Portrait d’Olivia Hagimont

Comme Olivia Hagimont, fais-toi tirer le portrait par Comme des Fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations sont: ma grand mère qui a fait face à l’adversité, à la guerre, la mort, qui est restée 4 jours avec le corps de son mari décédé dans les années 1960, et qui à 93 ans et aveugle, déplace ses meubles, prend le RER et met des coups de cannes à celui qui osera l’insulter.

Comme lieu, ma maison, c’est ma zone de sécurité. C’est là où je suis en sécurité, avec ma famille. Au bord de la mer dans l’ouest de la France aussi, l’impression d’être la première arrivée, que tout est sauvage.

J’aspire au bonheur, à aider les autres et être en paix, n’avoir aucun regret quand je m’éteindrais.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Passionnant. Je suis dessinatrice.

J’ai accès à beaucoup de plateforme pour faire passer des messages qui me semblent nécessaires.

La confiance en soi, l’agoraphobie, le diktat de la minceur, la famille, tous les sujets psys me passionnent.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Qu’il y a une énorme chape de plomb sur la santé mentale. C’est très mal vu.

Etant moi même allé à l’hôpital psychiatrique pour de l’agoraphobie sévère, j’ai vu les gens partir en courant. Certains sont restés, je les garde précieusement. Mais tout se sait très vite.

Pas très accessible non, il y a une liste d’attente énorme pour être prise en charge par les CMP (centre médico-psychologique). Glauque. Les CMP auraient bien besoin d’un coup de peinture rose. On en peut pas mettre des gens fragiles dans un endroit aussi moches et tristes.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Je suis très heureuse d’être tombée malade. Ça m’a permit de me mieux me connaître, de rencontrer des gens extraordinaires. De publier chez Odile Jacob, de travailler avec Christophe André.

Je suis plus forte face aux coups durs, et je sais rationaliser, rester calme. Et je sais ce que je veux.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’aimerais qu’il débloque autant, sinon plus, de fonds que pour la Défense.
Qu’il se rende compte que tout le monde, toutes les couches sociales peuvent être touchées.
De faire de la santé mentale la Grande Cause de 2017.
Je voudrais qu’on en parle plus, mais pas dans le pathos. Quelque chose de drôle. Parce qu’il faut.
Je voudrais la réfection des CMP et des hôpitaux psychiatriques, une augmentation des subventions et du personnel.

Le portrait d’un Directeur des soins

Comme Directeur des soins, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Découvrez le blog dsirmtcom.wordpress.com!

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Ce qui m’inspire depuis quelques temps, c’est de prendre la voie vers la philosophie et l’éthique. Mes lectures sont variées et je découvre peu à peu les différents auteurs et leurs courants philosophiques.

J’ai découvert aussi il y a quelques mois le plaisir de parler l’italien, à l’occasion d’un voyage dans ce magnifique pays et de mon apprentissage récent de cette belle langue.

J’aspire à terminer ma vie professionnelle. Ce sera le cas dans tout juste deux mois. Et j’aspire bien sûr aussi à vivre cette troisième partie de ma vie en profitant pleinement de chaque instant.
J’envisage, en plus des mes différents hobbies, de me tourner vers l’écriture, en lien avec la philosophie que j’étudie le plus assidûment possible.

J’ai déjà écrit quelques articles sur mon blog dsirmtcom.wordpress.com.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’exerce le métier de Directeur des Soins dans un centre hospitalier public. Je travaille dans la fonction publique hospitalière depuis 1977 où j’ai commencé comme agent des services hospitaliers. Je suis ensuite devenu infirmier, cadre de santé et enfin Directeur des Soins en 1999.

Le métier de Directeur des Soins a cette particularité d’être précédé d’un passage obligé par une fonction de soignant (infirmier, manip radio, kiné…). Nous forgeons donc d’abord nos valeurs professionnelles au contact direct des usagers des soins et de leur entourage. Cela favorise et encourage l’humanisme, l’altruisme et l’empathie, ainsi que l’humilité devant le combat mené par les personnes soignées contre leur maladie ou lors de la fin de vie.

Les différentes politiques de santé, tous gouvernements confondus, ont peu à peu démantelé le Service Public Hospitalier, créé en 1970 et dont il ne reste plus grand chose à présent.

L’hôpital public, comparé à celui que j’ai connu dans mes premières années professionnelles, est devenu essentiellement un monde économique et financier.

La tarification à l’activité (les hôpitaux reçoivent leur budget en fonction des actes réalisés et du respect de bornes de durée d’hospitalisation) a modifié le statut du patient/usager en le transformant en patient “rentable” ou non. Selon les actes, selon les pathologies associées, le patient “rapporte” plus ou moins à l’hôpital. Des services ont dû être fermés car il n’étaient pas assez “rentables”.

Le regroupement des hôpitaux, d’abord sous la forme de communautés hospitalières de territoire laissées à l’appréciation des établissements, puis des groupements hospitaliers de territoire (GHT créés en 2016) s’imposant cette fois à tous les établissements publics de santé, a induit et induira encore des mutualisations, toujours pour satisfaire l’appétit insatiable de recherche d’économies. Là encore, des services fermeront. L’accès aux soins sera toujours possible, mais au prix de distances parfois bien grandes.

Le métier de Directeur des Soins, qui avait vocation à son origine à coordonner les services de soins et à améliorer la qualité des soins au travers des projets de soin, est devenu de plus en plus difficile à exercer. De nos jours, il consiste essentiellement à la recherche des équilibres extrêmement instables entre sécurité des soins et économies financières. Réduire la dépense hospitalière a peu à peu rogné les valeurs professionnelles citées plus haut, par le poids immense de la contrainte de faire autant voire plus, avec la réduction progressive des moyens : baisses d’effectif, fermeture de services…

Aujourd’hui, à l’heure où je m’apprête à quitter l’hôpital public, mon souhait serait que les gouvernants comprennent un jour enfin qu’une politique de santé ne se fait pas sur un quinquennat. Elle doit voir très loin, sur plusieurs générations, et cette politique a besoin de bien plus de moyens que ceux octroyés aujourd’hui.

Cela aurait certes un coût important au début, mais les effets progressifs de la prévention, du meilleur remboursement de soins, comme pour la vue ou les dents par exemple, produiraient leurs fruits dans un moyen terme : meilleur niveau de santé global, donc moins de maladies et moins de coûts d’hospitalisation et/ou de soins, moins d’arrêts de travail, et surtout beaucoup plus de qualité de vie. Il a par ailleurs été démontré que le nombre d’infirmiers avaient une corrélation avec le taux de mortalité dans les hôpitaux.

Il faut donc cesser l’hémorragie des effectifs et réviser le goulet réducteur du numerus clausus de certaines professions de santé.

J’ai aimé ce/ces métiers car leur essence même était la relation humaine. Mon maître Saint-Exupéry le dira bien mieux que je ne saurai le faire :

“La grandeur d’un métier est peut être avant tout d’unir les hommes, mais il n’y a qu’un luxe véritable et c’est celui des relations humaines. »

J’ai vécu luxueusement, mais avec des richesses que nul ne peut acquérir par des biens matériels.

Je quitte ce métier fier de ce que j’ai accompli et honoré par toutes ces personnes que j’ai directement ou indirectement contribué à soigner et à accompagner.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

J’ai connu le monde de la santé mentale dans les années 1990 (même si j’y avais fait un stage dans les années 1980 lors de ma formation d’infirmier). J’étais cadre aux urgences et les premières équipes de psychiatrie venaient d’être intégrées dans le service.

Choc des cultures majeur : les temporalités d’un urgentiste et celle d’un psychiatre sont totalement opposées. Le temps pour l’urgentiste est celui de trouver un lit ou de faire sortir l’usager le plus vite possible pour accueillir le suivant : il n’a pas de temps à perdre. Le temps pour le psychiatre est celui de l’alliance thérapeutique, de l’étayage, des mots à dire et des silences à entendre : il a tout son temps, voire même, il doit prendre tout son temps.

Au début des années 2000, j’ai intégré un hôpital dont l’activité était majoritairement psychiatrique. Ici aussi, il fallait du temps. Les réunions notamment en étaient un parfait exemple. Une réunion d’une heure en soins généraux avait son ordre du jour et se structurait sur celui-ci. En psychiatrie, si la réunion durait une heure et avait bien un ordre du jour, il fallait immanquablement un temps de palabres, la “vraie” réunion ne durait que vingt minutes, après quarante minutes de discussions improbables.

Dans cet hôpital, héritier d’un asile datant de plusieurs siècles, on continuait de faire tout à la place des patients. Ceux-ci restaient des semaines, parfois des années. Certains étaient là quasiment depuis leur naissance, suivis d’abord en pédopsychiatrie puis passant en service adulte.

Les agents me disaient : “On tient les malades à bout de bras”. Je n’avais qu’une envie, leur dire : “Lâchez-les”, en me faisant ainsi l’humble successeur d’un Pinel délivrant les malades mentaux de leurs chaînes. Il se passera encore bien des années avant que les choses ne changent ici, sauf à ce qu’un tsunami économique oblige à réduire encore les services, à défaut d’instituer de véritables soins psychiatriques modernes.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Passons d’abord par l’étymologie du mot “Folie”. Ce mot vient du du latin follis, soufflet, ballon, le fou étant comparé à un ballon, à une vessie gonflée (Dictionnaire Littré). Ne dit-on pas un “vent de folie” ?

La folie n’est qu’un état comparé. Il n’est possible de parler de folie que par référence à un état dit “normal”. Hors cet état n’est que le reflet d’une culture de société. Il n’y a pas encore si longtemps, une personne homosexuelle était considérée comme malade mentale. Je me souviendrai toujours d’une émission télévisée intitulée “Les Dossiers de l’Ecran”, diffusée le 21 janvier 1975, où pour la première fois on parlait d’homosexualité en tentant de la sortir de ce carcan pathologique. Quarante-et-un ans plus tard, les miasmes sont encore là, lorsque la rue s’emplit de gens “normaux” voulant abroger le mariage homosexuel.

Nous sommes tous fous, ou en tout cas nous devrions l’être. Car être fou, c’est s’ouvrir à une autre pensée que celle pré-déterminée par la culture et l’éducation. Je ne renie pas ces deux fondements des sociétés, mais je veux affirmer qu’il faut toujours avoir l’esprit en questionnement.

Bien sûr, je ne nie pas la douleur que peuvent éprouver les personnes “folles”. Mais une grande partie de cette douleur tient à notre aveuglement de “normal”, à ne pas vouloir poser notre regard autrement. Citons encore une fois Saint-Exupéry :

“Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser, tu m’enrichis”.

Les personnes hospitalisées dans mon établissement psychiatrique m’ont donné leur richesse de cœur et d’âme. Beaucoup m’appelait par mon nom, et je considérais cela comme un honneur. De mon côté, je me faisais un devoir de les appeler par leur nom, pour qu’ils soient d’abord des personnes, des être humains, avant que d’être des malades mentaux.

J’ai eu d’ailleurs la chance extrême, dans le cadre d’actions culturelles dans les hôpitaux, de créer une chorale avec des patients de psychiatrie, des résidents de maison d’accueil spécialisée et d’établissement pour personnes âgées, et des agents dont moi-même. Il n’y a avait plus de Directeur des Soins, plus de “malades” ou de “vieillards”. Il n’y avait que des choristes. Nous avons fait deux représentations publiques dont je garderai à jamais le chaleureux souvenir.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’aurais été très honoré d’être appelé à être ministre de la Santé Mentale. Mais je crains que si cela avait été le cas, j’aurais dépensé tous les budgets possibles et imaginables.

La santé mentale a besoin de temps. Le rétablissement en santé mentale ne peut se faire comme pour l’ablation d’un organe défaillant, de la réduction d’une fracture ou de la pose d’une prothèse. Le temps en psychiatrie est un médicament irremplaçable.

La santé mentale a besoin d’être humains en relation et donc de personnel formé. Elle a besoin de n’être pas limitée au seul soin sanitaire, mais doit s’ouvrir et s’enrichir de tous les partenaires possibles : structures médico-sociales, associations dont celle pour les personnes ayant des troubles mentaux, groupes d’entraide mutuelle où les patients se retrouvent…

La santé mentale a aussi besoin d’un nouveau regard. Il s’agit ici d’ouvrir l’esprit, d’ouvrir “la cage aux oiseaux” de nos préjugés. Il faut déstigmatiser, démythifier, démystifier. Nous sommes un peu dans le même mécanisme que celui décrit par Elisabeth Kübler-Ross dans les étapes du deuil.

Le déni : celui qui a fait cacher les “fous” dans les asiles, ceux qu’on ne voulait pas voir.
La colère : celle qui a fait considérer les “fous” comme dangereux et qui a produit des lois pour les enfermer encore plus.
Le marchandage : celui qui fait qu’on ne voudrait pas que les “fous” sortent trop tôt, où qu’ils viennent trop nombreux s’installer dans la cité, “chez nous”.
La dépression : celle qui engendre la détresse de devoir être contraint de côtoyer le “fou”.

Et voilà la phrase que je souhaiterais, si j’étais ministre de la Santé Mentale, faire partager au plus grand nombre : l’acceptation. S’accepter l’un l’autre : toi, le “fou”, et moi, le “non-fou”. Henri Laborit, psychiatre inventeur du neuroleptique Largactil, disait :

“Nous ne sommes que les autres”.

Parce que les autres nous construisent, parce que les autres nous aiment ou ne nous aiment pas, parce que les autres nous enrichissent en nous faisant sortir un peu de notre “Moi”.

Alors donc, le “fou” et le “non-fou” ne sont qu’êtres complémentaires et surtout jamais opposés.
“Soi-même comme un autre”. Je terminerai en citant le philosophe Paul Ricoeur :

“L’éthique, c’est le désir d’une vie accomplie, avec et pour les autres ; dans des institutions justes.”

Si j’étais ministre de la Santé Mentale, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour rendre les institutions plus justes, en termes d’égalité et d’équité.

Accomplissons donc nos vies ensemble, avec et pour les autres, toi le “fou” et moi le ”non-fou”, parce qu’un jour ce sera peut-être moi qui deviendrai le “fou” ou qui le suis déjà sans le savoir.

Portrait d’Aure

Comme Aure, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître BLADE, association des enfants diabétiques. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je m’inspire personnellement des erreurs du passé pour évoluer vers d’ autre chose qui m’apporte plus de satisfaction. La mer m’inspire beaucoup elle peut être paisible et désinvolte comme moi. Elle me fait penser à ce que je suis. La mode, j’aime ce qu’elle dégage que se soit bon ou mauvais.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier est d’être mère. Le plus dur et beau du monde.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

La santé mentale du monde est divisée. Il y a des gens qui sont dans un confort illusoire et d’autres qui découvrent certaines réalités. Certains s’expriment et d’autres se taisent.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La créativité est la folie de l’esprit.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je lui demanderais de devenir bouddhiste.

Portrait de Patrick Le Cardinal

Comme Patrick Le Cardinal, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître le site du GEM les Ch’tits Bonheurs  à Faches-Thumesnil que j’ai vu naître il y a dix ans ! »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime beaucoup Nelson Mandela. Ce qu’il a réussi à faire en Afrique du Sud est un modèle pour tout type de lutte sociale. J’aime cette citation qui en dit long :

« J’ai appris que le courage n’était pas l’absence de peur mais la capacité à la vaincre »

A quoi j’aspire ? A vivre une vie intense en relation et en engagement, tout cela à ma mesure. Small is beautiful isn’t it ?

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

C’est une chance et aussi une grande responsabilité d’être médecin-psychiatre.

Ce métier me donne la chance de rencontrer des personnes vraiment formidables capable de beaucoup d’empathie et de créativité. Je pense que nous devrions être beaucoup plus humble dans notre façon d’aborder l’accompagnement des personnes qui nous demandent de l’aide. Il existe beaucoup d’autres ressources que la médecine pour aller mieux, notamment la famille et les amis qui jouent souvent un très grand rôle. Mais nous avons aussi un rôle à jouer et nous devons l’assumer pleinement avec professionnalisme et engagement.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Ce monde est en train de muter. Depuis les années 1980, les dogmes psychiatriques datant d’à peine deux siècles sont complètement remis en cause. Le terme de schizophrénie qui a tenu 100 ans est maintenant dépassé. Cela à été le cas dans tous les domaines de la science depuis Einstein qui a amené le tournant épistémologique des années 1930. Cela fait partie de ce que certains appellent le « ré-enchantement du monde » et c’est très bien. Chacun à une part à jouer dans ce processus qui mène à plus de vie, plus de tolérance et plus de justice.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie est un très beau mot qui vient du latin  »folium » la feuille. C’est la feuille emportée par le vent dans des mouvements incontrôlables qui a donné allégorie à la folie. La folie est cette énergie sauvage et créatrice qui est une partie essentielle de la nature de l’homme. Le tout est d’apprendre à la canaliser pour l’utiliser à bon escient et savoir s’en servir. C’était précisément ce que l’on retrouve dans les toutes les ethnies primitives chez les chamans par exemple. J’ai vécu personnellement pendant une année en forêt équatoriale en RDC (République Démocratique du Congo) où j’ai pu côtoyer des guérisseurs traditionnels et observer comment ils prenaient en charge les personnes qui souffraient de possession. C’est un art très codifié qui n’a rien à voir avec la sorcellerie contrairement à ce que l’on croit et qui donne de très bons résultats.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’avoue que je n’y ai jamais pensé. Je crois que les bons politiques sont ceux qui ne sont pas intéressés par le pouvoir mais qui prennent des responsabilités par devoir.

Si j’étais ministre de la santé mentale, j’arrêterais de demander des rapports et je mettrais en place une bonne partie des préconisations des rapports sortis ces 15 dernières années. En plus, je financerais des maisons de répit et de rétablissement sur tout le territoire.

Portrait de cmv

Comme cmv, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître l’association des Hypersensibles. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime la tranquillité, la douceur, la musique, le dessin, les bouquins qui parlent de nous, les fous!!! Je suis fan de mes enfants, inspiration de ma vie.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Hyperactif.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Intéressant, passionnant.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Les moments de folie pendant lesquels plus rien ne te fait peur, l’inspiration artistique, le besoin de lire pour en savoir plus.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Humanité, d’être humain et juste.

Portrait de la mich

Comme la mich, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

« J’aimerais faire connaître la page Mad Pride France sur Facebook. »

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La solidarité, la nature, les luttes sociales et animalistes, les pots, la famille, les animaux.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’étais commerciale dans un journal local, enquêtrice de sondage et ouvrier agricole. J’aime ne pas sentir de poids de la hiérarchie, être le plus libre possible, et en extérieur, le relationnel.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Maltraitance, incompétence des psychiatres, surmédication, enfermements, attachements, hôpital psychiatrique/prison, docteurs qui se foutent des effets secondaires des médicaments qu’ils prescrivent, de leur actions même, de la longueur du traitement, de son dosage, diagnostics longs à trouver, erreurs de diagnostic, etc…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Des émerveillements, une osmose avec tout ce qui nous entoure, une expérience forte et exceptionnelle, etc…

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je lui demanderais de fermer les hôpitaux psychiatriques où il y a trop d’enfermement, de maltraitance, de surmédication dangereuse (décès), d’attachement. De faire des lieux de vie (fermes, maison à la campagne), responsabiliser les gens/patients, d’être à l’écoute enfin des patients qui subissent leur folie et de ne plus les traiter en délinquants, de s’intéresser à d’autres pratiques: ethnopsychiatrie, ayurveda…homéo, phyto accupuncture, etc…

Autoportrait de Joan

Comme moi, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La première réponse qui me vient à l’esprit c’est le Che Guevara mais j’admire également certains personnages comme l’architecte Oscar Niemeyer, Antoni Gaudi, Renzo Piano, Rem Koolhaas, ma mère et d’autres créatifs dont de nombreux footballeurs ou encore Keny Arkana, une rappeuse de Marseille. Mon cœur est au Brésil et en Argentine mais j’aime beaucoup Paris, Marseille et aussi l’Italie. Mes amis et la philosophie sont très importants pour moi. Côté psychiatrie, j’apprécie Tosquelles, Basaglia mais aussi toutes ces personnes comme Alfredo Olivera qui se démènent dans l’ombre pour améliorer les choses.

J’aspire à devenir un ex-usager, à ne plus avoir affaire à la psychiatrie même s’il y aurait beaucoup à faire. J’aurais aimé devenir usager-chercheur ou plutôt ex-usager chercheur.
J’aspire à donner la parole à ceux qui veulent la prendre, à créer un média alternatif, une radio-folie ou alors organiser des cafés-folie au cœur de la cité.
J’aspire à être aimé, à faire sourire les gens et à pouvoir changer le cours du monde.
J’aspire à être un bon révolutionnaire!

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier consiste à bâtir, imaginer des espaces de vie, créer des atmosphères où on se sent bien et où on prend plaisir à se rencontrer. J’aime découvrir à chaque fois de nouveaux lieux de projets, les explorer et imaginer des solutions concrètes, c’est assez stimulant !

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale, la psychiatrie j’entends, n’est pas à la hauteur de la folie de l’homme, il rattrape les gens quand c’est trop tard, il est devenu un outil du politique pour sécuriser et contrôler les gens. Je pense que la réponse à la folie ne peut pas être uniquement médicamenteuse tout comme je pense qu’on ne peut pas limiter la recherche aux neurosciences.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie, pour moi, c’est l’inverse de la santé mentale. J’aime ce mot car il est banni en psychiatrie. Il a cette dimension sociale et universelle, c’est un mot qui parle à tous et qui peut servir de levier pour changer le monde de la santé mentale.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Moi, je lui demanderais de mettre les sous dans la prévention et d’agir en sorte à ce que les personnes diagnostiquées n’aient pas 15 à 20 ans de moins d’espérance de vie. Je place beaucoup d’espoir dans l’action des gens eux-mêmes pour faire bouger les choses et ne pas attendre que tout vienne du haut. Je pense aussi que la place d’usager est très délicate à assumer et que les associations dites d’usagers se livrent trop souvent à des querelles qui desservent la cause.

Portrait de Lana de Blog Schizo

Comme Lana, autrice de Blog Schizo, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître Psylence radio, une émission de radio réalisée par des usagers de la psychiatrie, tous les troisième lundi du mois à 17h sur Radio Panik.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Essentiellement la littérature, classique ou contemporaine. J’aspire à être une personne bien, même si ce n’est pas toujours facile, et à avoir de bonnes relations avec mon entourage.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis libraire, donc je suis à la fois dans l’intellectuel et le pratique, entre les conseils et la manutention. J’aime ce métier car j’aime les livres et les gens, et qu’il me permet de partager ma passion.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense qu’il y à le pire et le meilleur, et que nous devons travailler à ne garder que le meilleur. Je crois que l’hôpital en particulier doit aller vers plus de respect et de libertés. J’ai souffert de certains aspects de ce monde mais j’y ai aussi rencontré des personnes extraordinaires.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une autre vision de la vie, une meilleure connaissance de soi, apprendre à s’appuyer sur ses forces et connaître ses faiblesses.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, le monde de la politique est trop dur pour moi. Je lui demanderais plus de moyens pour la psychiatrie, qu’elle valorise les relations humaines plutôt que les applications pour smartphones par exemple (là je vise notre ministre de la santé en Belgique), qu’elle donne les moyens à des endroits alternatifs pour se développer, comme le Pianocktail ou l’Autre « lieu » à Bruxelles, qu’il y en ait dans chaque ville.

Portrait d’Il était une fois en psychiatrie

Comme l’auteur d’Il était une fois en psychiatrie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

J’aimerais faire connaître le blog passionnant d’une femme, patiente de psychiatrie, qui raconte et interroge avec force et émotion le quotidien de nos services. A lire absolument pour ceux qui veulent travailler ou travaillent déjà en psychiatrie… https://blogschizo.wordpress.com/

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La musique en premier lieu, le cri des violons, le vibrato d’une voix, jusqu’à la chair de poule. Puis les hommes, les femmes, le ressac des vagues, la pluie, la poésie, le ciel, le vent, le feu qui crépite, les yeux, l’âme, le silence, les regards, jusqu’à la chair de poule. C’est d’ailleurs ce à quoi j’aspire, avoir la chair de poule, toujours!

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Infirmier en psychiatrie, une main sur l’épaule, la chaleur d’une cigarette, une fenêtre ouverte, un chemin à deux ou à plusieurs… Un long chemin, difficile parfois, mais beau souvent…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Riche, intense, unique, et beau…

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Qui est fou? Qui ne l’est pas? Je ne sais pas et peu importe… Le positif, la beauté de la folie est dans l’intensité des rencontres qu’elle génère, dans sa force, et sa pureté. Sombre ou triste parfois, elle reste toujours unique et digne.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je reste à ma petite place, aux côtés de ceux que j’accompagne… À la ministre, je lui demanderais plus de moyens et de liberté.

Portrait de Blond Power

Comme Blond Power, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Venez à la rencontre de la Commission Psy, soins et accueil de Nuit Debout!

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes amis, les « patients », des rencontres au coin d’une rue ou lors d’une manif m’inspirent, me donne de la force, m’aident a penser.

La clinique de La Borde est un lieu qui m’aide tant dans ma pratique professionnelle que dans mes questionnements du fonctionnement du collectif.
Le sport a une place fondamentale : espace de refuge, de recentrage. Cela me permet d’évacuer les tensions, la colère.

J’aspire et j’expire 🙂

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier est une lutte permanente contre l’anéantissement. C’est douloureux, souvent, stimulant, parfois. Je l’aime pour son coté militant et la magie de certains moments.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

La santé mentale est un terme affreux. Cela signe bien ce que devient la psychiatrie et sa normativité. La psychiatrie est en mauvaise santé.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une créativité, une rencontre avec l’intime.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas devenir ministre car je ne crois pas au pouvoir détenu par un. Je lui demanderais de céder son poste et de créer un collectif par les personnes directement concernées par la question.