qui retrouve l’extase, de ses premières émotions.

Il joue avec les mots, il rigole avec pas grand-chose, il s’invente ses histoires.

Comme un enfant, il est impulsif, il a envie de se coucher tard.

Il est égocentré, tous ses besoins doivent être satisfaits, en urgence.

Ca ne serait venu à l’idée de personne, de venir me déranger, enfant, quand je créais des histoires avec mes poupées, ou que je me berçais avec de la musique, dessiner, chanter sous la douche.

Redevenir un bébé, avec une conscience d’adulte, c’est magnifique, c’est normal qu’on ait envie d’y rester.

On ne nous comprend pas.

Pourquoi nous priver, de ce monde magique, qu’on avait oublié ?

On fait des liens qui n’existent pas, ou n’existeront plus, après les cachets.

On ne rira jamais autant, que pendant une crise.

On aimera tout le monde, on parlera à Dieu, aux morts, aux arbres, aux animaux.

Et quand un parent regarde son enfant il se dit « ah, que j’aimerai retrouver cette insouciance d’enfant ». Ou tout le monde s’occupe de lui, sans qu’il s’en rende compte.

Mais le bébé n’existe plus, sauf dans ton inconscient, c’est ta créativité.

Alors sors de là maintenant, reviens dans « leur présent »

Bébé doit grandir, bébé doit aller se coucher, bien manger, apprendre à parler, à marcher, à communiquer ses émotions avec l’entourage.

La discipline, c’est toi l’adulte qui doit te l’imposer, avec l’aide de ton entourage.

Il faudra que l’adulte bébé arrête de crier, pour exprimer sa rage

De taper les murs, car il ne comprend pas

Il devra comprendre de nouveau, que ce sont les interdits, formeront sa bonne structure.

Mais l’entourage doit lui expliquer doucement. Lui raconter une belle histoire, ce n’est pas mentir, c’est pour ne pas lui faire peur.

Le bébé ne doit pas revivre le passé, ni même le futur

Reviens à toi doucement.

Alors la camisole chimique ok, mais pas l’enfermement.

Les médicaments ok, mais temporairement.

C’est pourquoi j’ai la chance, par l’amour de mes proches,

De créer ma propre chambre d’isolement.

Lucie

Portrait de Laëtitia

Comme Laëtitia, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je suis très fortement inspirée par Niki de Saint Phalle. Avec ses sculptures monumentales en mosaïque à la fois joyeuses et torturées, elle dénonce sans se lamenter. J’aime cette démesure et cet esprit de révolte lumineuse par la créativité. C’est une façon de faire bouger les lignes.

Je n’aime pas le fatalisme et je pense qu’il est toujours possible de faire bouger les choses. Je n’aurais pas la prétention de dire que j’aspirerais à changer le monde mais sûrement apporter ma pierre à l’édifice, pas juste en objectant, mais en proposant des solutions concrètes notamment en matière de santé mentale pour les enfants.

Un autre volet qui me tient à cœur est l’environnement. A ma petite échelle, je fais tout pour préserver notre précieuse planète, prendre soin d’elle, c’est prendre soin de nous.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis iconographe c’est-à-dire documentaliste photo dans une agence photographique. Je visionne de belles images toute la journée. Côtoyer l’art au quotidien, c’est vraiment une chance.

J’aime ce pouvoir de l’image de figer l’instant pour ne pas oublier. A l’époque des selfies, de l’instantanéité, des réseaux sociaux et de la profusion d’images, j’aime cette faille de la photo argentique, cet « imparfait de l’objectif » comme disait Prévert de Doisneau, les surprises et l’attente aussi qu’elle offre. Sans non plus tomber dans la nostalgie du passé car j’apprécie l’innovation aussi et l’accessibilité qu’elle nous offre.

J’aime la photo humaniste, sa façon de rendre hommage à l’Homme dans sa vie quotidienne, d’apprécier les moments simples. Le monde de la photo, c’est aussi le monde de la rencontre avec l’autre, de l’émotion et de la sensibilité. C’est pour tout cela que j’aime mon métier.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je vais vous parler du monde de la santé mentale pour les enfants car mon fils souffre de bipolarité juvénile.

Je pense que la santé mentale mérite d’être traitée comme la santé physique : prévention, dépistage, diagnostic, prise en charge la plus précoce possible.

Quand un enfant a un cancer, il ne viendrait à l’idée de personne d’attendre pour voir comment cela évolue.

Pourtant aujourd’hui en France, c’est comme cela que cela se passe pour les enfants atteints de troubles psychiques.

C’est scandaleux et c’est de la non assistance à personne en danger. C’est l’éducation parentale qui est systématiquement pointée du doigt en premier. Les signalements et les placements abusifs sont courants.

Pendant ce temps là les troubles progressent… Il faut souvent un événement grave comme une tentative de suicide pour que la famille soit enfin écoutée.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Le trouble de mon fils m’a permis de mieux me connaître voire de me connaître tout court.

Je porte désormais un regard différent sur le handicap et j’ai beaucoup plus de bienveillance envers les autres en me gardant de jugements trop hâtifs.

On fait souvent ce qu’on peut avec ce qu’on a. Je me suis découverte des ressources que j’ignorais.

La « folie » m’a appris à me dépasser, à me remettre en question et surtout elle m’a permis d’avoir une relation très particulière avec mes enfants car elle nécessite beaucoup de remises en question.

Sans cela je pense que je ne serais pas une si bonne maman. Je suis probablement devenue une meilleure personne par le biais de formidables rencontres grâce à l’Association Bicycle – association qui vient en aide aux familles et aux éducateurs d’enfants et d’adolescents cyclothymiques, bipolaires – et dont j’ai repris la présidence depuis plus de deux ans.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, la politique n’est pas un milieu qui m’intéresse.

Si je devais lui adresser un message, c’est de prendre les mesures nécessaires pour faire connaître et reconnaître la bipolarité juvénile et cela avant 15 ans !

D’écouter le savoir expérientiel des familles au travers des associations car, avec une prise en charge précoce et adaptée, le pronostic de ces enfants peut-être très différent ainsi que l’avenir de toute leur famille car il ne faut pas oublier que dans ce trouble tout le monde souffre.

Les troubles bipolaires débutent majoritairement pendant l’enfance, ses manifestations sont différentes de chez l’adulte plutôt chroniques qu’épisodiques, d’installation progressive plutôt que d’apparition brutale.

Adapter les critères diagnostic doit donc être une urgence et une priorité.

Les campagnes actuelles pour le diagnostic précoce sur la bipolarité sont à mon sens incomplètes et donnent une fausse bonne conscience si on ne prend pas le problème à ses origines donc dès l’enfance.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://www.bicycle-asso.org

Alice nous présente Bipol

L’Œuvre Falret innove avec la création de Bipol Falret, un Centre de Jour à Saint-Ouen dédié aux personnes atteintes de troubles bipolaires. En effet, le savoir expérientiel est au cœur du projet de l’établissement, qui est porté par une équipe de professionnels comportant un pair aidant afin de proposer une offre la plus adaptée possible aux besoins des personnes concernées et de leur permettre de participer activement à la vie de l’établissement.

Les notions d’empowerment et de rétablissement sont véritablement au centre des programmes : le programme START comporte un programme de formation à l’autogestion de la maladie, des activités thérapeutiques et de bien-être et un programme d’accompagnement au rétablissement dans des projets de vie choisis. Ceux qui souhaitent entreprendre un projet professionnel pourront également suivre le programme ANTEM d’insertion professionnelle et de maintien en emploi.

La personne suit un programme personnalisé, co-construit avec l’équipe, en fonction de ses besoins, alternant des consultations individuelles (avec pair aidant, psychiatre, psychologue, assistante sociale, psychomotricien…) et des ateliers collectifs (les ateliers entre pairs étant essentiels, car ils sont sources d’apprentissage, de soutien et de motivation).

L’autogestion de la maladie permet de mieux prévenir les rechutes pour se stabiliser et favoriser le rétablissement, mais le rétablissement va bien au-delà, car il ne concerne non pas l’évolution de la maladie, mais le devenir de la personne. Les soins, la guérison sont des moyens, mais la vraie finalité c’est de se rétablir, de mener une vie épanouie avec ou sans trouble psychique. C’est pourquoi les projets de vie sont essentiels et sont au cœur du projet de Bipol Falret.

Alice Vignaud

Pair aidante et chef de projet

Bipol Falret

avignaud@oeuvre-falret.asso.fr

Tél : 01 58 79 20 20

https://www.facebook.com/Bipol-Falret-381076322351337/

Valproate + grossesse = danger

La molécule commercialisée par Sanofi est décrite comme indispensable pour traiter l’épilepsie mais qu’en est-il de sa prescription par les psychiatres pour le traitement des troubles bipolaires sous l’appellation Dépakote® et Dépamide®?

valproate pictogramme
Le pictogramme apposé sur les boîtes de Dépakote®, Dépamide® et Dépakine® depuis le 1er mars 2017.

Il y a cinquante ans, la Dépakine, une trouvaille française et une petite révolution médicale, était mise en vente pour traiter l’épilepsie : le traitement fabriqué par le laboratoire Sanofi semblait alors particulièrement efficace. Mais aujourd’hui, la Dépakine est devenue un scandale sanitaire.

En cause, le principe actif qu’elle contient, le valproate de sodium, qui peut avoir de sérieuses conséquences sur le développement du fœtus : malformations congénitales et troubles du développement. Des effets graves, fréquents — jusqu’à 40% des bébés exposés in utero — connus de longue date des médecins, du laboratoire Sanofi, des autorités sanitaires (un rapport officiel a reconnu leur inertie) mais très longtemps ignorés par les principales intéressées : les femmes enceintes.

Une instruction judiciaire est ouverte

Aujourd’hui, quelle est l’ampleur des dégâts causés par la Dépakine ? Combien d’enfants handicapés ? Pouvait-on éviter cela ? Qui est responsable ? Les plaintes se multiplient, une instruction judiciaire est ouverte.

Après une série de scandales mettant en cause des médicaments (Mediator, Vioxx, etc.), l’affaire de la Dépakine signe la faillite d’un système sanitaire incapable de protéger les consommateurs.

Un sujet de Nathalie Sapéna, Valérie Lucas et Vincent Buchy, diffusé dans « Envoyé spécial » le 16 mars 2017.

Portrait de W

Comme W, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître l’Association des Hypersensibles. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les échanges lors de nouvelles rencontres. Les livres. Les films.

J’aspire à la tranquillité de l’esprit, à la paix intérieure, à l’harmonie entre mon monde intérieur et extérieur.

J’aspire à la liberté, me déconditionner de tous les vieux schémas mentaux que j’ai hérité à la naissance.

J’aspire à la révolution de notre société. Que les valeurs humaines de tolérance, de bienveillance, de sobriété, renverse la norme actuelle : compétition, consommation, culte du corps, déshumanisation des relations, recherche du profit, de la croissance économique sans cesse.

J’aspire à un monde meilleur, et d’y contribuer au maximum de mes capacités.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je travaille bénévolement en tant que président de l’association des hypersensibles.

C’est une activité qui fait sens pour moi et qui répond à un besoin : le manque de lien social chez les personnes hypersensibles.

Mon projet de vie est lié avec le développement de cette association. Le projet final est de m’installer dans la campagne est de diriger un centre de ressourcement pour personnes hypersensibles.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense que la santé mentale franchira un pas quand on n’utilisera plus les termes : bipolaires, schizophrènes, dépressifs, phobiques, autistes, etc. et qu’on s’intéressera à ces 2 millions de personnes concernées par la santé mentale en France comme des personnes qui sont victimes de l’état actuel du système professionnel et social excluant, et non comme des malades qui doivent se soigner pour se réinsérer.

Car se réinsérer dans un système malade qui nous a rendu malade… absurde!

Le monde de la santé mentale met le focus sur ceux qui souffrent. Il devrait aussi le mettre sur les origines de cette souffrance : encore une fois, les maux de la société actuelle énoncée non exhaustivement au dessus.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie n’est ni positive ni négative en soit. La folie c’est plus de couleurs. La folie c’est l’anormal. La folie c’est ce qui ne se cadre pas, ne se gère pas. La folie c’est une liberté d’esprit et de cœur.

La folie va être plus ou moins bien vécue. Cela dépend si elle est acceptée à l’intérieur comme à l’extérieur.

Le plus difficile souvent étant d’assumer sa folie en tant que personnalité et non en tant que maladie.

La souffrance vient quand on essaye de calmer cette folie, de rentrer dans les clous, quand on se tait, quand on refoule les couleurs explosives en nous.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Prendre en compte ces millions de Français qui sont malheureux dans cette société qui se déshumanise à petit feu.

Prenez nous en compte, ou sans cela, bientôt, ce sera la révolution! 🙂

Portrait de Le Bipolaire

Comme Le Bipolaire, fais-toi tirer le portrait par Comme des Fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître la page www.lebipolaire.com, premier réseau social pour personnes souffrant de troubles bipolaires et leur entourage. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime parler de tout, autant de ce qui dérange que de ce qui est normal. Mais après tout, c’est quoi la normalité ?

Anticonformiste en essayant de toujours rétablir la vérité pour changer les regards de beaucoup d’ignorants…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier, c’est ma vie ! Je l’aime et j’essaie de le faire partager en écrivant… Un métier qui m’occupe ma tête 24H/24H… Hyperactif, créatif, sensible mais surtout très généreux en dons, bienvenue dans ma vie, mon travail !!!

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

J’ai toujours dit qu’on ne parlait jamais assez des maladies mentales comme le trouble bipolaire. Souvent déformé pour faire réagir et jamais assez approfondi en terme de santé sérieuse.

Bien sûr, la recherche avance ( et heureusement ), mais c’est toujours très ( trop ) lent à mon goût… Pas assez d’implications de la part de beaucoup de professionnels qui, souvent, généralisent les symptômes à force de voir beaucoup de patients; il faut dire qu’on ne leur donne pas beaucoup de moyens non plus…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

L’originalité, la créativité, des choses exceptionnelles qu’on ne peut voir qu’en étant atteint de ce pseudo-symptôme que beaucoup de gens appellent « la folie »…

J’ai juste une question à vous poser : La folie ne serait-elle pas une liberté qu’on ne veut pas nous donner ?

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, car je deviendrais peut-être comme eux à force, personne ne peut savoir… Il faut savoir dire la vérité aux personnes malades, proposer un programme c’est bien, mais il faut pouvoir le tenir. Exemple : Il vaut mieux dire qu’on ne guérira jamais la bipolarité mais qu’on peut arriver à très bien la stabiliser avec un traitement à vie, plutôt que de dire que les troubles bipolaires peuvent être guéris grâce à un traitement… C’est certainement pareils aux yeux des personnes non-malades, mais absolument pas pour les personnes concernées.

Portrait de Florent Muller

Comme Florent Muller, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Découvrez son site : http://jesuisbipolaire.eklablog.com

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aspire à changer le regard sur les troubles psy ou le handicap en général. Je le fais par l’écriture, des conférences, mes compositions musicales, radio, télé…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

En ce moment rien n’est fait, je passe justement un nouvel entretien demain.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale évolue et tant mieux. On commence à parler de rétablissement et cela c’est nouveau en France.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La créativité. Quand la folie est contrôlée c’est génial et jouissif. On arrive à tirer le meilleur de nous-même !!!

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je n’y avais jamais pensé mais pourquoi pas !!! Qui mieux qu’un usager peut comprendre les souffrances des autres et aider les usagers. Je vais là où on me demande et donne toujours une bonne image des troubles psychiques.

Qui suis-je quand je ne suis pas moi ? [livre]

Qui suis-je quand je ne suis pas moi ?9782738133366
Le moi qui est sur la couverture du livre est-il vraiment celui qui écrit le livre ?

Où est la frontière derrière laquelle un moi cesse d’être moi ? Voilà un questionnement qui fut fondateur dans l’écriture de ce livre. C’est cette interrogation première qui a ouvert des portes insoupçonnables à Agathe Lenoël.

Rédactrice free lance depuis 10 ans. Elle aime les mots, les tourner, les retourner, comme un bonbon acidulé dans la bouche.

Parler de son livre est essentiel. Elle y mène un combat pour déstigmatiser les maladies psychiques et donner une voix aux personnes diagnostiquées bipolaires en souffrance et les questionnements des familles et des proches.
Elle s’interroge et nous interroge sur la place que chacun de nous a dans le monde.

Le propos est résolument optimiste. Il aura fallu 20 ans à Agathe pour oser écrire ce livre, 20 ans pour appréhender son histoire et faire partager ses découvertes.

Le lecteur de ce livre est roi. Il fera ce qu’il voudra avec ses mots.

Deux niveaux de lecture : un récit de vie intime qui se lit comme un roman et un bagage théorique à emmener avec soi en notes de bas de page.

Très renseigné sur les sciences et la médecine en particulier. Agathe a beaucoup lu pour écrire ce livre et l’illustrer par des thèses médicales faciles d’accès.

Rêvons ensemble d’un monde qui n’exclut pas la fragilité, ni ne récuse les émotions.

Bonne lecture à tous !
Alexª
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