Soirée Petit Pot PoP autour de « Mocassin, je me prépare » [SNG / Natacha]

Le 25 juin, aux Nouvelles éditions Place, SNG/Natacha Guiller vous convie à une soirée de poésie sonore participative et assaisonnée autour de son livre Mocassin, je me prépare. 

Venez vous procurer un ou plusieurs exemplaires de l’ouvrage et concocter des poèmes en cuisinant des petits pots PoP combles de fragments hachés qui composent l’installation interactive Clip PoP Blédiland.Des petits fours, des plateaux-poèmes et quelques dédicaces au bic jalonneront cette prime rencontre déconfinée.

Retrouvez SNG, très bonne amie et contributrice occasionnelle de Comme des fous, In Real Life ! Nous serons là pour contribuer à la réussite de cette artiste en qui nous croyons réellement et à qui nous souhaitons le meilleur pour que son message passe !

Jeudi 25 juin à 18h30 aux Nouvelles Editions Place, 12 rue Pierre et Marie Curie dans le 5e arrondissement de Paris ! Avec la présence de l’artiste !

Le lien vers l’évenement FB

Le fou comme icône de la résistance à la réification [Agathe]

Être fou est-ce être soi ? Si, être fou s’avère bel et bien être hors des normes d’une société qui s’est historiquement donné les moyens de réifier l’être humain. Si, le fou s’avère non plus être le magicien dans son onirisme effrayant. Si, le fou n’est plus l’idiot non doué de raison logique noyé dans un pathos sans horizon intellectuel. Si, le fou est devenu l’artiste méconnu et mal connu, il semble bien être celui qui résiste biologiquement, instinctivement, viscéralement à la réification qu’impose des sociétés trop grandes aux petits êtres que nous sommes. En ce sens et si on admet ça, le fou est bel et bien celui qui cherche à se défendre par sa nature résistante à une programmation historique, civilisationnelle et spatiale à une réification inévitable dans les groupes humains étendus.

Biologiquement résistant au traitement sociétal, le fou par nature contre-réifié, est l’un des rares à avoir cette opportunité de vie de devenir lui-même sans se construire dans un usine à individus semblables. En acceptant son statut de marginal de ce système groupal étendu, le fou a le temps, parfois l’argent dans certains pays, d’agir pour devenir lui, permettre aux autres de devenir eux-mêmes en leur redonnant estime d’eux-mêmes dans leur condition marginale, pouvoir d’agir et envie d’action sur ce qui l’entoure. Et même si on ne peut agir que sur ce qui nous entoure directement, le fou s’est dans son histoire de vie l’opportunité biologique de résister aux oppressions systémiques. Reste à sa charge l’opportunité intellectuelle de résister volontairement à ce système qui l’a mis en marge par excès de clairvoyance.

Et si, on admet tout cela, on arrive à la folie comme l’un des paradigmes de la santé mentale. Le bien-être psychique s’apparente à la capacité qu’ont les uns et les autres de rester dans la vie réelle et non de se réifier existentiellement comme simple outil-rouage d’une mécanique systémique, pour un salaire ou une fortune, mais bien d’admettre ce choix de la vie biologique de l’exclure réellement de la mécanique d’un système sociétal qui fabrique des individus semblables et admettre comme choix dans son esprit conscient ce choix de son inconscient, de sortir d’une vie sociétale inadmissible parfois, et d’être résistant à un ordre qui nous sort tous de la vie réelle. Tel l’enfant, tel le trop vieux, tel l’adolescent sans place sociale, l’artiste, le génie connu ou méconnu, le boulanger, la nounou, la femme de ménage, évoluant tous dans de petits univers de vie de proximité. Le fou a su rester dans une forme de réalité du « Small is beautiful », dans la réalité d’un mode de fonctionnement du monde matériel et humain accessible et admissible pour notre petit esprit. En conséquence, le fou est dans la réalité de ce qu’il est, quand le normalopathe est dans une forme de réification mortelle de son être. Le fou reste résistant à l’oppression systémique quand le normalopathe est s’est matérialisé lui-même en outil d’une mécanique sociétale.

En conséquence, faut-il adapter les hommes au fonctionnement d’un système en les fabriquant par des institutions réifiantes d’outils humains qu’ils pensent encore ou non ? Ou, faut-il réifier un système capisticalico-productif par les personnes qui y sont enserrés ? Peut-on imaginer un monde où le fonctionnement sociétal serait une production humaine d’un groupe et non la recréation constante du même phénomène abêtissant de fabrique d’individus en conserve ayant pour objectif la conservation de leur fabrique ? Peut-on encore penser qu’hors de la marginalité du fou, la perception du monde tel qu’il est réellement s’envisage encore ? Si oui, le fou est bel et bien l’idiot. Si non, il est bel et bien le prophète sans pays.

Devenir survivante [Agathe]

J’entre dans ce qui s’appelle la paire-aidance, en 2015, par le laboratoire de recherche et de formation de l’hôpital Maison blanche, avec Emmanuelle Jouet et rapidement aussi Tim Greacen. En coanimant des formations avec eux, je commence par témoigner, puis je réalise l’importance de parler avec un langage doué de raison. Car comme l’avait montré Michel Foucault dans son Histoire de la Folie à l’Âge classique, la folie était associée en occident à l’onirisme et la magie jusqu’à une époque où Descartes commence à opposer la folie à la raison, à la logique et à l’intelligence. Depuis, le fou n’est plus un mage, une sorcière, un magicien ou un prophète mais bien un être stupide, enfantin, débile, voire totalement idiot, et sa situation d’intellectualité moindre ne peut que s’aggraver. Plus tard, il redeviendra peu à peu l’artiste, le génie, le savant, et l’excentrique mais il restera pour la plupart des gens un être attardé ou étrange intellectuellement, et le génie ne lui sera reconnu que dans peu de cas. C’est sur ce constat que je conscientiserai plus tardivement que se manifeste une forme de volonté de parler de façon logique et intellectuelle de moi-même et de mon parcours de vie, en recherchant en eux, une trajectoire délibérée ou fortuite, se dégageant naturellement pour moi et pour les autres. Cette démarche me permit de donner un sens à mon propos et à ma vie, tout en rendant partiellement au moins, intelligible les chemins de vie des fous.

Ceci m’amène peu à peu à animer seule des ateliers de récit de soi par petits groupes de personnes que je mène à raconter leur parcours et à y voir des moteurs de vie, des axes de rétablissement, et une ligne de vie particulière et spécifique, et aussi de percevoir un sens à ces démarches de vie complexes et aléatoire en recherchant en eux le sens de ce qu’ils sont, d’où ils sont allés, où ils sont et où ils vont. La recherche de la ligne de vie est à mon sens un élément essentiel de la reprise de pouvoir d’agir sur soi et sur les autres, une étape clé du rétablissement des uns et des autres, pour pouvoir devenir soi et agir sur le monde. En 2018, j’anime ces ateliers à Marseille au CoFoR, et reviens ensuite à Paris avec l’intention de monter les mêmes ateliers ici au sein d’un CoFoR Paris. Le projet peinant à se construire en raison de l’absence de subventions de démarrage et de mon mode de vie trop spartiate pour un investissement personnel à la hauteur de l’indispensable pour le projet, je finis par le céder ces derniers jours à Sabrina Palumbo.

Depuis, l’idée de ces ateliers « Se raconter / Se rétablir » et d’autres outils Recovery des Etats-Unis et du Quebec, j’aimerais qu’ils servent de base à un tour de France, des groupes d’entraide mutuelle, des associations d’usagers et de personnes concernées pour des animations de sessions de petits groupes de support. Des partenariats sont à monter pour ces ateliers itinérants et le bonnes volontés parmi les pairs sont les bienvenues. L’idée est de constituer un petit pool d’animateurs d’ateliers, d’en faire un groupe solide, et de partir en tournée sur toute la France pour animer nos propres ateliers par et pour les pairs en allant à leur rencontre. Le financement de cette action indépendante et qui doit le rester, passe par la paiement sous forme de prestations par les accueillants de nos ateliers

En parallèle, le financement des activités de Comme des fous et d’autre actions passe par la création de site web ou la co-réalisation de projets web en santé mentale. Le projet de développement d’initiatives collectives numériques en santé mentale me parait un élément aujourd’hui plus qu’important pour que la voix des pairs soit entendue. La recherche scientifique et les mad studies également.

C’est pourquoi pour tous ces projets : ateliers itinérants, projets numériques et recherche scientifique, je vous invite à me contacter à agathe@erreur-systeme.fr

Contribution à l’anthologie punk des survivants [Agathe]

 » Survivante d’un système psychiatro-asilaire à ciel ouvert, biologiquement inadapté au biopouvoir s’exerçant sur les consciences, à l’isolement sans contention dans un environnement humain déraillant, la petite Agathe de 18 ans a choisi la vie et l’espace de la liberté de pensées quitte à vivre dans la marge du système oppressif refusé initialement. Résistante au traitement sociétal, à 21 ans il faut partir sur les routes pour la vie, la marginalité biologique commence à se déclarer. « 

in « Survivante de la psychiatrie à Paris », Agathe Martin, 2020, Contribution à une anthologie punk américaine des survivants initiée par Craig Lewis

Agathe présente le COFOR de Paris

Dans les précédents épisodes, le COFOR nous racontait son évolution parisienne, il se présentait avec ses idées nouvelles [https://lightskyblue-penguin-597208.hostingersite.com/cofor-de-paris-itinerant/], se créait avec ses pairs actifs [https://lightskyblue-penguin-597208.hostingersite.com/le-cofor-de-paris-se-cree/], et commençait à montrer les grandes lignes de son action à venir [https://lightskyblue-penguin-597208.hostingersite.com/un-cofor-de-paris/].

L’objectif du COFOR Paris, comme tout Recovery College est de former à ce qu’est le rétablissement en santé mentale par et pour les pairs en nivelant les pairs par le haut en leur donnant les moyens de faire avancer leur connaissances sur ce qu’est le rétablissement, le mouvement du rétablissement dans le monde et leur capacité à se l’approprier pour eux-mêmes et pour les autres ! Le tout pour récupérer du pouvoir d’agir sur soi, les autres et le monde !

Aujourd’hui, le COFOR Paris nous donne encore des nouvelles de ses avancées pendant le confinement :

  • Changement du logo en cours avec possibilité pour tous de donner un avis dans une réunion post-confinement. Le logo est créé par la graphiste ayant réalisé celui du COFOR Marseille : Amelin Caniparoli !
  • Les locaux, les subventions, les actions d’échanges pour trouver des pairs actifs et des partenaires restent en cours !
  • Le programme de formation est en création avec 8 modules principaux d’ores et déjà déterminés :
    • ESPOIR
    • SOUTIEN
    • PLAIDOYER
    • EMPOWERMENT
    • RESPONSABILITE PERSONNELLE
    • RECIT DE VIE
    • RECOVERY made in USA
    • RECOVERY made in QUEBEC
  • Des binômes voire des trinômes de pairs actifs travaillent sur la création de chaque module en définissant la liste des ateliers par thématique abordées.

Des moyens de communications augmentés ont été mis en place et des réunions ont été organisées IRL (in real life) et online pour faire avancer les échanges avec les pairs actifs parisiens ! Grâce au confinement deux rencontres ZOOM ont permis de présenter le COFOR Paris : une au Clubhouse Paris et une au REV France. Le groupe Facebook du COFOR Paris, s’est offert une Page adossée à sa communication jusqu’ici minimaliste sur ce média incontournable [https://www.facebook.com/coforparis]. Une liste de diffusion (mailinglist ou newsletter) donne des infos sur l’actualité du COFOR Paris à laquelle il est possible de s’abonner [https://framalistes.org/sympa/subscribe/cofor_paris].

“The Unsung Survivor Story Book”’ – Call For Contributions

This is the call for contributions for “The Unsung Survivor Story Book” »  an anthology of first-hand accounts written by people who have survived. Whatever this means for the writer; is what it means for the writer.

The purpose of this anthology is to support people in telling their stories and in being understood.

We are survivors. We can heal when we feel understood.

We liberate ourselves when we take our power back.

We await your contribution of your personal story; sharing of your lived experience during these challenging times.

•IDEAS: Write about:

  •  Your life experiences with mental health struggles, addiction and trauma
  •  Your feelings
  •  The stigma and judgment you have faced,
  •  How your family and friends have treated you and how you have treated them
  •  Your daily struggles and pain 
  •  Your successes and accomplishments
  •  The challenges you face/have faced,
  • About relationships/friendships, legal/police issues, poverty, housing, medication (good   experiences/bad experiences and why you take it/why you don’t), about mistrust and abuse by providers (and healthy/good experiences), tragedies, losses, pain, institutionalization, rehab, successes, heartbreak/heartache,  positive treatment, peer support, effective help, about your dreams and desires and your recovery, and your ongoing struggle.

•This is an opportunity to tell your story. There is no right or wrong way to tell your  story. There is no judgment. Your experience is as difficult, painful, desperate, horrendous, amazing, life-changing or wonderful as you feel that it is. There are no comparisons. What you have experienced is valid and you are important and must be treated with respect and dignity and you deserve to be legitimized.

•Not every story is going to be one of complete success or recovery and your story does not have to have a happy ending, however by acting in solidarity with one another and by publicly taking back our lives with the power that lives within all of us,  we absolutely will live happier, healthier and more satisfying lives.

*Please write up to 2000 – 4000 (or so) words typed. 

*Please write in your first language (we will have it translated into English for this edition)

*Every question you have about this project is important so please ask

*We will accommodate your needs and work with you in making this a success for you (Ask please)

•You can get a copy of ‘You’re Crazy – Volume One’  (Punk Rock Survivor Anthology) here: http://www.lulu.com/spotlight/betterdaysrecoverypress

*If you are a person who has had any challenges in the past with anyone involved with this project; you are encouraged to contribute. This project is in support of healing so please, everyone matters, you, me and all of us! 

*All contributors will sign a release permitting their story being published.

*All contributors will receive a copy of the book with their story in it.

*All contributors can obtain copies of the book with their story in it at discounted rates.

*All contributors are supported in organizing speaking events in their communities.

•The deadline for submissions is June 1, 2020  Please email your submission and any and all questions to: THEUNSUNGSURVIVORSTORYBOOK@GMAIL.COM

https://docs.google.com/document/d/1u9Z9Z3zSppbyFneaq_0Wgld8Yc_BDEklKd8nsu8UPWA/edit?usp=sharing

Craig Lewis mad portrait

As Craig, let us make your mad portrait by answering these 5 questions.

My punk rock nickname is Crusty Craig. My name in Mexico is Goyo.

What inspires you in life and what are your expectations?

*Viktor Frankl, the author of ‘Man’s Search For Meaning’. Viktor Frankl has guided me in spirit from since before I took my first breath in 1973.

**Paris and Marseille, France. When I arrived in Paris on January 28th, 2018, it was with a one way ticket. I had no home to return to in the United States. No home, no job, no safety, no nothing. The people I met in Paris and in Marseille, accepted me and are my friends to this day. Landing in France, with my specific set of dangerous circumstances, back in the US, was what we call in English, a « Hail Mary ». It’s an idiom and clearly as evident in me being a contributor to Comme Des Fous; My « Hail Mary » was a success.

***Doing the impossible. It is an inspirational act of love for the world to prove that the impossible is actually quite possible. It is one of my personal hobbies.

****https://www.merriam-webster.com/dictionary/thing
What do I aspire to? My answer is as simple as it is complex. I pray every day. It is the first thing I do when I wake up and I do it before lunch and dinner. My prayer is this: Dear Universe, Please help me become the best version of myself possible. I am grateful. I am grateful. I am grateful. This prayer is also my answer to your question.

How would you describe your job and why do you like it?

Sanity is a Full-Time Job. It seems to me that my job is to use my strange, fucked up and cool, life experience to help society find new ways to navigate through this minefield called life.

What do you think about the world of Mental Health?

The world is a 6 billion person mental hospital and the rest of us survived.

What positive influence has madness for you? 

No one said it better than the French, « Don’t Panic, I’m Psychotic », so whomever is responsible for this brilliance; contact me as you wish… Us survivors have a hard time… I know how to make « Don’t Panic… I’m Psychotic » into a global source of revenue.

Would you like to be and what could be the contribution of a minister of Mental Healthcare?

I am a well known crazy person, so my answer is, yes. I like French People. Your situation is not easy. and it would improve a great deal, if the people who have the « power » , understood that it is the people who have the « power ». I would ask the Minister of Health to spend a day with me eating good food, admiring the Louvre, showing each other photos of our cats, and talking about any possible topic with the exception of mental health and politics. Once able to establish our mutual and warm, humane and human respect for each other; the conversation about « mental health in France » would commence.
If that did not work, and maybe they get upset with me and say « get away from me you crazy American », my only French language response would be, the only thing I can actually say in French « Je suis merveilleux et beau ».

What page, organization or initiative would you like to share?

http://www.lulu.com/spotlight/betterdaysrecoverypress

Enfermée dehors [Agathe]

S-1 : Une semaine avant le confinement à l’hôpital Esquirol, Agathe cherche à sortir, Agathe est enfermée dedans, les gens vont un viennent dehors.

J+0 : Début du confinement dehors, Agathe sort de l’hôpital Esquirol. Restent ceux qui vivent une forme d’hospitalisation sociale et qui resteront dedans et peut-être plus jamais dehors… Le capitaine, Marion, le petit chameau, le croyant vertueux… Les autres sont déjà partis avant le début de la trève hivernale… Alexander, et tous ceux dont personne ne connait le nom parce qu’ils ne nous l’ont pas dit… Alain est resté dedans car les écoles doivent restées fermées. Il n’y a plus les centres aérés, ni la classe, ni le sport, juste la cantine. Esquirol est quasiment sans mouvement et bientôt renfermé. Agathe, elle, est sortie.

S+3 : Agathe est maintenant enfermée dehors, plus personne ne va et vient dehors. Ni elle, ni les autres. Tout le monde est enfermé dedans ou dehors.

Vive le confinement sous contrainte, qui a permis à Agathe de ne plus être enfermée dedans mais bien enfermée dehors (mais à la maison) 😉