Projection et soirée de soutien pour radio FPP 106.3 FM

On se retrouve ce dimanche 13 mars 2016 à partir de 17h au Centre International de Culture Populaire, au 21 ter rue Voltaire, Paris 11e arrondissement, pour faire de la radio, soutenir les amis de FPP (radio Fréquence Paris Plurielle 106.3 FM), voir le film de La Colifata et passer un bon moment ensemble!

DIMANCHE 14 FEVRIER 2016

Ma petite folie

« On a pris le temps, chère folie, de se connaître, de se comprendre, et jamais nous n’avons été si complices. Dans le fond, tu m’as sorti de l’impasse qu’était ma vie d’adolescent. J’ai eu besoin de toi et tu m’as pris sous ton aile. Je ne crois pas que tu sois tombée du ciel, tu as grandi en moi, dans mes silences, dans ma résistance face à un monde qui ne me plaisait pas.

Mais tu vois, chère folie, tu es une bonne thérapie mais je ne peux pas continuer à te porter comme une honte. Toi tu as toujours existé, tu en trouveras d’autres, alors que moi, j’ai une vie à vivre. Tu es un peu comme ces réseaux sociaux, je te donne mon temps sans compter sans rien attendre en retour. Je le fais pour moi mais surtout pour les autres. Ces autres qui parlent de toi comme une maladie, pour qui c’est une épée de Damoclès. J’ai voulu t’arracher un sourire, transformer ta noirceur en arc-en-ciel.

Alors oui, chère folie, tu prends trop de place dans ma vie, je te lis, je te cherche, je t’écoute même à la radio. Tu m’as fait connaître tant de belles personnes, en qui j’ai reconnu ma fragile humanité. Aujourd’hui, j’ai besoin de briser ce miroir, d’arrêter de te scruter dans le regard des autres, j’ai envie de redescendre dans la rue, oui, j’ai envie d’habiter ma vie! »

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Ek0SgwWmF9w]

« Grandeur de la folie », Henri Grivois [livre]

   blogschizo

 

Présentation de l’éditeur

Après deux siècles de psychiatrie, un siècle de psychanalyse et cinquante ans de neurobiologie, la folie – la psychose, en termes médicaux – reste un mystère planté au cœur de l’être humain. Nous n’avons guère avancé depuis les Grecs. La psychose est universelle. Quels que soient la société, la culture ou le sexe, le premier épisode psychotique se déclare entre 15 ans et 25 ans et touche autour de 1% de la population aux quatre coins de la planète. C’est là un point fondamental. L’île, le pays lointain, le régime politique ou alimentaire qui ne connaît pas de psychotique n’a pas été découvert à ce jour et ne le sera jamais. » Je suis tout le monde, je suis vous, je suis Dieu « , dit le psychotique. À ces mots, la médecine a répondu par la saignée au XIXe siècle, et par les médicaments au XXe. Chaque…

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grandeur de la folie henri grivois

Faut-il expliquer à un schizophrène qu’il est fou oui ou non?

   blogschizo

« Bon, évidemment, le titre n’est pas de moi. C’est une requête google qui a mené à mon blog. Et c’est toujours une bonne occasion pour moi d’essayer de répondre simplement à ce genre de questions.

Déjà, je vais commencer par l’évidence: la réponse est non. Parce que « salut mon pote, je te dis que tu es fou, tu dois me croire », à mon avis ça ne fonctionnera pas. Il y a peu de chance que le schizophrène en question réponde « ah oui, je suis fou, je prendrais bien une petite dose de neuroleptiques ce soir ».

Je l’ai déjà dit cent fois, mais ça ne fait jamais de tort de le répéter: les proches d’une personne schizophrène ne sont pas des soignants. Leur rôle, c’est d’être là, un ami, un parent, quelqu’un sur qui on peut compter, et peut-être même se confier. Pas d’être celui qui va guérir le délire par… »

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Le corps en santé mentale

« Je suis ce visage, ces mains qui tremblent, ce cœur qui s’emballe, cet âge qu’on me donne, bref, je suis mon corps.

Ce corps qui crie, qu’il faut tranquilliser, cette chimie défaillante, cette interface hypersensible avec le monde, cette silhouette qui me complexe, qui m’encombre quand je ne sais pas où me mettre.

Alors oui, la souffrance psychique est une souffrance physique.

Oui, le temps s’est arrêté dans ma tête et ce n’est pas une image. Si je suis revenu au monde, si j’ai retrouvé mes émotions, mon élan vital, c’est en reprenant contact avec mon corps et grâce à ces visages, ces sourires, ces présences qui ont été physiquement à mes côtés. »

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Light and Shadow par Kumi Yamashita

Pour ceux qui souhaitent aller un peu plus loin sur cette question du corps, voici un lien très intéressant : Avoir un corps? Continuer la lecture de « Le corps en santé mentale »

La folie d’une société

« Moi, je ne me considère pas comme un malade mental mais comme une victime de la société ».

20121018J’aimerais réagir à cette phrase entendue sur les ondes de radio « sans nom » qui pour l’occasion s’est muée en radio Liberté. Cette conviction sincère que c’est la société malade qui est à l’origine de son mal-être nous rappelle la difficulté de surmonter les troubles psy et à leur trouver un sens. Je pense que se poser en victime de la société c’est cristalliser en soi ce sentiment d’injustice d’avoir vu sa vie brisée par une force inexpliquée. Mais un être sensible qui se dit victime de la société ne serait-il pas un être profondément social qui aspire à vivre parmi les autres?

« La société et ses lois ne sont rien en dehors des individus; la société n’est pas simplement un « objet » « face » aux individus isolés; elle est ce que chaque individu désigne lorsqu’il dit « nous ».

C’est seulement à partir du moment où l’individu cesse de penser ainsi pour lui tout seul, où il cesse de considérer le monde comme quelqu’un qui « de l’intérieur » d’une maison regarderait la rue, « à l’extérieur », à partir du moment où, au lieu de cela – par une révolution copernicienne de sa pensée et de sa sensibilité -, il arrive aussi à se situer lui-même et sa propre maison dans le réseau des rues, et dans la structure mouvante du tissu humain, que s’estompe lentement en lui le sentiment d’être « intérieurement » quelque chose pour soi tandis que les autres ne seraient qu’un « paysage », un « environnement », une « société » qui lui feraient face, et qu’un gouffre séparerait de lui. »

Une pause café avec le professeur Sylvie Blairy

Une discussion avec Sylvie Blairy, chercheuse à l’Université de Liège, sur la dépression et les outils thérapeutiques pour y remédier sans recourir aux médicaments.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=CvyoLyV_K6s]

Fais un effort !

Merci à AliénorD pour cet article!

« Ma seule façon de me défendre fût longtemps d’embrasser les jugements que l’on me portait. Hé bien oui ! ma foi, je suis une fainéante, je profite joyeusement du système, de mes parents, de tout le monde, et j’en ri avec mes amis fainéants autour de l’alcool que l’on s’est acheté avec notre butin. (…)

Cela n’a pas duré, et ce pour trois raisons. D’abord, parce que je n’étais pas inactive. Il est difficile de se prétendre absolument fainéante lorsqu’on lit une petite dizaine de livres par mois, que l’on suit l’actualité, que l’on critique des films, que l’on participe à des manifestations, que l’on fait du bénévolat, etc. Je trahissais mon personnage. Problème.

Ensuite, parce que le discours autour de moi me revenait sans cesse à la figure, et j’avais du mal à l’ignorer. De ma famille au contrôleur de l’ONEM, on surveillait mes mouvements, on évaluait l’effort, on me faisait remarquer régulièrement que je percevais un argent indu (j’étaisbénéficiaire d’une allocation), bref, que j’étais un parasite.

Et enfin, parce qu’au fond, j’avais envie de faire quelque chose. Je ne pouvais donc pas être une fainéante. »

Source : Fais un effort !