Les quatre évangiles de l’antipsychiatrie britannique des années 1960:
- La Critique de la Raison dialectique de Jean Paul Sartre.
- L’Histoire de la folie de Michel Foucault.
- Asiles d’Erving Goffman.
- Le Mythe de la maladie mentale de Thomas Szasz.
Changer les regards sur la folie
L’histoire de la psychiatrie est indissociable de celle d’une antipsychiatrie.
Jacques Hochmann met ici au jour le constant balancement entre critiques et réactions, entre démarches « alternatives » et reprises en main qui a habité la psychiatrie depuis ses origines.
Analysant en particulier l’antipsychiatrie anglaise ainsi que la psychiatrie démocratique italienne des années 1970, il retrace aussi tous les mouvements qui, dès le XIXe siècle, se sont opposés à la médecine officielle, aux pratiques thérapeutiques attentatoires aux libertés, à l’asile d’aliénés rebaptisé hôpital psychiatrique, etc. Il propose enfin les bases scientifiques qui pourraient permettre de sortir de ce combat permanent.
Une relecture complète de l’histoire de la psychiatrie qui permet d’éclairer les débats actuels.
C’est quoi l’antipsychiatrie? Est-ce la volonté d’enrayer la psychiatrie ou un désir légitime d’inventer autre chose?

Le mouvement anti-institutionnel, qui naît de l’action de Franco Basaglia, de son équipe et d’autres groupes en Italie, constitue un processus de transformation sociale exemplaire : à partir d’un milieu spécifique, la psychiatrie, et d’un problème particulier, la santé mentale, il devient – en tant que « pratique qui propage une culture » – le propulseur d’une demande plus générale de changement qui s’est manifestée à différents niveaux de la société. Les luttes aboutissent, à la fin des années 70, à la loi 180 de réforme psychiatrique et à la progressive fermeture des hôpitaux psychiatriques en Italie.
Dans sa conférence du 18 juin 1979 à São Paulo intitulée « les techniques psychiatriques : instruments de libération ou d’oppression », Franco Basaglia racontait ainsi son expérience:
« Nous avons constaté que, dès l’instant où nous donnions des réponses à la pauvreté de l’interné, celui-ci changeait totalement de position, il devenait non plus un fou mais un homme avec lequel nous pouvions entrer en relation. Nous avons alors compris qu’un individu malade a comme première nécessité non seulement le traitement de sa maladie mais de nombreuses autres choses : il a besoin d’un rapport humain avec celui qui le soigne, il a besoin de réponses réelles regardant son être, il a besoin d’argent, d’une famille et de tout ce dont nous-mêmes, médecins qui le soignons avons besoin. Voilà ce que nous avons découvert : le malade n’est pas seulement un malade, mais un homme avec tous ses besoins. » Continuer la lecture de « Antipsychiatrie vs psychiatrie »