Portrait de Laetima

Comme Laetima, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aspire à un monde meilleur où tout le monde soit accepté avec ses différences. Les voyages et les rencontres de personnes que j’accompagne au quotidien dans mon métier d’éducatrice m’inspirent.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis éducatrice spécialisée et j’ai créé mon association Inclusion 49 pour l’insertion sociale des personnes en situation de handicap psychique.

J’adore mon métier pour les rencontres que j’y fais au quotidien et aussi car j’ai l’impression d’être utile. Cela me permet toujours de relativiser et de me remettre en question à chaque instant.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il y a encore des progrès à faire mais c’est en bonne voie. Je suis régulièrement en contact avec l’hôpital et d’autres associations et avec des pairs-aidants. La parole se libère et il est temps. Il faut aller vers le grand public et parler de santé mentale avec tout le monde pour une meilleure inclusion de chacun et vers le rétablissement.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Ma folie est souvent synonyme d’originalité, de divergences, de vision différente du monde. Cela amène à se poser des questions et, pour moi, ça permet d’évoluer.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Ministre, non car je trouve cela difficile de mettre en place des choses pour tout le monde alors que chaque situation est différente.

Je lui demanderais de parler de santé mentale et de mettre plus en lumière les personnes touchées par une situation de handicap psychique.

Une page que tu aimerais faire connaître?

www.facebook.com/Inclusion49/

Portrait d’Octarine

Comme Octarine, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Illustration: C’est une image de madame pourquoi, parce que je me pose plein de questions, parce que j’appartiens à la génération Y (why), et parce que je ne sais pas qui je suis.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Le théâtre, la littérature, les personnes empathiques, intelligentes, calmes et bienveillantes, la mer démontée en Bretagne.

J’aspire à un monde plus raisonnable. Qui se préoccupe davantage de la santé et de la culture de ses habitants que du profit. Qui oriente massivement son énergie collective vers des solutions sur des problèmes à long terme.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je n’ai pas un « vrai métier » dans le sens où je travaille très peu et où c’est au black. Je donne des cours de piano.

J’aime la présence des élèves et voir leurs progrès, essayer de trouver des solutions à chaque problème. J’aime donner des cours particuliers car je peux m’adapter à chaque élève.

J’ai suivi des formations (par exemple musique et dyslexie, apprentissage du braille musical), j’essaie d’élargir mon répertoire…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il me faudrait un roman. Tout ce que je peux dire, c’est que je suis perturbée depuis la petite enfance, que j’ai été déscolarisée en troisième (1996) et qu’après le lycée j’ai sombré. Ma première TS remonte à décembre 2000 et j’ai été depuis dans le circuit psy avec différents essais.

On m’a refusé un diagnostic que je réclamais sous prétexte que c’était « stigmatisant »… après un immense coup de chance, j’ai enfin trouvé le bon docteur en 2008.

Il m’a diagnostiquée, borderline, et m’a donné des solutions concrètes. Il me suit toujours aujourd’hui.

Donc pour résumer, je pense que c’est globalement un monde de merde mais qu’il existe quand même des gens compétents. Seulement tout le monde n’y a pas accès et c’est profondément injuste.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

J’écris ça en plein confinement et contrairement à la majorité de mes concitoyens, celui-ci ne me dérange absolument pas.

Je donne mes quelques cours par Skype, j’ai des amis au téléphone, mais enfin je n’ai plus la pression des rendez-vous et de mes annulations régulières. Je n’ai plus à faire des calculs d’apothicaire pour savoir quels engagements je peux prendre, pour pouvoir les honorer tous.

En temps normal, mon trouble est sans doute aussi à la source de grandes joies car je suis hyper sensible et peux donc vibrer très intensément sur une musique, à en avoir des frissons et une explosion dans le cerveau, comme un orgasme, pareil au théâtre quand toute une salle partage la même émotion.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Clairement pas. Déjà parce que je suis tellement fatigable, susceptible, je ne peux pas travailler en équipe, etc. Et surtout parce que c’est un domaine si complexe dont je ne connais finalement pas grand-chose en dehors de ma propre expérience.

Je lui demanderais d’avoir la possibilité d’avoir une aide à domicile pour les courses, le ménage, la cuisine, etc car je ne peux rien faire de cela toute seule. Et mon mari le fait franchement comme un adolescent ou jeune étudiant et je me sens honteuse et dégradée de vivre dans cet environnement. Être à l’hôpital c’est pas drôle mais au moins c’est propre et on mange équilibré.

Une association que tu aimerais faire connaître?

AAPEL : Association d’Aide aux Personnes avec un État Limite, borderline ou personnalité limite.

Portrait de Hey Hey

Comme Hey Hey, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Deleuze, les Chiens de Navarre, Anne Teresa De Keersmaeker. Pina Bausch.

Le ciel. Les étoiles. Les Rêves fous.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Chorégraphe. Par l’écriture littéraire rythmique des mots et ou du corps. Pouvoir de l’imaginaire, de la transmission, de la puissance de l’être, de sa folie et son intelligence.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Un monde étriqué mais qui commence à prendre en compte les autres possibles… Notamment l’évolution des thérapies non verbales… et la reconsidération de la pensées Freudienne toute puissante.

Le tabou sur des troubles mentaux est présent… ils sont flous et confondants.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La créativité, l’illimité, la non censuré, l’absurdité, la réalité inversée.

Une vision alternative et réelle, vraie.

Si elle est n’est pas dangereuse pour soi et les autres, elle est source d’un Possible inépuisable.

A condition que cette folie ne soit pas subie mais un minimum mise a distance pour créer avec elle en toute liberté.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Haha! Par qui serais-je élu?!

En tout cas je travaillerais étroitement avec la ministre des arts et de la culture et la ministre de l’éducation. Dans une nouvelle République bien entendue.

Portrait de Kixana

Comme Kixana, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je suis très inspirée par certains artistes (Bach, Mozart, Cervantès, Shakespeare, Rembrandt, Tarkovski, Dostoïevski…).

Ils ont eu une grande importance dans ma vie.

C’est surtout la musique qui a joué un grand rôle dans ma vie : Bach a été pour moi un guérisseur.

Le lieu que j’apprécie le plus peut-être, ce sont les jardins de Versailles. Mais j’aime aussi beaucoup les forêts et les bords de rivière.

J’aime également beaucoup écrire.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis actuellement étudiante en lettres. Cela me plaît beaucoup parce que cela me permet d’apprendre plein de choses, de faire de belles rencontres, de développer ma sensibilité, d’avoir une plus grande ouverture d’esprit et de développer mes capacités de réflexion – choses que je croyais avoir perdu depuis le début de ma maladie.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Pour ma part, j’ai eu la chance de tomber sur des soignants très à l’écoute et très investis dans leur métier.

Je pense que le monde de la santé mentale fait beaucoup de progrès, mais qu’il reste encore des choses à améliorer : les conditions de vie dans les hôpitaux psychiatriques, l’omniprésence de la psychanalyse en France, l’omniprésence aussi des traitements médicamenteux…

J’aimerais bien qu’on s’inspire davantage des pays du Nord qui ont instauré par exemple l’Open dialogue pour certains patients psychotiques.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Si le monde était entièrement rationnel, il serait aussi parfaitement ennuyeux.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je lui demanderais plus de moyens pour les personnes qui souffrent de troubles psychiques, de manière à ce qu’elles puissent être soignées dans certains cas d’une manière plus humaine qu’avec des médicaments – grâce à l’Open dialogue notamment. Je lui demanderais aussi de demander un rapport détaillé sur l’efficacité de la psychanalyse (ou thérapie analytique), et de la bannir des milieux hospitaliers si son efficacité venait à n’être pas prouvée. Je lui demanderais à ce que les médecins soient aussi formés aux sciences humaines et lisent davantage de romans.

Une page que tu aimerais faire connaître?

https://skizophelia.blogspot.com/

Portrait de Droopy

Comme Droopy, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Humm question compliquée.

J’aspire à être au plus près d’une forme de bien-être avec moi-même et les autres ainsi qu’à partager l’amour, l’amitié et à réaliser des projets qui ont du sens ainsi qu’à vivre de la joie autant que possible.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis enseignant en yoga/ bien-être et, ma foi, je l’apprécie plus que je ne l’aime en ce moment car il me permet d’explorer des zones inconnues ou connues de moi-même ainsi que de me dépasser.

A la fois il m’assure une place que je n’ai pas eu l’ocassion d’avoir lorsque j’étais jeune adulte, celle d’avoir un métier pas comme les autres 😉

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je suis à la fois triste et heureux de voir qu’il y a des possibles mais beaucoup d’antagonisme au sein des institutions.

Et qu’il est difficile dans notre société moderne qu’ tienne compte des sensibilités dites invisibles.

Il y a encore beaucoup a faire 😉 !

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

C’est un monde qu’il faut considérer comme de la création.

Etre fou c’est un bienfait pour l’humanité, l’être humain.

Trop de gens ont peur des différences mais la folie ouvre au monde de l’authenticité et de la sensibilité.

Elle peut être dramatique à vivre aussi car difficile à dépasser.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Humm… Je ne me vois pas ministre car si c’était le cas je serais angoissé de devoir catégoriser les choses et les gens, si ce n’est les idées sous formes administratives entre autre.

Mais j’essayerais de conserver une qualité d’accueil dans les nombreux centres de soins, de continuer à déstigmatiser les fous par des actions diverses dans l’espace public.

Introduire que la notion importante de désir concerne aussi les personnes handicapées, de déléguer plus de responsabilités au public fragilisé en terme de projets, d’emploi ou d’action diverses…

D’attribuer plus de budget à la santé mentale au titre des nombreux dangers qui émergent dans nos sociétés dites modernes.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

www.echosystaime.blogspot.com – @voletzen.fr – yoga et méditation.

Portrait d’Esprit en chantier

Comme Esprit_en_chantier 1, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Ce qui me vient en premier c’est la chanteuse Demi Lovato. Elle est bipolaire, se bat au quotidien et surtout en parle librement. Aussi la chanson « Peur de sombrer » de Tsew The Kid me fait me sentir moins seul dans cette peur de sombrer.

Tsew The Kid – Peur de sombrer

Je suis aussi inspirée par la montagne, sa force et sa puissance mais aussi sa douceur quand la neige la parsème.

J’aspire à devenir celle que je veux être, à dire mes besoins, à ne plus faire pour les autres mais pour moi. J’aspire aussi à apprendre à vivre avec ma maladie au quotidien et à ne pas la laisser m’empêcher de réaliser mes rêves.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis étudiante pour devenir éducatrice de jeunes enfants. Ce métier correspond à mes valeurs. J’accompagne des familles au quotidien dans leurs difficultés mais aussi dans les beaux moments.

Il me permet de me sentir utile d’être en phase avec ce en quoi je crois.

Les enfants sont l’avenir et aussi le présent. L’éducation est le meilleur moyen de sauver les mondes, de faire des petits humains sécurisés et sachant qu’ils ont des droits.

J’étais auparavant dans le graphisme, là, j’allais à l’encontre de mes valeurs et je participais à la société consumériste que je hais tant.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un monde qui peut être très violent notamment en hospitalisation. Parce que le patient est peu écouté et souvent soumis à des décisions qui pourtant le concernent.

Mais c’est aussi un monde qui peut aussi être doux, un monde où j’ai rencontré des gens magnifiques, des patients, des soignants…

Des gens qui m’ont sauvé la vie, qui m’ont fait voire mon potentiel, qui ont cru en moi.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Les rencontres, beaucoup. Et je dirais la maturité et l’empathie.

J’ai appris que certaines douleurs sont invisibles et qu’on ne sait pas ce que l’autre vit. Alors le jugement s’estompe et on peut rencontrer l’autre vraiment.

La folie m’a aussi permis de me demander ce que je voulais vraiment, ce qui me sauverait du gouffre et qui me donnerait envie de vivre.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’aimerais parfois. Mais je n’aurais pas les épaules.

J’aimerais plus de financement en psychiatrie. Que cette branche ne soit plus juste celle à laquelle on donne les restes de l’hôpital lambda.

Je demanderais aussi le remboursement des soins comme les psychologues ou les soins psycho-corporels.

Je demanderais la sensibilisation à la santé mentale pour défaire les clichés et pour que plus de gens osent demander de l’aide.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

@Lice_gateau

Portrait de Chouchou

Comme Chouchou, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les gens qui ricanent avec moi. Les belles choses, mes chats…

Le rire en toute situation. Pleins de sujets d’intérêt…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier m’apporte sur le plan humain. Il est bien payé pour des taches que je maîtrise aujourd’hui, dont certaines répétitives.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense qu’il est rempli aujourd’hui de psychiatres-mercenaires qui prennent 44 € pour 15 min de consultation (en ville, dans mon cas). Qui se contentent de prescrire des médicaments, mais qui ne réalisent plus de psychothérapies.

Du coup pour ce faire, il faut voir un psychologue et le payer de sa poche.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Le fou c’est l’autre, pour paraphraser Sartre, et à ce titre il reflète certains dysfonctionnement sociétaux, éducatifs, culturels…

Et ce qui amusant, c’est qu’en fait, il y a finalement autant de fous que de réalités. C’est l’uniforme pseudo-vérité qui le fait peur, à moi.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas œuvrer pour le bien des lobbies, oubliant les malades. Je suis déjà de l’autre côté du miroir…

Et je pense difficile de rester intègre et congruent en politique. C’est proprement antinomique selon moi.

Portrait de Noimar

Comme Noimar, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Inspirations : tout le monde. Mais avant tout les personnes élévatrices.

Aspiration : l’acceptation.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’étais chef de projet de mes 22 à mes 26 ans dans un grand groupe publicitaire.

J’ai arrêté lorsque je me suis rendue compte que je passais de mauvaises journées, et que le travail représentait au moins 10h des dites journée.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il est complexe et non-figé. La connaissance du sujet par le corps médical et l’accompagnement me semblent inadaptés et bourrés de classifications néfastes.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Créativité, imprévus, recul, liberté sociétale (regard des autres).

(joie ?)

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

De ne jamais dévoiler au grand jour l’absurdité absolue et l’absence d’une réalité unique inhérente à la vie (=chaos).

Portrait d’Altolune

Comme Altolune, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Les grands espaces sans humains, comme la mer et la haute montagne, la musique classique instrumentale, le feu et le chocolat. Les romans et le cinéma. Les enfants qui se racontent des histoires. Se laisser glisser dans le sommeil ou sur des pentes neigeuses en respirant l’air frais. Les odeurs de thyms, de bois, d’humus, de neige, de mer, de chocolat.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Mon métier n’est pas vraiment un métier. Je passe beaucoup de temps à écouter, à analyser, à rêver, à penser, à faire des vagues, à lire, à écrire.

J’aime tout cela. Ce qui est dur, c’est qu’il n’y a aucune certitude, seulement des paris, des rencontres, et chaque fois, l’incertitude qu’il se passe un peu quelque chose, dans le bon sens de la pente !

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

C’est un monde stigmatisé, qui a été mis de côté, comme toujours dans son histoire, mais de manière plus cruelle qu’à d’autres époques, car sous couvert d’intégration, il nie la différence.

Il fait de cette différence un handicap à rééduquer, au lieu d’accueillir cette différence, et de créer des ponts pour partager sans se blesser ces différences.

Les soignants, pour une part sont des gens engagés, passionnés, mais qui ne peuvent que s’épuiser, si la société ne change pas son regard en mettant en place une politique nouvelle, qui ne cherche pas le gène à éliminer, le symptôme à éradiquer, mais comment faire avec nos gènes, comment nos symptômes peuvent se mobiliser pour être vivables avec les autres et dans la cité.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La folie est dans son aspect de liberté et de création source d’inspiration.

Son intensité est également inspirante, car elle garde intacte la lucidité de notre finitude et de l’éphémérité des instants.

Sa souffrance ne doit pas être minimisée et méprisée. Il faut pouvoir aller vers ceux qui ont leur grain de folie, et leur montrer qu’en étant plus tempérée, elle sera magnifique, leur donner aussi le goût pour les aspects normatifs qui créent de la sécurité à vivre, et à vivre avec les autres.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je ne pourrais, pas, car il faut avoir une dose de narcissisme et d’illusions que je n’ai pas. Il faut aussi aimer travailler avec les autres et pouvoir s’appuyer sur leurs expertises et propositions.

Un ministre de la santé devrait être un ancien soignant qui a en outre de l’ambition, assez d’utopie pour vouloir changer le monde de la santé, et assez de normalité pour séduire ceux qui détiennent le pouvoir économique et décisionnel pour mettre des moyens pour la santé et la santé mentale en général.

Plus de lits dans les hôpitaux avec des séjours plus longs, plus de moyens pour les associations au cœur des cités qui créent du lien et des activités qui maintiennent la santé psychique.

Portrait de Leila

Comme Leila, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Barbara, le cinéma, certains paysages de mon enfance, la sauvagerie.

J’aspire à être une réalisatrice de films d’auteur reconnue jeune.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’étudie le cinéma, j’aime ça parce que je peux exprimer mes fantasmes et parce que ça demande beaucoup de travail, de talent, de persévérance et de communication avec les autres.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

J’ai tendance à croire que beaucoup de monde peut guérir de sa maladie mentale parce que moi-même l’ai fait.

Je n’ai plus que de l’euphorie et des lubies qui se renouvellent tous les mois mais qui ne me font pas souffrir.

Mais, au fond, tout le monde n’a pas ma force et ma droiture.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

L’euphorie, la sensibilité, l’intelligence, les allocs.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non je ne pourrais pas être ministre.

Je lui demanderais d’arrêter les fous qui maltraitent et tuent leur femme et de faire une place belle dans la société aux autres fous.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://soundcloud.com/surla60/sets/rash