Portrait de Rhadamant

Comme Rhadamant, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La maladie m’a arraché les ailes, mes aspirations avec.

Je m’intéresse à la psychologie, le météorologie, l’astronomie, la philosophie, la politique, les échecs et la science en général.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Le véritable plus vieux métier du monde: glandeur.

Je ne l’aime pas, et ce n’est pas non plus très valorisé à une époque où la productivité et la rentabilité sont les valeurs étalons auxquelles les autres sont comparées.

Je suis bénévole dans deux associations et cela m’apporte beaucoup, plus que n’importe quel travail pour un salaire de misère que j’ai pu effectuer avant.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Totalement immature, en retard de plusieurs décennies par rapport aux autres sciences médicales. Et très peu est fait pour déstigmatiser les personnes concernées.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

L’originalité, voir l’excentricité.

Sinon une empathie pour les plus faibles et une meilleures compréhension des enjeux sociétaux autour de la distribution du pouvoir dans nos sociétés.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Politicien est le boulot le plus inutile dans une société. Donc je lui demanderais de trouver un vrai travail, utile à la collectivité ou qui répond au moins à un réel besoin.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://lichess.org

Portrait de Lionel Belarbi

Comme Lionel, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie (personnes, lieu, activité, chose) et à quoi tu aspires?

Je suis Lionel Belarbi ou Lio, Léo, bref, l’homme qu’il vous faut. De passage depuis le 8 février 1981 à 18 h 30 dans cette vie nauséabonde – à cause d’une histoire de pomme –, et pour un départ imminent vers ce que l’on appelle le paradis. Enfin pour le paradis, ce n’est pas certain, mais je me complais à rêvasser.

D’origine algérienne grâce à ma mère et russe par mon en- cu de père. La grossièreté que j’utilise envers mon géniteur est loin d’être gratuite, il m’a abandonné à la naissance. Je n’ai jamais fait de recherches : ne sachant pas ce qu’est un papa, cela ne me manque pas. Mon père était un homme très riche, et l’est peut-être encore.

Ma mère, une femme heureuse, ne manquait de rien : bijoux, argent, sorties dans les plus grands restaurants de Paris, et même de l’amour. Mais le pire est arrivé, moi… Alors que j’étais encore dans le ventre de ma mère, mon père lui a posé un ultimatum cruel : l’avortement. Le refus de ma mère lui a valu une séparation d’avec mon père qui ne voulait pas de moi. À ma naissance, il n’a même pas daigné me reconnaître.

Pour survivre, ma mère est descendue à Paris et s’est prostituée pour nous loger. Elle travaillait très dur, lors de nuits glaciales, avec le risque de se faire agresser, voire tuer. Bien que ma mère ait eu une excellente hygiène de vie – elle ne fumait pas ni ne buvait d’alcool –, cette torture quotidienne l’aura eue à l’usure. Elle est décédée à mes 14 hivers.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Auteur passionné des sujets qui fâchent, comme la psychiatrie et l’humour grinçant ou corrosif. Webmaster et SEO (Référencement sur les moteurs de recherches), puis informaticien (21 ans d’expérience).

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il y a de la progression en France. Mes vrais amis sont hospitalisés ou en souffrances.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La création !

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Ministre ? Non, trop timide lol. Je lui demanderais de fermer sa grande bouche et de passer à l’action.

Une page que tu aimerais faire connaître?

https://blogschizo.wordpress.com/

Portrait d’Erazade

Comme Erazade, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes ami-es sont mes inspirations, ainsi que l’art en général.
Je veux juste être heureuse.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Pour l’instant, je n’en ai pas. J’ai été libraire un temps, et j’adore ranger, trier les livres, ainsi que discuter des livres avec les client-es et trouver THE bouquin.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Très mal fait, autant pour les patient-es que pour les soignant-es.
Nous patient-es sommes mal traité-es, soit comme des enfants, soit comme des monstres.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Ça fait voir le monde différemment. Je sais que c’est cliché mais je pense que c’est vrai.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, trop d’obligations !
+ de moyens pour le monde de la santé mentale
+ d’informations pour tout le monde
+ d’écoute envers les malades

Portrait d’Az

Comme Az, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aspire a vivre un état de présence et d’équilibre intérieur le plus souvent possible, état de réceptivité et d’harmonie qui révèle la vraie beauté qui se trouve en chaque chose, en chaque lieu, en chaque expérience.

Etat d’ouverture que je place en exacte opposition a l’état de psychose que je vis souvent, ou je suis enfermé dans mon mental et dans ses représentations, ce qui attire mon attention sur ces phénomènes et me coupe du « réel ».

Je suis inspiré par la marche, la natation, le temps passé avec mes proches, amis, guide, ma chienne Xela, et beaucoup par la musique (écouté ou joué = basse, clarinette, chant).

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un métier compliqué, où chaque personne atteinte par un trouble mental est un univers en soi, et requiert beaucoup de temps, une grande flexibilité, et il faut parfois accepter que la personne « malade » ne pourra peut être pas coller à l’image que l’on a d’une personne « saine ».

La personne doit coller à sa représentation d’une vie « réussie ».

Ayant été hospitalisé plusieurs fois, j’ai trouvé a chaque fois des infirmier(e)s concernés et bienveillant, qui ont le rôle de tenir la baraque, et des Psy qui m’ont bien souvent semblé dépassés … ils n’étaient juste pas très impliqués, et ont rarement su jouer le rôle de miroir non déformant que j’attendais d’eux, posture qui je pense m’aurait aidé à prendre conscience plus rapidement de certains de mes fonctionnements défaillants. Par un engagement et un intérêt réel, ils auraient également pu m’être utile à détricoter des schémas de pensées limitants ou à la limite du délirant…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

En sortant « des cadres », on se rend compte que la vie est aussi en dehors des sentiers battus, et qu’il n’y a aucune « loi réelle », juste une posture où à un moment « les autres » signifient par leur comportements, paroles, ou silence, que l’on a franchi une limite, que l’on est en hors piste, et que si on se prend une avalanche sur la gueule, bah tant pis pour nous.

Pour ma part, ça m’a donné une bonne dose de flexibilité mental, et parfois beaucoup de recul, notamment sur les relations interpersonnelles.

En m’avançant « à contrecœur » à travers les lignes, dans ce qu’on nomme communément la folie, je me suis surtout rendu compte qu’il n’y a pas de limite … j’ai pu avoir des comportements très étranges pour les gens qui m’entourent, alors que pour moi tout avait un sens … seulement je commençais (pendant une rechute) à ne plus me rendre compte (ou alors a mal interpréter) que les gens ne savaient plus comment se positionner vis-à-vis de moi …

Donc pour conclure, on peut tirer de positif de la folie que ça permet d’ouvrir le champ des possibles, mais que au moment ou on « conscientise » que l’on est en train de glisser dedans, il me parait judicieux d’essayer de garder des points de repères, et ne pas se vautrer dedans, car ce « trou » n’ayant pas de fond, on peut se retrouver à faire des choses vraiment « bizarre, et/ou dangereuses pour soi ou autrui » …

Je pense également qu’il y a certaines limites qui une fois franchies, empêchent de revenir en arrière, ou en tout cas que c’est vraiment jouer à la roulette russe …

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Oui, je pense que ce serait un énorme plus pour un Ministre de la Santé Mentale d’avoir traversé une maladie mentale … Moi Ministre …

Je lui demanderais de s’impliquer de manière concrète et au maximum possible, en donnant des fonds pour des études non médicamenteuses pour tous les troubles schizophréniques, autistiques, dépressifs …

Je lui demanderais également de lancer des ateliers à l’école, ou l’on parlerait de psychisme, de développement personnel, ainsi que de la prévention sur les drogues, à grande échelle, avec des gens ayant beaucoup consommé, et qui n’aurait pas un discours vide, mais quelqu’un qui vienne parler de son expérience, en disant, oui c’est bien, et … mais …

Egalement parler des différentes formes de maladies mentales, comme ça tout un chacun aurait une meilleur image de ces troubles et saurait par exemple que lorsqu’on parle avec un schizophrène, ça passe souvent mieux si on évite de le fixer dans les yeux … ou alors poser des questions, en levant les tabous …

En fait, j’ai tellement de choses a demander a ce Ministre que je pense que je vais demander le poste, ça sera plus simple 🙂

Portrait de Nanne

Comme Nanne, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mon inspiration est ma fille. J’aspire à mon bonheur et au sien.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je ne travaille plus. Licenciée pour une deuxième hospitalisation qui, celle-ci, aura été trop longue.

Et je n’aimais plus mon métier. C’est un mal pour un bien.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il y a trop de croyances et pas assez de savoirs. Il n’y a pas assez de moyens dans le public alors qu’un quart de la population est touché, tous symptômes confondus.

La santé mentale en France est depuis trop longtemps taboue et stigmatisée. Voire autostigmatisée.

Les mentalités n’évoluent pas. Ne veulent pas évoluer ?

Le sensationnel qu’on leur offre dans les médias grand public est tellement violent. Comment peut il alors en être autrement dans la pensée publique ? Qui ira vérifier une statistique ?

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Mais quelle folie ? Qu’est-ce qu’être fou ? Suis-je folle moi qui suis bipolaire mais parfaitement consciente du trouble dont je suis atteinte et bien au fait de ce que je dois mettre en place aux premiers signaux d’alarme ?

On est plutôt en face de quelqu’un de sain, non ?

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je pense avoir les capacités de le devenir mais pas celles d’exercer la fonction. Et je n’en ai aucune envie !

Alors à ce fameux ministre, je lui demanderais de s’entourer de personnes malades, de leur demander leurs besoins réels, de les mesurer en coût, temps, etc… de limiter les délais d’attente pour les dossiers invalidité / handicap et j’en passe, de faciliter l’accès à l’emploi et pas seulement en ESAT, de nous donner la possibilité d’être protégés, voire favorisés, et autonomes. De vivre et plus de survivre.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Argos 2001 France

Portrait de M.D

Comme M.D, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

 

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Ma mère est sans doute la personne qui m’inspire le plus. Elle est humainement hors norme ; la plus pure à mes yeux. Elle a souffert et souffre toujours, mais c’est une armure.

J’ai trouvé refuge dans la philosophie, qui est la voie que j’ai choisi pour reprendre mes études. J’adore apprendre, j’ai toujours aimé cela, et la philo m’apporte encore plus de clés pour comprendre les autres, le monde, et moi-même.

J’aspire à réussir mes études, à les continuer le plus loin possible. A apprendre, encore et toujours.

Secrètement, j’aimerais changer les choses, ne serait-ce qu’à un niveau local, et la politique est un domaine qui m’intéresse beaucoup.

 

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

A l’heure actuelle, je n’ai pas de métier !

J’étudie seulement, et je n’ai pas d’idée fixe de métier. Beaucoup de domaines différents m’intéressent.

Pendant longtemps, j’ai souhaité travailler au contact d’animaux, ils me font un bien fou. Mais j’aime aussi le contact avec les personnes en difficultés, les accompagner dans leurs démarches, initier les plus âgés et les plus éloignés du numérique a l’informatique. Et pleins d’autres choses encore…

Je trouve ça difficile de devoir faire un choix, quand des centaines de métiers sont intéressants.

Ma seule certitude est de vouloir un métier dans lequel je pourrai évoluer vers d’autres métiers encore.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense que c’est compliqué, tant pour les patients eux-mêmes que pour les soignants, qui pour certains ont une réelle volonté d’aider, d’accompagner. Mais il y a beaucoup trop de choses qui ne vont pas dans les prises en charges telles qu’elles sont faites actuellement.

J’ai été régulièrement hospitalisé en psychiatrie de mes 11 ans à mes 18 ans. Ces hospitalisations avaient plus d’effets néfastes que bénéfiques.

Très jeune, on a commencé à me gaver de médicaments de toutes sortes. A 14 ans, sous anxiolytiques, je dormais 23h par jour.

Ce n’est pas normal de bousiller des jeunes comme ça. J’ai eu droit a des traitements de cheval jusqu’à mes 22 ans, et je n’allais pas bien, j’étais totalement instable.

Puis, j’ai rencontré un nouveau psychiatre et ma vie a changé du jour au lendemain.

Fini la tonne de médicament,s fini les menaces d’hospitalisation parce que je n’en pouvais plus d’avaler 15 pilules par jour.

Elle m’a écouté, entendue. deux médicaments différents par jour. Traitement que l’on a défini ensemble, en fonction de tout ce que j’avais déjà eu et des effets secondaires que j’avais pu avoir. Fini la menace, rien d’imposé, que des propositions d’hospitalisations dans les périodes les plus difficiles.

En l’espace d’un an, et grâce a elle, j’ai réussi à me stabiliser, et je le suis toujours.

Pourtant, elle n’a rien fait de plus que ce qu’un psychiatre devrait faire : elle m’a simplement écouté, m’a considéré comme un égal, comme une personne équilibrée et capable de prendre des décisions conscientes, installé une relation de confiance qu’elle n’a jamais brisé et ma permis de travailler sur moi-même.

Je souhaite à tout le monde de rencontrer un psychiatre comme cela, parce que pour moi ça a vraiment tout fait.

 

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Tellement de choses ! Et pour moi, il est nécessaire d’en tirer du positif, ce n’est qu’une façon parmi d’autres de reprendre le contrôle dessus, de ne plus la subir de façon totalement passive mais au contraire d’en faire une force.

Les qualités humaines surtout. L’empathie, accepter l’autre comme il est. Ne pas juger, ne pas s’arrêter à des a priori.

Un respect sans nuances ou limites. Un sens de la justice également.

Il y aurait tant de choses a ajouter.

 

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Pourquoi pas, même si c’est une grande responsabilité.

Le modèle italien est inspirant.

Il faudrait commencer par changer en profondeur la système psychiatrique en France. Stopper les hospitalisations a outrances, qui ne sont pas toujours utiles, bien au contraire, et qui ne devraient être faites qu’en cas de crises majeures, sans autres solutions immédiates. Et, lorsqu’elles ont lieux, ne pas laisser les patients tourner en rond toute la journée.

L’activité est importante, que ce soit physique, manuel, intellectuelle. Rester inactif ne permet pas d’aller mieux, et c’est aberrant que ça se passe comme cela en HP. Des structures à taille humaine seraient également plus bénéfiques.

Privilégier les accompagnements dans la vie quotidienne, remettre le patient au cœur de la prise en charge, l’amener a reprendre le contrôle de sa vie quand cela est possible.

Faire en sorte que la prescription de tous les médicaments utilisés en psychiatrie ne puisse être faite que par un psychiatre, et que cela soit également possible qu’avec un suivi psychologique à côté. Que ces médicaments soient prescrits de la façon la plus modérée possible.

Portrait d’Iman

Comme Iman, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

 

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je me suis rendu compte que ma source principale d’inspiration était la nature humaine.

Je dirais plutôt qu’elle me fascine parce qu’elle m’intéresse autant qu’elle me révolte.

Je crois que depuis que je suis petite j’observe beaucoup mes congénères et je ne cesse de chercher à comprendre tous les rouages, principalement psychologiques de cette espèce !

Les personnes qui m’ont inspirée avaient toutes une très grande fragilité et étaient toutes des artistes. Comme je ressentais absolument tout par les pores de ma peau, je me suis mise à danser pour tenter de donner sens à toutes les émotions qui me submergeaient.

Lorsque je n’en peux plus, je retourne dans le nid de la Nature pour écouter ce qu’elle a à me dire.

J’aime l’intimité, j’aime le partage et les rencontres, j’aime énormément rire, sans-doute parce que j’ai beaucoup trop pleuré.

Je passe beaucoup de temps à écrire, à danser et à aimer. Aujourd’hui, l’art et l’humour sont des compagnons très précieux.

 

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’ai plusieurs cordes à mon arc mais l’activité que j’ai finalement le plus développée est la danse, l’enseignement de la danse. Laquelle vous demandez-vous ?

J’ai enseigné les danses orientales pendant 16 ans ( le style égyptien particulièrement mais pas seulement ). C’était passionnant mais difficile à la fois car je ne me reconnaissais pas dans les clichés qu’elle véhiculait et qui ont la peau dure. Je me suis beaucoup questionnée.

Finalement, j’ai créé mon approche, je suis sortie du cadre imposé et je me suis libérée de beaucoup de choses.

La Danse Source puise à la source des danses et des musiques du monde entier pour permettre de trouver en soi la voie de la danse. A la source de soi et du monde, trouver le chemin ici et maintenant, de notre propre corps dansant.

J’ai mis en place il y a peu des ateliers de danse thérapie car je suis convaincue que la restauration de ce que j’appelle « la Pyramide du Soi  » passe par le corps : estime de soi, confiance en soi et affirmation de soi, sont toujours la cause de grands troubles ou dysfonctionnements psychiques.

Je m’intéresse aussi beaucoup aux corps handicapés et je souhaite permettre au plus grand nombre de goûter à la joie de danser et d’apprendre de tout ce merveilleux patrimoine que constituent les danses dites du monde.

Je pourrais en parler des heures mais je suis contrainte ici de synthétiser. J’écris des articles régulièrement pour pouvoir exprimer tout cela !

 

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un sujet qui me passionne et me préoccupe tous les jours car je souffre moi-même de bipolarité et de dépressions.

Bien que je sois stabilisée, c’est forcément un sujet essentiel pour moi, tant d’un point de vue personnel que professionnel.

Je suis passée par toutes les phases, tout le parcours médical et psychiatrique, les hospitalisations, les doutes, les rejets puis l’apprentissage.

Car oui, finalement je peux dire aujourd’hui que j’ai appris considérablement sur moi-même, sur la pathologie et sur les autres.

Pendant longtemps je me suis sentie des deux côtés du mur : j’étais à la fois la personne souffrante et la thérapeute en devenir.

Il m’a fallu des années de travail sur moi pour que ce conflit n’en soit plus un.

Le diagnostique une fois posé, après bien des années d’errance, a été le point de départ de ma résilience.

Rien ne s’est fait facilement mais j’ai tellement appris !

Je continue d’apprendre, de grandir et d’avancer et je me suis réconciliée avec celle qui souffrait. La créativité a joué là encore un grand rôle mais pas seulement, la thérapie comportementale et cognitive avec mon psychiatre m’a donné de véritables outils que j’utilise à présent en danse thérapie et bien entendu dans ma vie quotidienne.

Il y a tant d’améliorations à apporter dans le monde de la santé mentale.

Je lutte beaucoup contre la stigmatisation, les idées reçues et les fausses croyances. Je suis pour que diverses compétences se rencontrent afin de proposer des soins complémentaires aux patients.

Je ne veux pas être « anti » je veux travailler « avec « .

 

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie, c’est comme pour tout : si elle est acceptée, canalisée, prise en considération et prise en charge, elle peut être une grande source de créativité. La folie est partout.

Lors de ma toute première hospitalisation, j’avais 17 ans, j’ai dit à mes parents en quittant la clinique que « les fous étaient tous dehors  » ! Je quittais un univers clos dans lequel j’avais rencontré une telle diversité humaine et une telle richesse qu’il me semblait que tous les gens que je voyais dans la rue n’étaient pas normaux. La norme est forcément relative. Pour avoir côtoyé les deux mondes, je peux dire aujourd’hui qu’il n’y a pas plus de folie d’un côté du mur.

Le  » monde des fous  » m’a appris la tolérance inconditionnelle, l’acceptation de toutes les différences et le non jugement.

J’évite juste d’être souffrante lorsque je suis dans mon rôle d’enseignante ou de danse thérapeute car je sais que pour bien faire, il faut être en équilibre soi-même !

Alors la folie… oui j’ai dû être folle dans mes comportements, mes réactions, dans les diverses expressions de ma souffrance, mais je ne me suis jamais considérée comme folle.

La folie pour moi, c’est de laisser ce monde et cette planète se casser les jambes sans agir…

Je n’ai jamais été aussi créative que depuis que j’ai compris de quoi je souffrais.

 

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas devenir ministre de quoique ce soit car je ne le souhaite pas. La politique ne m’intéresse pas de cette manière.

La politique, je l’aime dans les actions que je mène à mon tout petit niveau et ça me va bien comme ça.

Si j’en avais l’occasion je lui dirais de donner beaucoup de moyens pour la santé et particulièrement pour la santé mentale, car je sais que ça n’ira pas mieux.

Il faut absolument s’occuper de toutes ces personnes qui ont subi des guerres et l’exil, de toutes ces personnes qui souffrent et qui sont isolées, de tous ces jeunes qui vont très mal.

Beaucoup de moyens, c’est essentiel !

 

Une page que tu aimerais faire connaître?

http://dansesource.jimdo.com

Portrait de Julien Hennebo

Comme Julien, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

C’est une bien large question, il y a tant de choses auxquelles j’aspire. Je pourrais résumer en disant la sérénité, le bonheur…

Je souhaite le bonheur dans mon couple, au travail, avec les ami(e)s et le bien être de mes deux enfants, une relation facilitée avec mon ex-femme.

J’aimerais faire évoluer le monde de la psychiatrie, je suis en contact avec les professionnels du secteur.

Je suis président d’une association d’usagers créée en 2017, je souhaite faire évoluer la perception des gens.

Il y a beaucoup d’espoir contrairement à la vision générale du public.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’ai été 10 ans moniteur de char à voile. Je suis un grand adepte des sports nautiques, kite surf et windsurf. J’adore la proximité avec la nature, les sensations fortes… Je suis encore moniteur les weekends et les vacances mais j’essaie de ralentir pour m’octroyer plus de temps pour moi et ma famille.

En mars 2017 j’ai obtenu mon diplôme d’AMP, aide médico psychologique grâce à un congé individuel de formation.

Je travaille depuis novembre 2017 dans un collège-lycée avec internat auprès d’adolescents ayant un handicap moteur.

Mon rôle est de les accompagner dans leur vie quotidienne et de veiller à leur bien être psychologique.

J’aime beaucoup ce travail, c’est riche en relation humaine. J’apprends énormément particulièrement quand il y a des tensions à gérer. Ici les jeunes sont bien traités et on peut leur apporter beaucoup. Et on travaille en équipe pluridisciplinaire.

J’ai maintenant un temps plein (38H30) semaine et je suis en congé pendant chaque vacance scolaire.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

A nouveau c’est large comme question.

D’abord c’est quoi le monde de la santé mentale?

C’est la psychiatrie? Les usagers? Les proches d’usagers? Les ex usagers?

Sans doute tout cela à la fois et plus peut être…

Les psychiatres sont bien trop fermés dans leur monde rationnel, ils refusent d’ accepter qu’il existe des choses qui dépassent l’entendement.

Les usagers sont englués dans leur troubles, manque de confiance en eux, n’arrivent pas à se détacher de leurs proches parents.

Les ex usagers eux ont vraiment du mal à se faire entendre. C’est à se demander s’il ne vaut mieux pas être toujours usager pour être écouté et crédible. Sinon on peut même être vu comme dangereux voire nocifs pour les « autres malades ».

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie fait partie de la vie. Je suis adepte des philosophies asiatiques. Pas d’obscurité sans lumière, pas d’amour sans haine, pas de douleurs sans plaisirs… Et donc pas de folie sans sagesse…

La folie peut être, je crois, un des chemins de la sagesse. Un chemin difficile, très difficile et complexe. On ne sera jamais plus comme avant et d’ailleurs ce n’est plus du tout Ce que l’on cherche une fois rétabli.

Il faut apprendre à gérer de nouvelles émotions très fortes, on est une éponge, il ne faut pas se laisser déborder. C’est un jeu d’équilibriste.

On se connait mieux, on connait mieux son corps, on connait mieux les autres. On apprend beaucoup, on a aussi pleins d’interrogations.

Traverser le monde de la folie pour se rétablir, c’est un chemin initiatique, accepter les choses, se faire tout petit, être très humble et patient et accéder au final à une grande richesse intérieure.

Après ce n’est pas une aventure idyllique, j’aurais pu perdre la vie plusieurs fois, provoquer la mort d’autres personnes, rendre malheureux beaucoup de monde.

Ce qu’on peut tirer de positif de la folie, c’est donc ce à quoi je m’évertue chaque jour et c’est devenu en quelque sorte l’un des principal but de ma vie.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non je ne pense pas. Je serais je crois bien trop éloigné du terrain.

J’aimerais beaucoup dans un premier temps travailler comme « pair aidant professionnel ».

J’aimerais que l’association OPALEGEM fonctionne réellement et que je puisse vraiment aider des personnes à évoluer, à se rétablir d’avantage de leurs troubles. J’aimerais encore qu’il existe dans mon secteur un conseil local en santé mentale.

Ce que je demanderais au ministre, je ne sais pas vraiment, ça dépend du contexte dans lequel je le rencontrerais.

En tous les cas, j’essayerais de lui transmettre mes ressentis, mes émotions, lui faire part de ce que moi j’ai vécu, de ce que je ressens, ce que l’on a dit à mes parents lors de ma première crise:

« Votre fils va prendre un traitement toute sa vie, il fera 20 kg de plus, il n’aura pas la vie que vous aviez espéré ».

Et pourtant… je suis là… et bien différent de leurs prédictions…

Une page que tu aimerais faire connaître?

http://revfrance.org/

Portrait de Fofolle73

Comme Fofolle73, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations sont mes enfants. Grâce à eux, j’avance, je grandis en même temps qu’eux.

Mon job est aussi une grande passion. Il me fait rencontrer des personnes de toutes origines, cultures, des penseurs ou cartésiens et m’adapter à chacun est pour moi un jeu. Finalement, on pourrait m’appeler caméléon.

Mon Homme, mon Amour, me fait aussi avancer, en m’acceptant, en acceptant notre vie, avec des up et des down.

Je rêve d’avoir une vie avec des hauts, avec des bas, mais dans la mesure du raisonnable, à ne plus me poser de questions et vivre sereinement.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier finalement c’est gérer. Gérer mes collaborateurs, mes clients ou fournisseurs mais aussi gérer mes succès et mes échecs.

C’est me transformer aussi, en maître d’école ou psychologue. C’est aussi motiver, montrer l’enthousiasme et l’exemple. Pas facile… difficile même, mais vivant.

Et travailler avec son frère, sa chaire, se lever tous les matins en disant je vais retrouver mon frère

Ça… Ça… c’est plus important que tout… mon frère, mon opposé, mon complément… on forme un tout ensemble.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Merci… merci à eux d’être là… surtout dans les situations de crise…

Je l’appelle le grand sage… Mon premier psychiatre clinicien… m’a sauvé la vie.

Merci à ma toute nouvelle neuro-psy qui me fait avancer.

Je regrette une chose c’est le manque de liens entre les différents spécialistes et les différentes périodes de vie ce qui fausse les diagnostiques ou les retardent… et ça c’est grave.

Il faudra trouver une solution pour qu’il y ait un monde de la santé mentale et non des mondes différents.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

J’ai lu une citation :

« Certains ne deviennent jamais fous… que leurs vies doivent être ennuyeuses »

Je la trouve pas mal.

Sinon, en opposition avec le terme.

La folie m’apprend à mieux me connaître.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Carrément oui. Votez pour moi.

Je ferai de la santé mentale un seul monde, avec les liens pour qu’on avance.

Portrait de Caroline

Comme Caroline, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les animaux, les danseuses et danseurs, une rivière dans les Pyrénées Atlantiques, rénover et bricoler avec toutes sortes de matériaux, observer nos humains à une terrasse en fumant ma clope avec un petit café, respirer calmement, sereinement avec le sourire aux lèvres.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Pas encore trouvé ma voie mais j’ai eu plusieurs métiers…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Trop enfermé.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Qu’elle soit douce ou pas ? Des éclairs de conscience qui vous font bouger les neurones et ouvrir les yeux sur notre petit bout de planète envahie par nous autres, nom d’un petit bonhomme.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, moi dans la politique ? Je lui demanderais s’il ne faut pas être fou pour vouloir assumer cette fonction.