Théâtre Eurydice ESAT : http://eurydice-seay.fr/
Étiquette : handicap
Handicap ou pas : il n’y pas de force sans fragilité
Très belle conférence de Lucie Caubel.
Le son de la semaine : une création sonore de Microsillons
Microsillons rencontrait le groupe d’entraide mutuelle GEM Arc-en-Ciel de Marmande pour discuter sur les préjugés et le handicap. A écouter!
Goffman : Les usages sociaux des handicaps
Cours magistral « La Philosophie à l’hôpital » du 24 janvier 2017 de Cynthia Fleury.
Stigmate
« Il y a le stigmate d’infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l’épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l’accident. Il y a les stigmates de l’alcoolisme et ceux qu’inflige l’emploi des drogues. Il y a la peau du noir, l’étoile du juif, les façons de l’homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l’on sait de quelqu’un qui a fait ou été quelque chose, et “ces gens-là, vous savez.”
Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent “normaux” et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes) ; une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le noir, virils devant l’homosexuel, etc., et donne aux autres l’assurance, fragile, qu’à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l’espoir tranquillisant que, peut-être, un jour, ils passeront de l’autre côté de la barrière. »
Erving Goffman, Stigmate Les usages sociaux des handicaps (1975)
Cap ou pas cap ? Réflexion sur le handicap psychique
Le handicap est « le désavantage social pour un individu donné qui résulte d’une déficience ou d’une incapacité et qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle normal (en rapport avec l’âge, le sexe, les facteurs sociaux et culturels) ».
Le handicap traduit une désadaptation de l’individu par rapport à son milieu (ou pour certains une désadaptation de l’environnement à l’individu…).

La notion de handicap psychique, introduite en France par la Loi du 11 février 2005, sous l’impulsion des familles de patients, visait à faire reconnaître la personne atteinte de troubles psychiques non plus comme un malade relevant de la psychiatrie mais comme un citoyen en situation de handicap.
Depuis toujours, les personnes en bonne santé mentale ont décrété des lois pour venir en aide aux personnes en plus grande précarité, qu’elle soit matérielle ou spirituelle. Continuer la lecture de « Cap ou pas cap ? Réflexion sur le handicap psychique »
Suis-je un parasite? — Insomnies solitaires d’un schizophrène
Quelle place peut-on sérieusement accorder à un type qui n’a que le BEPC, jamais travaillé de sa vie, qui a un trou de sept ans dans le CV et qui est schizophrène, sensible au stress au point de perdre le sommeil pour une proposition de visite aux bords de Loire ?
Oui, vous ça vous paraît peut-être ridicule comme question. Probablement que vous êtes les premiers à vous dire que laisser une personne pareille travailler, c’est courir à la catastrophe pour sa santé, sans compter que c’est manquer de solidarité. […]
via Le parasite néolibéral au cœur de mon âme n’est plus… — Insomnies solitaires d’un schizophrène
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Je ne suis pas une handicapée psychique
« Une des expressions politiquement correctes, soutenue notamment par les associations de familles, pour parler des personnes avec une maladie mentale, est celle d’handicap psychique.
Je n’aime pas cette expression. J’AI une maladie mentale, mais je ne SUIS pas une handicapée psychique.
Certes, la maladie peut-être handicapante. Mais une maladie est est en perpétuelle évolution et peut même disparaître complètement, dans les périodes de rémissions. Une maladie peut aussi exister sans handicaper, en étant soignée. Elle existe toujours mais n’handicape plus. Continuer la lecture de « Je ne suis pas une handicapée psychique »
Le handicap psychique, reconnu mais de cause inconnue

« Pour se représenter une situation inconnue l’imagination emprunte des éléments connus et à cause de cela ne se la représente pas. Mais la sensibilité, même la plus physique, reçoit comme le sillon de la foudre, la signature originale et longtemps indélébile de l’événement nouveau. »
Albertine disparue
Marcel Proust
Dans sa présentation du handicap psychique, l’Unafam précise que : « le handicap psychique, secondaire à la maladie psychique, reste de cause inconnue à ce jour », contrairement au handicap mental dont la cause est identifiable et organique. En clair, on ne peut identifier les causes d’un trouble psychique sur un scanner du cerveau, car comme on le sait, des facteurs bio-psycho-sociaux entrent en jeu.
Peut-on vraiment dire qu’on ne connaît pas la (psy)cause?
Et si au lieu de se pencher sur les scanners, on interrogeait les personnes concernées, l’interprétation de leur parcours, leurs mécanismes de défense et de survie?
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« C’est drogué et ça fait des enfants, voilà le résultat »
Je repensais tout à l’heure à une « anecdote » datant d’il y a à peu près 18 ans, et qui reste présente dans mon esprit comme une baffe magistrale qui m’a fait réaliser à quel point les troubles psychiques et les handicaps dits « mentaux » étaient stigmatisés dans la société.
Et je me suis dit que j’allais la partager ici, histoire que si des gens doutaient encore de la réalité de cette stigmatisation, ils se prennent la même baffe que moi, histoire d’enfin ouvrir les yeux sur le sujet…Du haut de mes un peu plus de 18 piges, je bossais en parallèle de mes études.
Je bossais pour un service envoyant des personnes-relais dans des familles avec un enfant en situation de handicap (handicap mental et/ou physique, autisme, troubles psychiques ou du comportement), pour décharger pendant quelques heures les parents. Un peu comme des baby-sitter, en sommes, mais avec un minimum…Lire la suite. 457 mots de plus
« Il y a le stigmate d’infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l’épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l’accident. Il y a les stigmates de l’alcoolisme et ceux qu’inflige l’emploi des drogues. Il y a la peau du noir, l’étoile du juif, les façons de l’homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l’on sait de quelqu’un qui a fait ou été quelque chose, et “ces gens-là, vous savez.”