Portrait d’Ybel56

Comme Ybel56, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Après ma traversée, je dirais mieux comprendre l’autre pour m’enrichir de nos échanges.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

En retraite depuis peu, j’étais informaticien à l’hôpital et je dis mon attachement à la mission de service public et à notre système de santé et de protection sociale.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Un monde que nous devons reconstruire autour de l’outil fondamental du prendre soin : la parole partagée. Se donner le temps de la solidarité, de l’empathie, du partage et des sentiments. La technique, la science et le savoir sont aux services de l’humain.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une utopie optimiste : notre force réside dans la somme de nos différences.

Partageons cette folie inaccessible que nous frôlons parfois : le bonheur.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, j’ai trop conscience de la lourdeur de la tache.

Je lui demanderais de toujours se rappeler les mots de ce serment :

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions.

J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Mon blog de témoignage : https://www.fh3g.net/

Portrait d’Odilonredon34

Comme Odilonredon34, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

odilon redon
Odilon Redon : Pandora, 1910-1912

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Des enseignants qui m’ont aidée à me construire et ouvert l’esprit, de très nombreux artistes car on a besoin de poésie pour vivre, des patients et anciens patients en psychiatrie par leur parcours chaotique et courageux, le yoga, le bien-être…

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis artiste et enseignante, l’un nourrit l’autre. J’aime les arts en général, qui nous inspirent, qui nous apprennent des choses sur la vie et une forme de transcendance. J’aime le contact humain de ma vie d’enseignante qui ne peut être remplacé par rien dans ce monde.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je vois dans le monde du soin psychiatrique beaucoup de carences et de dysfonctionnements, et à l’intérieur quelques bonnes âmes, infirmiers, psychiatres, qui se battent pour offrir une vision du soin différente.

A tout psychiatriser, on tue l’humain pour ne laisser place qu’au malade mental. Il est important de laisser plus d’autonomie au patient et de lui ouvrir les yeux sur sa capacité à être dans la vie un citoyen comme les autres.

Il y a trop de maltraitance physique et psychologique en psychiatrie, par manque de moyens, certes, mais aussi par manque d’empathie pour des patients qui ressemblent finalement beaucoup plus aux soignants qu’ils ne veulent le voir.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La « folie » si on sait ce que c’est apporte de la profondeur et les expériences douloureuses obligent à se poser, réfléchir, être plus indulgent envers soi et les autres mais aussi plus honnête si l’on souhaite se rétablir.

La folie peut être enfermante tant qu’on n’a pas compris qu’il est normal d’être un peu fou et que l’on peut parfaitement vivre avec ça.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Je pourrais demander tellement de choses au ministre de la santé !

  • Déjà développer les centres de crise avec hospitalisations libres et courtes et enfermer 10 fois moins de gens en HP, obliger les hôpitaux fermés à laisser au patient le choix du médecin, créer une meilleure transition et orientation du patient à la sortie de l’hôpital…
  • Faire plus de campagnes sur le fait qu’une maladie mentale, oui, ça fait souffrir mais on peut s’en sortir, on n’est pas une éternelle victime de sa maladie (chiffres à l’appuis).
  • Considérer que le traitement médicamenteux comme une simple béquille qui permet d’accompagner le patient dans sa démarche d’aller mieux (1) plus d’information sur le lien entre environnement et santé mentale : alimentation, pesticides… voir par exemple le docteur Guillaume Fond ; 2) thérapie par le corps « j’y crois beaucoup » dit le docteur Philippe Nuss, mais aussi le yoga, la méditation, la respiration consciente… 3) faire connaître les associations qui aident les patients et les familles etc).
  • Inciter la recherche sur des méthodes de traitement alternatives aux traitements.

Et bien d’autres choses, il y a beaucoup à faire !

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Mon site à peine commencé : https://bipolaire-sans-traitement-48.webself.net/accueil

Portrait de Carole

Comme Carole, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime les belles rencontres avec des marginaux ou des artistes, ceux qui savent avoir un œil critique sur les choses de la vie.

J’aime aussi rencontrer des personnes avec beaucoup de bienveillance, de tolérance, de solidarité, de générosité avec les autres et avec eux-mêmes ; ceux qui savent partager équitablement.

D’autres personnes me mettent en colère… alors je leur écris des poèmes slammés pour apaiser ma colère.

J’aime écrire des textes qui dégomment les préjugés et qui rendent les différences positives.

Dans cinq ans je veux être entrepreneur coach socio-professionnel pour des usagers de la psychiatrie qui aimeraient créer leur propre emploi en devenant entrepreneur. Je vais commencer par un doctorat sur le sujet.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je travaille depuis quinze ans masseuse et magnétiseuse au noir car j’ai très peur de perdre mon statut d’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés) qui me protège dans la société mais je n’ai plus la force physique de le faire.

J’aimais ce métier en prise avec l’humain auquel j apportais des soins et du soulagement physique mais il pouvait être dangereux de recevoir des inconnus chez moi. Alors j’ai développé un sens aigu de self défense mentale par le bluff… Etant schizophrène depuis 25 ans j’étais naïve et ne savais pas bien me défendre. C’est à dire que je me suis bien entraînée pendant quinze ans à me défendre sans attaquer. Ainsi je me suis dirigée plus proche du rétablissement.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

J’ai lu le témoignage d’Emilie et je suis d’accord que les soignants sont débordés ou mal formés et c’est grave pour les préventions de suicides chez les jeunes adultes qui viennent de tomber malades.

C’est pourquoi j’aimerais aussi que l’éducation nationale fasse une campagne de prévention en décrivant les symptômes et les diagnostics dans les collèges en faisant intervenir des pair-aidants et en leur permettant de témoigner de leur expérience de la maladie… au passage ce serait aussi de la prévention au terrorisme islamique car je suis personnellement convaincue que les terroristes entendent des voix.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une hypersensibilité qui rend les émotions plus fortes aussi dans le bonheur.

Des chemins de vie riches parfois ; des personnes attachantes souvent artistes de leurs vies et un potentiel créatif énorme.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Pourquoi pas lol !

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://www.toitamoi.net

Portrait d’Emilie

Comme Emilie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime l’art en général : le théâtre, la poésie, la danse, la peinture, visiter des expositions, des musées… J’aime écrire (en particulier des poèmes), pâtisser, faire des photos. J’aime la nature, les arbres, les fleurs, les animaux.

J’aspire à un monde meilleur, à un certain bien être, à la tolérance, et à la paix.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Hélas, je ne travaille pas. Il y a tant de trous dans mon CV que je ne pourrais dire si j’ai un métier. Cela me rend triste d’ailleurs. Car j’aimerais travailler, mais mon trouble, mes angoisses m’en empêchent.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

J’ai eu énormément de chance de trouver une équipe compétente. Je suis suivie dans un hôpital de jour avec infirmières, psychologue et psychiatre. Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans eux.

Il y a encore quelques années, les patients avaient « cette chance » de pouvoir être hospitalisés en urgences. Même si j’avoue que je n’ai jamais voulu être hospitalisée, que l’hôpital c’est l’Enfer… Surtout la chambre d’isolement où on est « nu ». Cela est très humiliant. Et je dois dire aussi que certains soignants à l’hôpital ne sont pas très empathiques. On se demande pourquoi ils sont là. Ils devraient changer de métier.

Je disais donc que c’était une chance, car même si je détestais l’enfermement, je reconnais que cela m’a aidée. (Après je parle pour moi, et aussi du CHS dans lequel j’étais. Car je suis bien consciente que les conditions sont différentes d’une ville à une autre, d’un hôpital à un autre…).

Sauf que depuis deux ou trois ans environ, les choses ont changé. Ils ont supprimés des postes, mais aussi des lits dans les services. Les soignants sont débordés, et surtout, les personnes en souffrance doivent attendre parfois un mois afin d’être hospitalisées, d’être mis « à l’abri ».

Les « nouveaux » patients doivent attendre des mois pour avoir un rendez-vous avec ma psychiatre. Ce n’était pas le cas avant.

Ce qui m’énerve, c’est que pour les administrations, tout est une question d’argent. Les patients sont des numéros, des cases.

Une infirmière m’a racontée l’autre jour, que désormais il devaient mettre des croix dans un tableau. Mais comment peut-on mettre des troubles psy dans un tableau ? Comment peut-on quantifier si ce patient va bien ou non ? La psychiatrie est beaucoup trop abstraite !

Que ce soit les « hauts » dirigeants qui n’y connaissent rien, les soignants parfois mal ou peu formé, ou le grand public qui juge… Il y a énormément à faire, énormément de choses à changer.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Déjà, je trouve le mot « folie » péjoratif. Je ne suis pas folle ! J’ai juste des difficultés.

Ensuite, je trouve que mon trouble me rend plus sensible, plus ouverte au monde et aux autres, plus tolérante et empathique.

Je suis également créative, sensible à l’art, à la beauté qui nous entoure.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas. La politique ce n’est pas pour moi !

Par contre, je demanderais :

– Une plus grande sensibilisation du grand public. Nous ne sommes pas des monstres ! Et qu’on arrête avec les clichés dans les films comme quoi si on est fou, on est forcément un tueur. N’importe quoi !

– Des soignants mieux formés.

– Plus de budget : plus de personnel dans les hôpitaux afin d’avoir une meilleure prise en charge, plus de structures, plus d’art-thérapeutes ou de « choses » pour s’occuper.

– Un meilleur accompagnement lorsqu’on est en crise : au lieu d’être enfermé dans une pièce comme un animal.

– Améliorer l’insertion sociale et professionnelle : avoir plus d’entreprise adaptée, esat… plus d’aide pour trouver un emploi, un appartement…

– Avoir des groupes de paroles pour les patients, mais aussi la famille.

– Mieux accompagner les proches qui sont souvent perdus.

– Avoir une prise en charge identique dans toutes les villes et structure.

– Avoir les mêmes droits, qui changent d’un département à l’autre.

– Accélérer la prise en charge des dossiers de la MDPH ( Maison Départementale des Personnes Handicapées) qui est d’une lenteur pas possible… Attendre 3 mois, voir plus, pour une demande de RQTH (reconnaissance de qualité de travailleur handicapé).

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Il s’agit de mon blog : http://www.lentracte-gourmand.fr

Portrait de Lili

Comme Lili, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous, en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations sont la nature, les fleurs, le jardin, les arbres, l’eau, les rivières.

J’aspire à de la sérénité dans les relations sociales, dans la compréhension de l’autre. J’aspire à une meilleure connaissance de l’être humain et de son fonctionnement.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

J’ai fait beaucoup de métiers avec en fil rouge le bien-être d’autrui. Ce que j’aime c’est de partager, d’échanger joués et souffrances.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale est difficile à comprendre. On dirait qu’il a perdu son objectif qui est de rendre possible une vie sereine aux personnes souffrant de maladies mentales.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Chacun a sa folie… la folie c’est une différence… la folie apporte une façon de voir les choses sous un autre angle, de la créativité au sens très large du terme.

De la folie, on peut tirer de grandes idées qui font les grands hommes. De la folie, on peut tirer de magnifiques œuvres musicales ou de peintures.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Ministre de la santé mentale, je réformerai en profondeur la façon de voir la maladie mentale. Dès l’école, je ferai apprendre aux enfants que nous avons tous une santé mentale et qu’il faut en prendre soin comme de sa santé physique. J’intégrerai de façon obligatoire un module sur la santé mentale dans toutes les formations médicales car on ne peut bien soigner quelqu’un sans prendre en compte son mental.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Le travail auprès des proches de personnes souffrant de troubles bipolaires en Franche-Comté avec l’Antenne Argos 2001 Doubs Franche-Comté.

Portrait de Magichit

Comme Magichit, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Sans réel métier depuis longtemps j’ai des activités professionnelles que je fait (ou veut accomplir – dans l’art donc) parfois pour d’autre rarement pour un gain.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Confronté à des personnes hors du monde de la santé mentale, j’ai appris à voir ce qu’était l’aliénation, être étranger à la raison.

Je pense toutefois que les catégories et les « normes sociétales et/ou sociales' » sont autant des carcans que des barrières illusoires à l’individualité.

Certes s’aventurer loin de la raison et de la conscience de soi et du monde est aussi souffrance et peine, danger et errance quand ce n’est pas un choix mais une obligation réelle ou somatique.

Santé mentale indiquant une norme je préfère parler de « monde » de l’équilibre personnel, de ce qui permet de nous réaliser.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Une vision autre. La force d’avoir à se battre même si par obligation, mais tout ceci est biaisé et relatif à l’expérience de chacun et chacune.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non. Je demanderais que les gens soient plus et mieux pris en charge et intégrés à la société quand possible. Parfois, certes les solutions n’existent pas mais parfois les médications ou autres camisoles et internements ne sont pas des solutions.

L’écoute et le soutien, les thérapies comportementales et le temps accordé aux diagnostics et patients pourront toujours être accrus pour résulter en bénéfices.

Portrait de Poppy

Comme Poppy, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’adore les animaux et en particulier les chats. J’aime la musique et la peinture, écrire aussi.

Je suis seule depuis des années et j’espère rencontrer des gens qui pourraient devenir des amis. C’est un grand but dans ma vie.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je ne travaille pas mais je passe mon temps à me documenter sur les médecines alternatives, les plantes, les vitamines, tout ce qui peut aider à supporter ou à soigner une maladie sans passer par la case « médecin ou spécialiste ».

J’ai pu remarquer que les docteurs en général avaient tous un certain mépris pour les personnes souffrant de maladie mentale et ne les prennent pas au sérieux. Alors si je peux éviter de les fréquenter, c’est mieux…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Du mal, du mal… Les psychiatres sont totalement incompétents, pour la plupart, ce sont des distributeurs de cachets sans état d’âme qui vous condamnent à vie à avaler des poisons qui induisent la maladie plus qu’ils ne la soignent.

Les infirmiers sont à la botte des psy et n’ont pas de recul sur les malades qu’ils fréquentent. Je n’ai que des expériences désastreuses en hôpital ou en clinique psychiatrique. J’envie les finlandais et leur Open Dialogue qui soignent en six mois des schizophrénies qu’on condamne à vie ici.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La seule chose que j’en ai retiré, c’est d’avoir compris que je ne suis pas faite comme la plupart des gens, que je suis très sensible aux rapports humains et que je suis souvent déçue parce que j’en attends beaucoup plus d’authenticité et de chaleur que cela est possible.

Cela m’a fait comprendre que les gens en majorité ne réagissent pas comme moi du tout et à force de recherches, j’ai découvert que j’étais surdouée et hypersensible. Cela ne fait pas avancer le schmilblick mais au moins je sais qui je suis aujourd’hui.

Avant j’attendais tout de autres, maintenant, je n’attends plus grand chose du commun des mortels et ce n’est pas plus mal parce que c’est une des clés de ma maladie.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’accepterais le poste avec joie et je commencerais par demander aux psychiatres d’aller se former à la psychologie et à la thérapie familiale.

Sinon je demanderais à ce qu’il y ait beaucoup plus de pair-aidants, de médiateurs en santé mentale et qu’ils aient plus de poids face au milieu infirmier qui y est très hostile en France.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Je lis souvent le blog de Paul, un garçon schizophrène qui va mal, tout seul dans son studio, bourré de cachets et sans issue : blog-schizophrène.fr Paul, la schizophrénie dans la peau.

Portrait de Sophie

Comme Sophie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Mes inspirations sont les autres (chacune de mes discussions est source d’inspirations), l’art, les livres, les films, la nature… Je pense que tout peut être inspirant…

J’aspire à un monde plus tolérant où nous ferions de nos différences une richesse, où nous verrions dans les médias toutes les personnes qui composent la société quel que soit leur handicap, leurs religions, leurs couleurs de peau, leurs formes, leurs tailles etc. Un monde où au lieu d’avoir peur de la différence, nous chercherions à la comprendre, nous apprendrions à nous respecter…

Un monde inclusif qui tirerait tout le monde vers le haut et qui encouragerait chaque personne à devenir le meilleur de lui-même.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis actuellement en recherche d’emploi, ce qui ne m’empêche pas d’avoir pas mal de projets…

Je suis bénévole pour le réseau des entendeurs de voix (revfrance.org) et je poste sur la page facebook de https://icarus.poivron.org/

Et j’aime cette phase de ma vie où je ne suis pas encore posée, j’ignore si je vais me diriger vers la recherche autour de la psychiatrie ou interviewer des personnes qui n’ont pas assez la parole dans les médias ou écrire un recueil de témoignages sur les dérives de la psychiatrie ou peut-être tout cela à la fois… 🙂 !

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je suis écœurée du monde de la santé mentale… J’ai vu trop de vie détruite par ce monde pour en dire du bien. Je pense qu’il faudrait tout refonder et que les soignants soient davantage formés par les personnes « malades » elles-mêmes. Je pense que nous sommes dans une société où nous avons besoin de poser des étiquettes, où il est interdit d’être malheureux et où si l’on flanche un peu, il est facile de nous trouver une maladie plutôt que de nous écouter…

Je déplore d’ailleurs le manque d’écoute de la plupart des professionnels en psychiatrie.

Lorsque j’ai été psychiatrisée en 2013, je venais de terminer mes études de psycho. Je me suis retrouvée à la place du patient et c’est comme si pendant 5 ans j’avais appris beaucoup de bêtises sur la psychose. Ce qui me fait avoir un regard encore plus critique sur la santé mentale.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Pour ma part, lorsque les autres pensent que je suis folle, je me sens plutôt éveillée et extrêmement lucide et bizarrement nous nous comprenons avec les autres « fous ». Alors je me demande si la folie n’est pas une question de perspective… Juste ne pas être adapté(e) à ce monde bien trop normé…

Et n’est-ce pas sain de devenir folle dans un monde où les gens sont plus connectés à leurs smartphones qu’aux autres? Où les gens préfèrent s’écouter parler que d’écouter leurs prochains? Où, à force de vouloir tout posséder, nous en avons oublié l’essence même de notre être?

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’ai même pensé à devenir présidente de la république en 2022 pour tout changer de A à Z (la société en général) et puis je me suis dit que ça serait trop de travail pour moi et que finalement nous n’avons ni besoin d’être ministre ou président pour changer les choses… mais je n’exclus pas un jour de faire de la politique même si ça semble un univers impitoyable et j’avoue ne pas avoir les épaules pour cela pour le moment.

Et je pense qu’actuellement les médias peuvent davantage changer les choses que les politiques… A mon avis le changement passera par nous-mêmes à travers la médiatisation de nos récits de vie. A travers nos efforts pour dé-stigmatiser la différence qu’elle soit physique et/ou psychique. Plus on prouvera au monde que l’on n’est plus que des cobayes à qui on colle une étiquette, plus le monde s’habituera à nous voir dans les médias, moins nous ferons peur et plus nous nous intégrerons… Mais il faut accepter que ça prenne un peu de temps.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://revfrance.org

Portrait de Laëtitia

Comme Laëtitia, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Je suis très fortement inspirée par Niki de Saint Phalle. Avec ses sculptures monumentales en mosaïque à la fois joyeuses et torturées, elle dénonce sans se lamenter. J’aime cette démesure et cet esprit de révolte lumineuse par la créativité. C’est une façon de faire bouger les lignes.

Je n’aime pas le fatalisme et je pense qu’il est toujours possible de faire bouger les choses. Je n’aurais pas la prétention de dire que j’aspirerais à changer le monde mais sûrement apporter ma pierre à l’édifice, pas juste en objectant, mais en proposant des solutions concrètes notamment en matière de santé mentale pour les enfants.

Un autre volet qui me tient à cœur est l’environnement. A ma petite échelle, je fais tout pour préserver notre précieuse planète, prendre soin d’elle, c’est prendre soin de nous.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis iconographe c’est-à-dire documentaliste photo dans une agence photographique. Je visionne de belles images toute la journée. Côtoyer l’art au quotidien, c’est vraiment une chance.

J’aime ce pouvoir de l’image de figer l’instant pour ne pas oublier. A l’époque des selfies, de l’instantanéité, des réseaux sociaux et de la profusion d’images, j’aime cette faille de la photo argentique, cet « imparfait de l’objectif » comme disait Prévert de Doisneau, les surprises et l’attente aussi qu’elle offre. Sans non plus tomber dans la nostalgie du passé car j’apprécie l’innovation aussi et l’accessibilité qu’elle nous offre.

J’aime la photo humaniste, sa façon de rendre hommage à l’Homme dans sa vie quotidienne, d’apprécier les moments simples. Le monde de la photo, c’est aussi le monde de la rencontre avec l’autre, de l’émotion et de la sensibilité. C’est pour tout cela que j’aime mon métier.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je vais vous parler du monde de la santé mentale pour les enfants car mon fils souffre de bipolarité juvénile.

Je pense que la santé mentale mérite d’être traitée comme la santé physique : prévention, dépistage, diagnostic, prise en charge la plus précoce possible.

Quand un enfant a un cancer, il ne viendrait à l’idée de personne d’attendre pour voir comment cela évolue.

Pourtant aujourd’hui en France, c’est comme cela que cela se passe pour les enfants atteints de troubles psychiques.

C’est scandaleux et c’est de la non assistance à personne en danger. C’est l’éducation parentale qui est systématiquement pointée du doigt en premier. Les signalements et les placements abusifs sont courants.

Pendant ce temps là les troubles progressent… Il faut souvent un événement grave comme une tentative de suicide pour que la famille soit enfin écoutée.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Le trouble de mon fils m’a permis de mieux me connaître voire de me connaître tout court.

Je porte désormais un regard différent sur le handicap et j’ai beaucoup plus de bienveillance envers les autres en me gardant de jugements trop hâtifs.

On fait souvent ce qu’on peut avec ce qu’on a. Je me suis découverte des ressources que j’ignorais.

La « folie » m’a appris à me dépasser, à me remettre en question et surtout elle m’a permis d’avoir une relation très particulière avec mes enfants car elle nécessite beaucoup de remises en question.

Sans cela je pense que je ne serais pas une si bonne maman. Je suis probablement devenue une meilleure personne par le biais de formidables rencontres grâce à l’Association Bicycle – association qui vient en aide aux familles et aux éducateurs d’enfants et d’adolescents cyclothymiques, bipolaires – et dont j’ai repris la présidence depuis plus de deux ans.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, la politique n’est pas un milieu qui m’intéresse.

Si je devais lui adresser un message, c’est de prendre les mesures nécessaires pour faire connaître et reconnaître la bipolarité juvénile et cela avant 15 ans !

D’écouter le savoir expérientiel des familles au travers des associations car, avec une prise en charge précoce et adaptée, le pronostic de ces enfants peut-être très différent ainsi que l’avenir de toute leur famille car il ne faut pas oublier que dans ce trouble tout le monde souffre.

Les troubles bipolaires débutent majoritairement pendant l’enfance, ses manifestations sont différentes de chez l’adulte plutôt chroniques qu’épisodiques, d’installation progressive plutôt que d’apparition brutale.

Adapter les critères diagnostic doit donc être une urgence et une priorité.

Les campagnes actuelles pour le diagnostic précoce sur la bipolarité sont à mon sens incomplètes et donnent une fausse bonne conscience si on ne prend pas le problème à ses origines donc dès l’enfance.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://www.bicycle-asso.org

Portrait de Lucie Decour

Comme Lucie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aspire à la liberté, aux voyages, aux rencontres. J’aime être entourée des personnes que j’aime et organiser des fêtes.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je suis Rédactrice Web (malgré moi) et au final ça me plaît beaucoup parce que j’ai une grande marge de progression. Le sujet est tellement riche ! Je suis donc en mode « in progress ». 

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Je pense qu’individuellement chacun fait ce qu’il peut mais que collectivement on serait plus fort… 

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

La connaissance de soi, le sentiment d’une liberté et d’un pouvoir infinis (symptômes aigus de manie), la rencontre avec l’humanité de certains soignants, je peine à trouver quand même… 

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Justement, je projette de lui écrire une lettre. J’ai dans l’idée d’aborder la chose sous l’angle de notre intense souffrance qu’il ne pourra jamais expérimenter. Faire le parallèle avec la qualité de la gestion de la souffrance physique et réclamer plus dans les traitements. Je l’avoue, j’aurais tendance à pencher pour les théories du tout biologique (bien que je ne renie pas les effets positifs des approches « softs » de la psychiatrie.) Pour moi la réponse est dans la qualité des traitements pour libérer les malades de l’enfermement psychique.

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

https://www.udaf16.org/rechercher-une-association/entre-parentaide/