« Le Fumoir », Marius Jauffret

La rentrée littéraire d’Alexª (épisode 2)

« Chaque année en France 90 000 personnes sont hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement. C’est cette expérience de privation de liberté que raconte Marius Jauffret dans ce livre sensible et touchant ».

À mesure des pages, on est plongé dans une lente description narrative des premiers pas de Marius dans l’univers psychiatrique : microscopique et clinique, cette immersion en est pour autant très vivante.

Le temps s’étire à mesure des minutes, des heures, des journées qui n’en finissent pas.

Il est question ici de l’expérience contrainte de l’hôpital psychiatrique qui rend fou.

Les internés occupent le temps en fumant beaucoup, beaucoup, Marius essaye de contenir le temps infini en fumant beaucoup, beaucoup…

J’ai moi aussi beaucoup fumé dans les fumoirs emblématiques des institutions psychiatriques dans lesquelles j’ai été hospitalisée.

J’ai beaucoup fumé à la lecture de ce récit, comme si le réalisme de la plume de Marius me plongeait de nouveau dans l’enfermement asilaire.

Cette histoire, c’est un condensé de vies heurtées en toute une existence et en une poignée de semaines.

On y fait la connaissance de personnalités attachantes, parfois dangereuses mais en souffrance, toujours victimes du système de l’enfermement psychiatrique sans consentement.

Leurs vérités chevillées au corps et au cœur nous renseignent de leurs parcours de vie heurtés.

On y rencontre Norah, la jeune et tendre « princesse » orientale, le pyromane, la vieille femme anorexique qui décède devant Marius.

Il y a Damien, le jeune infirmier désabusé, il y a Madame Perpétuité, il y a Kiki le cracheur à l’expérience asilaire affutée et sa philosophie kikienne.

ll y a le « noir », proxénète respectable, il y a N’Goma le basketteur professionnel devenu unijambiste, il y a André ancien cadre dans l’agroalimentaire, il y a la méchante racaille-rappeur, il y a Virginie, Alexandra, Amélie et les autres…

Tous vivent la même expérience entre les murs de cet hôpital psychiatrique du 13ème arrondissement parisien dans cet espace clos, sans liberté sans d’autres activités que fumer, même la visite du psychiatre est rare.

Le temps de l’internement en HP est tellement long qu’il sort du cadran de la montre Rolex du médecin psychiatre, le docteur Faucon qui porte bien son patronyme.

Dans ce livre bouleversant Marius Jauffret nous embarque avec lui dans une dénonciation politique de l’internement systémique de ces personnalités singulières : ces individualités, c’est nous tous.

Cocktail explosif et indigne que l’asile distribue quotidiennement à ces patients : manque de personnel, aucun suivi, l’observation y est un concept fumeux, l’écoute est inexistante.

La prise en charge est « une pyramide de foutaises ».

Sans compter l’administration systématique, quotidienne à chacun des patients, peu importent leur pathologie, leur humeur, leur état, de la pilule neuroleptique star de l’internement : le Largactil, traitement de courte durée des états d’agitation et d’agressivité au cours des états psychotiques aigus et chroniques, schizophrénies, délires chroniques, délires paranoïaques, psychoses hallucinatoires chroniques, préparation à l’anesthésie, anesthésie potentialisée.

La vieille psychiatrie dans le nouveau monde !

L’ennui sous camisole chimique est légion, la réclusion ce sont les capacités mentales qui régressent.

Finit-on par s’accoutumer à la claustration, par faire de l’asile son toit dans une rhétorique de désespéré ?

Le patient est considéré comme un vulgaire criminel emprisonné qui ne peut pas plaider l’innocence.

Qu’est-ce qu’un minable fou ordinaire, c’est l’incarnation de Kiki.

L’asile a rendu ces gens encore plus fous que ce que le système pouvait imaginer : « ils ont créé un asile dans l’asile, une forme de libération dans l’enfermement ».

« L’emprisonnement asilaire, c’est de la torture et on ne peut pas humaniser la torture.

Attribuer une maladie à un innocent afin de le criminaliser pour avoir une raison de l’enfermer relève d’une perversion inégalable ».

Le salut est au futur dans la projection livrée au psychiatre d’une vie petite, d’une petite vie.

Marius Jauffret a eu cette chance de ne pas avoir été totalement broyé par cette hospitalisation sous le régime de l’HDT, laissant libre court à une révolte naissante et germante.

Ne pas oublier que le cerbère de l’asile est une tumeur coriace.

FUMER TUE, ÊTRE INTERNÉ TUE.

L’INTERNEMENT SYTÈMIQUE TUE, L’INTERNEMENT SYSTÈMIQUE REND FOU !

Marius aura été hospitalisé 27 780 minutes dans un HP parisien.

Alexandra Ecalard-Wager

LE FUMOIR

MARIUS JAUFFRET

Parution le 4 septembre 2020, aux éditions Anne Carrière.

Portrait d’Irys Seehanemie

Comme Irys Seehanemie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes aspirations sont de pouvoir témoigner par des écrits littéraires ou par des poèmes qui seraient plus sur des ressentis dans le parcours infernal de la psychiatrie.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je n’ai pas de métier juste des facilités sur la tournure des mots pour exprimer les maux et un amour exacerbé pour mes chats qui m’ont aidé à tenir bon pendant mon sevrage avec arrêt brutal des psychotropes prescrits sur 17 ans à fortes doses.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Une freud médicale.
Freud = fraude

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Elle rend aveugle sur la « normalité », pour permettre de voir plus loin là où nous sommes. Etre curieux pour comprendre ce qu’il se passe. Oser aller là où c’est défendu car inconnu et non conforme à ce qui définit la norme.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, mais j’aimerais lui demander de garder du bon sens face à ce domaine qui est encore trop tabou, sensibiliser pour accéder à l’information et l’écoute du cas par cas sans se fier au DSM, juste se fier au monde annexe qui peut contribuer à enrichir les perspectives et étoffer les points de vue encore trop étriqués par la peur de l’inconnu.

Portrait de Parole de démocrate

Comme Parole de démocrate, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Aider mon prochain. Rendre à mon humble niveau la vie plus vivable, plus solidaire, moins violente.

Apprendre à moins consommer et se passer du superflu.

J’aspire à une vie sans embrouilles, sans stress et surtout sans violence.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je travaille dans le domaine de la solidarité associée au handicap.

Je l’aime parce que les challenges sont nombreux, libre dans mes actions et parce qu’il y a toujours quelque chose à faire.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il y a beaucoup à faire. Avec la vie absurde que beaucoup mènent, on voit les cas fragiles psychologiquement se multiplier et en guise de thérapie, les médicaments ont monté leurs limites.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

De positif! Que ça nous incite à plus de modestie et à surtout réfléchir sur notre propre existence.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Le devenir, je ne le souhaite pas, mais je lui demanderais de mieux suivre les patients et ne pas simplement les shooter avec des médicaments.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://handimat.org

Résistance érubescente [Nébuleuse]

Je peins, vis, meurs et respire en Rouge et de pleins d’Autres Couleurs également.

C’est comme si je défiais le ciel à coup de poignard d’amour écarlate, rubis, ponceau et acajou. 

Pourtant, le Rouge du monde est banal.

Des fast food aux voitures, des révoltés conformistes au coca-cola, du père Noël aux roses de la saint Valentin, des supermarchés aux visages rouges de colères.

Mais le mien et le nôtre est un volcan qui éjacule des formes et vomit des comètes embrasées et incontrôlables dans leur ardeurs fulgurantes.  

Il détruit à jamais le vide et réussit à retourner dans le ventre de sa mère pour apprendre à renaître.

Il crie, hurle.

Il est fou et tellement lucide.

Il est tendre, beau, laid et martyr puis danse avec le bleu pour former le mystique des mystères et le cantique des cantiques .

Il est pudeur tendre, fragile et sauvage, dévouement divin, transgression chaste et passionnée de l’interdit qui devient liberté. 

Il est masturbation féminine et sang des Femmes et des artistes martyr du monde.

Il est la Vulve crucifiée aussi sacrée que le Christ.

Il est l’enracinement libérée dans la terre-mère, la force de tous les jours qui empêchent le combat courageux de se supprimer.

Il est la fureur déchaînée et salvatrice des Artistes Peintres, le yin et le yang déchaînés qui s’affrontent dans un seul corps. 

Il est la lave d’un volcan trop calme qui explose de vie et de mort.

Il est l’ennui mortuaire qui se transforme en réflexion tourmentée et extatique. 

Il est le coquelicot qui se brise si vite mais se reconstitue aussi tout pour donner une touche sanglante, vivante et passionnée au paysage Vert si beau mais un peu trop calme.

Allié de la Couleur Orange mirobolante, enflammés, totalement libre, immortelle et crépusculaire qui ose tout de même le combattre, ils forment ensemble la flamme de la liberté qui poussent dans un carnet ou quelques rimes de poésie hurlent et dansent en défiant merveilleusement le souffle de l’éternité.

Nébuleuse

https://www.tumbral.com/blog/nebuleuse-mirobolante

Entretien avec Gringe : « Ensemble, on aboie en silence »

Entretien exclusif de Comme des fous avec Gringe à l’occasion de la sortie du livre: Ensemble on aboie en silence, un récit à deux voix, à quatre mains, à deux paires d’yeux entre Gringe et Thibault, son frère cadet souffrant d’un trouble psychique.

« Un récit sans complaisance, une déclaration d’amour fraternel ».

Delphine de Vigan

Sensibilité, sincérité, authenticité s’empare du sujet.

Touché, coulé…

Fil rouge de l’amour fraternel d’une grande justesse.

C’est un authentique coup de tête narratif, une création littéraire saisissante sans complaisance, sans fard, sans artifice.

Tantôt frérot tragique, tantôt frérot magique : Thibault le beau !

Allez, venez les amis, on va aboyer en silence encore et encore en lisant ce texte incandescent.

Gringe se révèle une plume ravageuse, comme son histoire avec Thibault.

Thibault est un enfant de la Lune, Guillaume (Gringe) est un enfant de la Lune, des garçons de la Lune.

Et non les gars, vous n’êtes pas des enfants oubliés…

Ça claque grave, comme une fulmination.

La meute silencieuse des invisibles a rendez-vous avec la Lune.

Ceux qui savent, savent et les autres sauront désormais.

Gringe est un sniper qui nous tire les portraits d’un frère fou, d’un frère raté : deux frères adorés que vous n’avez pas fini d’aimer.

Alexandra Ecalard-Wager

ENSEMBLE ON ABOIE EN SILENCE

GRINGE

Parution le 9 septembre 2020, aux éditions Harper Collins Traversée.

Portrait de Zincka

Comme Zincka, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’adore les livres. J’ai essayé de faire des études de bibliothécaire mais ça n’a pas été possible à cause de mes troubles. Maintenant j’aimerais construire des boîtes à livres et les disséminer partout. 🙂

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je ne travaille pas.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Dans ce « monde », on rencontre des personnes extraordinaires, on vit des choses très dures (hospitalisations forcées, médication qui te rend débile, et toutes les conséquences de ton trouble) mais il y a une vraie solidarité entre « malades ».

En dehors de ce monde, il m’est très difficile de parler de mes troubles, les « gens normaux » ne comprennent pas.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie est très créative, beaucoup de « fous » sont artistes, ça donne aussi une force incroyable. On se connait bien mieux que la plupart des gens.

Et on ressent les choses avec plus de force, on peut être très malheureux mais aussi connaitre la joie, l’extase, c’est comme si on vivait la vie avec mille fois plus de couleurs que les autres

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas car j’ai une phobie sociale.

Je lui demanderais de faire des campagnes de sensibilisation pour diminuer les discriminations, qu’il y ait des cours sur la santé mentale à l’école, pour que notre « monde » soit mieux connu et moins diabolisé.

Et je lui demanderais de protéger tous nos acquis sociaux tels que l’AAH, la RQTH, Cap Emploi, etc.

Portrait de Housewhite

Comme Housewhite, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les autres, les autres et toujours les autres. Sous toutes leurs formes.

Dans les livres, dans les films que je compulse, dans les histoires qu’on raconte, et bien-sur dans le monde réel. Les autres mais pas tous.

Les autres qui m’inspirent, puis me fascinent si je les regarde trop longtemps sont ceux qui vivent à mes yeux en totale harmonie la relation entre leurs désirs et leurs actes. Ceux qui s’épanouissent dans n’importe quel domaine mais surtout ceux dans lesquels j’aimerais m’épanouir comme eux.

Alors souvent je souffre de les voir vivre ainsi, de faire des inventaires de leur vie, de réaliser que jamais je ne pourrais être eux.

Je souffre mais j’ai appris à ne pas leur en vouloir et à ne pas les détester passionnément.

Aujourd’hui ils m’inspirent et je fais de mon mieux pour intégrer ce que je voudrais pour moi, en moi, dans ma matrice en perpétuel et parfois catastrophique changement.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

C’est un métier grâce auquel les leçons que j’ai pu tirer des pires moments et périodes de mon existence servent, si tout se passe bien, à aider d’autres personnes à voir comment comprendre leurs expériences de vie bonnes ou mauvaises.

C’est un métier que je n’aurais jamais pu faire sans assumer ma vie, sans en faire le bilan, sans me soigner et me faire soigner.

C’est un métier de partage et de transmission, non pas d’une connaissance académique mais d’une possibilité de changer de perspectives sur l’existence.

Je ne sais pas si j’ai le droit de mettre le nom de ma petite entreprise mais tous les noms qu’on a pu donner à mes ateliers ne me conviennent pas. Je dirais : réflexion / méditation / parole / partage.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Que pour ce qui est de mon pays dans ce monde, je lui dois ma vie, ma clairvoyance, l’acceptation de ma normalité et un endroit où l’on m’a souhaité la bienvenue alors que je me croyais exclu du monde de tous les autres mondes.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Des individus dont les dysfonctionnements graves sur des choses ordinaires entraînent chez eux une aptitude extraordinaire à transfigurer le réel. Avec parfois, des miracles que seule la folie permet, qui marquent le monde et ce depuis la nuit des temps et pour toujours.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non jamais. C’est une fonction qui pourrait causer tant de souffrance. Ce serait comme être ministre des pratiques sexuelles !

Si malheureusement il existe un jour, je lui demanderais de concentrer ses plus sincères efforts sur la sensibilisation sur le sujet de la santé mentale et la normalisation du dialogue sur la santé mentale à l’échelle nationale. De briser le déni de presque tout un peuple pour ne plus briser les malades conscients de leur problèmes de santé mentale.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Learning Peace Morocco.

Portrait de Solaris

Comme Solaris, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations dans la vie sont d’être heureuse, de me sentir légère et bien dans ma peau mais surtout mentalement. Ce serait aussi de reprendre une vie active en travaillant, chose qui me manque énormément. Je pourrai ainsi enfin aider des personnes vivant avec une maladie psychique. Ceci est mon but dans la vie.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Actuellement je ne travaille pas. Avant d’être en invalidité, j’étais responsable d’un grand magasin. J’aimais être au contact de la clientèle et les conseiller du mieux que je le pouvais. J’ai énormément de bienveillance et d’empathie. J’arrivais à cerner les clientes en parlant très peu avec elles ce qui me permettait de leur proposer des articles qui allaient leur plaire et qui étaient faits pour elles. Ainsi j’arrivais à les fidéliser car je ne vendais pas pour vendre.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense que le monde de la santé mentale est un vaste champ infini et est très dur pour les patients.

Durant ces 7 ans de dépression sévère et résistante, j’ai été hospitalisée énormément de fois. J’y ai rencontré beaucoup de patients atteints de différentes maladies mentales comme les bipolaires ou les schizophrènes.

Je parlais énormément avec eux car je voulais comprendre leur maladie, comme les symptômes qu’ils ressentaient, comment ils vivaient avec leur maladie et avec leur traitement, quels étaient les effets secondaires.

J’arrivais à comprendre leur souffrance, leur maladie, je m’intéressais à leur histoire etc. J’arrivais à les conseiller et les aider dans la crise qu’ils traversaient. J’étais un peu la psychologue de l’hôpital et j’adorais ça.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Je pense que ce qu’il y a de positif dans la folie, ce serait la force et le courage que les patients possèdent pour affronter leur pathologie même si la plupart du temps ils ne s’en rendent pas compte. Je pense aussi que ce qu’il y a de positif dans la folie ce serait la chance et la force qu’ont ces personnes pour faire un pas de plus dans leur vie.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Si je pouvais demander quelque chose au ministre de la santé mentale, cse serait en priorité de donner plus de moyens et de matériel au personnel soignant.

J’ai été choquée de voir par mes propres yeux, lorsque j’étais hospitalisée, de voir à quel point le personnel travaillait dans une grande précarité. Je demanderai également plus de personnel pour aider les patients. Comme des psychologues, des kinésithérapeutes etc et surtout plus de moyens pour proposer aux patients quelques activités afin de les occuper, les divertir, se défouler pour qu’ils puissent penser à autre chose qu’à leur maladie.

« Révolte » de Nébuleuse Mirobolante

Regardez votre corps de l’intérieur. 

Priez-le, exterminer le diable de la société teigneuse et les regards allumeurs des néons blafards. 

Regardez votre corps de l’intérieur…

Je suis une femme qu’on traite sans vergogne de folle et comme dirait ma chère Brigitte Fontaine  » je suis inadaptée » .

Mes tétons ne sont pas cachés sous un tissu inepte nommé soutien-gorge.

Mon corps est une histoire pleine de déboires et de gloires.

Je peux enfin l’affirmer aujourd’hui. 

Je suis une sorcière, une voyoue, une dingue, une excentrique sortie des enfers et pourtant croyante dont le cœur est doté d’une innocente rage.

Je suis une sorcière qui aimerait être salope mais pour être salope il faut exploser la gueule du viol qui a souillé votre peau de femme considérée comme petite chienne assaillie.

Dans cette guerre génocidaire contre nous, celle que l’on tait quotidiennement et transforme en banalité anodine voire romantique, nous ne sommes pas des petites capricieuses, bien au contraire.

Nous souffrons du mal que la société nous fait, tout en cherchant à sortir de l’air de l’apitoiement stérile d’un chevalier faussement puissant, courtois et surtout ridicule sur nos êtres et conditions.

Nous exigeons le droit à la dignité de nos peaux, corps, esprits et identités. 

Pour exploser la gueule de ce mal-être, il faut exorciser le regard des hommes.

Il faut faire jaillir la poilue des jambes et des bras, la putain, la prude, le garçon, la punk, la marginale ou juste la femme affranchie sans tomber dans le cliché d’une accro à la drogue, détruite par les médicaments et le Sex&Rock&Roll.

Votre injonction totale et sans demi-mesure d’indépendance pour bourgeoise dictant un faux féminisme ne marchera point pour une femme handicapée en fauteuil roulant, subissant des remarques acides et putrides sur son poids et sa condition, ni pour une bipolaire tout de même guerrière subissant des accès maniaques et dépressifs. 

La connasse libre, Femme et mirobolante peut dépendre financièrement de sa famille, d’un homme ou d’une femme.

Il faut juste oser cracher dans les idées, si ces imbéciles l’insultent, la rejettent et la démolissent pour quelques poils sous les bras ou une orientation non hétérosexuelle. 

Elle peut-être croyante et uriner des bateaux sur le dos des évêques poltrons, puritains et fachistes car Dieu est une pute divine et immaculée qui a vendu une partie de son être pour créer la Terre et la Femme.

Il n’y a pas de règlements féministes.

Le seul règlement principal est cette recherche de liberté totale d’âme qui est un chemin semé d’embûches quasi impossible mais réalisable avec beaucoup de rudesse et de cœur façonné par soi-même.

Il faut tenter de s’aimer enfin soi-même, d’aimer nos folies et nos nudités. 

La naissance est dans la chatte et sans nous, qu’on appelle hystériques ou putes, ces même gueux ne seraient pas nés et seraient encore entrain de jouer au domino dans les fesses du néant.

Et d’ailleurs ?

Pourquoi les faire naître, ces hommes?

Si c’est pour qu’un jour petit monsieur me demande de m’habiller décemment devant ses copains aux voix d’autruches mutantes et demeurées alors que je me serais tapé des mois et des mois de souffrance pour enfanter cet ingrat sexiste et influençable ?

Je veux chanter et danser seins nus dans les fontaines un jour sans qu’un père de famille moraliste et lui-même bien plus hystérique que nous, ne vienne se trimbaler avec sa pudeur étriquée.

Je veux me sentir un jour sainte presque pudibonde et un jour salope libérée avec une panoplie de nuances et de dérives cosmiques dont le garçon qui est mon âme.

Mon corps est à moi et pas au dernier clampin qui fait tournoyer sa nouille en espérant cuisiner un wok. 

Je l’explore et le fait mouiller.

Je regarde le sang s’écouler hors de ma chatte galactique sans honte et sans-gêne. 

Un jour lorsque je serai bien mieux dans ma peau et certaine, j’irais même jusqu’à faire du burlesque avec la culotte ensanglantée, sans cache-téton, juste mon corps libre dans le vent de l’affranchissement.

Je veux m’exciter moi-même, devant mon gras pendant et sexy.

Et si un régime miracle s’offrirait à moi un jour dans une publicité, je mangerais la télévision dans de la sauce tomate et une pizza aux débris de d’abrutis.

Vous voyez comme un con de femme peut la rendre intelligente et comme un concombre d’homme peut le rendre néant et béant ?

J’aime manger et parler la bouche pleine, être une bête primitive désorganisée, une clown féminiazi dont le seul crime est de s’habiller de teintes bariolées et de vouloir rétrécir les phallus qui envahissent, tels des mutants de sciences fictions, les cerveaux des hommes .

Nous sommes beaucoup à être des salopes détraquées, un peu/beaucoup  basanées, trop prudes et/ou trop spéciales. 

Les hôpitaux psychiatriques débordent de fous et de folles que sont ces psychiatres sur-médicamentant via les lobbys pharmaceutiques en diabolisant de façon arbitraire le cannabis ou même les plantes médicinales légales qui pourraient peut-être pour certaines pallier au Xanax voire même au Valium .

Renseignez-vous bien et vous verrez que la loi abolissant le métier d’herboriste en tant que profession officiellement reconnue fut instaurée sous le régime de Vichy.

Notre France serait-elle si progressiste, humaniste et ouverte d’esprit?

Non, je ne le croirai jamais.

On les shoote, les taillade à la seringue, à la piqûre forcée.

Ceux et celles qu’on nomme folles et les fous ne peuvent plus s’asseoir et si l’on se plaint, la violence institutionnelle devient effervescente.

Les blagues sur la chambre d’isolement et les camisoles chimiques ou contentions fleurissent sur le net et dans les discussion entre amitiés.

Nous sommes des bêtes marquées au bétail pendant que la fausse pseudo  bien-pensance des normopathes blaireaux se rit de nous sans risque.

Abolissons alors les insultes discriminantes à notre égard et réapproprions-nous ces langages. 

Tentons de transformer ces lois grotesques en espérant obtenir dans ce chaos consumériste, dominant, discriminant et répressif, une petite ou grande lumière colorée d’espoir.

Osons danser dans la rue, nous, Femmes, bonne sœurs lesbiennes, putes, drag-queen obèses, clochards transgenres, bipolaires excentriques, chanteuses d’opéra noire et de cité, néo-hippies, prêtres travestis, clowns dépressives .

Osons-nous affranchir de carcan patriarcal, normatif et oppressif.

Osons être dissidentes, puantes, étranges, estropiées. 

Osons le « nous-même ».

Connectons-nous aux esprits des plantes, des couleurs et des vulves.

Je suis Rouge sang.

Je ne suis ni communiste, ni anarchiste, psychopathe ou marchande de fraise.

Je suis Rouge Femme.

J’ai arrêté beaucoup d’étiquettes pour mettre un soleil dans mon âme.

Si il faut forcément boire de la bière et faire des pogos avec des tatouages destroy tout en étant athée pour être punk, j’emmerde les punk et si mes histoires sont trop galactiques et bizarres pour les néo-hippies, j’emmerde les hippies bobos.

J’avoue que j’aime l’étiquette du féminsime car elle pue merveilleusement et que je suis une féministe bizarre, regardée comme une ovni par certaines.

Pas besoin de manifester pour être forcément légitime.

Tout le monde n’est pas valide.

Je le répète.

Ces personnes ne sont pas valides mais intelligentes et leur réflexions comptent avec ce désir toujours aussi ardent de dépasser cette infantilisation de nos corps et de nos êtres.

Les Couleurs Orange et Rouge furent pour moi le fruit d’une profonde et grande libération personnelle qui est le tout petit début à peine entamé du grand chemin d’envol qui me mènera à la lumière du Jaune et du Multicolore.

Ma Racine reste Couleur Sang de Martyr de l’Art, de la Salope Libre, de la Prude et de la Merveilleuse détraquée Orangée-Rouge que je suis.

Carmin, citrouille, vermillon ou framboise-écarlate…

Peu importe.

Je suis une Couleur Chaude et une Femme chaude qui n’existe pas pour t’allumer mais pour embraser la flamme de la liberté infâme et inadaptée. 

Nébuleuse,
nebuleusemirobolante@gmail.com

Portrait de Cricri

Comme Cricri, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Trouver la paix avec moi-même et les autres.
Harmonie avec la nature et le monde animal.
Travail intellectuel et créatif.
Repos, calme.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Travail dans un but non lucratif, pour le service public.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il souffre d’une mauvaise image, un connotation négative, un monde négligé, stigmatisé et incompris.
La souffrance psychique est sous-estimée.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Je n’aime pas cette question, qu’entends-tu par folie?

Pour une personne concernée: la folie n’a rien de bien positif! C’est souffrance!

Pour la société : c’est un signal à prendre en compte et à analyser, un révélateur des dysfonctionnements de la société, une vision du futur, des clés pour améliorer les choses.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je prends la mission avec plaisir !

Feuille de route:

  • réflexion et prise en compte des 2 cerveaux (distinguer le cognitif de l’émotionnel).
  • l’intégration, une meilleure reconnaissance de la maladie psychique dans le monde du travail.
  • étude au cas par cas, adaptation des procédures trop centrées sur le handicap physique.
  • formation des médecins du travail !
  • valoriser les compétences des malades.
  • développer les méthodes alternatives à la psychiatrie, d’ailleurs souvent reconnues par les psychiatres eux-même.
  • ouverture des soins vers la médecine des émotions.
  • plus d’appel à projets pour les porteurs de projets.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Il y en a assez comme ça, regroupons-nous!