Le Professeur Christophe Lançon lance une série de vidéos dont le thème est la santé mentale. Des interviews, des invités, des usagers prendront la parole en compagnie du chef de service de psychiatrie et d’addictologie de Marseille.
Catégorie : Comme des fous (français)
Un abécédaire de l’entente de voix
Merci à Patrick pour l’image et à Bérénice pour la traduction!

- Acceptez l’existence de vos voix.
- Dépassez le statut de victime.
- Examinez les différentes options qui s’offrent à vous.
- Développez les stratégies d’adaptation qui vous conviennent .
- Entamez un dialogue avec vos voix.
- Prenez du temps pour vous concentrer sur vos voix.
- Participez à un groupe d’auto-support (au mieux, un Groupe d’Entendeurs de Voix, s’il en existe un près de chez vous).
- Soutenez d’autres personnes en témoignant de votre propre expérience.
- Identifiez les domaines de votre vie sur lesquels vous auriez besoin d’avancer.
- Participez à des activités qui ont lieu à l’extérieur des structures de soins et d’accompagnement en santé mentale.
- Tenez un journal de bord.
- Vivez votre vie et non pas votre diagnostic .
- Ménagez-vous de l’espace.
- Négociez avec vos voix.
- Appropriez-vous vos voix.
- Persévérance pourrait être le nom donné à ce jeu.
- Remettez en question ce que disent vos voix.
- Récompensez-vous lorsque vous réussissez.
- Ce qui est petit peut être beau.
- Prenez votre temps car la précipitation peut mener à l’échec.
- Utilisez à votre avantage tous les dispositifs disponibles.
- Les victoires, il faut parfois se battre pour les décrocher.
- Travaillez sur vos points faibles.
- Expérimentez différentes stratégies d’adaptation.
- C’est vous qui prenez les décisions, pas vos voix.
- Dépassez vos voix négatives en cherchant à les contrôler.
« Frantz Fanon contre l’aliénation psychiatrique » [53 min]
(ré)écouter l’émission des Nouveaux chemins de la connaissance sur Frantz Fanon.
Des malades enfermés aux Noirs colonisés, Fanon y voyait la même aliénation. Voulait-il y répondre avec les mêmes moyens? Violence ou socialthérapie? Relisez les écrits révolutionnaires de Fanon à la lumière de ses écrits inédits sur la psychiatrie, grâce à Jean Khalfa.
A votre avis, le traitement peut-il être arrêté lorsque la personne atteinte de schizophrénie va mieux ?
A votre avis, le traitement peut-il être arrêté lorsque la personne atteinte de schizophrénie va mieux?

Voici la question posée mardi par la page Schiz’autrement des laboratoires Janssen et voici la réponse donnée:
Faux, le traitement sur le long terme est bénéfique, il ne faut pas l’arrêter.
La schizophrénie étant une affection chronique, les rechutes surviennent dans de nombreux cas suite à l’arrêt du médicament. Un traitement antipsychotique au long cours est souvent nécessaire pour que l’impression de mieux-être perdure.
Si le traitement est bénéfique pour la majorité (ceux qui les prennent et ceux qui les vendent), n’y a-t-il pas là une supercherie intellectuelle puisque les rechutes ne survenant pas dans tous les cas, cela veut dire qu’il existe des cas où il est possible d’arrêter, non?
Alors on peut arrêter ou pas?
Si on lit le Guide pour Décrocher des Médicaments Psychotropes en réduisant les Effets Nocifs de Will Hall, les américains eux y arrivent.
Soyons honnêtes, s’il existe au moins une infime possibilité d’arrêter progressivement sans rechute alors la réponse est VRAI.
Auriez-vous intérêt à dire le contraire, et si tout était dans le mot pouvoir?
Portrait de Lana de Blog Schizo
Comme Lana, autrice de Blog Schizo, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.
J’aimerais faire connaître Psylence radio, une émission de radio réalisée par des usagers de la psychiatrie, tous les troisième lundi du mois à 17h sur Radio Panik.
Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?
Essentiellement la littérature, classique ou contemporaine. J’aspire à être une personne bien, même si ce n’est pas toujours facile, et à avoir de bonnes relations avec mon entourage.
Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?
Je suis libraire, donc je suis à la fois dans l’intellectuel et le pratique, entre les conseils et la manutention. J’aime ce métier car j’aime les livres et les gens, et qu’il me permet de partager ma passion.
Que penses-tu du monde de la santé mentale?
Je pense qu’il y à le pire et le meilleur, et que nous devons travailler à ne garder que le meilleur. Je crois que l’hôpital en particulier doit aller vers plus de respect et de libertés. J’ai souffert de certains aspects de ce monde mais j’y ai aussi rencontré des personnes extraordinaires.
Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?
Une autre vision de la vie, une meilleure connaissance de soi, apprendre à s’appuyer sur ses forces et connaître ses faiblesses.
Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?
Non, le monde de la politique est trop dur pour moi. Je lui demanderais plus de moyens pour la psychiatrie, qu’elle valorise les relations humaines plutôt que les applications pour smartphones par exemple (là je vise notre ministre de la santé en Belgique), qu’elle donne les moyens à des endroits alternatifs pour se développer, comme le Pianocktail ou l’Autre « lieu » à Bruxelles, qu’il y en ait dans chaque ville.
Portrait d’Il était une fois en psychiatrie
Comme l’auteur d’Il était une fois en psychiatrie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.
J’aimerais faire connaître le blog passionnant d’une femme, patiente de psychiatrie, qui raconte et interroge avec force et émotion le quotidien de nos services. A lire absolument pour ceux qui veulent travailler ou travaillent déjà en psychiatrie… https://blogschizo.wordpress.com/
Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?
La musique en premier lieu, le cri des violons, le vibrato d’une voix, jusqu’à la chair de poule. Puis les hommes, les femmes, le ressac des vagues, la pluie, la poésie, le ciel, le vent, le feu qui crépite, les yeux, l’âme, le silence, les regards, jusqu’à la chair de poule. C’est d’ailleurs ce à quoi j’aspire, avoir la chair de poule, toujours!
Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?
Infirmier en psychiatrie, une main sur l’épaule, la chaleur d’une cigarette, une fenêtre ouverte, un chemin à deux ou à plusieurs… Un long chemin, difficile parfois, mais beau souvent…
Que penses-tu du monde de la santé mentale?
Riche, intense, unique, et beau…
Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?
Qui est fou? Qui ne l’est pas? Je ne sais pas et peu importe… Le positif, la beauté de la folie est dans l’intensité des rencontres qu’elle génère, dans sa force, et sa pureté. Sombre ou triste parfois, elle reste toujours unique et digne.
Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?
Non, je reste à ma petite place, aux côtés de ceux que j’accompagne… À la ministre, je lui demanderais plus de moyens et de liberté.
Portrait de Blond Power
Comme Blond Power, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.
Venez à la rencontre de la Commission Psy, soins et accueil de Nuit Debout!
Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?
Mes amis, les « patients », des rencontres au coin d’une rue ou lors d’une manif m’inspirent, me donne de la force, m’aident a penser.
La clinique de La Borde est un lieu qui m’aide tant dans ma pratique professionnelle que dans mes questionnements du fonctionnement du collectif.
Le sport a une place fondamentale : espace de refuge, de recentrage. Cela me permet d’évacuer les tensions, la colère.
J’aspire et j’expire 🙂
Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?
Mon métier est une lutte permanente contre l’anéantissement. C’est douloureux, souvent, stimulant, parfois. Je l’aime pour son coté militant et la magie de certains moments.
Que penses-tu du monde de la santé mentale?
La santé mentale est un terme affreux. Cela signe bien ce que devient la psychiatrie et sa normativité. La psychiatrie est en mauvaise santé.
Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?
Une créativité, une rencontre avec l’intime.
Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?
Non, je ne pourrais pas devenir ministre car je ne crois pas au pouvoir détenu par un. Je lui demanderais de céder son poste et de créer un collectif par les personnes directement concernées par la question.
Portrait de Florent Muller
Comme Florent Muller, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.
Découvrez son site : http://jesuisbipolaire.eklablog.com
Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?
J’aspire à changer le regard sur les troubles psy ou le handicap en général. Je le fais par l’écriture, des conférences, mes compositions musicales, radio, télé…
Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?
En ce moment rien n’est fait, je passe justement un nouvel entretien demain.
Que penses-tu du monde de la santé mentale?
Le monde de la santé mentale évolue et tant mieux. On commence à parler de rétablissement et cela c’est nouveau en France.
Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?
La créativité. Quand la folie est contrôlée c’est génial et jouissif. On arrive à tirer le meilleur de nous-même !!!
Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?
Je n’y avais jamais pensé mais pourquoi pas !!! Qui mieux qu’un usager peut comprendre les souffrances des autres et aider les usagers. Je vais là où on me demande et donne toujours une bonne image des troubles psychiques.
Portrait de Michèle Dussaut Delorme
Comme Michèle Dussaut Delorme, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.
Découvrez le Collectif Schizophrénies.
Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?
Je suis prof de français de formation. Maintenant j’accompagne des personnes souffrant de troubles schizophréniques parce que ma mère était très malade et que leur langage est en quelque sorte ma langue maternelle. Je suis vice-présidente de Schizo?…Oui! et du Collectif Schizophrénies qui regroupe un certain nombre d’associations luttant contre le sort indigne réservé aux personnes souffrant de ces troubles.
Mon maître, c’est Tosquelles. Il représente tout ce que j’aime dans la vie : une intelligence suprême, un humour décapant et une humanité débordante.
Je consacre beaucoup de temps à la lecture, au cinéma, au voyage et à la rencontre de l’Autre dont l’infinie diversité me fascine.
Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?
Être au milieu des souffrants psychiques n’est pas un métier pour moi. C’est la vie tout simplement. Je les aime, ils me le rendent bien. Ils me donnent autant que je leur donne. C’est un échange humain, tout simplement, sans eux je ne serais pas ce que je suis actuellement.
En fait, parallèlement à mes activités militantes, j’ai créé un GEM il y a 10 ans. Il s’appelle d’ailleurs GEM Lucien Bonnafé. C’est un lieu de liberté dans lequel on rit beaucoup. Maintenant j’ai pris du recul, quelqu’un d’autre a pris ma place et je me contente d’aller les voir de temps en temps. Il ne faut pas s’accrocher pour l’éternité.
Que penses-tu du monde de la santé mentale?
Je pense qu’il y a encore un fossé très profond entre ceux qui souffrent de troubles psychiques et ceux qui gravitent autour. Inconsciemment, les soignants ont peur du chaos parce qu’il bouscule nos certitudes et nous entraîne dans un monde que nous ne maîtrisons pas. Alors, pour se préserver ils se réfugient dans un vocabulaire obscur et dans une distance soi-disant thérapeutique. Tout cela les rassure.
De nombreux étudiants dans le médico-social viennent faire des stages au GEM. Ils en repartent enchantés. Je pense qu’ils n’auront plus jamais cette vision des personnes porteuses de troubles psy. Nous n’avons jamais eu de futures psychiatres, ce qui est fort regrettable de mon point de vue.
Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?
J’aime les fous et la folie parce qu’il nous entraînent dans un monde auquel nous n’aurions jamais eu accès. Personnellement, sans la folie de ma mère je n’aurais jamais accédé à la littérature et aux études littéraires avec la profondeur que j’ai connue.
La folie fait partie de notre humanité comme la couleur de notre peau ou notre orientation sexuelle. Il est bien évident que quelqu’un qui se met en danger doit être apaisé. Mais le traitement doit être adapté, mesuré, appliqué avec le consentement du concerné. De plus un traitement n’est rien sans l’étayage humain autour de la personne. Je suis bouleversée par le fait qu’un grand nombre de souffrants errent dans la rue ou en prison.
Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?
Je n’ai aucunement l’envie de devenir ministre. Je ne suis d’ailleurs pas faite pour ça. Je pense profondément qu’un changement de mentalité ne peut venir que de personnes incarnant le désir de ce changement. Cela peut parfois coûter très cher mais après tout, les Bonnafé, Tosquelles, Oury et bien d’autres l’ont fait. Alors je me dis que leur mémoire vaut bien cela.
Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?
La page Facebook Collectif Schizophrénies ainsi que le site. Je vous invite je vous invite à liker la page et à la faire connaître à vos amis.
« Are You Lost In The World Like Me », Moby
Le tout dernier titre de Moby, avec un superbe clip réalisé par Steve Cutts, vient étoffer notre playlist! Les yeux rivés sur nos écrans comme des Fous!