Portrait de Loulou

Comme Loulou, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Voyager, revivre, revoir la beauté, assister à un concert de Neil Young, retourner au Maroc, retrouver le souffle pour chanter mes chansons, quitter la ville, retrouver un soupçon d’insouciance, ne plus jamais revoir ma sœur, aimer.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’écris des chansons depuis l’enfance, j’aime ça parce que quand l’inspiration m’envahit, je m’envole, ce sont les seuls moments où le poids de la vie et où mon désespoir s’évanouissent.

Une fois que la chanson est terminée, je n’ai plus peur pendant quelques heures.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un immense fourbi où il faut se frayer un chemin et éviter les pièges.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La découverte, la création et la faculté d’identifier ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Je pense qu’elle permet aussi de mieux comprendre la souffrance des personnes qui nous entourent ou que l’on aperçoit dans la rue ou que l’on observe, assis, seul sur un banc.

Peut-être aussi qu’elle nous aide à ne pas être dans le jugement.

C’est aussi la possibilité de s’extirper du moule, et de se révolter.

Parfois ça peut nous faire ressentir des émotions extrêmement fortes et profondes, qu’elles soient agréables, voir exquises, ou au contraire atrocement douloureuse.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Ministre, non. Je lui demanderais tellement de choses…

Qu’il fasse en sorte que la vie que mènent les êtres humains soit moins violente, et qu’il commence par se poser des questions sur sa propre folie qu’il a dû dissimuler pour accéder à ce job.

Je lui demanderais aussi de moins parler, voir de se taire, mais d’agir pour prendre soin des enfants, des hommes et des femmes qui sont en souffrance. Et d’ouvrir le tiroir-caisse pour pour doubler les effectifs du personnel soignant et que la formation de ces personnes soit davantage orienté sur le dialogue, l’écoute et l’accompagnement plutôt que de poser un diagnostic et d’administrer les psychotropes qui amputent et emprisonnent les personnes considérées comme « malade » ou ne correspondant pas à la norme.

Il y a une chanson d’Alain Bashung où à un moment il dit « je veux rester fou ».

Moi j’entends là-dedans « je veux rester vivant »…

Aimons ce que nous sommes!

Marius Jauffret : chronique de la psychiatrie ordinaire

Pour qui a déjà mis les pieds dans un hôpital psychiatrique, le récit de Marius Jauffret est une véritable madeleine de Proust. Mais là, pas de grand-mère, pas d’évocation poétique mais bien le gâteau rassis des goûters servis à 16h30 dans les réfectoires sordides et malodorants du GHU parisien. Peut-être aussi les effluves de cigarettes mal fumées, ou trop fumées, l’odeur latente et persistante entre la maison de retraite et la prison, tout ce qui pour le fou lui rappelle qu’il l’est et que son statut social de marginal est bel et bien ancré dans la pierre. 

Marius nous livre ici un succédané de vie hospitalière parisienne, dans un univers où malheur à nous son rôle et tous les rôles des autres internés ont déjà été joués et le seront à nouveau. Véritables idéaux-types de la psychiatrie locale, les protagonistes nous rappellent ce que le mot déchu signifie. Chacun dans leur propre univers, peinant à rejoindre celui de l’autre même quelque temps. 

Le matériel devient le lien entre ces radeaux échoués. Radeaux parce que fragiles. Échoués parce que internés, les hommes et les femmes de cette fresque psychiatrique nous renvoient à ces hospitalisations passées. Et l’on voit qu’on change de rôle. On passe du jeune premier hospitalisé qui sort vite au patient médian comme Marius qui attend, des fois en ayant presque recouvert tous ses esprits ; pour arriver au vieux briscard connaisseur des rouages de l’administration psychiatrique. 

Ce récit est important. Il est de l’art car bien écrit, bien senti, il est aussi une immersion, une image fidèle au réel. Un réel de la psychiatrie trop peu décrit par les médias ou par l’artiste. Si aujourd’hui nous souhaitons changer les regards sur la folie, l’écrit de Marius est important. Il permet une fidèle description de la psychiatrie telle qu’elle se vit pour la plupart, loin des UMD de C8, loin des tueurs psychopathes et finalement assez peu psychotiques des séries de TF1, et près de la folie ordinaire, celle de Ste-Anne, de ses hôpitaux de jour et centre de réinsertion par le travail… Et nous croyons que l’image du fou et de la psychiatrie ne se changera que par la retranscription fidèle d’une réalité trop souvent ignorée et surtout mal connue et fantasmée.

Le Fumoir, Marius Jauffret, éditions Anne Carrière, 2020

http://www.anne-carriere.fr/ouvrage_le-fumoir-marius-jauffret-410.html

Témoignages pour la Compagnie Vox

La compagnie VOX recherche des témoignages :

Nous cherchons dès aujourd’hui des témoignages, sous formes d’interviews, de tout type de personnes, afin de recueillir leurs expériences, leurs visions sur le monde et leurs façons de percevoir la réalité.

À partir de ces témoignages, la création a pour but de proposer une immersion chronologique dans l’esprit d’un être humain et sa manière de façonner sa réalité et perception du monde.

Autour de cette matière brute, nous réunissons une équipe d’artistes susceptibles de traduire ce discours sous la forme d’un tableau pluri-disciplinaire qui fera ainsi partie intégrante du spectacle en création.

Nous recherchons donc, afin de réaliser nos premiers tests d’interviews, des personnes volontaires pour répondre à une série de questions d’environ 45 min, filmée et enregistrée.

Si vous êtes intéressés, merci d’écrire à cette adresse mail :

À l’attention de Karine Lewitz – voxassociation@gmail.com 

Collages virtuels

« Même folle, je ne veux pas qu’on m’attache. »
« Je ne serai jamais seul.e même à l’isolement. »
« Non c’est non, même en psychiatrie. » #ConsentMatters
« Les neuroleptiques, c’est automatique ? »
« Soigner c’est cher, abandonner c’est gratuit. »
« Soyons fous, dépsychiatrisons-nous! », Collectif Dépsychiatriser

Série de collages librement inspirés du site collagesvirtuels.fr

Appel à témoignage : contention et isolement

Pour les besoins d’un reportage pour France Télévisions, nous recueillons vos témoignages sur l’expérience vécue de la contention (être attaché.e à un lit avec des sangles), de mise en chambre d’isolement et sur les techniques d’apaisement aux urgences et en psychiatrie en France.

Il s’agit de libérer la parole et d’informer sur la généralisation ou non de ces pratiques de dernier recours.

Que vous soyez patient, proche ou soignant, vous pouvez nous transmettre vos témoignages écrits par message privé ou à l’adresse : contact@lightskyblue-penguin-597208.hostingersite.com

Le « G.E.M Le Canal » en Occitanie

Le projet de GEM Le Canal est un évènement majeur concernant la rencontre de groupes d’entraide mutuelle, avec un périple sur une péniche en passant par plusieurs villes et en y faisant des escales.
Pour plus d’informations sur cela, vous pouvez aller voir le Facebook : Asso MicroSillons ou même nous contacter au 09 50 55 99 35 ou par mail : association.microsillons@gmail.com .

Portrait de Petite Fleur

Comme Petite Fleur, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je m’épanouis dans la littérature (écriture ou lecture), tout ce qui concerne le domaine artistique. Je suis sensible à la beauté de la nature. A l’authenticité des moments simples auprès des gens que j’aime.

Depuis un an je me suis passionnée pour la Cartomancie et la méditation. L’ésotérisme me secourt chaque jour. Je soutiens plusieurs associations dans des domaines différents (cancers pédiatriques, mucoviscidose, les animaux…).

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis Aide Soignante. Je l’aime parce que je suis obligé de prendre sur moi.

Donner de l’amour et du soutien à ceux qui en ont besoin m’aide à ne plus m’apitoyer sur moi-même.

Sans ce travail, je me sens dénué de toute utilité en ce monde.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Vis à vis de la médecine, je trouve qu’il manque encore de connaissances.

Je pense que les soignants sont encore trop ignorants, et les patients, peu écoutés.

Il faut plus de paroles. Moins de peur. Ce monde est finalement à la portée de chacun, il suffit d’un rien pour perdre pied, ou pour se découvrir un trouble. Finalement, l’avenir de ce monde nous appartient à tous.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie c’est la défense de notre âme. Son bouclier. La folie met en lumière des aspects de l’humanité encore méconnue. On peut en tirer plus de sagesse, plus de tolérance. La folie et la souffrance sont voisines. C’est la meilleure échelle pour atteindre la sagesse et l’éveil, même si cela parfois semble être illusoire.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je ne pourrai pas devenir un jour ministre, car la politique est encore un monde à part, et contrairement à la santé mentale, celui ci semble vraiment hors de ma portée.

Par contre, je lui demanderais bien des choses.

Plus de moyens dans les hôpitaux psychiatriques. celui de ma ville est vétuste par exemple.
Les soignants peu informés. Détachés.

Je demanderais la mise en place de « cours » au sein des collèges et lycée qui je pense aideraient à prévenir et à donner force et courage aux adolescents présentant des troubles de se manifester.

Des cours pour stopper les clichés sur certaines maladies, pour réduire la peur, en faisant intervenir des patients eux-mêmes. la tolérance ça s’apprend à cet âge là.

Et je crois que je demanderais de pouvoir faire un compte-rendu détaillé avec les moyens nécessaires pour analyser les prises en soins et les résultats dans les hôpitaux.

En plus d’une subvention pour les associations de groupe de paroles qui existent et que je trouve formidables.

Tous concernés [Maya]

Dans le cadre du Concours Santé Mentale – Tous Concernés, nous avons le plaisir de vous présenter la sélection du jury. Les 15 vidéos retenues ont ainsi la chance de remporter l’un des trois prix du jury. En plus des prix du jury, nous avons décidé de lancer également un prix du public. La vidéo, qui jusqu’au 10.10. à 22h aura le plus de likes ici sur Youtube, gagnera une caméra Go Pro! Rejoignez-nous le 10 octobre à 20h sur DOK TV, RTL.lu ou www.semainesantementale.lu pour suivre en direct l’annonce des vainqueurs! Nous souhaitons bonne chance à tous les participants et nous vous remercions déjà pour la précieuse contribution qu’ils ont tous apportée à la santé mentale.

Un mental d’acier pour vaincre la folie.

Comment développer un mental ou un moral d’acier face à l’épreuve de la folie ?

La folie est sûrement la chose la plus déstabilisante qui puisse nous arriver.

Quand elle nous emporte ou qu’elle commence à s’ancrer chez un proche, on aimerait savoir réagir, ne pas se laisser noyer et reprendre pied. On aimerait reprendre le contrôle sur ce qui semble incontrôlable.

Ecrire, c’est déjà une manière de se détacher de l’expérience vécue en essayant de mettre des mots à ce qui arrive (et vos précieux commentaires seront les bienvenus). Réussir à en parler, c’est encore plus fort mais souvent impossible.

Aussi rationnels que nous puissions être, nous savons que certaines choses échappent aux mots et que verbaliser n’est pas toujours suffisant, la folie est souvent plus forte que nos tentatives de mise en mots.

Et pourtant, si j’écris ici cette incantation, c’est pour mobiliser d’autres ressources que nous avons tou.te.s même quand le moral et la raison flanchent. Comme on dit aussi, parfois il suffit d’une rencontre pour changer le cours d’une vie.

Je ne parle pas forcément de magie ou de spiritualité, bien que ça pourrait nous aider, ou d’une méthode scientifique pour se reconnecter au réel et au temps présent comme pourraient le proposer les méditants et autres psychologues positivistes.

J’aimerais plutôt vous proposer un peu d’espoir, un peu de tendresse, un peu de vie, un peu d’humanité dans un monde qui s’assombrit dans nos tristes solitudes et dans un déchainement d’actes destructeurs sur notre écosystème et sur l’humanité, d’un système capitaliste qui ne prend pas la peine de protéger le vivant et les liens qui se nouent entre nous.

Et ce n’est pas juste la faute au système si des gens ne se soucient pas des autres ou tirent profit de situations d’oppression pour trouver leur bien-être mais il suffit d’atterrir en psychiatrie pour voir que la violence est aussi systémique au-delà des bonnes volontés des professionnels.

Car oui, la folie est en nous mais elle est surtout autour de nous. S’isoler peut s’avérer utile pour se ressourcer et survivre à la souffrance. Mais l’isolement est souvent une conséquence et pas un choix.

Choisir de s’en sortir, de sortir dehors, même si c’est dur, même si ça fait peur.

Et pourtant, avec le temps, le mental s’aguerrit, certains même guérissent de leur folie.

Comment garder un mental d’acier face à la folie, face à l’injustice, face au désespoir et ne pas se laisser emporter par le va et vient des coups que nous infligent le monde et que nous nous infligeons à nous-mêmes ?

Il faut du caractère, du cœur et de la détermination pour vaincre le désespoir. Vaincre non pas pour écrire l’ « histoire des vainqueurs », mais redevenir maîtres de nos choix, sur nos vies, sur nos corps, et se rencontrer pour créer une alternative à ceux qui sont laissés au bord de la route dans un élan insensé de progrès et de croissance économique.

On n’y arrive pas du jour au lendemain, et si constance et patience ne sont pas l’ami du fou, avec le temps on finit par apprendre le soin de soi et des autres. Aimer la vie c’est aussi un choix et un jour on se rend compte que la vie reprend son cours et qu’elle nous aime en retour. Alors partageons nos folies et ne les laissons pas nous anéantir.