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Portrait de Pyoon

Comme Pyoon, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Mes ami.e.s, mon compagnon, mon enfant.

Les paysages de montagne et les balades en forêt, observer les plantes, peindre.

Les histoires qui me font pleurer parce qu’elles m’émeuvent.

J’aspire à plus de compréhension pour tout.e un.e chacun.e. A déconstruire les hiérarchies dichotomiques qui sont enfermantes et aliénantes et agissent comme des outils de soumission des individus.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Deux métiers:

  • proposer des connaissances relatives à la botanique et ses usages.
    être dehors, me balader, observer, être attentive, partager avec autrui, découvrir, enquêter presque.
  • étudier la psychologie clinique.
    Lire des cours, apprendre, faire des études de cas, me questionner, travailler mon savoir et mon savoir-être.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

J’ai envie de penser qu’il est à la pointe de la réflexion sur le soin quant à l’humain dans sa capacité à prendre en compte l’individu dans sa complexité et dans son intégralité singulière.

Cette vision holiste me semble un bon horizon pour le soin en règle générale, qu’il concerne le trouble mental ou la maladie organique.

Toutefois c’est une vision avec les lunettes roses de l’optimisme. Le manque de moyens, de personnels, d’accessibilité à des structures de soin et la stigmatisation ainsi que la faiblesse des politiques sociales et éducatives qui organisent le cadre de la santé mental en France sont aussi des réalités concrètes.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

L’occasion d’aller puiser profondément dans nos ressources.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Non.

Plus de moyens, une accessibilité aux formations pour permettre d’étoffer la boîte à outils des praticien.ne.s, une éducation dès le plus jeune âge à l’expression des émotions et de la souffrance.

La stigmatisation du mal-être liée à la demande permanente de performance et d’individualisme me semble en effet des facteurs qui rendent notre société et ses membres vulnérables aux troubles mentaux.

Rencontre avec Hélo, auteure de « Barge »

« Barge, c’est l’occasion de revenir sur dix années de cheminement entre folie et psychiatrie, en offrant à lire tant les élans mysticopolitiques que les comptes rendus d’hospitalisation et les lettres de proches. L’idée est de donner un panorama aussi complet que possible de l’aventure jouissive et angoissante du délire, et de raconter mon parcours de rétablissement.

Barge en public, c’est rendre le texte autrement vivant et percutant, et offrir la possibilité à l’auditoire, après la lecture d’extraits par l’auteure, d’échanger autour des questions que la folie nous pose, et de s’interroger sur nos manières d’y répondre mieux ensemble. »

https://centre-ressource-rehabilitation.org/video-rencontre-d-heloise-koening-autour-du-livre-barge

Le speech d’Héloïse pour Konbini :

Rendez-vous ici pour acheter Barge en ligne.

Envie de plus d’infos, d’être tenu.e au courant ou de le diffuser?

barge (at) riseup.net

Extraits du livre :

Portrait de david56600

Comme david56600, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Mes principales inspirations sont ma famille et tous les êtres humains.

J’aspire au bonheur de tous: on ne peut être heureux seul…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Je suis infirmier en secteur psychiatrique (équipe mobile de réhabilitation psychosociale).

Je suis diplômé depuis 2005 et j’ai toujours exercé en psychiatrie et je ne changerais pour rien au monde!!

Mon épouse travaille également en psychiatrie (cadre de santé) et nous adorons notre métier.

Nous sommes passionnés par notre métier et nous essayons à notre échelle de faire bouger les choses en psychiatrie et ce n’est pas facile…

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Nous devrions tous faire de la santé mentale notre priorité.

Travaillant en psychiatrie, je suis parfois encore navré par le coté asilaire de nos institutions.

Au delà du manque de moyen (financier) c’est également une autre approche du soin que nous devons « instituer »(compassion, défense et respect des droits, prendre soin et non plus faire des soins, écoute ACTIVE…)

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Tout…

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Non, car je serais trop « loin » des gens dont je prends soin et j’aime ce contact humain. Les petites gouttes d’eau deviennent un fleuve.

Sinon, je dirais bien au ministre de la santé d’arrêter de mettre des gestionnaires à la tête des hôpitaux psychiatriques.

Je souhaiterais également qu’il « finance » plus les associations ou autre structure innovante en psychiatrie.

J’aimerais également la suppression des chambres d’isolement et des contentions physiques.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître ?

Les Invités au Festin, Psychodon.

Portrait de Point Virgule

Comme Point Virgule, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Je trouve mon inspiration pour apprécier la vie dans les belles choses qui nous entourent. S’il en reste encore. La nature est magnifique, diversifiée et si apaisante pour l’esprit.

Mais il y a aussi l’envie de belles personnes qui savent voir la réalité autour d’elles et capables de compassion et n’hésitent pas à tendre la main. Il existe encore des gens bienfaisants.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

Mes emplois ont été tournés vers la communication avec les humains. J’ai toujours produit avec et pour les autres.

Des contacts assurément très riches par leurs qualités et diversifications. J’ai beaucoup donné mais tellement encore plus appris, découvert la misère sociale mais aussi l’égoïsme, l’indifférence voire la méchanceté.

Nous avons tous besoin les uns des autres mais avec bienveillance.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Quel indigence. On remarque des psychiatres et psychologues très investis dans leur relations avec les patients, qui cherchent vraiment à faire de leur mieux avec un certain attirail à leur disposition.

Mais la recherche est insuffisante pour évoluer en compétences et les formations des praticiens sont bien souvent de faible niveau voire inexistantes pour savoir comment prendre en charge efficacement certaines pathologies.

C’est bien trop stigmatisé et souvent avec des traitements inadaptés.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Selon le cas, elle permet de se réfugier dans des mondes parallèles qui n’est pas toujours que souffrance.

Il existe des clans qui se forment et qui permettent de créer une bulle bienveillante et protectrice plutôt agréable.

Certaines pathologies permettent d’accéder à des sensations que l’humain lambda n’imagine même pas, et ce sans apport de substances (l’hypomanie peut être délicieuse) et puis ça amène à de grosses analyses de son Moi intérieur nécessaires pour s’auto-gérer au mieux.

On est souvent les gens qui se connaissent le mieux.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Les ministres et la politique !

Je lui demanderai de laisser faire les collectivités, de ne pas toucher les initiatives locales, la politique n’est pas assez honnête pour en être un acteur.

Ma demande serait qu’ils ouvrent vraiment les yeux sur un monde en souffrance, mal étudié donc mal compris notamment du monde médical. Mal étudié donc tardivement diagnostiqué et de fait mal traité.

Que l’on considère ces malades comme citoyens à part entière et non que rébus dont on ne sait quoi faire, à part les traîner de CHU en cliniques, et de tester divers traitements comme des apprentis sorciers.

Et d’arrêter de les stigmatiser car ils ne rentrent pas dans le cadre social standard imposé et de les voir juste pour ce qu’ils sont, des être vivants.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître ?

Des associations et groupes de parole existent pour bien des pathologies et sont d’une grande aide.

Guide famille pour son proche en crise maniaque

J’ai enfin compris, pourquoi je n’ai jamais pu expliquer à mes proches,

La montée et la descente intérieure ce qu’on appelle folie.

Il faudrait que je verbalise, que je rationalise, ce qui ne l’est pas

Si tu m’écoutes quand j’escalade,

Je ferai un effort insurmontable pour paraître cohérente.

En passant par le mental, je ne le suis pas.

Et ton angoisse aggravera mon état intérieur.

Car moi aussi, quand je suis là-bas, j’ai peur.

Si j’écris un guide quand je suis stable,

Je n’y arrive pas.

Parce que mis à part moi, mon entourage n’est passé par-là.

Quand la conscience aura repris le dessus, et il m’interdit de transmettre ce que j’ai vécu.

Je suis dans mon inconscient, je ne suis pas perdue.

Mais quand tu me verras, en physique, tu ne me reconnaîtras plus.

Mes actes, mes paroles, tout te paraîtra incongru, inhabituel.

Je suis guidée par une sorte de force « spirituelle ».

Ce n’est pas magique, mais ce n’est pas logique.

Pour mon inconscient, oui. Il sait ce qu’il fait.

Il cherche les ressources dont il a besoin.

Ce que je dis en situation stable, aux autres bipolaires de type 1

«  Aller se promener dans l’inconscient, c’est interdit, en tout cas, aux humains »

Parce que si le corps est créé, tout comme la nature aime l’équilibre,

Ton cerveau conditionne ton corps et ta pensée, pour rétablir ce qu’on appelle l’homéostasie

C’est assez dur, de rester consciente, quand je suis en folie.

Je me vois agir autrement, je me vois ne plus pouvoir trouver les mots pour expliquer

Je sais que je vais pouvoir stopper la montée, si je m’accroche un peu, que j’essaie de freiner

Je suis sage, je n’ai pas besoin de voyager dans mon inconscient.

Par rapport à quelqu’un d’autre, il se manifeste bien-plus souvent.

Ton inconscient se manifeste dans tes rêves, dans ta poésie,

Il ne te permet pas de t’en souvenir, lorsque tu sors de ton lit.

Tu prends ça à la légère, tu crois ça anodin, car l’humain est constitué aussi.

Pour avoir franchi la barrière,

Lis bien ce que je t’écris.

Il faut que l’inconscient reste à sa place.

Utilise-le à bon escient, il est ton ami.

On compare toujours la folie, au génie.

Sans expliquer forcément pourquoi.

Parce que c’est la créativité, le pont entre l’esprit.

Ecoute les artistes, ceux qui disent « je suis en transe, je me laisse aller, quelqu’un d’autre prend la place ».

Mais quand je suis en montée, c’est trop tard, je ne suis qu’une marionnette qui essaie de freiner.

Je n’ai pas envie de monter, je veux vite redescendre.

Sinon tu me retrouveras quelques mois plus tard, le cerveau en cendres.

Un handicap, un trouble, une maladie

Qui débouche sur de la chimie.

Je suis d’accord avec ça, je ne me connais pas assez moi-même

Et je n’ai aucune envie de savoir, sans pilules, où ce voyage m’emmène

J’ai déjà vu ce que j’avais à voir, « de l’autre côté »

A priori c’est similaire, à la prise de LSD

Je produis ma propre drogue, sans vouloir l’avaler

Car la descente est rude, le bad trip mal accompagné.

Ca fait des années que je sais l’expliquer, que j’ai compris un peu le sens

De ces crises maniaques, leurs essences.

Le cerveau humain a besoin de donner un sens à tout

Quand le cerveau s’effondre, les repères éclatent

L’esprit s’éclate mais il dévaste tout

Je deviens hypersensible, la lumière me brûle, le simple bruit m’agace, les lumières sont trop vivaces,

Je recherche à me créer, ma propre cellule d’isolement,

Celle qui me fera rester, dans mon appartement.

J’ai bien compris, aux urgences, ce que font les soignants.

Pas eu vraiment besoin de le vivre, pour l’imaginer,

Et aujourd’hui je doute, que j’aurais pu vous l’écrire, si je l’avais vécu, avec tant de sérénité.

Les urgences, la contention, hurler à la mort son désespoir, un discours incohérent,

Ne pas comprendre ce qui se passe, la peur.

Le vide, aucune chaleur humaine, un numéro que l’on attache au lit

Car on estime que vous allez vous faire du mal, et aussi à autrui.

Mais on entend tout, même si notre compréhension du monde dans lequel tu vis,

Est déformé.

Tout ce que vous dites à ce moment-là, restera profondément gravé.

Personne à la sortie, ne sera là pour vous accueillir, vous écouter, vous accompagner,

Et encore moins, vous l’expliquer. Vous n’étiez qu’un dérèglement chimique,

Qu’il fallait isoler.

Et votre cerveau alors, une fois revenu stable, que va-t-il en penser ?

Tu vas douter de toi, te penser fou. On va s’éloigner de toi, et toi, tu ne comprendras pas.

Tu vas t’isoler, pleurer, être en dépression. Tu vas songer à quitter la vie,

Car tu n’y as trouvé, aucune compassion.

Comment leur dire ce que tu as vécu ? La beauté et le pire, la peur et le rire ?

Toi-même tu n’arrives pas à mettre des mots dessus.

Et même si tu y arrives, personne n’est à l’intérieur de toi.

Et moi, sans autorisation, ce que j’en tire comme conclusion, c’est n’y va pas.

Mais si tu arrives à te calmer avec des bizarreries, que tes proches réussissent à te regarder comme un bébé attendri,

Qu’ils ont confiance en toi, qu’ils savent que ta partie consciente est là, mais que tu ne peux pas l’exprimer

Comme un bébé éponge, qui essaie de parler, pour dire qu’il a mal, qu’il a peur, qu’il est content

Qu’il a besoin d’aide, momentanément, tu as tout gagné.

Un bébé pleure, crie, car il n’a pas les mots. Il tente par tous les moyens de se faire comprendre, en montrant du doigt.

Les parents et l’entourage, le trouvent mignon, adorable, et lui laissent  le temps, de grandir, avec beaucoup de soutien, d’amour.

Ils ne se moquent pas s’il fait des actions bizarres, rigolotes. Ils savent qu’il va grandir, s’ils leur tiennent bien la main.

Le soir, pour faire acquérir le langage aux enfants, on leur lit des histoires, on leur montre des images.

Mais on leur explique, et on considère encore, que pour tout comprendre, ils n’ont pas l’âge.

Un fou c’est comme un adulte bébé, si je devais mettre des mots. Il a 5 ans.

Il est dans son monde imaginaire, il ne perçoit pas la réalité d’un adulte.

Il interprète que si papa se cache derrière un masque, papa est parti, et le bébé pleure.

Puis quand papa réapparaît, ouf, entre rire et les larmes, le bébé est rassuré.

Un enfant qui lit les mots, ne les déchiffre pas de la même manière, sa vue est comme embrouillée.

Il va chercher de l’aide, on rit de ses maladresses.

Non ma fille, un mot a plusieurs sens. On lui explique tout. La laisse, ce n’est pas que « la laisse d’un chien ».

Je peux aussi te dire « je te laisse », donc je m’en vais.

Ou je te délaisse, je t’abandonne.

L’enfant va te regarder en se disant, que le français, ça a l’air vraiment compliqué.

Un enfant n’agit, qu’au premier degré. Si je perds mon second degré, ça commence à être trop tard. Mais encore possible, si je demande de l’aide. J’ai encore assez de conscience, pour rester chez moi.

Un bipolaire en phase maniaque, c’est pareil. L’adulte est parti, mais il est en sommeil.

Sauf si le regarde avec peur, mépris, incompréhension.

Qui pourrait comprendre qu’en face de lui, il a le même adulte

Qui est redevenu un petit garçon ?

Un enfant qui retrouve l’extase, de ses premières émotions.

Il joue avec les mots, il rigole avec pas grand-chose, il s’invente ses histoires.

Comme un enfant, il est impulsif, il a envie de se coucher tard.

Il est égocentré, tous ses besoins doivent être satisfaits, en urgence.

Ca ne serait venu à l’idée de personne, de venir me déranger, enfant, quand je créais des histoires avec mes poupées, ou que je me berçais avec de la musique, dessiner, chanter sous la douche.

Redevenir un bébé, avec une conscience d’adulte, c’est magnifique, c’est normal qu’on ait envie d’y rester.

On ne nous comprend pas.

Pourquoi nous priver, de ce monde magique, qu’on avait oublié ?

On fait des liens qui n’existent pas, ou n’existeront plus, après les cachets.

On ne rira jamais autant, que pendant une crise.

On aimera tout le monde, on parlera à Dieu, aux morts, aux arbres, aux animaux.

Et quand un parent regarde son enfant il se dit « ah, que j’aimerai retrouver cette insouciance d’enfant ». Ou tout le monde s’occupe de lui, sans qu’il s’en rende compte.

Mais le bébé n’existe plus, sauf dans ton inconscient, c’est ta créativité.

Alors sors de là maintenant, reviens dans « leur présent »

Bébé doit grandir, bébé doit aller se coucher, bien manger, apprendre à parler, à marcher, à communiquer ses émotions avec l’entourage.

La discipline, c’est toi l’adulte qui doit te l’imposer, avec l’aide de ton entourage.

Il faudra que l’adulte bébé arrête de crier, pour exprimer sa rage

De taper les murs, car il ne comprend pas

Il devra comprendre de nouveau, que ce sont les interdits, formeront sa bonne structure.

Mais l’entourage doit lui expliquer doucement. Lui raconter une belle histoire, ce n’est pas mentir, c’est pour ne pas lui faire peur.

Le bébé ne doit pas revivre le passé, ni même le futur

Reviens à toi doucement.

Alors la camisole chimique ok, mais pas l’enfermement.

Les médicaments ok, mais temporairement.

C’est pourquoi j’ai la chance, par l’amour de mes proches,

De créer ma propre chambre d’isolement.

Lucie

« Mon expérience au sein de l’institution psychiatrique », T. A

« J’ai eu deux expériences au sein de deux institutions psychiatriques. La première fois j’y suis allé de moi-même. La seconde fois c’est un membre de ma famille qui m’y a mis. Ce texte a pour but de faire un retour de ces expériences singulières, au sein d’un lieu d’enfermement, vécues par un révolutionnaire du XXIème siècle. Il y a bien des jeunes qui emploient ces termes alors pourquoi s’en priver ? 

Révolutionnaire sur le plan moléculaire, mais pas seulement, aussi car je viens de lire « Les nouveaux ESPACES de liberté » de Negri et Guattari. Donc révolutionnaire dans le sens de se battre pour trouver un travail qui puisse nous enrichir. 

« Seul un immense mouvement de réappropriation du travail, en tant qu’activité libre et créatrice, en tant que transformation des rapports entre les sujets, seul un dévoilement des singularités individuelles et/ou collectives, écrasées, bloquées, dialectisées, par les rythmes de la contrainte, engendrera de nouveaux rapports de désir susceptibles de « retourner » la situation présente. » 

Depuis que j’ai vingt ans j’ai toujours refusé de poursuivre mes études à la fac d’économie car l’idéologie néolibérale me déplaisait. J’ai donc préféré m’autoformer par le biais de mes expériences associatives et entrepreneuriales. S’ajoute à cela, des compléments de formation comme un Brevet Professionnel, une Validation d’Acquis de l’Expérience et les fabriques de sociologie qui allaient plus dans le sens de mes valeurs et qui m’ont permis de me situer dans un environnement professionnel et pédagogique. 

En France mes premières expériences furent précaires mais guidées au départ par mes passions. Ce furent des expériences politiques solides car elles ont mis en jeu différents éléments de créativité, d’engouement collectif mais aussi de nombreuses remises en question. Celles-ci étaient faites dans des lieux qui ne m’appartenaient donc pas, et que nous squattions car nous faisions partie de ces dépossédés, non propriétaires et tributaires d’occupations passagères. Que ce soient les MJC (-Maisons des Jeunes et de la Culture-), les salles de concert, les parkings et les gymnases publics mis à disposition gratuitement. Tout y était négocié en luttant pour les avoir le temps d’un week-end, d’une journée, d’une semaine et quelques rares fois pour de long mois carnavalesques pour l’événement le plus réussit. Même la presse nous la squattions. Nous étions un peu des gitans qui essayaient de s’intégrer à l’espace public privatisé par certains. De cette première expérience durant laquelle je n’ai jamais eu un seul contrat de travail, j’ai appris à gérer les dépenses et les recettes ainsi que la communauté de manière collective. Il m’aura fallu beaucoup de temps et de moments de réflexions en collectif et en individuel pour mettre les bons mots sur ces actions : luttes de dépossédés. 

Chaque micro tendu était, à l’époque, une manière d’exprimer nos existences de minoritaire. En tout, plus d’une participation à 30 événements dans trois départements limitrophes et de nombreuses dates à travers la France qui ont favorisé à ce que des gens se côtoient, que des amitiés se soudent, que des talents se découvrent et que plusieurs autres prennent le relais. Lancer un mouvement, il fallait le faire quand même… 

S’en est suivi de plusieurs petits boulots et contrats précaires, jusqu’au jour où j’ai entrepris de traverser la frontière pour aller voir si l’herbe y était plus verte ailleurs. En effet, elle l’a été ! 

Premier CDI signé à 31 ans, dans un autre pays que le siens, à plus de 600 km de son chez soi. Enfin un peu de sédentarité dans le travail, bien que mon expérience nomade me poursuivra dans mon style de vie en Van pour ne pas payer un loyer exorbitant et pour pouvoir profiter un peu d’un lieu stable dans lequel insuffler un moment pédagogique fort. Enfin, son chez soi, c’est presque une blague ! 

J’ai beaucoup plus déménagé que ressenti un chez moi. Enfin ça vaut le détour un métier qui plaît, mais ça laisse tout de même des expériences d’enfermement. 

On a tous nos problèmes, mais mon changement moléculaire s’est accompagné de nombreux conflits avec des proches qui ont abouti à ma première expérience dans un hôpital psychiatrique. 

J’ai fait une espèce de voyage cosmique, une espèce de transe ou je continuais mes expériences pédagogiques mais en totale liberté, sans contrainte institutionnelle. Ce voyage me conduisit par mes propres soins chez un médecin, puis aux urgences. Aux urgences, ne surtout pas hausser trop le ton sinon vous vous retrouverez comme moi attaché et sous cachetons qui me paralysèrent la bouche durant deux jours. Tout ça bien-sûr sans avoir le droit d’appeler un proche à moi qui aurait peut-être pu m’aider à mieux vivre cette situation. Après une nuit aux urgences, les infirmiers me proposèrent d’aller « me reposer » dans un hôpital psychiatrique. Pouvais-je refuser dans l’état dans lequel j’étais ? Bien-sûr que non ! 

J’arrivais donc dans un hôpital où les patients m’accueillirent avec bienveillance. Heureusement qu’ils y en avaient qui faisaient gaffe aux autres. C’est surtout grâce à la force du collectif de psychiatrisés que j’ai su que comme j’étais venu de moi-même, je pouvais sortir à ma demande. Beaucoup de rencontre durant ces deux jours d’enfermement. J’y ai su que l’hôpital pouvait garder des personnes ayant été interdites de territoire. J’ai appris à faire semblant d’avaler des cachetons dont je ne savais pas les effets. Vous comprendrez que ceux qui m’avaient bloqué la bouche ont suffi à me remettre de mon délire. Car il fallait être éveillé pour ne pas souffrir encore plus. J’y ai fait des sessions freestyle avec certains, des partis de ping-pong avec d’autres, fumer de gros pétards en scred, vu des situations de délire aussi. Rencontré des gens très intelligents, de classes sociales différentes, de genres différents. J’ai vu qu’à la différence de ce que peuvent dire certains journalistes critiques de cultures urbaines, des gens de quartiers populaires y font de longs séjours également. De très très longs pour certains qui y finissent comme des légumes du fait des doses de cheval qu’on leur administre. 

Enfin j’ai fini par négocier ma sortie, en disant que j’avais vécu un épisode artistique fort ou je créais des situations dans l’espace public. En ne manquant pas de partager aux psychiatres mes connaissances sur des psychanalystes comme Félix Guattari. Connaissances qui me permettaient d’échanger avec eux sur les méfaits de leur institution, que ça soit sur le plan de l’architecture des lieux, ou du manque de prise en charge artistique par le personnel de l’établissement. 

Ma deuxième expérience fut plus longue car elle dura un peu plus d’un mois. Cette fois-là mon errance artistique fut beaucoup plus intense. Elle dura cinq jours ou j’allais de villes en villes diffuser ma révolte. De Besançon à la Seine St Denis, d’Aix en Provence à Montpellier, de gare en gare, d’auto-stoppeur à l’accueil de certaine personne chez elle, d’aéroport à des squat improvisés dans des hôtels de luxes. Bref l’aventure fut belle et bonne. 

Mon hospitalisation se déroula sous les yeux d’une infirmière au CMP (centre médico-psychologique) qui me « suit » encore aujourd’hui alors qu’elle a bien moins de connaissance dans la psychanalyse institutionnelle et dans l’art-thérapie que moi ! Où est la logique ! Les psychiatrisés sont-ils mieux formés aujourd’hui que ceux qui sont sensés les soigner !? Catastrophe ! L’institution psychiatrique est-elle en train de tomber elle aussi ? 

Je fus conduit à l’hôpital en taxi ! La classe. Arrivé là-bas, et étant dans le service adulte, je tombais à la table de psychiatrisés que je trouvais bien endormis. Ceci m’énerva et lors d’une discussion avec le médecin je lui dis un peu trop fort que je pouvais m’énerver contre certains patients si on me laissait encore manger en face d’eux. Chose que je n’aurais jamais dû dire car cela me valut une semaine à l’isolement enfermé dans une chambre comme un prisonnier. Avec une seule sonnette pour appeler les infirmiers qui ne venaient même pas toujours me voir. C’est la solitude qu’il faut affronter dans ces moments-là. Pour trouver des occupations je cassais la manette des rideaux avec laquelle je construisais un arc non pas parce que j’étais original mais pour ne pas devenir plus fou que je ne l’étais. Je lisais aussi tous les mots gravés sur les murs de nombreux patients qui avaient dû être enfermés avant moi dans cette chambre. Le jour de la fin de mon isolement, je ne manquais pas après m’être fait quelques potes de psychiatrisés, de m’échapper de l’institution. J’escaladais donc le grillage et je me rendais à la sortie de l’hôpital en scred. J’allais en stop d’Uzès à Montpellier. Bref je continuais ma grande balade artistique situationniste en rencontrant de nouvelles subjectivités à qui, au passage, je grattais quelques sous pour manger. Arrivé à Montpellier, j’allais y voir des potes dans notre hangar favori. Je couchais chez l’un d’eux et après discussion avec lui je me disais que j’allais retourner à l’hôpital de moi-même le lendemain. Celui-ci m’amena à l’hôpital de Montpellier où je me fis ramener en taxi une nouvelle fois à Uzès. Une fois revenu, je ne manquais pas de me faire pleins de copains psychiatrisés qui avaient su pour ma fugue. Après on ne m’enferma plus jamais car j’avais dit aux médecins que cette réaction était dû à mon enfermement. J’avais aussi changé de secteur. J’étais dans le secteur jeune. Oui en psychiatrie on est souvent mené d’un service à l’autre sans savoir pourquoi. Les infirmiers te font signer des papiers pour te faire gober des médicaments légalement. Les fois où j’ai lu ces papiers je ne comprenais que dalle à ce qu’on allait m’administrer. Tous les matins rendez-vous à 8h pétante pour ta petite gélule à la queuleuleu avec tes amis psychiatrisés. S’en suivent pas mal d’actions de ma part pour réagir à mon enfermement. Poèmes écrits sur les tableaux qui descendaient l’institution psychiatrique, collage de journaux appelant à la révolte, vol en compagnie d’œuvre d’art, tagage au dentifrice dans ma chambre…  

Mais aussi beaucoup de discussions intéressantes entre psychiatrisés, des écoutes de musique en groupe, matage de télé, jeux de société…Les journées sont longues à l’hôpital et tu n’as droit qu’à quelques sorties quand ton état est considéré comme stabilisé à l’abilifail. Ce mois-là il n’y a qu’une infirmière qui se donna le droit de nous faire un atelier d’écriture. Le bagne ! J’ai eu un jour une prise de bec avec une infirmière qui ne voulais pas que je me lève de ma chaise pour aller chercher de l’eau par moi-même. Le comble de cette institution morte de l’intérieur ! 

La redescende médicamenteuse est dure car elle te fait déprimer à mort et les médecins attendaient cet état de faiblesse de ma part pour me prendre entre quatre yeux à huit contre un et me dire que j’étais diagnostiqué schizophrène ou bipolaire de type deux. Ils n’étaient pas d’accord entre eux. Mais sans ça le diagnostic était fortement abusé avec du recul aujourd’hui. Cette journée là je l’ai prise comme un châtiment. Impossible de dire quelque chose pour rétorquer car les médicaments m’avait mis chaos et dans une tourmente psychologique extrême. C’est le moment où tu commences à fermer ta gueule car tu te dis qu’il y a que ça qui pourra te faire sortir de ce cauchemar. Je n’aurais jamais dû accepter la piqûre obligatoire qui te met vraiment au plus bas de tes capacités mentales et physiques. Toute mon énergie s’en était retournée et même plus l’envie d’aller faire du sport ou quoi que ce soit. Je suis sorti de l’hôpital dans un état de déprime maximale. Quelle est donc le but de cette institution ? Ne doit-elle pas soigner les gens ? J’ai mis un an et demi à lutter pour changer de traitement dans un premier temps. Passer de la piqûre à l’aripiprazole. La piqûre obligatoire est faite pour que les patients prennent leurs traitements soi-disant. Moi elle me plomba psychiquement et physiquement en me laissant dans un état dépressif. J’ai beaucoup dessiné et marché à ce moment-là pour lutter contre cet état. Un an et demi de grande solitude aussi. Au début mon état ne pouvait pas me permettre de faire mes propres choix par rapport au médecin. Un jour, j’ai vu l’infirmière en urgence comme j’étais dans un état de déprime extrême. A la limite du suicide. Elle a prévenu le médecin qui a comme un robot réagit en me donnant encore plus de médicament. Des antidépresseurs, antidépresseurs que je n’ai pris qu’au début. Ce fut ma première révolte. Puis j’ai décidé de ne plus prendre la piqûre. J’ai raté mon rdv exprès et j’ai attendu que le CMP m’appelle pour leur dire que je voulais absolument changer de traitement. Première victoire. Le médecin m’a d’abord prescrit 20mg de l’aripiprazole. Dose que je me suis permis de réduire le deuxième jour au vu des effets. Pendant quelques mois j’ai baissé à 10mg, puis à 5mg et aujourd’hui je ne suis qu’à 2,5mg. A cause de ces traitements j’ai eu des problèmes gastriques et j’ai eu aussi des hémorroïdes. Re-sociabiliser avec les amis a été une longue route, ainsi que de retrouver ma confiance en moi afin de continuer ma lutte pour avoir un travail. 

Ce texte existe aussi pour dire que même si ces expériences ont été difficiles, n’en demeure pas moins qu’elles furent enrichissantes pour la lutte. Elles m’ont fait prendre conscience que j’avais beaucoup plus de légitimité pour parler des vrais besoins des psychiatrisés que les médecins qui ne sont même pas capables pour la majorité de tester les traitements sur eux-mêmes. 

Moi aujourd’hui j’ai ces expériences et j’en connais les effets. Avec mes connaissances en psychothérapie institutionnelle et en art-thérapie par le biais de mes auto-apprentissages, cela me permet d’ouvrir ma ganache. J’ai deux interrogations qui me viennent. Comment faire quand, son entourage ont un rapport assez proche de l’institution psychiatrique, leur faire ressentir que rien n’y est fait pour vraiment soigner les gens ? Et comment faire pour collectiviser nos expériences par rapport à cette institution pour la changer ou la réinventer ? Il n’y a pas que la gestion des entreprises qui doivent être reprises par les ouvriers mais aussi la gestion des hôpitaux par les usagers EUX-MÊMES. Pour une révolte des FOUS !! Et pour tous ces infirmiers, médecins, psychologues et autres professionnels du soin qui voudraient être de notre côté, pensez déjà à lutter pour vos conditions de travail. Afin que vous puissiez travailler dans de meilleures conditions et prodiguer des soins dans le respect des libertés des patients ! Après, seulement, nous pourrons discuter !! »

T. A – pour aller plus loin : intermittent-du-skatepark.com

Portrait de Carlos León

Comme Carlos León, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

Ce qui m’inspire actuellement est mon travail comme formateur en Open Dialogue.

J’aspire à ce que les choses changent, dans plus de compréhension de l’humain qui a des difficultés psychiques.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

J’aime mon métier car je rencontre des gens fascinants, passionnants, pleins de vie et de ressources.

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

Le monde de la santé mentale, plus ça change, plus c’est la même chose.

Avec diverses personnes en France, au Canada, en Suisse (j’habite à Genève) nous construisons pas à pas un réseau de ressources alternatives, innovantes. 

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

La vraie folie est la guerre, la violence, le pillage, l’abus organisé. On ne peut en tirer aucun bénéfice.

La souffrance humaine, les difficultés psychiques sont autre chose. C’est notre sensibilité qui est touchée.

La vision positive est de voir les combats que chaque personne mène pour réactiver ces ressources dans des contextes difficiles.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Les ministres et la politique ! Je lui demanderai de laisser faire les collectivités, de ne pas toucher les initiatives locales, citoyennes, de ne pas imposer des programmes type et considérer la différence de chaque personne.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître ?

odformation.org/

dialogueformation.com/

do-ge.ch/ 

https://www.rrasmq.com/

https://u-p-asso.fr/

https://www.lesinvitesaufestin.fr/

Rencontre avec Alain et Aurore, Pouvoir d’agir 60

CDF

Comment se nomme votre asso ?

Pouvoir d’agir 60

Pouvoir d’agir 60. Elle a été créée le 26 septembre 2021, c’est une asso loi 1901 on ne peut plus classique.

CDF

Pourquoi cette volonté de créer une association d’usagers ?

Pouvoir d’agir 60

L’ARS des Hauts de France a convié des personnes concernées par une problématique de santé mentale au Projet Territorial de Santé Mentale, nous nous sommes emparé d’un des 6 axes de ce PTSM, celui de la promotion des droits… car nous avons identifié entre autres un manque de nos pairs à l’accès aux représentations institutionnelles, une carence d’informations de nos droits.

La genèse de cette association découle de l’inclusion au PTSM de personnes concernées par une problématique de santé mentale. Nous nous sommes emparés de l’axe 5 du PTSM en cours concernant la promotion des droits, le renforcement du pouvoir d’agir, la lutte contre la stigmatisation ainsi que la promotion à l’insertion des personnes souffrant de troubles psychiques dans la cité, avec la collaboration du CREHPSY et du collège des Présidents des GEM de l’Oise ; nous avons établis une fiche action concernant la création de cette association d’usagers en santé mentale. Validée par l’ARS.

CDF

Qui peut adhérer à cette asso ?

Pouvoir d’agir 60

Toutes les personnes concernées directement ou indirectement par un trouble psy. les proches peuvent également adhérer mais n’ont pas droit de vote lors des instances de l’asso, elles sont personnes ressources ou donatrices.

CDF

Combien coûte l’adhésion ?

Pouvoir d’agir 60

15 euros pour les adhérents concernés, montant libre pour les personnes ressources ou donatrices

CDF

Quel est votre champ d’action ?

Pouvoir d’agir 60 

L’objet principal de l’asso est :  

– d’accompagner les personnes concernées dans leurs démarches et parcours de soin, dans le respect des missions de chaque intervenant public, privé ou associatif 

– de participer à des actions de sensibilisation et de formation à destination des acteurs du territoire aussi bien aux professionnels et au grand public  

– Assurer la représentation des personnes concernées auprès des autorités publiques – CDCA, MDPH (Comité exécutif), CTS, ARS (PTSM) et CLSM 

– d’être présent lors d’évènements 

– d’approfondir les connaissances des intervenants de notre association grâce à des formations spécifiques (premiers secours en santé mentale ; formation aux 40 heures d’éducation thérapeutique au patient, DU pair aidance)

– de participer à l’empowerment ou pouvoir d’agir des adhérents, au développement du pair accompagnement sur le territoire, directement et en appui technique aux structures médico-sociales et sanitaires mettant en place ces pratiques 

– d’actions auprès des jeunes en ciblant les volontaires Pass permis par exemple ou Pass étude citoyen mis en place par le département de l’Oise

– de créer un maillage territorial avec les acteurs concernés par des conventions ou partenariat 

– des actions de pair-aidance et de sensibilisation des personnes concernées ou de leurs proches, afin d’accompagner, d’aller vers le logement, le travail, la formation, d’aider dans le domaine administratif.  

CDF

 Quelle différence avec un Groupe d’entraide mutuelle ?

Pouvoir d’agir 60

Les GEM, tournés vers l’occupationnel, ont pour vocation d’accompagner vers la cité les personnes pour sortir de l’isolement inhérent aux troubles psy , Pouvoir d’ agir 60 s’axe sur la représentation des personnes concernées (les usagers), leur formation, le pouvoir d’ agir et  l’entraide sans se substituer aux professionnels.

CDF

Ou rayonne l’association ? 

Pouvoir d’agir 60

Dans le territoire de l’Oise. Mais nous souhaitons nous fédérer au niveau territorial avec d’autres associations d’usagers (les GEM, ARGOS 2001), les asso ayant la même fibre que nous (UNAFAM). 

Nous souhaitons également établir des avenants et partenariats avec des structures médico-sociales (Nouvelle Forge, Un autre regard, ESAT) ainsi qu’aux structures sanitaires (EPSM de l’Oise par exemple) afin de favoriser  le pouvoir d’agir des personnes et de sensibiliser ces structures au concept novateur du rétablissement et de la Pair aidance

Et au niveau national avec d’autres asso ou collectifs « d’usagers » 

CDF

Comment s’organise l’action de l’association ? 

Pouvoir d’agir 60

Comme je vous l’ai dit, nous nous sommes emparés de l’axe 5 du PTSM sur la promotion des droits des usagers et la lutte contre la stigmatisation. Ce PTSM va donner lieu à un contrat territorial de santé mentale, sur 5 ans. 

Nos actions débutent par des actions de sensibilisation à destination des professionnels de santé, et des non professionnels, au rétablissement et à la pair-aidance ; et de la représentation dans différentes instances du CHI et du Conseil départemental 60.

 Certaines de ces actions sont déjà en place. Par exemple :

– la participation au module réhabilitation psychosociale où nous intervenons sur le rétablissement et la pair-aidance 

– la formation continue de l’IFSI de Clermont de l’Oise où nous intervenons sur les mêmes items, 

– la sensibilisation des acteurs non soignants du CLSM de CREIL 

– et nos interventions au séminaire des internes de l’ESM de LILLE.

CDF

Comment s’organisent les instances de l’association ? 

Pouvoir d’agir 60

Nous avons un Bureau composé d’un Président, d’un Trésorier et d’un secrétaire ; d’un CA de 15 adhérents maximum, toutes personnes concernées ; qui prennent les décisions concernant l’orientation et la tenue de notre asso. 

CDF

Comment prendre contact avec votre asso

Pouvoir d’agir 60

Pour l’instant par mail : pouvoirdagir60@gmail.com

CDF

Quels sont vos projets ?

Pouvoir d’agir 60

Continuer les actions en cours, assurer un accueil à la maison des usagers de l’EPSM de l’Oise, une permanence téléphonique et physique dans les GEM par exemple afin de rayonner dans le département.

CDF

Quels sont vos moyens, vos besoins ?

Pouvoir d’agir 60

Nous avons besoin d’adhérents, de donateurs car l’association ne pourra demander des subventions auprès des institutionnels qu’au bout d’un an d’existence.

Fréquence Julie, un film de Mia Mia

« Le documentaire de Mia Ma est un pur chef-d’oeuvre, elle ose l’exercice difficile de suivre une amie pendant 5 ans en démarrant son documentaire par une hospitalisation dans un hôpital psychiatrique parisien.

À aucun moment à travers le récit de Julie il y a de l’impudeur. Au fil de ce documentaire, Mia Ma abonde en plans serrés sur Julie qui se révèle une actrice de talent. Face à la caméra, outrageusement sédatée, Julie ose se montrer, grossie par les neuroleptiques, fumant clopes sur clopes, triste et dépitée par une situation qu’elle supporte mal puis d’un coup, une grimace elle nous fait les gros yeux, elle nous fait rire! Un moment de grace !

La caméra ne lui fait pas peur, c’est le moyen pour elle de s’exprimer librement avec humour en nous laissant deviner une colère sourde qu’elle ne cherche pas à alimenter. C’est l’histoire d’une femme avec un trouble de schizophrénie qui nous déchiffre généreusement ses expériences, sa manière d’agir pour s’auto-soigner et se déconcentrer des voix qui l’a menacent.

Le documentaire avance, Julie demande pardon à Jules, son frère jumeau, pour ses débordements, ses addictions, une scène magnifique assis tous les deux dans un canapé sur fond bleu. Comment ces deux êtres peuvent avoir tant d’humour et de détachement quand on connait leur histoire ?

Puis on entre dans une autre séquence du film, proche de la fin.Julie aborde avec courage les mauvais traitements qu’ils ont endurés elle et son frère dans leur première famille d’accueil. Un placement voulu par une assistante sociale et non par leur mère.

Un sujet tristement actuel, le social, le tabou, le silence et l’impunité d’un criminel. Julie ne comprendra jamais pourquoi cet homme est rendu libre après son jugement?

Comment la parole de deux jeunes adolescents à été invalidée par la justice?. Julie parle de l’amour de son entourage qui l’aide énormément également de la franchise d’un frère qui ne laisse pas de place à la mauvaise foi, à la victimisation.

Julies sort à nouveau elle danse et rencontre un homme, quelques temps plus tard, ils préparent l’appartement pour l’arrivé de leur fils.

Rien de tout cela ne lui était promis. On lui avait dit qu’elle n’aurait jamais d’enfant.

C’est l’histoire d’une amitié précieuse, d’une confiance réciproque, d’un risque à deux, le rétablissement de Julie n’était pas écrit, il y a 5 ans.

Je vous recommande vivement d’aller sur les ondes de « Fréquence Julie ». »

Bénédicte Chenu