Réponse à « En finir avec la camisole chimique? »

Lucie répond à l’article En finir avec la camisole chimique ? et à la question des traitements médicamenteux.


Je vais m’exprimer en fonction de mon vécu, ma petite expérience, et de mon trouble (bipolaire).

Je ne connais pas les conditions dans les hôpitaux psychiatriques. Pour avoir entendu et lu des témoignages, je suis persuadée que l’attachement et les chambres d’isolement pourraient être évités, et surtout, remplacés par d’autres moyens humains. Je pense que c’est une expérience traumatisante, et qui déshumanise et que l’on doit dénoncer, et agir pour proposer des solutions alternatives, pas rester uniquement dans la dénonciation. Je n’ai pas connu non plus l’hospitalisation sous contrainte.

Par contre, je connais le fait de recevoir un diagnostic que l’on dit incurable, diagnostic peu flatteur de folle, je connais la médication qu’on me propose à vie, je connais ce qu’il se passe quand on arrête une médication. Je connais ma vie d’avant sans médication (bonjour alternances de dépression et d’euphorie chaotiques). Je connais la reconnaissance travailleur adulte handicapé, l’allocation adulte handicapé, et ma case « handicapée mentale ». Alors qu’en fait, je ne me juge ni folle, et encore moins quand je regarde le monde autour de moi. Je ne souffre plus de mon étiquette, ni de mon traitement.

En dehors de l’hôpital psychiatrique, personne ne m’impose de prendre un traitement, ni de consulter un psychiatre. Je le fais depuis 7 ans, de mon plein gré, avec grande attention, et surtout je me renseigne.

Qu’est-ce que je prends ? Qu’est-ce que cette molécule ? Sur quoi agit-elle ? Est-ce un thymorégulateur ? Un anti-psychotique ? Un antidépresseur ? Combien de durée de vie dans le corps ? Pourquoi on me donne ça ? C’est quoi les effets secondaires ? Qu’est-ce que le trouble bipolaire ? Qu’en pense-t-on en France ? A l’étranger ? Quelle part de chimie dans ce trouble ? Quelle part de personnalité, environnement, de psychologie (ou autre que j’oublie) dans ce trouble ?

Et le meilleur, de mon point de vue, c’est ce que vous faites ici, je lis et j’échange avec ceux qui en parleront toujours le mieux et le plus juste : les fous.

Gardez cet esprit critique que vous avez Comme des fous, et bravo pour ça. Observez, analysez, réfléchissez pour vous et pour le bien-être collectif des fous, continuez d’agir comme vous le faites avec du CONCRET, des actes.

Oui, dans un premier temps, on rejette tout, bien-sûr. Diagnostic, et traitement. La molécule miracle n’existe pas.

En France, on insiste énormément sur la médication, c’est dramatique. Pourquoi ? Parce qu’on ne nous donne pas d’explication sur ce traitement, sur ce trouble, et encore moins des conseils pour vivre au quotidien, des associations, etc.

On évalue nos symptômes, on ajuste en traitement, et ce que j’ai trouvé le plus dur à entendre : « en fait, il n’y a pas vraiment de traitement, on tâtonne, on fait du mieux qu’on peut, la science avance, on attend ». Qui a envie d’entendre ça ? J’avais juste envie d’entendre : « okey bébé, je te donne un bonbon, et puis ça passe ».

Non, je ne voulais pas entendre à 24 ans : « Salut t’as un trouble, on sait pas trop ce que c’est, on va te donner des médicaments, on ne sait pas trop si ça marche, mais t’inquiètes ça va passer ».

J’avais envie d’entendre : « Viens, il y a plein de centres en France où on va tout t’expliquer. On réfléchit tous ensemble à ces troubles mentaux, chacun donne son expérience, son vécu, on a aussi avec nous des soignants qu’on forme, des spécialistes qui étudient le trouble et son ensemble sous toutes les coutures, tous les jours, main dans la main. Les psychiatres t’expliquent la part chimique évaluée dans ton trouble, tout en t’indiquant que ce n’est qu’une infime partie de ton « traitement » et qu’il n’est qu’une béquille. On est là, on va tout t’expliquer, et ce qu’on explique pas, on va le trouver ensemble ».

Prendre ses médicaments et ne rien faire d’autre, comme c’est bien dit dans l’article, n’a quasiment aucune utilité. Malheureusement, de l’autre côté, ne pas le prendre mais établir tout le reste (si précieux) : psychothérapies, activités bien-être, information à l’entourage, groupe d’entraide etc. apparemment ne suffit pas non plus.

Si un jour vous trouvez ne serait-ce qu’une seule personne qui puisse dire qu’elle gère ses crises maniaques, ses profondes dépressions, sans traitement, mais avec un protocole tout autre, alors cette personne là sera une clé d’un changement très important que l’on devra surmédiatiser, et je serai la première derrière. Je l’attends toujours.

Je pourrais être bipolaire oui, sans médication, seule, ? Oui dans un désert. Pas dans la société dans laquelle je vis.

Dans la vie, j’aime le compromis. Pas de surdiabolisation des fous, mais pas de surdiabolisation de la psychiatrie actuelle. C’est pas les fous VS les psychiatres. L’idéal ce serait les fous AVEC la psychiatrie.

Où trouves-tu la force de penser je cite ?  « Je ne crois plus à la maladie et à son incurabilité, je crois même qu’avec un bon accompagnement on peut dépasser ses traumas, accepter ses limitations et se passer du traitement chimique. »

Sur quoi ce base cette croyance intime ? C’est un de mes buts dans la vie, prouver que c’est possible. J’espère. Mais je ne « crois » pas.

Tant que je n’ai pas un exemple vivant devant moi de personne avec trouble bipolaire bien dans sa peau, je suis mon premier contre-exemple. J’ai tout le protocole hors-médication mis en place (après de longues années). J’ai testé sans la médication, je n’ai fait qu’aggraver mon cas. J’ai l’espoir, et je te comprends.

J’ai l’espoir tout comme vous, qu’on se rassemble, qu’on échange, qu’on fasse changer la vision des troubles mentaux. Comme le dit Agathe dans la vidéo, c’est montrer qu’on a une parole cohérente, intelligente, et fiable. Folie ne veut pas dire que nous sommes dangereux ou bien que nous manquons « d’intellect ».

Fallait bien choisir un mot, on en trouvera peut être un autre.

En attendant, continuez d’être ce contre-média. En attendant, je prends ma médication volontaire, faute de mieux, en me disant que le diabète c’est aussi incurable, comme tout un tas de maladies, et que la molécule que je prends (un anti-épileptique) ne fait pas beaucoup de dégâts comparée à d’autres.

Ça m’emmerde oui, c’est injuste, peut-être, je me serai bien passée de la bipolarité et d’une institution psychiatrique française défaillante.

Ça ne fait pas de moi un mouton de la société qui prend docilement son bonbon et qui se range dans sa case bien sagement.

J’attends bien de vous Comme des fous, j’attends bien de vous les fous qui passez sur ce blog, et de moi, que la psychiatrie actuelle se démode, et change. Je n’attends pas en fait, il faut « faire ».

Un auteur que j’aime beaucoup dit cette phrase : “Ne t’attaque pas au système, démode-le !” (extrait du Livre du voyage de Werber).

Je vous mets l’extrait, la révolution, oui. Voici une autre manière de la penser.

« Il est cubique, titanesque, froid.
Il est doté de chenilles qui écrasent tout.
C’est le système social dans lequel tu es inséré.
Sur ses tours tu reconnais plusieurs têtes. Il y a celles
de tes professeurs,
de tes chefs hiérarchiques,
des policiers,
des militaires,
des prêtres,
des politiciens,
des fonctionnaires,
des médecins,
qui sont censés toujours te dire si tu as agi bien ou mal.
Et le comportement que tu dois adopter pour rester dans le troupeau.

C’est le Système.

Contre lui ton épée ne peut rien.
Quand tu le frappes, le Système te bombarde de feuilles :
carnets de notes,
P.V.,
formulaires de Sécurité sociale à compléter si tu veux être remboursé,
feuilles d’impôts majorés pour cause de retard de paiement,
formulaires de licenciement,
déclarations de fin de droit au chômage,
quittances de loyer, charges locatives, électricité, téléphone, eau, impôts locaux, impôts fonciers, redevance, avis de saisie d’huissier, menace de fichage à la Banque de France, convocations pour éclaircir ta situation familiale, réclamations de fiche d’état civil datée de moins de deux mois…

Le Système est trop grand, trop lourd, trop ancien, trop complexe.

Derrière lui, tous les assujettis au Système avancent, enchaînés.
Ils remplissent hâtivement au stylo des formulaires.
Certains sont affolés car la date limite est dépassée.
D’autres paniquent car il leur manque un papier officiel.
Certains essaient, quand c’est trop inconfortable, de se dégager un peu le cou.

Le Système approche.

Il tend vers toi un collier de fer qui va te relier à la chaîne de tous ceux qui sont déjà ses prisonniers.
Il avance en sachant que tout va se passer automatiquement et que tu n’as aucun choix ni aucun moyen de l’éviter.

Tu me demandes que faire.
Je te réponds que, contre le Système, il faut faire la révolution.

La quoi ?
LA RÉVOLUTION.

Tu noues alors un turban rouge sur ton front, tu saisis le premier drapeau qui traîne et tu le brandis en criant :
« Mort au Système. »
Je crains que tu ne te trompes.
En agissant ainsi, non seulement tu n’as aucune chance de gagner, mais tu renforces le Système.
Regarde, il vient de resserrer les colliers d’un cran en prétextant que c’est pour se défendre contre « ta » révolution.
Les enchaînés ne te remercient pas.

Avant, ils avaient encore un petit espoir d’élargir le métal en le tordant.
À cause de toi, c’est encore plus difficile.
Désormais, tu as non seulement le Système contre toi, mais tous les enchaînés.
Et ce drapeau que tu brandis, est-il vraiment le « tien » ?

Désolé, j’aurais dû t’avertir.
Le Système se nourrit de l’énergie de ses adversaires.
Parfois il fabrique leurs drapeaux, puis les leur tend.

Tu t’es fait piéger !
Ne t’inquiète pas : tu n’es pas le premier.

Alors, que faire, se soumettre?
Non.

Tu es ici pour apprendre à vaincre et non pour te résigner.
Contre le Système il va donc te falloir inventer une autre forme de révolution.
Je te propose de mettre entre parenthèses une lettre.
Au lieu de faire la révolution des autres, fais ta (r)évolution personnelle.
Plutôt que de vouloir que les autres soient parfaits, évolue toi-même.
Cherche, explore, invente.
Les inventeurs, voilà les vrais rebelles !

Ton cerveau est le seul territoire à conquérir.
Pose ton épée.
Renonce à tout esprit de violence, de vengeance ou d’envie.
Au lieu de détruire ce colosse ambulant sur lequel tout le monde s’est déjà cassé les dents, ramasse un peu de terre et bâtis ton propre édifice dans ton coin.
Invente. Crée. Propose autre chose.
Même si ça ne ressemble au début qu’à un château de sable, c’est la meilleure manière de t’attaquer à cet adversaire.
Sois ambitieux.
Essaie de faire que ton propre système soit meilleur que le Système en place.
Automatiquement le système ancien sera dépassé.

C’est parce que personne ne propose autre chose d’intéressant que le Système écrase les gens.
De nos jours, il y a d’un côté les forces de l’immobilisme qui veulent la continuité, et de l’autre, les forces de la réaction qui, par nostalgie du passé, te proposent de lutter contre l’immobilisme en revenant à des systèmes archaïques.
Méfie-toi de ces deux impasses.

Il existe forcément une troisième voie qui consiste à aller de l’avant.
Invente-la.
Ne t’attaque pas au Système, démode-le !

Allez, construis vite.
Appelle ton symbole et introduis-le dans ton château de sable.
Mets-y tout ce que tu es : tes couleurs, tes musiques, les images de tes rêves.

Regarde.
Non seulement le Système commence à se lézarder.
Mais c’est lui qui vient examiner ton travail.
Le Système t’encourage à continuer.
C’est ça qui est incroyable.
Le Système n’est pas « méchant », il est dépassé.
Le Système est conscient de sa propre vétusté.
Et il attendait depuis longtemps que quelqu’un comme toi ait le courage de proposer autre chose.
Les enchaînés commencent à discuter entre eux.
Ils se disent qu’ils peuvent faire de même.

Soutiens-les.
Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives. »

Le Livre du voyage, par Bernard Werber

Lucie, le 29 mars 2021.

Guide famille pour son proche en crise maniaque

J’ai enfin compris, pourquoi je n’ai jamais pu expliquer à mes proches,

La montée et la descente intérieure ce qu’on appelle folie.

Il faudrait que je verbalise, que je rationalise, ce qui ne l’est pas

Si tu m’écoutes quand j’escalade,

Je ferai un effort insurmontable pour paraître cohérente.

En passant par le mental, je ne le suis pas.

Et ton angoisse aggravera mon état intérieur.

Car moi aussi, quand je suis là-bas, j’ai peur.

Si j’écris un guide quand je suis stable,

Je n’y arrive pas.

Parce que mis à part moi, mon entourage n’est passé par-là.

Quand la conscience aura repris le dessus, et il m’interdit de transmettre ce que j’ai vécu.

Je suis dans mon inconscient, je ne suis pas perdue.

Mais quand tu me verras, en physique, tu ne me reconnaîtras plus.

Mes actes, mes paroles, tout te paraîtra incongru, inhabituel.

Je suis guidée par une sorte de force « spirituelle ».

Ce n’est pas magique, mais ce n’est pas logique.

Pour mon inconscient, oui. Il sait ce qu’il fait.

Il cherche les ressources dont il a besoin.

Ce que je dis en situation stable, aux autres bipolaires de type 1

«  Aller se promener dans l’inconscient, c’est interdit, en tout cas, aux humains »

Parce que si le corps est créé, tout comme la nature aime l’équilibre,

Ton cerveau conditionne ton corps et ta pensée, pour rétablir ce qu’on appelle l’homéostasie

C’est assez dur, de rester consciente, quand je suis en folie.

Je me vois agir autrement, je me vois ne plus pouvoir trouver les mots pour expliquer

Je sais que je vais pouvoir stopper la montée, si je m’accroche un peu, que j’essaie de freiner

Je suis sage, je n’ai pas besoin de voyager dans mon inconscient.

Par rapport à quelqu’un d’autre, il se manifeste bien-plus souvent.

Ton inconscient se manifeste dans tes rêves, dans ta poésie,

Il ne te permet pas de t’en souvenir, lorsque tu sors de ton lit.

Tu prends ça à la légère, tu crois ça anodin, car l’humain est constitué aussi.

Pour avoir franchi la barrière,

Lis bien ce que je t’écris.

Il faut que l’inconscient reste à sa place.

Utilise-le à bon escient, il est ton ami.

On compare toujours la folie, au génie.

Sans expliquer forcément pourquoi.

Parce que c’est la créativité, le pont entre l’esprit.

Ecoute les artistes, ceux qui disent « je suis en transe, je me laisse aller, quelqu’un d’autre prend la place ».

Mais quand je suis en montée, c’est trop tard, je ne suis qu’une marionnette qui essaie de freiner.

Je n’ai pas envie de monter, je veux vite redescendre.

Sinon tu me retrouveras quelques mois plus tard, le cerveau en cendres.

Un handicap, un trouble, une maladie

Qui débouche sur de la chimie.

Je suis d’accord avec ça, je ne me connais pas assez moi-même

Et je n’ai aucune envie de savoir, sans pilules, où ce voyage m’emmène

J’ai déjà vu ce que j’avais à voir, « de l’autre côté »

A priori c’est similaire, à la prise de LSD

Je produis ma propre drogue, sans vouloir l’avaler

Car la descente est rude, le bad trip mal accompagné.

Ca fait des années que je sais l’expliquer, que j’ai compris un peu le sens

De ces crises maniaques, leurs essences.

Le cerveau humain a besoin de donner un sens à tout

Quand le cerveau s’effondre, les repères éclatent

L’esprit s’éclate mais il dévaste tout

Je deviens hypersensible, la lumière me brûle, le simple bruit m’agace, les lumières sont trop vivaces,

Je recherche à me créer, ma propre cellule d’isolement,

Celle qui me fera rester, dans mon appartement.

J’ai bien compris, aux urgences, ce que font les soignants.

Pas eu vraiment besoin de le vivre, pour l’imaginer,

Et aujourd’hui je doute, que j’aurais pu vous l’écrire, si je l’avais vécu, avec tant de sérénité.

Les urgences, la contention, hurler à la mort son désespoir, un discours incohérent,

Ne pas comprendre ce qui se passe, la peur.

Le vide, aucune chaleur humaine, un numéro que l’on attache au lit

Car on estime que vous allez vous faire du mal, et aussi à autrui.

Mais on entend tout, même si notre compréhension du monde dans lequel tu vis,

Est déformé.

Tout ce que vous dites à ce moment-là, restera profondément gravé.

Personne à la sortie, ne sera là pour vous accueillir, vous écouter, vous accompagner,

Et encore moins, vous l’expliquer. Vous n’étiez qu’un dérèglement chimique,

Qu’il fallait isoler.

Et votre cerveau alors, une fois revenu stable, que va-t-il en penser ?

Tu vas douter de toi, te penser fou. On va s’éloigner de toi, et toi, tu ne comprendras pas.

Tu vas t’isoler, pleurer, être en dépression. Tu vas songer à quitter la vie,

Car tu n’y as trouvé, aucune compassion.

Comment leur dire ce que tu as vécu ? La beauté et le pire, la peur et le rire ?

Toi-même tu n’arrives pas à mettre des mots dessus.

Et même si tu y arrives, personne n’est à l’intérieur de toi.

Et moi, sans autorisation, ce que j’en tire comme conclusion, c’est n’y va pas.

Mais si tu arrives à te calmer avec des bizarreries, que tes proches réussissent à te regarder comme un bébé attendri,

Qu’ils ont confiance en toi, qu’ils savent que ta partie consciente est là, mais que tu ne peux pas l’exprimer

Comme un bébé éponge, qui essaie de parler, pour dire qu’il a mal, qu’il a peur, qu’il est content

Qu’il a besoin d’aide, momentanément, tu as tout gagné.

Un bébé pleure, crie, car il n’a pas les mots. Il tente par tous les moyens de se faire comprendre, en montrant du doigt.

Les parents et l’entourage, le trouvent mignon, adorable, et lui laissent  le temps, de grandir, avec beaucoup de soutien, d’amour.

Ils ne se moquent pas s’il fait des actions bizarres, rigolotes. Ils savent qu’il va grandir, s’ils leur tiennent bien la main.

Le soir, pour faire acquérir le langage aux enfants, on leur lit des histoires, on leur montre des images.

Mais on leur explique, et on considère encore, que pour tout comprendre, ils n’ont pas l’âge.

Un fou c’est comme un adulte bébé, si je devais mettre des mots. Il a 5 ans.

Il est dans son monde imaginaire, il ne perçoit pas la réalité d’un adulte.

Il interprète que si papa se cache derrière un masque, papa est parti, et le bébé pleure.

Puis quand papa réapparaît, ouf, entre rire et les larmes, le bébé est rassuré.

Un enfant qui lit les mots, ne les déchiffre pas de la même manière, sa vue est comme embrouillée.

Il va chercher de l’aide, on rit de ses maladresses.

Non ma fille, un mot a plusieurs sens. On lui explique tout. La laisse, ce n’est pas que « la laisse d’un chien ».

Je peux aussi te dire « je te laisse », donc je m’en vais.

Ou je te délaisse, je t’abandonne.

L’enfant va te regarder en se disant, que le français, ça a l’air vraiment compliqué.

Un enfant n’agit, qu’au premier degré. Si je perds mon second degré, ça commence à être trop tard. Mais encore possible, si je demande de l’aide. J’ai encore assez de conscience, pour rester chez moi.

Un bipolaire en phase maniaque, c’est pareil. L’adulte est parti, mais il est en sommeil.

Sauf si le regarde avec peur, mépris, incompréhension.

Qui pourrait comprendre qu’en face de lui, il a le même adulte

Qui est redevenu un petit garçon ?

Un enfant qui retrouve l’extase, de ses premières émotions.

Il joue avec les mots, il rigole avec pas grand-chose, il s’invente ses histoires.

Comme un enfant, il est impulsif, il a envie de se coucher tard.

Il est égocentré, tous ses besoins doivent être satisfaits, en urgence.

Ca ne serait venu à l’idée de personne, de venir me déranger, enfant, quand je créais des histoires avec mes poupées, ou que je me berçais avec de la musique, dessiner, chanter sous la douche.

Redevenir un bébé, avec une conscience d’adulte, c’est magnifique, c’est normal qu’on ait envie d’y rester.

On ne nous comprend pas.

Pourquoi nous priver, de ce monde magique, qu’on avait oublié ?

On fait des liens qui n’existent pas, ou n’existeront plus, après les cachets.

On ne rira jamais autant, que pendant une crise.

On aimera tout le monde, on parlera à Dieu, aux morts, aux arbres, aux animaux.

Et quand un parent regarde son enfant il se dit « ah, que j’aimerai retrouver cette insouciance d’enfant ». Ou tout le monde s’occupe de lui, sans qu’il s’en rende compte.

Mais le bébé n’existe plus, sauf dans ton inconscient, c’est ta créativité.

Alors sors de là maintenant, reviens dans « leur présent »

Bébé doit grandir, bébé doit aller se coucher, bien manger, apprendre à parler, à marcher, à communiquer ses émotions avec l’entourage.

La discipline, c’est toi l’adulte qui doit te l’imposer, avec l’aide de ton entourage.

Il faudra que l’adulte bébé arrête de crier, pour exprimer sa rage

De taper les murs, car il ne comprend pas

Il devra comprendre de nouveau, que ce sont les interdits, formeront sa bonne structure.

Mais l’entourage doit lui expliquer doucement. Lui raconter une belle histoire, ce n’est pas mentir, c’est pour ne pas lui faire peur.

Le bébé ne doit pas revivre le passé, ni même le futur

Reviens à toi doucement.

Alors la camisole chimique ok, mais pas l’enfermement.

Les médicaments ok, mais temporairement.

C’est pourquoi j’ai la chance, par l’amour de mes proches,

De créer ma propre chambre d’isolement.

Lucie