Groupe d’Entraide Mutuelle, l’équation impossible?

Le texte qui va suivre a été élaboré en 2016 par des animateurs, stagiaires, intervenants travaillant dans quatre Groupes d’Entraide Mutuelle 
de Seine Saint Denis et du Val d’Oise (Montreuil, Aulnay-Sous-Bois, Saint-Denis et Arnouville). En janvier 2019, les animatrices et animateurs des GEM de Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Montreuil, Bobigny, Bondy, Persan et Arnouville se réunissant lors de rencontres mensuelles réactualisent ce texte à l’occasion de l’appel de la journée du 22 janvier 2019 et pour faire écho aux tentatives de constructions communes qui émanent partout en France au sein du mouvements des Gilets Jaunes.

Ce texte espère souligner les difficultés que partagent les travailleurs et travailleuses de ces différents GEM d’abord et peut-être, si d’autres personnes s’y reconnaissent, pour dégager des problèmes plus structuraux.

Les Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) sont issus de la loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées« . Il en existe aujourd’hui à peu près 500 en France (100 GEM de plus depuis 2016) et sont financés par les ARS (Agence Régionale de Santé) à hauteur maximale de 77000€ par an (2000€ d’augmentation depuis 2016). Les GEM ont la particularité de relever d’une approche globale de la santé portée par le service public. Statut hybride devant s’organiser en association Loi 1901, s’inspirant des clubs thérapeutiques mais détaché de la logique hospitalière, ils naissent parallèlement à la destruction progressive des secteurs de la psychiatrie (coupe budgétaire massive, diminution des nombres de lits, logique de l’urgence contre une logique de l’accueil, augmentation des pratiques de contentions…). La loi santé, dite loi Touraine, instaurant les Groupements Hospitaliers de Territoires (GHT) s’inscrit parfaitement dans ce processus.

De par la possibilité que les GEM offrent aux personnes qui les fréquentent d’être partie prenante d’une collectivité active et d’y être accueillies en trouvant une place et une fonction sociales qui leur conviennent, les Groupes d’Entraide Mutuelle sont des outils très précieux. Il nous faut cependant dans le même temps être conscient.e.s des logiques actuelles qui gouvernent les modalités de prise en charge (pour ne pas dire de « gestion ») des personnes qui ont à faire avec la psychiatrie. Les GEM ne peuvent remplacer l’importance du travail effectué dans de nombreuses unités intra-hospitalières, CMP, hôpitaux de jour, CATTP, … Les GEM ne peuvent pas remplacer non plus le travail des services médico-sociaux (SAVS, SAMSAH, ESAT…) et des services sociaux (CCAS, 115, ASE, …).

Lorsque ces lieux (qu’ils relèvent du sanitaire, du médico-social ou du social) ne sont pas ou plus en capacité d’accueillir, alors les situations difficiles auxquelles les adhérent.e.s des GEM font face ont un impact immédiat sur la vie et l’ambiance des GEM – et donc sur le travail de leurs animateurs et animatrices. Accueil, disponibilité, vigilance, amicalité doivent pouvoir réunir leurs conditions d’existence au sein de l’ensemble des dispositifs existants.

Deux divisé par deux égal un. A un on ne fait pas équipe.

Deux, c’est le nombre de salarié.e.s qui habituellement travaillent dans un GEM. Divisé par deux car en général, vu l’insuffisance de la subvention, l’un et l’autre travaillent à temps partiel. Mais peut-être faut-il entrer dans le détail pour comprendre l’équation impossible à laquelle les GEM sont confrontés.

Si l’on considère que le nombre de personnes accueillies par les GEM a considérablement augmenté ces dernières années (certains GEM comme Saint-Denis, Montreuil, Aulnay-sous-Bois peuvent accueillir entre vingt et trente personnes par jour.)

Si l’on considère que les besoins exprimés par les personnes accueillies dans les GEM ne cessent d’augmenter : besoins de soins, de relations, d’activités, de revenus, de logements.

Si l’on considère que ni les personnes qui fréquentent les GEM, ni les besoins qu’ils expriment n’ont de raison de diminuer compte tenu des réformes successives.

Si l’on considère le territoire d’implantation de certains GEM (territoires du 93 précaires et avec une population grandissante).

Si l’on considère que les nécessaires activités à développer pour que les GEM soient autre chose que des salles d’attente.

Si l’on considère la disponibilité, l’attention, la présence requises.

Si l’on considère la gestion du GEM, la comptabilité, les rapports d’activité, les recherches de subvention, à faire avec la participation des adhérent.e.s.

Si l’on considère le travail de secteur à savoir la mise en relation du GEM avec d’autres institutions : secteurs de psychiatrie, services médico-sociaux, services municipaux, vie associative environnante, maisons de quartier, cinéma, librairie, médiathèque,…

Si l’on considère la nécessité pour les adhérent.e.s qui le souhaitent et les animateurs/animatrices de se former à la dynamique de la vie associative et à l’accueil de personnes parfois très fragiles.

Si l’on considère l’obligation d’ouvrir les GEM un nombre d’heures minimum par semaine, ce qui oblige les salarié.e.s à se répartir les jours de la semaine et à ouvrir l’un sans l’autre – ce qui, selon les lieux, les moments et compte-tenu des situations parfois difficiles auxquelles ils sont susceptibles de faire face, est tout simplement irresponsable de la part de l’autorité de tutelle.

Si l’on considère que beaucoup d’animateurs/animatrices doivent trouver un second emploi compte tenu du caractère précaire de celui qu’ils ont déjà.

Si l’on considère que dans ces conditions, un travail d’équipe est impossible.

Si l’on considère que cette situation impossible ne peut que fabriquer chez les salarié.e.s une grande fatigue psychique – fatigue psychique incompatible avec le fait de « bien faire son travail ».

Si l’on considère que pour cette somme de travail, deux SMIC à mi-temps pour les animateurs/animatrices, et au mieux quelques AAH, RSA, revenus d’arrêts longue maladie ou de statut d’invalidité pour les adhérent.e.s, stagiaires et bénévoles qui font vivre le GEM – au nom d’une « pair-aidance » à bas prix – ne peuvent pas suffire.

Si l’on considère que le coût des loyers en continuelle augmentation qui engloutit une part importante de la subvention d’une majorité de GEM et limite généralement le nombre de salarié.e.s à deux à temps partiel.

Si l’on considère que les animateurs et animatrices, s’ils veulent développer le travail de secteur, le travail d’équipe, les activités d’atelier, la vie associative, l’autonomie des usagers, devront faire de nombreuses heures supplémentaires (forcément non-payées, au vu d’une subvention insuffisante).

Alors nous concluons qu’il s’agit là d’une situation impossible :

  • Situation impossible pour toutes les personnes qui circulent dans ces lieux et les font vivre.
  • Situation impossible pour que les travailleurs et travailleuses des GEM ne veulent plus accepter.
  • Situation impossible qui est faite à l’ensemble de la société.

Pour cela nous demandons :

Le doublement de la subvention de tous les GEM

La mise à disposition de locaux gratuits par l’Etat ou les collectivités territoriales pour les GEM

Le retrait de la loi Touraine.

Tout cela afin notamment d’augmenter le nombre de salariés, de revaloriser leur salaire, de rémunérer intervenants et stagiaires et d’acquérir un budget de fonctionnement décent à la hauteur du besoin réel de ces associations.

Afin de tisser un réseau d’entraide toujours plus dense et vivable dans nos quartiers, dans nos campagnes.

Afin de garantir un accueil digne, dans les GEM comme ailleurs (Hôpitaux, CMP, services sociaux, médico-sociaux, …)

Vous pouvez nous contacter à cette adresse mail dédiée:
gemprecaire@gmail.com

Portrait de Fitlhip

Comme Fitlhip, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Le bambou, parce qu’il pousse de façon étonnante, qu’il a une forme magique, qu’on peut le transformer.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Amoureux du geste et de la parole, je bricole très sérieusement, par plaisir de faire, de faire faire et de voir le résultat.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il y a les payants et les payés. Mais il y a un monde dans le monde : toutes les composantes s’y trouvent, s’y retrouvent, s’y rencontrent ou pas.

Avec juste ce qu’il faut de truc en plus, un peu plus sucré, un peu plus salé, un peu plus pimenté que dans le grand monde.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une possibilité d’être librement. Une possibilité aux neurotypiques de s’autoriser à se penser plus libres.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Pas de ministère. Un ministre administré. Les hommes n’ont pas à être administrés mais aimés. Simplement.

« Ma schizophrénie, mon sevrage »

Bonjour,

En 1981, suite à des manifestations qualifiées de « bizarres » par la science psychiatrique ( j’ai senti que l’on me touchait, alors que la personne à qui j’attribuais ce contact n’était pas présente), j’ai commencé à entendre des sons sourds, venus d’autour de moi, de l’invisible.

Ces hallucinations auditives se sont amplifiées, et sont venues s’ajouter des hallucinations visuelles, une paranoïa, un délire érotomaniaque.

Ce fut atroce de douleurs psychologiques.

Je précise que je ne prenais aucune substance, ou drogue.

En 1983 une personne de ma famille m’emmena au cabinet d’un neuropsychiatre, et à partir de cette visite, je pris des neuroleptiques, et fus suivie, par des spécialistes

Les neuroleptiques, puis antipsychotiques, n’ont jamais totalement supprimé les voix, les hallucinations. J’en ai pris beaucoup

Je ne savais pas que j’étais « malade mentale », ni schizophrène, je ne l’ai appris qu’en 2003, par déduction. Pourquoi ne m’a-t-on rien dit ?

Pourquoi me « traita »- t-on, d’emblée, chimiquement ?

A partir du moment où l’on m’a donné ces drogues, c’en fut terminé de mon cerveau, de mon intellectualité. La lumière s’est éteinte.

J’étais très fière de moi, car, disais-je, bien obéissante : « je prends bien mes médicaments »..

Oui, la psychose fut un ravage, et me tua, à 23 ans, avec ce déclenchement des voix. Mais auparavant, j’allais bien. J’étais un peu ermite,mais complexée physiquement car mesurant depuis très jeune 1, 80 m.

Ma personnalité, affirmée, fut mise à mal dès le plus jeune âge.

A mes yeux, ce sont des traumatismes d’enfant et d’adolescente, qui s’acharnèrent à me faire sombrer dans la folie, et non pas une origine cérébrale, qui aurait prédéterminé celle-ci. N’en déplaise au « Tout scientifique » qui ne jure que par les neurones. Je pourrais, en privé, vous disséquer comment et pourquoi je suis devenue psychotique, par des causes psychologiques

Donc, à partir de l’âge de 25 ans, en 1983, suite à la visite chez le neuropsychiatre, je sombrai dans l’oubli. Sous chimie. Finie, la vie. Fini, faire partir du normal. Normal qui mène, observe-t-on, à beaucoup de folie, de folies, pourtant.

Les guerres, les drames, sont commis par des gens « classés » normaux.

Le combat intérieur est en chaque être humain, et tant que la guerre sera de soi à soi, et non résolue intérieurement, aucune paix extérieure ne s’installera. Les guerres contre soi-même, sont l’origine de celles commises entre nations. Les personnes dites normales, qui se cherchent et qui cherchent, expriment et explosent leur guerre intérieure, en guerres.

Pourquoi donc jeter la pierre aux malades mentaux, tout autant dans une lutte, et une quête éperdues, mais ouvertes car leur psychisme est déchiqueté et leur inconscient étalé-là, devant leurs yeux exorbités, qui voient ce qui est caché aux normaux, et refoulé par ceux-ci, ce qui les sauve, eux, de la folie.

Comment comprendre, que les guerres soient qualifiées de norme, alors qu’un malade mental va, lui, être rejeté, et mis sous contrôle, en raison d’idées qualifiées d’excentriques. Quel est donc ce centre que tout le monde s’arrache ?

Je parviens désormais à réfléchir, et je le dois à mon sevrage médicamenteux qui a duré dix longues années. J’en suis à la dixième, et c’est vraiment encore très pénible.

J’ai observé, depuis le tout début de ce sevrage commencé en août 2009, une naissance de moi-même, car, sous camisole chimique, j’étais morte. Mais peu à peu, en diminuant les doses, je me découvrais être pensant, et réintégrais enfin, presque, mon statut d’humaine.

Je constatai, au fil des ans, au fur et à mesure de la suppression des molécules, que ces dernières avaient bloqué tout mon fonctionnement existentiel, tout. Avec le sevrage mon psychisme ouvrait enfin les vannes, et j’entendais sortir de ma tête, mais non en délire, des flots de mots, de paroles, caractéristiques de mes traumatismes, et de ma psyché. Enfin, enfin ! Tout ce que la camisole chimique avait camouflé par son action, était libéré.

Le travail de remises en question, que tout être fait ou a la possibilité de faire, n’avait pu être assumé, car freiné, empêché par ces antipsychotiques, donnés par ailleurs trop systématiquement, sans hésitations, sans recherche d’alternatives.

Un changement arrive, mais encore trop souvent, j’entends, que les personnes dans ma situation, doivent bien prendre leurs médicaments à vie car, est-il dit encore, à tort, nous sommes incurables. Ces affirmations sont discutables, et peuvent être prononcées par des personnes soignantes qui ne veulent pas revoir leur idées, car cela équivaudrait à contester tout ce qu’ils ont appris sur les bancs de la faculté, et considérer que leurs professeurs et leur savoir, ne …savaient pas si bien que cela. Ou pas assez.

Les antipsychotiques rendent chronique la psychose, qui disparaîtrait sans eux.

J’ai mis dix ans, à me sevrer, dix ans.

Déjà, pendant mes décennies sous antipsychotiques j’ai subi les conséquences de leurs effets secondaires.

Mais lorsqu’il s’est agi de subir les conséquences du sevrage, ce fut difficile, et cela continue, car des reliquats demeurent.

J’aimerais ajouter une chose, non des moindres,.. ; Vous n’aiderez pas les schizophrènes, ni ne trouverez les raisons de cette crise psychique, si vous ne vous situez pas dans une vision plus abstraite

La psychiatrie est trop cartésienne, et ne laisse aucune place à un intangible qui permettrait pourtant l’accès à un meilleur entendement de ce qui est, à mes yeux et aux yeux d’autres personnes non schizophrènes, non pas une maladie mentale, mais un chemin de vie, sorti d’un cadre posé comme la norme. Selon quels critères ?

Ces normes sont faussées par des jugements de valeur, qui ne tiennent pas compte de l’âme, de l’esprit, en tant que vecteurs d’un réel autre, mais tout aussi valable. Car un réel de schizophrène, coupé est-il dit, de celui des dits « normaux » est l’autre face de la médaille, donc fait partie de la médaille.

Mon psychisme éclata, effectivement. Mais les médicaments chimiques n’ont jamais, jamais recollé les morceaux du puzzle. C’est par mon sevrage de ces substances, que je réussis laborieusement à recoller les morceaux.

J’ai trouvé en la personne d’une médecin homéopathe, la compréhension, et l’aide au sevrage, puisque ce dernier, je le confirme, ne doit pas se faire du jour au lendemain et il faut être accompagné.

KERIDWEN

Portrait de Sandra

Comme Sandra, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les étoiles. L’espace. La santé mentale. Les communautés tribales. Le bord de mer. Les cristaux. La relativité. Les chats.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Comme quelque chose que je cherche. Parce qu’il est bien caché et inaccessible.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Lequel ? … Celui officiel et objectif des oppresseurs adeptes des cases et des carrés… Ou celui officieux et subjectif de ceux qui vivent l’enfermement et la drogue deale des premiers.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La création… Parfois. La fuite d’un monde en ruine souvent.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne deviens pas ministre pour faire plein de paperasse. Je lui demanderais que les soins soient essayés sur ceux qui les imposent.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Cinglerie Émancipatrice. C’est un Projet nourri par des rencontres qui prétend Réclamer et Trouver de l’Émancipation dans la Folie.

Portrait de Keridwen

Comme Keridwen, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.


La carte du « mat » ou « fou » du Tarot de Marseille

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Bonjour, témoigner de la maladie mentale, en particulier la schizophrénie, et pointer du doigt les égarements, gigantesques parfois, venant de la psychiatrie surtout, et de « la psy », souvent, à ce sujet.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier de schizophrène ? 🙂

Je suis née pour…! Une vraie vocation!

L’aimer est un bien grand mot, puisque l’exercer est un parcours épineux… mais je l’apprécie pour ce qu’il est : un vécu à des fins de témoignage.

La maladie mentale est un métier, je confirme : je suis utile à la société.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le classement en « normes » est déjà un leurre. Donc l’organisation de la santé mentale est faussée d’emblée.

Pour subir la folie, avoir été « traitée » par une médication agressive, anéantissant le potentiel humain, et rendant soumis, puis m’être sevrée (dix ans de sevrage médicamenteux) avec tous ses effets secondaires aussi, je pense qu’il y a vraiment du travail.

Pourquoi n’a-t-on toujours pas compris la schizophrénie?

Trop de matérialisme et refus de remettre en question des schémas qui ne feront que continuer d’égarer…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Son négatif…

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’en serais bien évidemment totalement incapable, au vu de mon cerveau dégradé par « les santés mentales »…

Je lui demanderais d’abstraire davantage, et de s’éloigner du « tout cérébral »…

L’intangible, c’est bien aussi… et une des clefs…

Portrait de Kara

Comme Kara, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime dessiner, lire, et jouer aux jeux vidéos je ne sais pas ce que j’aspire en revanche.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Chômage parce que rien nous oblige de faire quelque chose.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un monde qui aspire à l’imagination et à la compréhension d’autrui.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

C’est un trait de caractère à part entière, bien sûr il y a plusieurs types de folies mais ce qui est récurrent ce sont les sentiments. D’autres en ressentent beaucoup, certains aucun et pourtant la même personne peut tout comprendre.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas et je lui demanderais de ne pas brusquer les « fous » en leur disant que ce sont des fous mais de les aider à redevenir normaux mais la question est qui d’entre les fous et les gens lambda sont normaux ?

Portrait de Rhadamant

Comme Rhadamant, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La maladie m’a arraché les ailes, mes aspirations avec.

Je m’intéresse à la psychologie, le météorologie, l’astronomie, la philosophie, la politique, les échecs et la science en général.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Le véritable plus vieux métier du monde: glandeur.

Je ne l’aime pas, et ce n’est pas non plus très valorisé à une époque où la productivité et la rentabilité sont les valeurs étalons auxquelles les autres sont comparées.

Je suis bénévole dans deux associations et cela m’apporte beaucoup, plus que n’importe quel travail pour un salaire de misère que j’ai pu effectuer avant.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Totalement immature, en retard de plusieurs décennies par rapport aux autres sciences médicales. Et très peu est fait pour déstigmatiser les personnes concernées.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

L’originalité, voir l’excentricité.

Sinon une empathie pour les plus faibles et une meilleures compréhension des enjeux sociétaux autour de la distribution du pouvoir dans nos sociétés.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Politicien est le boulot le plus inutile dans une société. Donc je lui demanderais de trouver un vrai travail, utile à la collectivité ou qui répond au moins à un réel besoin.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://lichess.org

La scientologie déploie ses griffes sur les personnes psychiatrisées, réagissons ! #stopCCDH

Attention ! « La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH), association caritative à but non lucratif créée par des membres de l’Église de Scientologie en 1969 » recrute en France !

Voir le lien suivant: http://www.prevensectes.com/psy6.htm

Les sectes cherchant à déployer leur emprise s’en prennent généralement aux personnes vulnérables, alors pourquoi pas les personnes psychiatrisées ?

Sous couvert de la défense des citoyens contre les abus de la psychiatrie, l’église de la scientologie a créé l’association caritative CCDH qui, d’ailleurs, dissimule sur son site internet tout lien avec la scientologie.

Ignorant leur existence jusqu’à ce jour de mars 2019 où on les a vu manifester gaiement à Paris, on a cherché à en savoir un peu plus sur cette association qui prônait haut et fort « Halte aux abus de la psychiatrie ».

CCDH
Manifestation du vendredi 8 mars 2019 à Paris

La propagande de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH) a de quoi séduire :

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH), association caritative à but non lucratif créée par des membres de l’Église de Scientologie en 1969, est un organisme de vigilance dans le domaine de la santé mentale qui se consacre à l’éradication des abus psychiatriques et à la protection des patients. La CCDH a soutenu l’adoption de plus de 160 lois qui protègent les individus contre les pratiques abusives ou coercitives de la psychiatrie, exigeant le consentement éclairé pour les traitements psychiatriques, demandant la fin de la mise sous psychotropes et des électrochocs imposés aux enfants et aux personnes âgées, et requérant des sanctions sévères en cas d’abus sexuels commis par les psychiatres sur des patients.

https://www.scientologie.fr/how-we-help/citizens-commission-on-human-rights/#slide3

La consommation de psychotropes en France est parmi les plus élevées d’Europe, et le problème est aggravé par de graves conflits d’intérêt entre les organismes de réglementation des médicaments et les sociétés pharmaceutiques. C’est dans ce climat que la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme travaille activement à apporter des changements grâce à de larges campagnes d’information. Ces campagnes peuvent avoir contribué, entre autres, à l’adoption, plusieurs mois après, d’une loi pour assurer la transparence du processus de réglementation des médicaments, obligeant toute personne conseillant le ministère de la Santé à déclarer tout conflit d’intérêt.

https://www.scientologie.fr/how-we-help/citizens-commission-on-human-rights/education-initiative.html

Oui, nous sommes contre les pratiques abusives et coercitives en psychiatrie, contre la surmédication, comment ne pas adhérer à tout cela.

Mais doit-on se laisser abuser par une association qui voit le diable en chaque psychiatre et la cause de tous les maux du monde dans la psychiatrie.

Sans déconstruire leur discours, on remarque quand même de grosses ficelles pour tenter de nous manipuler : les abus sexuels, les électrochocs, les enfants et femmes enceintes sous neuroleptiques sont autant d’arguments capables d’éveiller notre rancœur envers la psychiatrie.

Mais peut-on continuer à les laisser parler en notre nom et à avoir pignon sur rue comme cette exposition intitulée « Psychiatrie : la vérité sur ses abus » organisée en plein cœur de Paris jusqu’au 14 mars 2019 ?

Que faire dans cette situation ? On peut alerter les citoyens sur la supercherie et mettre en garde contre un mouvement sectaire qui prétend dénoncer les abus mais ne fait qu’abuser de nos difficultés et notre crédulité. Non aux abus donc non à la scientologie, non aux sectes !

#stopCCDH

Un documentaire Canal+ pour comprendre comment procède cette secte (1H54Min)

Les amis et les années qui passent

“Dis-moi qui sont tes amis et je te dirais combien d’années tu vas vivre”, c’est une phrase que j’ai entendu dire par Dan Buettner, l’auteur de Blue Zones. Cet explorateur de National Geographic a parcouru le monde pour étudier et élaborer une sorte de taxinomie des populations ayant la plus grande longévité sur la planète. Il a vécu dans des communautés en Grèce, en Italie, au Japon, au Costa Rica et en Californie. Il a découvert plusieurs points en commun que vous trouverez dans son livre ou sur internet, mais celui de l’amitié, qu’il nomme “la bonne tribu”, me semble un sujet merveilleux à discuter. La qualité et la force de nos relations sera déterminante pour notre longévité, et bien évidemment pour comment on va en profiter! Je vous propose de réfléchir sur la valeur et la joie de l’amitié.

Buettner raconte que les habitants d’Okinawa, au Japon, ont créé des groupes d’amis appelés “moais”, composés de cinq personnes qui s’engagent mutuellement pour toute la vie. Il se réunissent chaque après-midi, à la même heure, pour discuter et rire ensemble. Ils se tiennent compagnie, se nourrissent et s’appuient jusqu’à la mort. Ne croyez-vous pas que la vie est bien plus heureuse, moins stressante, avec des amis inconditionnels sur lesquels on peut compter? C’est un privilège de savoir que quoiqu’il arrive, on aura quelqu’un avec qui partager ses joies et ses peines, qui appeler pour demander quelque chose qu’on ne sait pas ou être là en cas d’urgence.

L’idée de “la bonne tribu” apparait aussi dans un autre livre, The 100 Year-Life, de Gratton y Scott, avec un terme moins poétique mais tout aussi puissant. Ils nomment « les amitiés régénérantes », qui s’opposent aux amitiés toxiques, et qui remplissent chacun d’inspiration et de tranquillité. L’obésité, la cigarette et même le bonheur, disent-ils, sont contagieux. C’est pour cela qu’ils nous rappellent que, pour prendre soin de notre santé et vitalité, il faut prendre soin de ces relations qui nous rendent de meilleures personnes. Ils attirent l’attention sur cette période de la vie où les enfants et le travail font que beaucoup s’éloignent leurs amis les plus chers. Au fil des années, ces personnes se rendent compte qu’il n’ont plus leur tribu, qu’il n’ont plus de “réseau d’entraide”, qu’ils sont seuls.

Pourrait-on retrouver des idées simples sur comment cultiver l’amitié? Comment fait-on pour que, dès l’école, on comprenne que l’amitié n’est pas un droit, mais plutôt une bénédiction qui se construit? Comment nous expliquer qu’il n’y a pas de réunion de travail qui puisse empêcher une rencontrent entre bons amis? Comment faire comprendre que le meilleur cadeau, ce ne sont pas des chaussettes ou une bouteille de rhum, mais plutôt apporter une soupe chaude le jour où un ami tombe malade?

Dans un monde, où de plus en plus de personnes vivent seules, effet de la démographie, et dans lequel nous sommes déconnectés de ce qui compte réellement, effet de la technologie, le salut pour nombre de nos problèmes de santé mentale, suicides et détresse peut se trouver dans la bonne vieille et pure amitié. Que pensez-vous d’ouvrir sur cette phrase du Prophète de Gibran :

Et que dans la douceur de l’amitié, il y ait des rires et un partage des plaisirs. Car c’est dans la rosée des petites choses que le cœur trouve son matin et se rafraîchit.

Le prophète de Khalil Gibran.

Traduction de l’espagnol d’un édito de David Escobar Arango depuis http://www.elcolombiano.com/opinion/columnistas/los-amigos-y-los-anos-DL9793360

Portrait de Lionel Belarbi

Comme Lionel, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie (personnes, lieu, activité, chose) et à quoi tu aspires?

Je suis Lionel Belarbi ou Lio, Léo, bref, l’homme qu’il vous faut. De passage depuis le 8 février 1981 à 18 h 30 dans cette vie nauséabonde – à cause d’une histoire de pomme –, et pour un départ imminent vers ce que l’on appelle le paradis. Enfin pour le paradis, ce n’est pas certain, mais je me complais à rêvasser.

D’origine algérienne grâce à ma mère et russe par mon en- cu de père. La grossièreté que j’utilise envers mon géniteur est loin d’être gratuite, il m’a abandonné à la naissance. Je n’ai jamais fait de recherches : ne sachant pas ce qu’est un papa, cela ne me manque pas. Mon père était un homme très riche, et l’est peut-être encore.

Ma mère, une femme heureuse, ne manquait de rien : bijoux, argent, sorties dans les plus grands restaurants de Paris, et même de l’amour. Mais le pire est arrivé, moi… Alors que j’étais encore dans le ventre de ma mère, mon père lui a posé un ultimatum cruel : l’avortement. Le refus de ma mère lui a valu une séparation d’avec mon père qui ne voulait pas de moi. À ma naissance, il n’a même pas daigné me reconnaître.

Pour survivre, ma mère est descendue à Paris et s’est prostituée pour nous loger. Elle travaillait très dur, lors de nuits glaciales, avec le risque de se faire agresser, voire tuer. Bien que ma mère ait eu une excellente hygiène de vie – elle ne fumait pas ni ne buvait d’alcool –, cette torture quotidienne l’aura eue à l’usure. Elle est décédée à mes 14 hivers.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Auteur passionné des sujets qui fâchent, comme la psychiatrie et l’humour grinçant ou corrosif. Webmaster et SEO (Référencement sur les moteurs de recherches), puis informaticien (21 ans d’expérience).

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il y a de la progression en France. Mes vrais amis sont hospitalisés ou en souffrances.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La création !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Ministre ? Non, trop timide lol. Je lui demanderais de fermer sa grande bouche et de passer à l’action.

Une page que tu aimerais faire connaître?

https://blogschizo.wordpress.com/