Mère bipolaire, je donnerai tout

DÉSIR RE-FOU LAIT

Je ne peux pas être plus honnête envers moi-même que pendant mes phases maniaques.

Mes désirs refoulés remontent à la surface : c’est le cas du désir d’enfant.

Et pourtant, si vous saviez ô combien je considère habituellement qu’enfanter serait un fardeau pour moi, et que je moquais des parents gagas de leurs nourrissons !

Pourtant, parfois, je me surprends à lorgner du coin de l’œil à admirer mon homme. Ses yeux changeants, verts, gris et bleus, sa barbe rousse et blonde éparse, et son ventre dodu qui pourrait laisser penser qu’il est lui-même déjà enceinte. Et c’est quand émane la beauté de son âme que je craque, et je me laisse rêver avec lui d’un mini-nous.

Des heures entières à plaisanter en nous imaginant des parents cocasses, mélangeant nos qualités et nos défauts, transmettant nos passions et nos valeurs. On imagine quelle blague nous concocterons pour l’annoncer à notre famille.

J’imagine agir systématiquement pour effectuer tout ce qu’il y a de moins conventionnel.

J’arracherai les cheveux des parents si leur rejeton ennuie ma progéniture. Je le présenterai à mes chattes et leur arracherai les poils aussi si elles sont méchantes ! Je m’imagine déjà tirer mon lait maternel pour que je puisse dormir pendant que Papa nourrira le glouton.

Je m’imagine lire tous les bouquins existant sur la maternité et participer à des ateliers chelous de femmes enceintes. J’abuserai de ce privilège pour réclamer du chocolat et des massages de mes jambes. J’imagine nos voyages, et cet enfant que je porterai en bandoulière.

Je serai à l’écoute quand il me parlera de la tease, la drogue et les rapports sexuels non protégés. Je lui signerai les mots d’excuse pour qu’il sèche les cours qu’il jugera inutiles.

Je l’imagine me reprocher tout ce qu’on finit par rapprocher à ses parents. Je l’imagine plus intelligent que nous deux, et différent de tout ce que l’on aura imaginé.

Mais nous ne lui apprendrons rien, tandis qu’il nous apprendra tout.

L’AMOUR CONTRE LA PEUR

Je m’imagine aussi craquer, regretter, m’en vouloir, ne pas pouvoir assurer autant que je l’aurais voulu. Être une mère bipolaire potentielle, c’est aussi se connaître parfaitement, avec de longs épisodes de stabilité, mais jamais à l’abri d’une rechute.

Comment l’expliquer à son enfant ? Quelle culpabilité va me ronger quand je n’arriverai plus à me lever pour embrasser mes enfants ? Quel discours pourrais-je leur tenir quand j’aurai perdu ma foi, ma joie et mon espoir ? Pourquoi Maman se transformera-t-elle un jour en super héroïne et pourquoi mon enfant la verra partir dans un camion rouge ? Pourquoi errera-t-elle dans la maison, le regard fixe parfois ? Je m’imagine lui écrire tous les livres pour expliquer sa naissance, sa maman bipolaire, et les livres expliquant le monde pour qu’il les lise en mon absence.

La maladie fait de nous des parents qui font un choix encore plus conscient que d’autres. Plus organisés, on anticipe. Plus de communication avec nos conjoint.e.s et notre famille pour les coups durs. Nous devons même anticiper l’adaptation de notre traitement avant la grossesse.

Tant d’enfants sont conçus au hasard et maltraités, et nous, nous avons peur, alors que nous sommes prêtes à nous battre contre ce qui ne peut être vaincu ? Être Maman ou Papa bipolaire, ou ayant un autre trouble psychique, amène à une mûre réflexion. C’est ce qui nous rendra d’autant plus attentifs à nos enfants et à notre bien-être.

DU FARDEAU AU CADEAU

Mon enfant, si tu décides de ne pas t’incarner dans nos vies, je veux que tu saches que tu existes déjà pour nous, ici, maintenant, et à jamais. On ne t’attend pas, on n’est pas pressés, Papa est plutôt jeune !

Mais si tu t’incarnes, j’aurai signé avec toi le plus bel engagement, la responsabilité éternelle d’avoir mis un enfant au monde. Que Dieu m’entende à travers ce texte, et qu’il me rappelle mon désir d’enfant quand je me sentirai de nouveau stable, misérable et incapable.

Qu’il préserve mes ovaires et les têtards de mon chéri. Je veux entendre un troisième rire chez moi. Je veux que mon enfant raconte à son école à quel point il est fier de sa maman bipolaire et que tous ses copains et copines viennent faire de grandes fêtes à la maison.

J’ai foi en une sorte de Dieu, ou une sorte d’instance supérieure. Alors enfanter est l’expérimentation ultime de ce pouvoir créateur qui nous a été légué en tant qu’êtres humains.

Mais je suis tellement réaliste quant à ce que représente la totale responsabilité d’un être humain, que j’en suis triste.

Est-ce que moi, j’y arriverai ? Mais le trouble ne sera jamais ce qui m’empêchera d’élever mon enfant. L’amour que notre famille lui portera le comblera, car c’est tout ce qu’il faut à un humain. Je n’ai pas peur d’enfanter dans ce monde, car je lui construirai un environnement à notre image avant qu’il ne se le construise lui-même.

LA RÉALITÉ DOUCE A MÈRE

La réalité est douce-amère. J’ai déjà 34 ans et mes ovocytes déclinent avec l’âge. Je survis avec l’AAH. Mon trouble bipolaire n’est pas encore entièrement stabilisé comme je le souhaiterai.

 Mon compagnon de vie n’a pas trouvé le métier de ses rêves ni trouvé son chemin spirituel pour vivre pleinement le bonheur de son existence .

Pourtant, je refuse aujourd’hui qu’on stigmatise les parents bipolaires. On donnera tout pour nos enfants. Peut-être même plus qu’une personne sans trouble, car nous vivons avec une maladie incurable. On connaît la souffrance et l’impuissance de notre entourage, le fait de revoir tous ses plans de vie à chaque rechute. On connaît l’incertitude, le désespoir, l’hospitalisation.

Alors que je n’entends plus jamais quelqu’un, ou que je ne lise plus jamais qu’avoir un parent bipolaire est un enfer dans les gros titres des journaux.

Si enfer il y a, c’est l’humain qui le créé, pas la pathologie. Il y a des parents sans trouble psychique qui sont des monstres. Et il y a beaucoup de parents avec diverses maladies, ou bien qui ont un trouble psychique, ou qui ont des revenus modestes : et pourtant ils élèvent merveilleusement bien leurs enfants.

Mon foyer actuel n’est que joie, rire, entraide, adaptation et respect de l’autre.

Alors, décriez tant que vous voulez cette maladie, jamais vous ne pourrez dénier la puissance de l’amour d’un parent bipolaire, parce que nous aimons passionnément.

En connaissance de cause, « tout ce que j’ai à décider », c’est de mettre au monde un mini-nous. Si mon désir d’enfant est un jour si fort, alors je m’imagine être capable d’élever un enfant possiblement handicapé, ou adopté, et d’être mère au foyer, là où hier rien ne me séduisait moins que ce métier.

Je ne serai pas une mère bipolaire, je serai une mère qui donnera tout pour son enfant.

Il sera de toutes mes forces aimé par-delà les montagnes que je soulèverai pour lui.

Maman se bat déjà pour qu’un jour tu puisses vivre.

Lucie

Et toi ton désir d’enfant / maternité / paternité avec un trouble psychique ça passe comment ?

MON ENFANT EST BIPOLAIRE

2014. Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, on va m’appeler.

 » Votre enfant – hôpital psychiatrique – urgences – vous inquiétez pas – non vous ne pouvez pas venir – on s’en occupe. »

Ça ressemblait à du Morse, et j’ai répondu moi aussi.

 » OK. J’a-r-r-i-v-e – vous inquiétez pas – je m’en occupe – et surtout ferme-là à tout jamais. »

J’arrive, je rue dans les brancards, je crie pour savoir où est mon enfant et finalement on me confond avec un possible patient et j’évite de justesse la piqûre et l’isolement. C’était pas si mal comme réaction pour m’infiltrer. D’habitude, je suis très respectueuse des soignants et je suis les procédures. Là, j’ai au moins autant hurlé que quand j’ai pondu mon enfant. Putain, 8 heures pour le sortir le machin dodu. Cette prestation m’a valu d’être dans la file d’attente du couloir. Je pouvais entendre mon enfant parler au psychiatre car j’ai entrebâillé la porte. Il semblait super bien, il disait qu’il est énergique, qu’il a plein de copains. Il faisait des blagues, il était détendu, croyant à une farce avec toutes ces blouses blanches qui virevoltaient.

Bref, je me suis dit, il est comme d’habitude. On allait enfermer mon gosse parce qu’il est super. Je l’entendis accepter de prendre un médicament et d’être conduit dans une chambre. Je me suis cachée sous le banc dès que je le vis sortir. Allez, je prends sur moi, mon enfant est loin d’être con, puisqu’il tient de moi. Je reprends mes esprits, je rentre mes crocs et mes griffes de louve, je remets mon habit d’agneau et je vais discuter avec le psychiatre.

Il refait du morse le con. « – vous inquiétez pas – quelque temps – bipolaire – on s’en occupe – bonne journée – on vous tient au courant. »

Je m’enfuis alors des urgences psychiatriques à la place de mon enfant. Rassurée, vraiment. Rassurée autant qu’on puissequand on imagineson gosse brûlant sur le bûcher d’une place publique du Moyen-Âge.

Réflexe Google. Quand j’ai tapé « bipolaire » sur le moteur de recherche, je me sentais encore mieux vis-à-vis des questions du peuple du Moyen-Âge :

  • Un bipolaire est-il dangereux ?
  • Un bipolaire meurt combien de temps avant les autres ?
  • Un bipolaire est-il manipulateur ?
  • J’ai une mère bipolaire c’est un enfer
  • Un bipolaire peut-il tuer quelqu’un
  • Les médicaments sont horribles
  • Un bipolaire guérit-il ?
  • Peut-on être en couple avec un bipolaire ?

Et tant d’autres questions qui me semblaient surréalistes. Non, alors, mon gosse n’est pas bipolaire.

J’ai eu le deuxième meilleur réflexe : Doctissimo. J’ai cherché des témoignages sur les forums de personnes avec un trouble bipolaire. Ça parlait d’effets secondaires, de dépressions, de crise maniaque ( c’est quoi ça p’tain ) de non-guérison, de durée de vie raccourcie, et en finalité ça ressemblait à une gigantesque mare de désespoir.

J’ai eu le troisième super réflexe, j’appelle un psychiatre au pif.

 La secrétaire me répond « Non,-madame, pas d’entrevue avec vous, on n’a déjà pas assez de place pour les personnes malades ». Flex Ronflex.

J’allais avoir du temps pour me cultiver, car l’hôpital comptait garder mon gosse pour un temps indéter minable. Grosse razzia de livres Amazon, Fnac, jusqu’aux petites librairies indépendantes avec tout ce qui pouvait contenir le mot bipolaire de loin ou de près, et les vidéos traitant du thème n’avaient plus aucun secret pour moi. Je me suis remise à l’anglais pour les recherches à l’international.

En 2014, je suis allée dans des associations qui faisaient peine à voir par le manque de moyens, et le manque de bonne humeur des légumes ici présents. Non, je vous l’affirme, mon gosse n’est pas une carotte. Parce que c’est moi qui l’ai fait pousser.

On m’appela à l’heure où ne blanchissait plus la campagne, mais visiblement celle où blanchissaient mes cheveux.

C’était reparti pour le morse. « OK. J’attends pour le voir. Il prend quoi comme médicaments ? OK. Je répète, il prend quoi comme médicaments ? OK. Youston c’est la dernière fois que je pose la question des médicaments sinon je me tire une balle dans la tête. »

La menace a du bon parfois, ça a fait son petit effet et pas secondaire celui-là.

C’était parti pour Doctissémoi. Un ami docteur me faisait de fausses ordonnances pour que j’obtienne les médicaments que mon enfant gobait. Si je voulais comprendre mon enfant, fallait que je me les administre et que je lise à sa place. J’en ai bouffé des drogues dans ma vie, frérot, celles-là elles dépotaient. J’ai testé toutes les catégories de médicaments, les dosages, les gouttes, les comprimés, mélangé un peu le tout. Je vivais en parallèle ce qu’on lui faisait là-bas.

Un jour je suis allée au marché de l’hôpital psychiatrique pour récupérer mon légume.

« Excusez-moi madame, je sais à quoi ressemble mon enfant, on n’est pas à la maternité ici où on peut échanger les bébés parce qu’ils se ressemblent tous. Le mien a 24 ans, il sait parler, marcher, rire, etc. j’en ai assez chié dans son éducation pour qu’il en arrive à là, d’habitude j’ai de l’humour, mais là j’en ai un peu moins. Puis aussi il a l’air un peu sénile, il va aussi se caguer à la culotte ? ».

Je posais mon légume sur la table, je l’examinais sous toutes les coutures. Visiblement c’était bien mon gosse. Quelque temps plus tard, il se remit à parler et rire. Nan, j’déconne, il resta au fond de son lit, défiant l’hibernation des ours polaires.

-Vous inquiétez pas – bipolaire pas grave – stabilité – médicaments à vie

Après le morse, j’ai fait un tel déni de sa bipolarité que j’ai dû apprendre le braille. Je devais sourire et rassurer mon légu… enfant . Lui dire que tout va bien, qu’il ne va pas mourir (enfin pas encore, juste le temps que les médicaments le détruisent à petit feu ), que ce n’est pas la pire des maladies, qu’il n’y a pas vraiment de guérison, que oui biensûr il n’aura pas « exactement la même vie qu’avant, mais bon… ». Je lui disais de sortir de son lit cette feignasse, la comédie avait assez duré. Mon enfant est bipolaire, OK, mais pas bipolaire comme les autres. Mon enfant est FORT.

Il va reprendre son super boulot, ses études sans failles, son cercle d’amis. Puis, on lui arrêtera son traitement, un ‘ment donné ! Il ne se confiait plus à moi et s’énervait, la bouche sèche et ses 18 kilos en plus. Il ne me parlait plus que de « sa » maladie et je voyais un autre enfant à sa place, une sorte de jumeau maléfique. Je ne minimisais pas sa souffrance, ne me jugez pas. J’essayais de lui remonter le moral, comme on fait avancer un âne avec une carotte au bout. Il était abruti par les cachets, mais pas assez abruti pour capter que je ne lui racontais peut-être pas, exactement, la vérité. Moi j’attendais de toute façon, la voyante avait tiré les cartes pour lui : dans 10 ans il serait guéri de la bipolarité.

2024. Mon enfant était officiellement handicapé. Il survit avec son allocation, ses éducateurs spécialisés ( le métier qu’il voulait exercer d’ailleurs, dans un monde parallèle où la bipolarité n’existerait pas ).

Ils l’aident dans son quotidien, parce qu’il ne se considère plus « autonome ». Il est même vachement fier de me dire qu’il a une RQTH et qu’il peut finalement travailler à élever des carottes. Il a renoncé à tout ce qu’il voulait : une maison, des enfants, un métier égal à ses compétences,des voyages…

Ses nouveaux amis bipolaires et lui forment un vaste champ de légumes divers et variés. Et visiblement, ses anciens amis sont devenus végans, mais à l’inverse.

J’ai eu tellement d’émotions ces 10 dernières années que même les couleurs de l’arc-en-ciel ne sont pas assez nombreuses pour les décrire. Mon enfant n’a pas la pire des maladies, c’est vrai. Quand il vient s’en plaindre en me disant de ne pas faire un déni, mais à la fois qu’il en fait un aussi, je réagis aussi en deux temps. Je dis « non t’inquiètes mon enfant ta vie est super bravo ». Il est content et retourne jouer dans son parc. Derrière lui, sans lui dire, en 10 ans j’en ai fait des recherches, volé ses médicaments en douce et testé sur moi, rencontré des éminents psychiatres et soignants, écumés des conférences, lu des bouquins qui n’ont jamais de happy end . Donc je lui souris, puis comme d’habitude, je ferme sa porte, et je vais pleurer dans mon coin priant pour qu’il ne m’entende pas.

Je me remémore toutes les fois où j’ai merdé avec lui : les brimades, les menaces, la comparaison avec les autres… Et pire, si c’était moi qui lui avais filé des gènes pourris ? Je lui dis enfin que je l’aime, il me demande justice et je lui offre les réparations.

Son avenir est tracé et il s’en contente. En tout cas, il me le fait gentiment croire pour que je n’aie pas peur. Et comme je faisais quand il avait 6 ans, je fais aussi semblant de le croire pour qu’il n’ait pas peur.

Je suis tellement fière de mon enfant. Même s’il a perdu de bonnes cartes, il joue encore. Récemment, il y a un truc qui se passe et qui me titille. Il me parle d’amis comme lui, parqués dans un potager. Il m’en parle beaucoup trop d’ailleurs, et j’en ai marre.

Le mot bipolarité est sorti de mon dictionnaire mental depuis longtemps. J’ai même appelé l’Académie française pour qu’ils l’enlèvent officiellement. Parce que je le connais, mon enfant, il va s’enthousiasmer, faire une crise, puis une dépression, et il reviendra se replanter dans mon jardin.

Pourtant j’observe une différence dans son jeu cette fois-ci. Ses amis ne sont plus 3 ou 4. Ils sont des centaines et ça continue de grossir. De loin, ils ressemblent à un champ de fleurs. Puis il a décidé de dessiner ses propres cartes. Il fait comme maman, quand ça ne l’arrange pas, il ne respecte pas les règles et invente les siennes. J’y crois pas trop, mais ça me fait quand même un peu sourire. La voyante n’avait peut-être pas tort au fond. Elle a tiré ses cartes de guérison, mais c’est lui qui les dessine. Le diagnostic de mes entrailles m’a brisé, peut-être même plus qu’à lui.

Bizarrement, je recommence à lui faire confiance et à le voir aussi lumineux qu’il l’a toujours été, même diagnostiqué . Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Il est toujours vivant et je crois qu’il a grandi. Et moi avec.

[ ÉPILOGUE ]

Je ne suis mère que dans mon imaginaire, et mon enfant est virtuel.

Ce que tu viens de lire est une fable dépeignant un entourage impuissant, qui ne peut pas comprendre la bipolarité malgré sa bonne volonté. Un entourage tantôt bienveillant et culpabilisant, maladroit, blessant sans vouloir l’être. Un entourage qui y croit tout autant qu’il n’y croit plus. Un entourage qui tombe à chaque fois qu’il tombe. Un entourage qui dénie parce qu’il souffre trop de voir son enfant faire son propre déni et après se résigner. Un entourage qui aime comme il peut, au fond. Je suis bipolaire diagnostiquée depuis 9 ans, et pour la première fois de ma vie, je me suis imaginée à leur place. Je suis un peu cet enfant et cette mère à la fois.

J’espère que ma maman imaginaire va m’aider à dessiner les nouvelles cartes avec mes amis ! Qui sait, peut-être trouvera-t-on des trésors ?

Lucie