« On devient fou ici », Sexy Sushi

Paroles de On devient fou ici de Sexy Sushi:

Elle s’ennuie dans les rues, tourne en rond sur les places, tourne en rond dans sa tête, on devient fou ici

Elle s’ennuie dans sa vie, dans son corps elle s’ennuie, on s’ennuie dans la vie, on devient fou ici

Etc

« Pavillon 36 », Bérurier Noir

Paroles de Pavillon 36 de Bérurier Noir :

Des infirmiers-charcutiers
Viennent pour te casser la tête
Tu te masturbes d’vant la télé
Ils te camisolent comme une bête
Des psychiatres-policiers
Viennent pour t’électrocuter
Tu peux crier, tu peux pleurer
Il n’y a que les murs pour t’écouter

Pavillon 36, j’veux pas être oublié
Pavillon 36, ma pensée rectifiée
Pavillon 36, ma tête a explosée
Pavillon 36, tout électrocuté
Au pavillon des oubliés
Ça sent la merde et le vomi
Un pauv’gars lobotomisé
Tape dans ses mains et dans sa pisse
Un autre juste déconnecté
Prostré, sans mots, reste accroupi
Ici, vous êtes bien à Villejuif
Quartier des crimes thérapeutiques

Pavillon 36, top-secret médical
Pavillon 36, je suis un animal
Pavillon 36, électrocannibale
Pavillon 36, la mort ultrabrutale

Non ce n’est pas la Thaïlande
Il y a des quoi avoir les glandes
Au pavillon des oubliés
Les malades ont des chaînes aux pieds
Alors messieurs les pisse-copies
Qu’attendez-vous pour dénoncer
Vous qui voulez de l’éxotisme
L’enfer est là sous notre nez

Pavillon 36, j’veux pas être oublié
Pavillon 36, ma pensée rectifiée
Pavillon 36, ma tête a explosé
Pavillon 36, tout électrocuté!

Sous les coups de bottes ferrées
Des piqûres à l’eau dans les fesses
Plus pouvoir s’asseoir ni bouger
Les électrochocs font le reste
Si pour vous c’est pas d’la torture
Alors Pinochet est une fée
C’est vrai qu’ici il y a des ordures
Qui finissent par d’venir députés

Pavillon 36, top-secret médical
Pavillon 36, je suis un animal
Pavillon 36, électrocannibale
Pavillon 36, la mort ultrabrutale

Non ce n’est pas en Sibérie
C’est dans la banlieue de Paris
Qu’on applique la démocratie
A grands coups de lobotomie
Non ce n’est pas en Thaïlande
Excusez-moi j’ai envie d’rendre
Pour te guérir on te détruit
Quelle pourriture la psychiatrie…

Pavillon 36, j’veux pas être oublié
Pavillon 36, j’veux pas être enfermé
Pavillon 36, j’veux pas être oublié
Pavillon 36, j’veux pas être interné

Music and Mental Illness

A écouter!

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De nouveaux lieux pour la folie

Aujourd’hui, si tu t’avises de perdre la raison, on va te faire soigner, et c’est pour ton bien puisque tu es un être souffrant et on peut t’aider à ne plus souffrir, surtout quand tu représentes un danger pour les autres et pour toi-même.

La folie vue du dehors, c’est ça, un danger et un risque. Il s’agit de nous protéger, et pour cela paradoxalement on enferme les gens. Il y a l’hôpital et au sein de cet hôpital, la chambre d’isolement, et dans la chambre d’isolement une personne qui ne peut que maudire le monde qui l’a faite enfermer.

Viennent ensuite les belles histoires de ceux qui se relèvent, retrouvent goût à la vie et font le tour du monde pour raconter leur parcours de rétablissement et incarner un message engagé et plein d’espoir.

Ces survivants de la psychiatrie ont une parole très appréciée car authentique, sans détours. Mais on en fait vite le tour. S’accomplir dans le rôle du patient rétabli qui s’exprime dans le monde clos des soignants et des élus, parfois même des entreprises, est une espèce de mascarade sociale.

Ne peut-on pas devenir des acteurs publics pour œuvrer à un décloisonnement du champ de la santé mentale au lieu de se cantonner toujours aux mêmes cases ?

Où sont les lieux de citoyenneté, les forum-citoyens, les maisons de quartiers, les cercles de réflexion pour discuter ensemble de la société que nous voulons construire ensemble ? Car à l’heure de la désagrégation du lien social, du démantèlement des lieux de soins au profit de logiques gestionnaires, comment voulez-vous porter réellement l’intégration du patient dans la cité ?

On nous dit qu’il n’y a plus de sous pour le soin à visage humain et que de ce fait les soignants n’ont plus le temps d’établir des relations de confiance par le dialogue. Face à ça, les patients sont-ils aussi désœuvrés, passifs et dépendants qu’on voudrait le croire ? On veut qu’ils deviennent des citoyens à part entière mais quelle image nous renvoie-t-on à part celles de personnes inadaptées à la vie économique. Le rôle de la personne prise en charge en psychiatrie doit-il se cantonner aux espaces de soins thérapeutiques ou peut-il s’ouvrir sur la ville et comment s’en donne-t-on les moyens ?

Décloisonner les lieux de la folie, ce n’est pas détruire les lieux de soins ou démultiplier les espaces démédicalisés mais bien trouver de nouvelles formes de convivialité autour de la folie. Il s’agit d’impliquer l’ensemble de la société, sans qu’il y ait d’un côté ceux qu’il faut soigner et de l’autre ceux qu’il faut informer ne serait-ce que parce qu’ils peuvent eux-mêmes perdre la tête un jour. La question n’est pas d’absorber les fous dans la structure sociale mais bien de créer des lieux d’échange et de citoyenneté où chacun puisse s’impliquer par choix et à sa manière dans la chose commune. Il existe des espaces mentaux, des espaces radiophoniques mais il nous faut aussi des espaces physiques de rencontre si on veut que la citoyenneté soit effective.

Puisse ce texte être une pierre à l’édifice.

Les Nouveaux Cahiers pour la folie

Les Nouveaux Cahiers pour la folie ont fonction de passerelle.
Ils font circuler des textes et des images provenant de diverses personnes impliquées dans les différents bords de la folie.

[Tweet theme= »tweet-string-underlined »] Les Nouveaux Cahiers pour la folie recueillent dans leur polyphonie des « voix » qui sont résolues à ne pas se taire.[/Tweet]

Ils ne sont l’émanation d’aucune institution.

Ils visent simplement à recueillir dans leur polyphonie des « voix » qui se rapportent à la folie et qui sont résolues à ne pas se taire.

En vue du prochain numéro, merci d’envoyer vos remarques, contributions, textes, dessins, photos, et même un simple mail à l’adresse: cahiers.folie@yahoo.fr

#117mars Compte-rendu de la commission Psy de Nuit Debout

Commission : Psy, Soins et Accueil
Samedi 25 juin 2016, Place de la République, à Paris

Prochain rendez-vous le jeudi 30 juin 2016 #122mars : 19h30 Assemblée Générale

Discussion autour du mode de fonctionnement de l’Assemblée Générale : doit-on faire nécessairement un ordre du jour ? Quelle place pour la parole libre lorsqu’il y a un ordre du jour ? La parole libre serait-elle un leurre c’est à dire un moyen d’imposer celui qui parle le plus fort à tous les autres ?

Le point sur les luttes contre les GHT (Groupements Hospitaliers de Territoires) :

Il y a eu différentes positions de la psychiatrie face à ces regroupements en maxi hôpitaux :
– Certains étaient en opposition totale à toutes formes de GHT,
– d’autres sont contre les GHT mais plus pragmatiques : prêt à s’engager avec un autre hôpital psychiatrique plutôt que de se retrouver fondu dans un énorme hôpital général,
– et enfin, certains sont engagés dans une demande de dérogation à être un GHTa eux tous seuls. Continuer la lecture de « #117mars Compte-rendu de la commission Psy de Nuit Debout »

« Journée Mondiale des Réfugiés »

Billet traduit de la page LoComún, merci à elles! Gracias!

« Ce lundi c’était la Journée Mondiale des Réfugiés. Pour l’occasion, quelques médias et des collectifs de professionnels, se sont fait l’écho des « problèmes de santé mentale » dont souffre ce groupe de personnes, obligées d’abandonner leurs foyers, leur famille et amis et confrontées au déracinement et à l’insécurité.

Et dans une tentative de définition du « problème », ou de cerner ces individus « autres », ils nous ont fourni des données épidémiologiques, des probabilités, des statistiques et des diagnostics, et nous avons pu lire des phrases du type: « les réfugiés ont plus de problèmes d’anxiété et de dépression », « les réfugiés ont trois fois plus de risque de souffrir de schizophrénie et de troubles psychotiques », « le trouble de stress post-traumatique est plus fréquent parmi les réfugié », « des thérapies psychologiques à l’attention des traumas multiples chez les réfugiés », « les enfants réfugiés ont des problèmes de comportement et d’adaptation ». Comme si le « problème » était parmi les autres et que ce n’était pas le problème de tous.

Nous ne doutons pas des bonnes intentions qu’il peut y avoir derrière ces affirmations, mais nous défendons que la santé mentale n’est pas, quand bien même on veuille nous le vendre, quelque chose d’individuel, mais bien quelque chose d’ordre relationnel, dans le collectif, dans le commun. C’est pour cela que nous croyons qu’en diagnostiquant les réfugiés, on n’accepte les préceptes de la « maladie mentale » et qu’on ne tombe -à nouveau- dans le piège de penser la santé mentale comme quelque chose d’individuel.

[Tweet theme= »tweet-string-underlined »]Nous défendons que la santé mentale n’est pas quelque chose d’individuel mais bien quelque chose d’ordre collectif[/Tweet]

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