
La Mad Pride croquée par Coco dans Charlie Hebdo

Changer les regards sur la folie

Précisons que les mots folles et fous sont utilisés dans cet article avec une tendresse et un respect infinis. Ils ne s’agit pas d’éveiller la fougue des militants du tout pathologique.
« Vous m’avez jeté votre monde au visage comme un seau d’eau, je ne trouverai jamais le chemin, je suis perdue. » Valérie Valère

On parle de la folie qui est devenue pathologie, des fous qui sont devenus des malades, mais que dit-on des folles ?
Y-a-t’il une spécificité de la folie au féminin ?
Quels rôles les femmes ont-elles joué dans les grandes transitions du regard que l’on porte sur la folie, sur l’internement et sur la pathologie psychiatrique ?
Les grandes folles de l’histoire comme Claudel, Zelda Fitzgerald, comme Dora qui inspira Freud ou Mary Barnes qui joua ce rôle pour Lacan, ont peut être marqué la lecture de la psychose plus que l’on ne l’imagine. C’est du moins la proposition de Martine Delvaux dans son livre Femmes psychiatrisées, Femmes rebelles.
Continuer la lecture de « « Femmes Psychiatrisées, Femmes Rebelles », Martine Delvaux [livre] »
Voilà que la folie se rebelle!
Enfin (!) dirons-nous, elle ose sortir de nos petites têtes et s’affirmer au grand jour pour ce qu’elle est : un enjeu de société et pas l’affaire d’un ou deux illuminés, ni le fond de commerce des laboratoires pharmaceutiques.
La folie en a assez d’être assimilée au fou furieux, à la faiblesse d’esprit, à la perte de raison, à l’inaptitude, à la déficience mentale.

La folie nous guette, non pas comme une descente aux enfers si on s’avisait de craquer; la folie nous guette parce que nous ne sommes pas raisonnables par nature, nous avons tous des rêves fous, nous sommes tous avides de liberté.
La liberté du patient en psychiatrie, elle, est souvent bafouée, par des traitements traumatisants à l’hôpital et la mise sous médicaments à vie.
La liberté, ici, c’est d’abord celle de pouvoir se sortir du médical et retrouver le chemin de la vie en société.
La folie a la vie dure: a-social, anti-psychiatrie, anti-psychotique, anti-dépresseur, on traite la folie à coup de antis.
La folie, qu’on est tous en droit de revendiquer, c’est le droit de se lâcher, de danser, de chanter, d’exister socialement et pas juste le droit à la souffrance ou à l’oubli.
La Mad Pride, c’est la folie en marche.
La Mad Pride, c’est ceux qui ne s’arrêtent pas à l’étiquetage entre sains d’esprits et personnes diagnostiquées.La Mad Pride, c’est une marche des (in)désirables, de ceux qui croient pouvoir changer les regards en se rendant visibles et en défilant ensemble dans les rues.
La Mad Pride, c’est une marche tout public où chacun peut exprimer sa folie et tourner en dérision les diktats sociaux et culturels.
Sortir dans la rue c’est aussi lâcher son écran, c’est faire le choix de rencontrer l’autre, c’est choisir la vie sociale et donner envie et espoir aux plus isolés. Car la folie qui fait mal, n’est pas que dans le regards des autres, c’est aussi celle qui enferme en soi-même.
L’esprit Mad Pride c’est ouvrir un terrain d’expression pour la folie. C’est montrer ensemble qu’on peut s’en sortir et mettre en route une transformation de la société.
Nous vous invitons à rejoindre le cortège du samedi 11 juin 2016, départ à 14H de la rue Crozatier, Paris 12e (devant l’Hôpital Saint-Antoine) en direction de la place de la République où se tiendra un débat à l’arrivée (et oui, la folie aussi se met debout)
Déguisés ou pas, venez avec vos slogans, vos pancartes et votre bonne humeur !

Quelle place peut-on sérieusement accorder à un type qui n’a que le BEPC, jamais travaillé de sa vie, qui a un trou de sept ans dans le CV et qui est schizophrène, sensible au stress au point de perdre le sommeil pour une proposition de visite aux bords de Loire ?
Oui, vous ça vous paraît peut-être ridicule comme question. Probablement que vous êtes les premiers à vous dire que laisser une personne pareille travailler, c’est courir à la catastrophe pour sa santé, sans compter que c’est manquer de solidarité. […]
via Le parasite néolibéral au cœur de mon âme n’est plus… — Insomnies solitaires d’un schizophrène
Continuer la lecture de « Suis-je un parasite? — Insomnies solitaires d’un schizophrène »
« Une des expressions politiquement correctes, soutenue notamment par les associations de familles, pour parler des personnes avec une maladie mentale, est celle d’handicap psychique.
Je n’aime pas cette expression. J’AI une maladie mentale, mais je ne SUIS pas une handicapée psychique.
Certes, la maladie peut-être handicapante. Mais une maladie est est en perpétuelle évolution et peut même disparaître complètement, dans les périodes de rémissions. Une maladie peut aussi exister sans handicaper, en étant soignée. Elle existe toujours mais n’handicape plus. Continuer la lecture de « Je ne suis pas une handicapée psychique »
Revivez le magnifique témoignage de Sophie, membre du Clubhouse, (avancer jusqu’à 1H20min de la vidéo) lors de la table ronde sur l’emploi accompagné de la Conférence Nationale du Handicap 2016 au Palais de l’Elysée.
Digressions d’une dépressive chronique
Les journaux adorent les titres qui font sensation sans faire attention à l’image qu’ils donnent des malades atteints de diverses maladies mentales et propagent de fait, ce que l’on appelle la « psychophobie » : la peur des malades atteints de maladie psychiatriques / psychologiques.
On ne le dira jamais assez : une personne ne résume pas à son diagnostique psychiatrique. Quand une personne est atteinte d’un rhume et tue une autre personne, on ne verra jamais un titre de type :« Atteinte d’un rhume, une femme tue son docteur »
Non, ce sera plutôt du genre :
« Hystérique à l’annonce de son diagnostique, une femme tue son docteur ».
Parce que c’est bien connu, les femmes sont toutes des « hystériques ». Surtout pour les journalistes, et les hommes en général (j’ai dit en général pas tous donc).
Et les maladies psychiatriques sont le Saint Graal des journalistes. Volontairement, je ne mets pas les liens…
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