Rencontre avec Alain et Aurore, Pouvoir d’agir 60

CDF

Comment se nomme votre asso ?

Pouvoir d’agir 60

Pouvoir d’agir 60. Elle a été créée le 26 septembre 2021, c’est une asso loi 1901 on ne peut plus classique.

CDF

Pourquoi cette volonté de créer une association d’usagers ?

Pouvoir d’agir 60

L’ARS des Hauts de France a convié des personnes concernées par une problématique de santé mentale au Projet Territorial de Santé Mentale, nous nous sommes emparé d’un des 6 axes de ce PTSM, celui de la promotion des droits… car nous avons identifié entre autres un manque de nos pairs à l’accès aux représentations institutionnelles, une carence d’informations de nos droits.

La genèse de cette association découle de l’inclusion au PTSM de personnes concernées par une problématique de santé mentale. Nous nous sommes emparés de l’axe 5 du PTSM en cours concernant la promotion des droits, le renforcement du pouvoir d’agir, la lutte contre la stigmatisation ainsi que la promotion à l’insertion des personnes souffrant de troubles psychiques dans la cité, avec la collaboration du CREHPSY et du collège des Présidents des GEM de l’Oise ; nous avons établis une fiche action concernant la création de cette association d’usagers en santé mentale. Validée par l’ARS.

CDF

Qui peut adhérer à cette asso ?

Pouvoir d’agir 60

Toutes les personnes concernées directement ou indirectement par un trouble psy. les proches peuvent également adhérer mais n’ont pas droit de vote lors des instances de l’asso, elles sont personnes ressources ou donatrices.

CDF

Combien coûte l’adhésion ?

Pouvoir d’agir 60

15 euros pour les adhérents concernés, montant libre pour les personnes ressources ou donatrices

CDF

Quel est votre champ d’action ?

Pouvoir d’agir 60 

L’objet principal de l’asso est :  

– d’accompagner les personnes concernées dans leurs démarches et parcours de soin, dans le respect des missions de chaque intervenant public, privé ou associatif 

– de participer à des actions de sensibilisation et de formation à destination des acteurs du territoire aussi bien aux professionnels et au grand public  

– Assurer la représentation des personnes concernées auprès des autorités publiques – CDCA, MDPH (Comité exécutif), CTS, ARS (PTSM) et CLSM 

– d’être présent lors d’évènements 

– d’approfondir les connaissances des intervenants de notre association grâce à des formations spécifiques (premiers secours en santé mentale ; formation aux 40 heures d’éducation thérapeutique au patient, DU pair aidance)

– de participer à l’empowerment ou pouvoir d’agir des adhérents, au développement du pair accompagnement sur le territoire, directement et en appui technique aux structures médico-sociales et sanitaires mettant en place ces pratiques 

– d’actions auprès des jeunes en ciblant les volontaires Pass permis par exemple ou Pass étude citoyen mis en place par le département de l’Oise

– de créer un maillage territorial avec les acteurs concernés par des conventions ou partenariat 

– des actions de pair-aidance et de sensibilisation des personnes concernées ou de leurs proches, afin d’accompagner, d’aller vers le logement, le travail, la formation, d’aider dans le domaine administratif.  

CDF

 Quelle différence avec un Groupe d’entraide mutuelle ?

Pouvoir d’agir 60

Les GEM, tournés vers l’occupationnel, ont pour vocation d’accompagner vers la cité les personnes pour sortir de l’isolement inhérent aux troubles psy , Pouvoir d’ agir 60 s’axe sur la représentation des personnes concernées (les usagers), leur formation, le pouvoir d’ agir et  l’entraide sans se substituer aux professionnels.

CDF

Ou rayonne l’association ? 

Pouvoir d’agir 60

Dans le territoire de l’Oise. Mais nous souhaitons nous fédérer au niveau territorial avec d’autres associations d’usagers (les GEM, ARGOS 2001), les asso ayant la même fibre que nous (UNAFAM). 

Nous souhaitons également établir des avenants et partenariats avec des structures médico-sociales (Nouvelle Forge, Un autre regard, ESAT) ainsi qu’aux structures sanitaires (EPSM de l’Oise par exemple) afin de favoriser  le pouvoir d’agir des personnes et de sensibiliser ces structures au concept novateur du rétablissement et de la Pair aidance

Et au niveau national avec d’autres asso ou collectifs « d’usagers » 

CDF

Comment s’organise l’action de l’association ? 

Pouvoir d’agir 60

Comme je vous l’ai dit, nous nous sommes emparés de l’axe 5 du PTSM sur la promotion des droits des usagers et la lutte contre la stigmatisation. Ce PTSM va donner lieu à un contrat territorial de santé mentale, sur 5 ans. 

Nos actions débutent par des actions de sensibilisation à destination des professionnels de santé, et des non professionnels, au rétablissement et à la pair-aidance ; et de la représentation dans différentes instances du CHI et du Conseil départemental 60.

 Certaines de ces actions sont déjà en place. Par exemple :

– la participation au module réhabilitation psychosociale où nous intervenons sur le rétablissement et la pair-aidance 

– la formation continue de l’IFSI de Clermont de l’Oise où nous intervenons sur les mêmes items, 

– la sensibilisation des acteurs non soignants du CLSM de CREIL 

– et nos interventions au séminaire des internes de l’ESM de LILLE.

CDF

Comment s’organisent les instances de l’association ? 

Pouvoir d’agir 60

Nous avons un Bureau composé d’un Président, d’un Trésorier et d’un secrétaire ; d’un CA de 15 adhérents maximum, toutes personnes concernées ; qui prennent les décisions concernant l’orientation et la tenue de notre asso. 

CDF

Comment prendre contact avec votre asso

Pouvoir d’agir 60

Pour l’instant par mail : pouvoirdagir60@gmail.com

CDF

Quels sont vos projets ?

Pouvoir d’agir 60

Continuer les actions en cours, assurer un accueil à la maison des usagers de l’EPSM de l’Oise, une permanence téléphonique et physique dans les GEM par exemple afin de rayonner dans le département.

CDF

Quels sont vos moyens, vos besoins ?

Pouvoir d’agir 60

Nous avons besoin d’adhérents, de donateurs car l’association ne pourra demander des subventions auprès des institutionnels qu’au bout d’un an d’existence.

Fréquence Julie, un film de Mia Mia

« Le documentaire de Mia Ma est un pur chef-d’oeuvre, elle ose l’exercice difficile de suivre une amie pendant 5 ans en démarrant son documentaire par une hospitalisation dans un hôpital psychiatrique parisien.

À aucun moment à travers le récit de Julie il y a de l’impudeur. Au fil de ce documentaire, Mia Ma abonde en plans serrés sur Julie qui se révèle une actrice de talent. Face à la caméra, outrageusement sédatée, Julie ose se montrer, grossie par les neuroleptiques, fumant clopes sur clopes, triste et dépitée par une situation qu’elle supporte mal puis d’un coup, une grimace elle nous fait les gros yeux, elle nous fait rire! Un moment de grace !

La caméra ne lui fait pas peur, c’est le moyen pour elle de s’exprimer librement avec humour en nous laissant deviner une colère sourde qu’elle ne cherche pas à alimenter. C’est l’histoire d’une femme avec un trouble de schizophrénie qui nous déchiffre généreusement ses expériences, sa manière d’agir pour s’auto-soigner et se déconcentrer des voix qui l’a menacent.

Le documentaire avance, Julie demande pardon à Jules, son frère jumeau, pour ses débordements, ses addictions, une scène magnifique assis tous les deux dans un canapé sur fond bleu. Comment ces deux êtres peuvent avoir tant d’humour et de détachement quand on connait leur histoire ?

Puis on entre dans une autre séquence du film, proche de la fin.Julie aborde avec courage les mauvais traitements qu’ils ont endurés elle et son frère dans leur première famille d’accueil. Un placement voulu par une assistante sociale et non par leur mère.

Un sujet tristement actuel, le social, le tabou, le silence et l’impunité d’un criminel. Julie ne comprendra jamais pourquoi cet homme est rendu libre après son jugement?

Comment la parole de deux jeunes adolescents à été invalidée par la justice?. Julie parle de l’amour de son entourage qui l’aide énormément également de la franchise d’un frère qui ne laisse pas de place à la mauvaise foi, à la victimisation.

Julies sort à nouveau elle danse et rencontre un homme, quelques temps plus tard, ils préparent l’appartement pour l’arrivé de leur fils.

Rien de tout cela ne lui était promis. On lui avait dit qu’elle n’aurait jamais d’enfant.

C’est l’histoire d’une amitié précieuse, d’une confiance réciproque, d’un risque à deux, le rétablissement de Julie n’était pas écrit, il y a 5 ans.

Je vous recommande vivement d’aller sur les ondes de « Fréquence Julie ». »

Bénédicte Chenu

Spectacle « Le rêve d’une danse » à Paris

Cette pièce pleine d’espoir rend compte des difficultés d’un parcours psychiatrique et rend hommage au courage et à la créativité des personnes qui souffrent de troubles psychiques. Avec humour, poésie et âpreté, elle trace aussi les contours d’un chemin de résilience par la danse. Elle est largement autobiographique. 

Ce seule en scène de théâtre-danse raconte le parcours initiatique de Delphine, dont la vie bascule à la mort de sa mère. Elle nous raconte en flash-back ses tribulations psychiatriques à travers ses dialogues avec l’intraitable Docteur Coiffu, tente d’absorber le choc de l’hospitalisation et l’expérience des troubles bipolaires. Le plomb d’une vie peut-il se transformer en or ? 

Hélène Larrode

Me dessiner, c’est parfois m’insulter

Commentaires issus de Folie douce, folie dure – court métrage : https://www.france.tv/films/longs-metrages/2546881-folie-douce-folie-dure.html

Des “patients” chroniques et qui semblent indéchronicisables, des soignants bienveillants et humains, des fenêtres qui s’ouvrent, des lieux propres il semblerait. Comment exprimer le décalage entre ce court-métrage et la réalité. 

La réalité des personnes concernées par des troubles psychiques, ce n’est plus celle-là. L’asile est révolu, les traitements ont évolué et les “patients” ne sont plus laids et difformes s’ ils l’ont été un jour… Je n’ai jamais vu en plus de 20 ans de soins divers et variés à l’hôpital et au CMP des soignants aussi humains, bienveillants et dans cette horizontalité. Montrer une infirmière habiller consciencieusement son “patient”, d’accord avec condescendance, mais avec une petite blague relève pour moi de la quatrième dimension tant j’ai vu de personnes ayant perdu leur dignité avec leurs vêtements tachés, troués et salis. Jamais ce type de lieux fermés n’accepterait ces fenêtres, ces sorties en toute autonomie dans les champs. 

Alors que dire, que la réalisatrice a dû être choquée. Mais finalement, ce choc, cet effarement qu’elle a, rejailli non pas sur l’institution qui elle est magique presque merveilleuse et ce, pour des êtres semi-monstrueux. Alors oui, les soignants aussi sont laids dans le dessin. Mais leur voix est douce, celle des personnes qui vivent là sont aussi difformes que leurs corps ou leurs visages. 

“L’hôpital fait bien ce qu’il peut et le fait d’une belle manière avec ces personnes si difficile à gérer”, finit-on par se dire au bout de quelques minutes. Quel courage d’affronter chaque jour ces êtres diminués et imprévisibles. Leurs troubles sont totalement majorés et ils nous semblent même à nous, qui sommes concernés, qui avons vécu des mois parfois dans ces hôpitaux comme une sélection des cas les plus typiques des troubles exacerbés. 

Le dessin ne donne pas le droit de ne plus considérer les personnes. Ou alors c’est de la caricature. La bienveillance se mue en condescendance et en finalement l’idée que “heureusement pour eux, heureusement pour nous, ces gens vivent et ne peuvent que vivre derrière des murs”. Sortir de l’image filmée ne donne pas le droit de s’extraire autant de la réalité. Cette promotion des soignants, de l’institution qui sous couvert de traiter de la folie maltraite les fous fait croire à une réalité des “patients” digne des années 1950, et une réalité des soignants digne des années 2050 je l’espère. 

C’est à croire que le choc de l’immersion hospitalière par le biais des professionnels de santé a laissé croire à la réalisatrice que ce qui était difficile c’était seulement la folie. Mais non, nous “patients”, devont aussi faire face à la pathologie de l’hôpital, à ces soignants déviants, à ces murs fermés constamment, à ces traumatismes de l’internement même momentanément, à cette stigmatisation que ce film ne fait qu’alimenter, à une ségrégation sociale, professionnelle et de logement qui fait qu’aujourd’hui nous n’avons pas encore pleinement droit de cité. 

Dans ce film, non seulement je ne me suis pas reconnue, mais plus, je n’y ai reconnu que de rares personnes, pas de tels souvenirs de patients ni même de soignants. Seuls les psychiatres et leur discours définitif, dégoulinant de bienveillance insultante et de prédestination dans la psychiatrisation pour nous tous, m’ont semblé réalistes. 

Merci @agathe : http://erreur-systeme.fr/index.php/2021/06/14/me-dessiner-cest-parfois-minsulter/

Portrait de Diana123

Comme Diana123, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

La complexité humaine m’inspire énormément ! Bien que parfois elle puisse malmener.

J’adore observer et analyser tout ce qui m’entoure pour refaire le monde avec des gens ouverts d’esprit et tolérants.

Ce qui m’inspire, c’est aussi tout le mal qu’on a pu me faire et qui me pousse à en faire quelque chose de positif au contact d’autres personnes qui, malgré elles ou pas, me font du bien.

Le fruit de cette passion se trouve dans les témoignages que je publie sur mon blog audio pour ma chronique sur Radio HS : https://www.mixcloud.com/cara-mel5/

Pour conclure, mes plus grandes inspirations sont des personnes qui ont fait d’une faiblesse une force ! Ce vers quoi j’essaie de tendre aussi !

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

C’est quoi un métier ? Est-ce que c’est celui qui me rapporte de l’argent ?

Je n’aime pas spécialement le métier pour lequel j’ai été formée cependant, j’accorde beaucoup d’importance à l’entreprise ou l’association auprès desquelles je l’exerce.

Le métier qui me passionne c’est celui de bénévole !

Parce que ça m’a beaucoup aidé à me construire personnellement en plus de contribuer à faire du bien aux autres et à l’environnement en général. C’est pour cette raison que je valorise mes missions bénévoles autant que mes expériences salariales !

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

La représentation qu’en a fait la société moderne est exagérée notamment dans les films alors que ce sont des figures de sages, d’oracles ou guérisseurs dans des sociétés « plus primitives ».

Je trouve que les personnes qu’on considère comme ayant une maladie mentale ont une forme de clairvoyance qui peut s’exprimer avec exagération parfois.

Ce sont des indicateurs de la santé globale de notre société. Comme on leur apprend à s’écouter pour mieux gérer leurs émotions, nous devrions aussi apprendre à écouter les émotions des autres pour mieux agir et non les exclure comme ce qui est le cas actuellement.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

De nouvelles idées, des perceptions non explorées, des pistes de réflexions, un bilan de la santé globale de notre environnement. La folie est un lanceur d’alerte que l’on condamne au silence !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Je ne pense pas l’être un jour car c’est un poste qui n’est pas fait pour des hypersensibles avec une morale et des valeurs sauf si un jour ce Ministère devient indépendant !

Ce que je demanderais au Ministre actuel, c’est :

  • de ne pas inclure ses affaires dans la loi de sécurité globale.
  • qu’il valorise le personnel soignant par une meilleure rémunération et un suivi psychologique d’accompagnement pour mener à bien leur mission si ce n’est pas déjà le cas.
  • donner plus de moyens pour soigner par la parole et le médium d’expression pour diminuer le recours aux médicaments dans la mesure du possible…

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître ?

https://www.association-hypersensibles.fr

« Psychiatrie : Avis de défaillance généralisée » [Libé]

« Recours à la contention, locaux indignes, non-respect des droits des patients… Dans une synthèse de 135 rapports, l’Union des familles et amis de personnes malades ou handicapées psychiques UNAFAM dresse un état des lieux alarmant du secteur en France. «Libé» y a eu accès en exclusivité. »

Il faut brûler l’institution psychiatrique.

TW : 🔥🔥🔥

Il faut brûler l’institution psychiatrique.

Et sur ses cendres fumantes, dessiner des lignes pour ne pas oublier et puis semer des graines et en faire des parcs. Des lits où on attache les gens, pour quoi faire ? Autant leur donner un coussin sous un pommier ombragé sur lequel ils puissent y appuyer leur dos. Vous me direz qu’elle a bon dos l’institution, que parfois elle sauve des vies, que parfois elle crée le lien humain qui a été perdu dans la folie mais quand il fera froid dehors et qu’on aura faim et bien, nous les fous, on mangera des pommes (et des vivres on en trouvera à même la terre) et on se chauffera avec des lampes chauffantes comme dans les terrasses des cafés.

On dira qu’à l’époque, comme dans les terrasses à fumeurs, il n’en manquait pas des briquets et qu’il n’en manquait pas des fumeurs pour passer leurs journées à cloper et puis qu’un pyromane est passé par là et a tout brûlé en prévenant tout le monde à l’avance.

Aucun mort, aucun blessé, plus de souffrance, plus de hurlements dans les chambres d’isolement, rien que des cendres et des dessins au sol, des traits blancs sur des cendres noires pour dire l’enfer. L’enfer de l’enfermement psychiatrique et sa pharmacie à psychotropes qui deviendrait soudain herboristerie et même fleuristerie. On y ferait pousser les graines d’une nouvelle liberté thérapeutique sur un fond de musique classique ou de NTM, au choix.

Oui, tout brûler et en musique plutôt que de recycler, réformer, refinancer, et d’enfermer encore et encore les plus fragiles, allumer la mèche et ne garder de cet enfer que la mémoire et la dette morale envers les psychiatrisés.

Participer à un journal des usagers

Bonjour à tous et à toutes !

Nous sommes un collectif d’usager.es psy, autogéré et sans cadre légal sur marseille.
Nous prenons l’initiative de créer un journal papier sur la psychiatrie, qui ferait parler autant les usager.es, voir plus, que les soignant.es. et nous publions cet appel à contributions en espérant que la fougue littéraire soit des vôtres.

Articles de fonds, critiques, récits de parcours, entretiens, comptes rendus, reportages, critiques de livres, dessins humoristiques… nous sommes intéressés par tout ce que vous voudriez proposer.

La thématique du journal serait celle de la psychiatrie d’aujourd’hui et de ses différentes problématiques : savoirs expérientiels mis face aux savoirs académiques, nouvelle épistémologie, critique de la politique du soin public.

Bref nous voulons parler de la psychiatrie sans nous prendre la tête, sans reverence, et dire ce que les usager.es ont sur le coeur.
Pour que le futur, demain, puisse commencer dès aujourd’hui.
Ce journal sera auto-édité et diffusé dans toute la France, dans différents lieux fixes, et sera gratuit.

Prenez contact par mail :

leonardino2002@yahoo.fr.
En espérant vous lire prochainement !

« Lettre au recours chimique » – Christophe Esnault

Si nous ne sommes pas habitués à parler de poésie sur Comme des fous, cette fois nous avons choisis de vous parler d’un livre assez particulier. L’auteur, Christophe Esnault, nous livre là un ouvrage intellectuellement percutant, humainement virulent, et psychiquement chahutant. Et si nous avons reculé à le lire, car la poésie de personnes concernées touche souvent à l’art-thérapie douteux, nous avons été conquis.

En contrepied des expositions de poèmes de « patients » fait dans des brochures par et pour les soignants, ce livre est une démarche autonome et indépendante qui touche réellement à l’art. « Lettres au recours chimique » nous rappelle que la camisole dématérialisée des laboratoires pharmaceutiques peut nous faire perdre cette créativité, cette imagination et cette intellectualité brillante que peuvent développer et travailler les personnes un peu folles.

Déclarant faire face à la dysphorie, l’auteur nous plonge dans les méandres d’une forme profonde de mélancolie avec réalité et profondeur mais toujours avec pudeur. Et si, il apparait toujours nécessaire d’intellectualiser la folie pour qu’elle soit respectée, Christophe Esnault réalise ce tour de force à merveille.

Loin d’être critiques de poésie, nous avons été touchés par un écrit fort et vrai, par des mots parfaitement trouvés. Critique d’une forme de pathologisation de la souffrance psychique, l’auteur tente de nous extirper de la confrontation pour outiller à une autre forme de vie peut être génératrice de mieux-être dans un environnement psychiatrique toujours aussi sourd et fermé à l’imagination et à la parole de ceux qu’elle suit, encadre et enferme.

Merci pour ces mots savamment trouvé sur cette réalité de la lutte en univers psychiatrique.