Portrait de La Folie Ordinaire

Comme La Folie Ordinaire fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître lafolieordinaire.fr

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je suis inspirée par des personnes qui me donnent l’impression qu’il est possible d’atteindre une certaine paix intérieure. Des figures comme le Dalaï Lama ou plus proche dans notre culture occidentale Mathieu Ricard et Christophe André m’amènent à penser que le travail que l’on peut faire sur soi peut permettre de toucher à plus de sérénité.

J’aime la nature qui me permet de relativiser la place que l’Homme prend. Me sentir toute petite face à un paysage grandiose me donne à chaque fois une claque agréable qui m’apprend à rester à ma place. Quand je le peux, j’aime fuir le vrombissement trop actif de la Cité. Alors les loisirs ayant rapport à la nature sont ceux qui m’apportent le plus, avec la lecture et l’écriture.

Cela sonnera peut-être mièvre, mais j’aspire à plus d’harmonie entre les être vivants. Je n’arrive toujours pas à comprendre que les hommes ne puissent pas arrêter de se taper dessus à la moindre occasion. La fermeture d’esprit et le manque de curiosité de beaucoup de gens m’intrigue. J’estime que la découverte de l’autre est d’une grande richesse.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier de psychiatre psychothérapeute consiste à aider des personnes en difficulté psychologique ou psychiatrique, à aller au delà pour trouver ou retrouver un équilibre qui puisse leur rendre le plaisir de la vie.

Je l’aime car se sentir utile est agréable. Rendre service, apaiser la souffrance, voir des personnes s’améliorer à une échelle temporelle relativement restreinte met du baume au cœur. C’est parfois dur les premiers temps, quand la situation est compliquée, quand on ne voit pas trop comment soulager.

Mais la majorité du temps, je me sent passeuse de connaissances, starter de mieux-être, car ce sont les patients que je vois qui bossent. La guérison, l’amélioration, l’équilibre, ce sont eux qui l’obtiennent.

Je n’ai fait que les aider à s’alléger de quelques poids et acquérir de meilleures stratégies pour pouvoir s’en sortir seuls face à l’adversité.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un vaste monde qui regroupe énormément d’intervenants. Soignés, soignants, administratifs, politiques. Je ne suis pas sûre que je serais capable de pouvoir trouver tous les corps de métier qui peuvent s’y rapporter. Par le petit bout de ma lorgnette de psychiatre, je pense que ce monde est en train d’évoluer et que l’on a tendance à changer de modèle.

Nous étions au temps des asiles avec une vision d’exclusion de la cité des fous et déments que l’on ne voulait pas côtoyer. La stigmatisation était officielle, assumée.

Avec l’avènement du secteur en psychiatrie en France, les soins ont été dispensés au cœur de la Cité, avec les centres médico-psychologiques, les établissements de santé spécialisés qui se sont rapprochés et se rapprochent encore.

Les patients sont devenus des acteurs de la prise en charge de plus en plus avec l’apparition des GEM (Groupes d’Entraide Mutuelle) et des associations de plus en plus impliquées. Les patients experts commencent à se former et avoir un rôle dans l’information des « nouveaux patients » ce qui améliore la trajectoire de santé.

Je pense que les choses ont donc tendance à s’améliorer d’un certain côté, mais qu’il ne faut pas que des baisses de budget ne coupent les ailes des projets innovants qui améliorent le quotidien de personnes fragilisées par une santé mentale vacillante.

L’incertitude du devenir de la pratique libérale me fait craindre par moments ce que je ferai plus tard, mais je reste optimiste.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Cela paraîtra banal, mais les moments de folie que l’on peut avoir apportent une créativité qui ne peut sortir de la monotonie.

Un grand nombre d’artistes ont été et sont encore de grands tourmentés. Le mal-être a tendance à rendre plus perméable à une certaine sensibilité qui peut toucher, quelle que soit la voie qui sera choisie: peinture, sculpture, musique, littérature, cinéma…

On peut imaginer que ceux qui frayent avec le bonheur plus souvent ont un truc qui manque sur ce plan là.
J’ai beaucoup de patients qui ont des talents artistiques qu’ils exploitent en lien avec leur souffrance. Elle est leur muse, leur échappatoire, parfois leur seul moment de respiration.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je ne pense pas pouvoir devenir un jour avec autant de responsabilités que ministre.

Déjà si je réussi à ce que mes enfants m’écoutent ce sera pas mal. Mais si un jour un ministre spécifique de la santé mentale vient à être nommé, je lui demanderai de faire des campagnes d’information pour que la population générale puisse changer l’image des problèmes de santé mentale.

On l’a bien vu avec l’histoire de l’épreuve de l’Asile de Fort Boyard qui stigmatise une frange de la population en surfant sur la vague de la psychophobie. De même avec l’histoire de la vaccination.

Or qu’est-ce qui est responsable de la peur? La méconnaissance.

Informer, c’est lutter contre la peur. Et si des choses restent difficilement acceptables dans les pratiques psychiatriques, il sera nécessaire de faire en sorte qu’elles puissent être améliorées, avec les budgets nécessaires.

N’oublions pas que la santé mentale est le premier poste des dépenses de santé avec les conséquences que l’on connait sur l’efficience au travail.

Car oui, il est nécessaire d’argumenter maintenant terme économique pour justifier de l’intérêt de la prise en charge de la santé mentale : c’est ce que voit le politique!

Portrait de Fanny

Comme Fanny, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître la page http://artsconvergences.com/appel-a-projet

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Une multitude d’inspirations. D’ailleurs tout… Mais devant l’envergure de « Tout assimiler », je dirais:

La culture occidentale dont je suis issue, la culture orientale pour sa douceur et ses sagesses, la Nature pour ses ressources inépuisables ou presque… Les humains et leurs complexité, le Soi, du coup comme outils d’apprentissage du monde.

La psyché m’intéresse au plus haut point et je l’explore par le travail artistique, la vie, les bouquins, les histoires de vie, les liens, l’expérience…

J’aspire à réunir tout cela de manière juste pour transmettre au mieux et vivre en accord avec ma sensibilité et le monde… vaste programme, j’avoue.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes??

J’ai eu déjà quelques « vies ». Ces dernières années, j’ai testé de façon autonome pas mal de choses (artistiques, éditoriales, art-thérapeutiques, j’ai même tenté une « épicerie d’art et d’horizons »).

Je suis maintenant attachée au développement de l’association « Arts Convergences » que j’ai connu en remportant le prix du jury remis au musée du quai Branly en décembre dernier.

C’est assez exceptionnel pour moi de travailler pour cette association qui m’accueille entièrement: casquette d’artiste, casquette sensible/ »troublée psychiquement », communicante et probablement un peu « comptable »… (en recherche de formation ponctuelle soit dit en passant).

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je découvre à travers mon travail dans l’association, une multitudes d’initiatives dont je n’avais jamais entendues parlé avant qui, très certainement, accompagnent une transition entre l’internement qui peut être un choc en soi, et le retour à la « réalité » qui peut être un choc en soi, aussi.

Je n’ai pas eu la chance de connaître ce monde là (coaching, réinsertion sociale, groupes d’entraides, de rencontres de pairs, de facilitateurs, existe même des agents d’artistes psychotiques, paraîtrait…)… mais alors, à priori, je perçois toutes ces initiatives comme une immense forêt d’arbres plus ou moins grands, plus ou moins reliés, très différents les uns des autres, labyrinthique?

Heureusement des centres de ressources comme le Psycom ou Comme des fous font des synthèses qui permettent un peu mon orientation.

A l’époque de mes internements, je n’ai eu aucune information de tout ce foisonnement. Je ne l’imaginais même pas.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Un apprentissage, une exploration singulière, non conforme, une acceptation de soi-même, de ses vides, de ses pleins, de ses nuances complexes et donc, une empathie forte couplée à l’humilité ainsi que la possibilité de transformer cette sensibilité en une force pour œuvrer dans le monde. On y croit!

En fait, finalement et aujourd’hui, je n’y vois que du positif. Je n’ai pas toujours pu dire cela, et je ne pourrais sans doute pas l’affirmer non plus toujours.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je lui demanderai de financer en priorité les recherches de Corine Sombrun et de ceux qui l’entourent qui sont à la pointe, à l’aube d’une vision naturelle mais hélas nouvelle pour notre échelle, bien loin des représentations qu’on a de la « folie » en Occident via notre psychiatrie à cases…

Mais aussi de remettre en question, en tout cas en réflexion, les notions de normes, de différences, afin d’élargir les champs de représentations des sensibilités, de modifier l’espace urbain en ce sens, les emplois, l’éducation…

Portrait d’Alex

Comme Alex, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais vous faire découvrir la page http://des-liens.com/« 

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Ce qui m’inspire le plus aujourd’hui est de nourrir les liens : amicaux, familiaux, affectifs… Le relationnel étant tellement essentiel au coeur de ma vie. J’ajouterais d’autant plus aujourd’hui dans tant de climat d’hostilité sociétale…

Des mots clés leitmotiv reviennent dans tant de médias et participent à nos stress : « burn out », « charge mentale », « terrorisme », « homophobie », « racisme » « précarité », « attentat »… « crise »… etc… aussi oui j’aspire à plus de sérénité, j’aspire à préserver un socle de valeurs humaines simples​: le respect, le partage, l’intelligence du coeur, le bon sens, la tolérance…

Le moteur de ces valeurs, entre autre, réside dans les liens… Dans l’ouverture à autrui, dans l’accueil de ce qui nous différencie pour plus de richesse humaines… Je ne navigue pas entre sinistrose ou utopie, juste vers plus d’apaisement et d’espoir de solidarité, au sujet de la question du regard à poser sur ce et ceux qui nous entourent…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’ai la chance d’exercer une profession qui correspond à « qui je suis » même si les conditions de travail s’avèrent être de plus en plus difficiles…

Je suis infirmière de secteur psychiatrique, je travaille auprès de jeunes adultes qui vivent de part leur difficultés psychiques « une panne » (arrêt des études, isolement social, …)

J’aime ce métier où il s’agit de rencontrer l’individu et le reconnecter en équipe pluridisciplinaire à ses ressources, à ses possibles… Aider nos jeunes patients à s’adapter avec leur trouble et les aider à ne pas s’identifier à leur trouble… Se reconstruire vers un projet de vie. Sortir de la confusion: une vulnérabilité, une fragilité de santé nécessite un remaniement conséquent pour mener sa vie, mais n’empêche pas toute construction…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il me semble qu’une urgence se manifeste : lutter contre les stigmates qu’à lui seul le mot « psychiatrie » renvoie…

Sortir de l’idée de la violence et peurs sous-jacentes que l’on peut y attribuer…

La santé mentale nous concerne tous, chacun peut être amené à consulter au cours de sa vie… Revenir à plus d’humilité…

Il s’agirait donc de réfléchir individuellement à ses paroles et comportements… mais pas uniquement… Il s’agirait aussi d’avoir les moyens du côté des structures de soin pour travailler plus encore la prévention, l’information, lutter contre les préjugés et idées reçues…ce qui génère les fantasmes effrayants et stigmatisants étant ce que l’on ne sait pas ce que l’on méconnaît.

Car je vous assure que cela impacte très fort nos patients… Nombreux sont ceux qui en plus de supporter leur fragilité, ressentent également un sentiment de honte du fait de devoir être en soin psy… ce sentiment va à l’encontre de la bienveillance des soins car le sentiment de honte isole…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Que peut-on tirer de positif de la folie ?

Je vous avouerai que le mot « folie » à mes yeux est ennuyeux car justement porteur de stigmates…

Pour autant la « folie » apporte la créativité…

L’ouverture, la compassion, la bienveillance, le non jugement, la réflexion, la patience, l’écriture, le questionnement, la remise en question, du « grandir », le remaniement, de l’humanité, de l’humilité, de l’altérité….du sens de l’écoute, de l’accueil…. Et j’oublie forcément encore tout plein de choses…

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Devenir ministre de la santé mentale ?

Il parait qu’il ne faut jamais dire jamais… mais bon…

Au ministre de la santé mentale je demanderai à revenir à des logiques humaines dans la gestion des hôpitaux, dans la gestion des unités de soin. Et ainsi s’éloigner des logiques où nos patients ont été renommés « clients », où l’enjeu financier s’avère être ce qui prédomine…
Je demanderai la revalorisation du secteur professionnel psychiatrique pour une revalorisation du regard à poser sur toute personne souffrant de troubles psychiques…

Portrait de Pedro Sanchau

Comme Pedro Sanchau, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Découvrez ses vidéos aussi instructives que rigolotes sur Youtube.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

EUH! c’est le vide total quand je pense à cette question!!

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

D’un côté, psychothérapeute en cabinet, je soigne et évite les problèmes aux gens et c’est sympa parce que ça change des vies et que c’est intellectuellement stimulant de comprendre les gens.

D’un autre côté formateur, et c’est sympa parce que ça aide des gens qui vont changer des vies et que les cours sont rigolos.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je déplore autant de nullité de la prise en charge psychiatrique alors qu’il y a autant de choses géniales à proposer.

J’ai encore vu un autiste que l’on avait pas diagnostiqué à 15 ans, c’est pas normal. Et il y a plein d’histoires comme ça chaque semaine.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Je pourrais répondre à la question quand je saurai ce qu’est la folie!

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Mais tout à fait! Et je serais génial!

Mes premières mesures concerneraient la prévention et l’information sur la psychopathologie parce que quand on prend les problèmes au début, ça se règle bien plus vite.

Après, je changerais les référentiels de formation pour que les gens sortent plus compétents de leur formation.

Portrait de Rod

Comme Rod, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître le GEM de Dreux (La maison des  rêves). »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aimerais être psychologue, enfin, c’était mon rêve avant de tomber malade et cela le redevient avec les années. J’ai beaucoup de tendresse pour les personnes sensibles de mon entourage, celles qui se livrent cœurs et âmes sans se plaindre.

Avec les années passées en psychiatrie, j’ai un autre point de vue sur le métier du soin.
Métier humain ou l’erreur peut coûter la vie…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un monde que j’ai découvert avec ma maladie ( schizophrénie).

Beaucoup trop de surcharge de travail pour le personnel, des patients livrés à eux même. Les traitements sont sûrement moins lourds que par le passé mais il me reste en tête l’idée que rien ne vaut la délivrance par la parole.

Et c’est en ce genre de lieu, les hôpitaux, que l’on croise souvent des gens pour se confier, trouver une ultime solution avant de craquer, de sombrer.

Dommage que la barrière qui est fixée par le cadre hospitalier, ne permette pas aux patients de s’épanouir, trop peu de moyens pour un objectif tellement vaste.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

De la créativité!

J’ai découvert des esprits tourmentés, mais qui donnaient sens à ma souffrance.

Souvent, je me demande pourquoi la société nous juge alors que bien des victimes de sévices doivent venir parler de leurs torpeurs déjà.

Je me sens souvent jugé , au travail par exemple, d’avoir une maladie alors que c’est tout le contraire dont ont besoin les personnes souffrant de troubles psychiques.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas être à cette place de par mon statut social.

Je lui demanderais une augmentation de l’aide au personnes handicapées (AAH).

Pourquoi? Car pour les maladies psychiques, le fait que « cela ne se voit pas » est un double frein à l’emploi.

J’ai eu beau postuler à différents emplois ( milieu ordinaire comme adapté, en précisant mon handicap puis en le cachant), chaque fois les mêmes préjugés sur cette maladie ( violence, folie, … ) reviennent.

Une majorité d’entreprises ne jouent pas le jeu du handicap.

Des chiffres sur un contrat, j’avoue que le handicap psychique est réellement perçu comme un point pour la société, alors que le message est bien évidemment que par nos diversités nous avons tous et toutes des talents à faire partager.

Portrait de Péa

Comme Péa, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaitre Fundación Música y Paz. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La mer, les plages du Nord Cotentin, Éric Tabarly.
La musique, M, Calogero, Baden Powell, Dvorak.
La photographie, Richard Avedon.
La marche à pied, le Camino.
Les arts martiaux, Bruce Lee.
J’aspire au bonheur.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier tourne autour des étudiants internationaux. Je l’exerce depuis 5 ans.

Je les renseigne, les accueille et les accompagne.
Ils me font aimer leur culture et leur pays. Grâce à eux je voyage dans ma tête.

C’est parfois très stressant, notamment en période de rentrée et d’examens.

C’est toujours très réjouissant, notamment lors de la diplomation, quand il s’agit de féliciter les parents venus des quatre coins du monde, pour la réussite de leur enfant.

Mais c’est un environnement difficile, dans lequel j’ai été confronté au suicide, d’étudiants comme de collègue et ami.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je le perçois au travers de mon expérience personnelle, une fenêtre bien limitée.

J’ai beaucoup de respect pour le personnel au complet qui œuvre en réanimation, leur compétence, leur vocation, leurs attentions.

Aux humanistes, médecins généralistes ou spécialistes non psy qui approchent leurs patients en prenant en compte leur globalité, au delà de leur pathologie.

J’ai de l’admiration pour les psychiatres, médecins de l’âme.

Je trouve cela dommage, que l’accent ne soit pas mit sur l’éducation et la prévention.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

L’amour des autres, les rires toniques, la beauté et la création.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Oui : dans le gouvernement de J-L, je lancerais le programme « Ouvre les yeux, bouge ton cul » et j’imposerais que soit enseigné dans les écoles, le programme « bonheur ».

Je ferais inscrire comme objectif prioritaire du gouvernement, de faire passer la France de la place de 31ème au World Happiness Report, à celle du peloton de tête des pays où il fait bon vivre.

Bien sûr, je ferais obtenir des crédits en forte augmentation pour la recherche, la prévention, les campagnes de communication faisant évoluer les mentalités.

Portrait de cml80

Comme cml80, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître l’association des Hypersensibles. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La lecture et l’art en général. La musique le chant sont aussi une source d’apaisement. Tous ses apports « artistiques » : livresques, en y mêlant parfois l’écriture, le théâtre, la musique, le chant, le dessin ont été et sont des sources de plaisirs intarissables ! Outils salvateurs !

J’aspire à la paix dans le monde ! et du moins dans le domaine du possible à l’harmonie et au bien être… et tout ce qui y conduit de façon saine ! Via des outils de développements personnels (dont tout ce que je décris ci-dessus) mais aussi via méditation, relaxation, yoga, marche en pleine Nature… et j’en passe…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis en reconversion professionnelle et débute une formation dans le secteur de l’animation. J’adore l’apprentissage de nouvelles compétences et de nouveaux savoirs. C’est enrichissant !
Humanisme, partage, écoute… liberté d’action. Transmission dans la bienveillance. Accoucheur de talents.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

PSYCHIATRIE

Quel univers que celui de la psychiatrie
Tantôt bizarre, tantôt simple, tantôt oubli.
Elle est étrange mais saine
Les gens la rendent malsaine
Elle est une branche médicinale
Certes spécialité peu banale
De plus en plus elle est présente
Dans cette société en mésentente
Bientôt elle sera connue
De tous les individus
Peuple de la terre, n’ayez pas peur
La psychiatrie renoue les cœurs
Beaucoup de maladies existent
Eh ! Écoutez-moi j’insiste !
La psychiatrie n’est pas sorcellerie
Oubliez tout de suite ces âneries
Nombreuses personnes y ont séjourné
C’est un lieu non malfamé
Parmi les choses choquantes
Beaucoup ne sont pas délirantes
Nous sommes des êtres parfois fragiles
Mais nous restons tout de même habiles
Habiles de nos pensées
Et c’est de loin la réalité
Une nuée de gens nous montre du doigt
Mais ceux-ci ignorent les lois
Car un jour de tristesse
Ou un jour de faiblesse
Ils pourront être sauvés par Dame Psychiatrie
Changez donc votre mentalité
Car un jour ça peut vous arriver
Tout le monde peut s’y échouer
Un petit moment, une éternité
A vous de la rendre meilleure
Et éviter toutes les rumeurs
Adoptez là une fois pour toute
C’est de la médecine sans aucun doute
Les gens d’ici ne sont pas fous
Ils ont juste besoin de vous.

La Psychiatrie n’est pas ce que l’on croit
Maintenant changez vos pensées erronées
Vous sauverez bien des esprits torturés.

02 Août 2005

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une sensibilité artistique !
Une vision autre des choses et de la vie en général !
Une vie d’une intensité forte ! Si bien qu’à la fin de celle-ci c’est un parcours du combattant, nous aurons été un guerrier de la Vie.

Tomber est humain se relever est divin !
Des failles jaillissent la lumière !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je ne veux pas occuper un poste de ministre de la santé mentale en revanche faire des débats d’idées ou de concertations pourquoi pas !
Reconnaître certaines maladies comme des maladies de société… et trouver une alternative pour le bien être des personnes qui sont en souffrance car il ne rentre pas dans le moule sociétal actuel qui peut être nocif !
Prise de conscience nécessaire dans ce domaine comme tant d’autres…

Portrait de Sylvie Ef

Comme Sylvie Ef, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître l’EPS Barthélémy Durand à Etampes et sa cité culturelle. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime les gens fragiles, dans les banlieues, les villes, les campagnes.

J’aime écrire des nouvelles, des récits courts qui surprennent par une fin inattendue, j’aime aussi aller au musée, faire de la mosaïque, tricoter, préparer à manger, me lever tôt, me coucher tôt.

J’aimerais me passer des insomnies et des angoisses et des peurs et des doutes et des douleurs et des sarcasmes aussi.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier est nécessaire. Indispensable. C’est un métier rude et exigeant mais gratifiant aussi. Il faut une formation solide pour le maîtriser et on apprend sans arrêt, tout au long de sa carrière.

On se lève très tôt, on se couche très tard, on travaille la nuit, les weekend, les jours fériés.

On a des responsabilités importantes. C’est un travail d’équipe. On aide les gens à naître, à vivre, à mourir aussi. J’aime cette part d’humanité au service de tous. Je suis infirmière.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

La santé mentale n’est pas la maladie mentale. Il y a dans la santé mentale quelque chose de positif, quelque chose d’enthousiasmant : un possible. C’est un objectif à atteindre. Presque une chance qui nous pousse à connaître nos limites et à repérer les failles. A savoir frapper aux bonnes portes, au bon moment.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie permet des rencontres. d’abord avec soi puis avec les autres. La folie est une extension de l’âme. Elle est un supplément de vie, elle va de paire avec la création artistique. Elle autorise tous les possibles.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Moi, ministre de la santé mentale, j’ouvrirais les portes des hôpitaux psychiatriques.

Je demanderais un budget énorme au titre d’une priorité nationale. Je lutterais contre les préjugés, je lancerais des invitations à venir voir les fous, à passer tu temps avec eux.

J’informerais le monde du travail de la nécessité à employer des fous.

Je déjeunerais tous les jours avec eux, je chanterais avec eux, j’irais à la piscine avec eux, j’écrirais avec eux, je les inviterais à ma table, à mon ministère.

Il seraient à mes côtés tous les jours, ils m’apprendraient tout et je les écouterais et je les remercierais.

Portrait de W

Comme W, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître l’Association des Hypersensibles. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les échanges lors de nouvelles rencontres. Les livres. Les films.

J’aspire à la tranquillité de l’esprit, à la paix intérieure, à l’harmonie entre mon monde intérieur et extérieur.

J’aspire à la liberté, me déconditionner de tous les vieux schémas mentaux que j’ai hérité à la naissance.

J’aspire à la révolution de notre société. Que les valeurs humaines de tolérance, de bienveillance, de sobriété, renverse la norme actuelle : compétition, consommation, culte du corps, déshumanisation des relations, recherche du profit, de la croissance économique sans cesse.

J’aspire à un monde meilleur, et d’y contribuer au maximum de mes capacités.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je travaille bénévolement en tant que président de l’association des hypersensibles.

C’est une activité qui fait sens pour moi et qui répond à un besoin : le manque de lien social chez les personnes hypersensibles.

Mon projet de vie est lié avec le développement de cette association. Le projet final est de m’installer dans la campagne est de diriger un centre de ressourcement pour personnes hypersensibles.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense que la santé mentale franchira un pas quand on n’utilisera plus les termes : bipolaires, schizophrènes, dépressifs, phobiques, autistes, etc. et qu’on s’intéressera à ces 2 millions de personnes concernées par la santé mentale en France comme des personnes qui sont victimes de l’état actuel du système professionnel et social excluant, et non comme des malades qui doivent se soigner pour se réinsérer.

Car se réinsérer dans un système malade qui nous a rendu malade… absurde!

Le monde de la santé mentale met le focus sur ceux qui souffrent. Il devrait aussi le mettre sur les origines de cette souffrance : encore une fois, les maux de la société actuelle énoncée non exhaustivement au dessus.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie n’est ni positive ni négative en soit. La folie c’est plus de couleurs. La folie c’est l’anormal. La folie c’est ce qui ne se cadre pas, ne se gère pas. La folie c’est une liberté d’esprit et de cœur.

La folie va être plus ou moins bien vécue. Cela dépend si elle est acceptée à l’intérieur comme à l’extérieur.

Le plus difficile souvent étant d’assumer sa folie en tant que personnalité et non en tant que maladie.

La souffrance vient quand on essaye de calmer cette folie, de rentrer dans les clous, quand on se tait, quand on refoule les couleurs explosives en nous.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Prendre en compte ces millions de Français qui sont malheureux dans cette société qui se déshumanise à petit feu.

Prenez nous en compte, ou sans cela, bientôt, ce sera la révolution! 🙂

Portrait de Monde à l’Œil

Comme Le Monde à l’Œil, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître le blog lemondealoeil.wordpress.com. »  

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes détracteurs : le rapport de forces me détruit, mais le dialogue m’anime. J’ai besoin de mettre à mal mes propres idées, d’affiner ma vision du monde grâce à la confrontation pacifique des esprits. Il y a aussi mes soutiens : deux ou trois amis en qui je confierais ma vie, pour peu qu’ils m’aient maintenu en elle.

J’aspire à me rendre le plus utile possible et à respecter l’échéancier de mon existence.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

En tant que multipotentiel, la stabilité professionnelle est délicate. J’évoquerai surtout mon activité d’écrivain public, au service justement du public et pourtant si méconnue de celui-ci. Même nos ancêtres copistes, les scribes, sont encore plus célèbres !
Le plus appréciable demeure l’extrême diversité des tâches demandées. Cela nécessite des qualités humaines nécessaires pour comprendre « l’esprit » du client, son besoin réel, jusqu’au respect du plus intime : celui de son propre langage.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Pour en garder un souvenir très mitigé, je mettrais l’expression au pluriel. Il semble y avoir autant de mondes que de professionnels de santé.

Curieusement, le cerveau, siège de notre conscience, est la partie du corps que la science appréhende avec le plus de malaise. Le langage, verbal ou non, joue un rôle primordial dans le diagnostic, et donc dans la thérapie. Mais le risque d’erreur médicale est accru : les pathologies se renomment plus vite qu’elles ne se comprennent et la médication (qui plus est, chimique) est un réflexe dépersonnalisant parfois proche de l’expérimentation non rémunérée.

Davantage d’humilité, d’écoute et d’humain serait bénéfique pour le secteur dans son ensemble.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Je retourne la question : en quoi la « folie » (si tant est qu’elle existe) serait-elle plus négative que la norme (tout aussi difficile à définir) ?

Le dynamisme, la créativité, la curiosité, l’émotion, même – et surtout – en excès, nous conservent parfaitement vivants. Renoncer à cette part de nous-mêmes, c’est s’inscrire dans une spirale mortifère, dégradante, voire abrutissante.

Rester fou, à défaut de le devenir, c’est donc prendre le parti de la liberté et d’une puissante cohérence interne, hélas encore mal comprise de la société… mais peut-il en être autrement?

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Mes propres troubles pourront justifier le « oui » comme le « non ».

Une chose est sûre : je crois qu’il faut investir massivement dans la recherche, lutter contre les « lobbies » pharmaceutiques et placer les maladies mentales au cœur des politiques publiques avec une approche transversale (santé, social et justice).

Pour cela, inverser le paradigme : exit l’abandon (voire la répression) des patients, au profit de la prévention et de la protection des plus fragiles.