La fleur de Patricia : Carnet du rétablissement en santé mentale

Carnet du rétablissement en santé mentale à destination de l’usager, de son proche et du professionnel.

Le copyright de cette publication venue de Belgique est la propriété de l’association En Route (www.enrouteweb.org).

Dossier documentaire sur la pair-aidance

Ce dossier documentaire est consacré à la pair-aidance. Il s’inscrit dans un programme de travail mené par l’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne Franche-Comté, dans le cadre de la démocratie en santé.

Il se structure en 6 chapitres : un historique de la pair-aidance ; des définitions sourcées ; la pair-aidance dans les politiques de santé ; la place de l’usager dans la prise en charge médico-sociale ; quelques projets en France ou à l’étranger et enfin la question de la formation et de la professionnalisation.

Il n’a pas la prétention de viser l’exhaustivité du savoir dans ce domaine : il rassemble des références bibliographiques dont les documents sont récents, francophones, et accessibles en ligne ou disponibles dans le centre de documentation de l’IREPS Bourgogne Franche-Comté.

http://www.psycom.org/Actualites/Pour-en-savoir-plus/Dossier-documentaire-La-pair-aidance

On a vu Dr Nest au Théâtre Monfort et on a aimé !

La pièce Dr Nest de la compagnie Familie Flöz se joue au Théâtre Le Monfort, 106 rue Brancion 75015 Paris, jusqu’au dimanche 2 février 2020.

Vous bénéficiez d’un tarif préférentiel (5€) avec le code RP Comme des fous en réservant à l’adresse publics@lemonfort.fr / 01 56 08 33 46/84.

Notre avis :

« Joli spectacle poétique qu’est cette Familie Floz. La solitude, les doutes et le sentiment d’insécurité d’un psychiatre qui intègre un sanatorium lointain et qui découvre ses patients un à un.

La ligne fragile qui sépare le normal de l’anormal, le comportement sain du comportement pathologique, s’efface peu à peu tout au long de la pièce.

Et surtout des personnages masqués avec des masques typés et parfois grotesques d’où s’échappent néanmoins des sentiments profonds.

De jolis morceaux de bravoure avec cet échange de blouses entre acteurs (tantôt patients, tantôt médecins?) ou ces morceaux de piano à 4 mains.

Et bien sûr beaucoup de dépaysement puisque les acteurs sont allemands et la scénographie nous transporte aux années 1970. »

Portrait d’Esprit en chantier

Comme Esprit_en_chantier 1, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Ce qui me vient en premier c’est la chanteuse Demi Lovato. Elle est bipolaire, se bat au quotidien et surtout en parle librement. Aussi la chanson « Peur de sombrer » de Tsew The Kid me fait me sentir moins seul dans cette peur de sombrer.

Tsew The Kid – Peur de sombrer

Je suis aussi inspirée par la montagne, sa force et sa puissance mais aussi sa douceur quand la neige la parsème.

J’aspire à devenir celle que je veux être, à dire mes besoins, à ne plus faire pour les autres mais pour moi. J’aspire aussi à apprendre à vivre avec ma maladie au quotidien et à ne pas la laisser m’empêcher de réaliser mes rêves.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis étudiante pour devenir éducatrice de jeunes enfants. Ce métier correspond à mes valeurs. J’accompagne des familles au quotidien dans leurs difficultés mais aussi dans les beaux moments.

Il me permet de me sentir utile d’être en phase avec ce en quoi je crois.

Les enfants sont l’avenir et aussi le présent. L’éducation est le meilleur moyen de sauver les mondes, de faire des petits humains sécurisés et sachant qu’ils ont des droits.

J’étais auparavant dans le graphisme, là, j’allais à l’encontre de mes valeurs et je participais à la société consumériste que je hais tant.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un monde qui peut être très violent notamment en hospitalisation. Parce que le patient est peu écouté et souvent soumis à des décisions qui pourtant le concernent.

Mais c’est aussi un monde qui peut aussi être doux, un monde où j’ai rencontré des gens magnifiques, des patients, des soignants…

Des gens qui m’ont sauvé la vie, qui m’ont fait voire mon potentiel, qui ont cru en moi.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Les rencontres, beaucoup. Et je dirais la maturité et l’empathie.

J’ai appris que certaines douleurs sont invisibles et qu’on ne sait pas ce que l’autre vit. Alors le jugement s’estompe et on peut rencontrer l’autre vraiment.

La folie m’a aussi permis de me demander ce que je voulais vraiment, ce qui me sauverait du gouffre et qui me donnerait envie de vivre.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’aimerais parfois. Mais je n’aurais pas les épaules.

J’aimerais plus de financement en psychiatrie. Que cette branche ne soit plus juste celle à laquelle on donne les restes de l’hôpital lambda.

Je demanderais aussi le remboursement des soins comme les psychologues ou les soins psycho-corporels.

Je demanderais la sensibilisation à la santé mentale pour défaire les clichés et pour que plus de gens osent demander de l’aide.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

@Lice_gateau

« Le syndrôme du normopathe » in DSM-74

« Définir l’anormal par le trop ou le trop peu, c’est reconnaître le caractère normatif de l’état dit normal. »

Georges Canguilhem, Le normal et le pathologique.

Définition : Le normopathe se distingue du sujet normal, reflétant la moyenne de ce que doit être l’être humain acceptable, en étant un sujet normal augmenté. Le normopathe applique la norme de façon supérieure à la moyenne, il est capable de devenir une normalité supérieure à la normale. Le normopathe sait qu’il est le seul individu réellement fidèle à la moyenne médicale de Canguilhem.

Etiologie : La première cause de normopathie serait l’angoisse primale d’être voire de devenir soi. Une autre cause, non avérée scientifiquement, serait l’angoisse du rejet par le groupe primal des congénères. Les congénères du normopathe apparemment fidèles à la moyenne des individus, grâce à un comportement basé sur des calculs d’apparence extérieure avancés, constituent par l’environnement humain qu’ils matérialisent jour après jour la matrice réferentielle première du petit individu encore simplement normal et pas encore normopathisé par son environnement humain prescripteur d’une exigence de normalité croissante.

Symptômes : Les premiers signes du syndrôme du normopathe apparaissent généralement vers l’âge de 18 ans avec l’acquisition baccalauréat et du permis de conduire, réels symptômes d’entrée en normopathie chronique. La chronicité de la normopathie peut se réduire avec accident du travail ou de la route. Les symptômes restent latents en environnement normalisé mais peuvent se réduire avec le temps en environnement chaotique.

Traitement : La normopathie se traite dès l’apparition des premiers symptômes de début d’acquisition des normes environnementales humaines locales par l’apprentissage de la spécificité de l’autre puis de soi. La réelle guérison ne peut passer que par la boucle de rétroaction aller vers l’autre et retour sur soi à travers la sortie partielle de la fabrique des individus par l’école, l’usine, la caserne, l’hôpital, la prison etc.

Portrait de Chouchou

Comme Chouchou, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les gens qui ricanent avec moi. Les belles choses, mes chats…

Le rire en toute situation. Pleins de sujets d’intérêt…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier m’apporte sur le plan humain. Il est bien payé pour des taches que je maîtrise aujourd’hui, dont certaines répétitives.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense qu’il est rempli aujourd’hui de psychiatres-mercenaires qui prennent 44 € pour 15 min de consultation (en ville, dans mon cas). Qui se contentent de prescrire des médicaments, mais qui ne réalisent plus de psychothérapies.

Du coup pour ce faire, il faut voir un psychologue et le payer de sa poche.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Le fou c’est l’autre, pour paraphraser Sartre, et à ce titre il reflète certains dysfonctionnement sociétaux, éducatifs, culturels…

Et ce qui amusant, c’est qu’en fait, il y a finalement autant de fous que de réalités. C’est l’uniforme pseudo-vérité qui le fait peur, à moi.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas œuvrer pour le bien des lobbies, oubliant les malades. Je suis déjà de l’autre côté du miroir…

Et je pense difficile de rester intègre et congruent en politique. C’est proprement antinomique selon moi.

Un COFOR de Paris

Par et pour les pairs parisiens, un centre de formation au rétablissement en santé mentale doit ouvrir à Paris dans les prochains mois (vraisemblablement en septembre 2020 ou en janvier 2021).

Il vise la récupération du pouvoir d’agir des personnes concernées par des troubles psychiques. Un pouvoir d’agir sur elles-mêmes et sur les autres par la prise de conscience de leur capacité à influer sur elles et de leur capacité à s’extirper intellectuellement des modes de pensées imprégnés en elles par les dispositifs psychiatriques fermés ou ouverts sur la cité.

Le centre de formation parisien est avant tout pensé dans une parfaite autonomie des pairs par rapport aux professionnels de la psychiatrie et de la santé mentale.

Les participants au COFOR de Paris peuvent être à la fois pairs-aidants formateurs, pairs-aidants auditeurs, ou simplement dans l’un des deux rôles. Tous ensemble, ils constituent le noyau d’un groupe autogéré de personnes actives décidant d’agir pour elles, par elles-mêmes dans un dialogue constant avec les professionnels mais avec la force du collectif.

Le COFOR se base sur les savoirs issus de l’expérience de vie de chacun, son expertise de vie fait de chaque pair une personne à même de communiquer son savoir expérientiel aux autres pairs et la formalisation de ce savoir permet par le partage la reconnaissance des savoirs et des capacités à agir de chacun qui lui sont propre et issu de sa propre trajectoire de vie.

L’échange sous forme d’ateliers animés par les pairs pour les pairs permet l’horizontalité dans le fonctionnement et l’équité de la démarche. Chaque pair peut être animateur d’un module de formation basé sur son expertise d’expérience, il peut également rester pair auditeur et participer aux ateliers simplement en acteur d’échange.

Les ateliers pourront mener à la création d’outils pratiques et techniques de rétablissement et d’empowerment validés scientifiquement. Des recherches pourront également être adossées au projet.

Le COFOR de Paris devrait ouvrir fin 2020 et s’ouvrir à une vingtaine de personnes concernées par la pair-aidance en santé mentale. Comme des fous constitue le partenaire initial du COFOR qui reste ouvert à des partenariats opérationnels nouveaux.

Que la folie d’autrui soit ta sagesse.
Proverbe allemand ; (1827)

Portrait de Noimar

Comme Noimar, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Inspirations : tout le monde. Mais avant tout les personnes élévatrices.

Aspiration : l’acceptation.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’étais chef de projet de mes 22 à mes 26 ans dans un grand groupe publicitaire.

J’ai arrêté lorsque je me suis rendue compte que je passais de mauvaises journées, et que le travail représentait au moins 10h des dites journée.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il est complexe et non-figé. La connaissance du sujet par le corps médical et l’accompagnement me semblent inadaptés et bourrés de classifications néfastes.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Créativité, imprévus, recul, liberté sociétale (regard des autres).

(joie ?)

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

De ne jamais dévoiler au grand jour l’absurdité absolue et l’absence d’une réalité unique inhérente à la vie (=chaos).

« Délire et désir », création radiophonique avec Gilles Deleuze [2H51min]

Nous vous convions à écouter ici une archive radiophonique de 1972 sur le thème du délire et du désir par Gilles Deleuze. La création dure deux heures. Ici Gilles Deleuze remet en question les théoriques de la psychanalyse et l’institution psychiatrique. Bonne écoute.