L’anglais Richard Bentall a montré, dans un article très documenté, qu’en appliquant rigoureusement la méthode athéorique du DSM (Diagnostic Statistical Manual of Mental Disorders) on pouvait définir le bonheur comme une maladie : le bonheur est en effet un état statistiquement anormal. Il correspond à un ensemble de symptômes qui peuvent être critérisés et à des anomalies cognitives définies. Il a probablement pour corrélat un fonctionnement du système nerveux central en rupture avec le régime cérébral de base. L’auteur montre que l’objection selon laquelle le bonheur n’étant pas considéré négativement n’est pas un trouble n’est pas scientifiquement pertinente. Il propose de le dénommer non sans humour : major affective disorder : pleasant type.
L’histoire de la psychiatrie est indissociable de celle d’une antipsychiatrie.
Jacques Hochmann met ici au jour le constant balancement entre critiques et réactions, entre démarches « alternatives » et reprises en main qui a habité la psychiatrie depuis ses origines.
Analysant en particulier l’antipsychiatrie anglaise ainsi que la psychiatrie démocratique italienne des années 1970, il retrace aussi tous les mouvements qui, dès le XIXe siècle, se sont opposés à la médecine officielle, aux pratiques thérapeutiques attentatoires aux libertés, à l’asile d’aliénés rebaptisé hôpital psychiatrique, etc. Il propose enfin les bases scientifiques qui pourraient permettre de sortir de ce combat permanent.
Une relecture complète de l’histoire de la psychiatrie qui permet d’éclairer les débats actuels.
« Nos meilleures ressources ne résident pas forcément en nous, comme prétend nous le faire admettre l’idéologie dominante du capital humain à travers l’image d’un individu auto-centré, entrepreneur de lui-même. Elles résident plutôt dans une relation créative (formative et capacitante) avec la situation dans laquelle nous sommes engagés. Le processus de capacitation gagne en pertinence, monte en puissance, par et dans l’expérience elle-même, à travers les épreuves qu’elle nous adresse et que nous devons explorer et surmonter. »
« Au sein de l’asile de Maison-Blanche, un pavillon a ouvert ses portes en 1983, à une autre forme de médecine : la thérapie par la création libre. » Charlie Hebdo Continuer la lecture de « L’Atelier du Non-Faire »
On a tous de bonnes raisons de devenir fou – le stress, le travail, une vie difficile – mais que faire face à quelqu’un qui perd la tête ?
Bien souvent on est paralysé par la situation et on ne sait pas quoi dire à cette personne qui semble avoir coupé les ponts de toute communication rationnelle. Soit parce qu’elle est en pleurs ou qu’elle hurle un monologue interminable.