Lauréats du Prix Vidéo Arts Convergences 2018

Le Prix Vidéo Arts Convergences (dont le Psycom est partenaire) a récompensé au Forum des Images, à Paris le 5 décembre 2018, de très courts métrages, de tous genres ou type de réalisation, sur le thème « Il faut bien vivre avec une maladie psychique! ».


GRAND PRIX : « The Mess (Le Désordre) », réalisation Dorothy Allen-Pickard – Docu-Fiction (4’12’’)
Quand Ellice va mal, sa chambre devient bordélique – elle ne le voit jamais venir, mais cela vient à tous les coups. Il semble qu’il n’y ait aucun moyen de briser le cycle de hauts et de bas qui constitue la bipolarité.



PRIX DU JURY : « Le chien de Churchill », réalisation Etienne Husson – Animation (4’15’’)
À travers un personnage historique Churchill, dont la maladie n’a pourtant jamais été vraiment diagnostiquée, un portrait singulier des maladies psychiques où l’on relativise la notion du « bien vivre ».



PRIX DU PUBLIC : « Saperlipopette », réalisation Cécile Poirier – Fiction (2’27’’)
Itinéraire vers les pôles Nord et Sud.

Le rôle social des usagers en santé mentale

L’expérience de la folie ne légitime pas le fou dans sa parole mais ne justifie pas qu’on parle à sa place.

usagers santé mentale

En France, nous sommes 2 millions d’usagers en santé mentale. Ceux qui s’en sortent préfèrent se désigner comme ex-usagers ou survivants de la psychiatrie. Car il est vrai que l’expérience de l’hospitalisation en psychiatrie est souvent vécue comme une épreuve traumatisante. Non pas que les personnels soignants soient particulièrement inhumains ou incompétents ; l’hôpital psychiatrique est par essence un lieu d’accueil de la détresse extrême, coupé du monde, étape d’un mécanisme d’exclusion sociale.

L’intégration sociale c’est réussir à s’en sortir, à ré-inventer une forme de vie satisfaisante au sein de la société, où l’espace et le temps des soins ne soient pas prépondérants. C’est créer une forme d’autonomie, pouvoir s’émanciper en corps et en esprit, avec le soutien bienveillant des autres.

La question sous-jacente est celle de la maladie psychique. Pour qu’il y ait des soignants, des aidants voire des pair-aidants ou des proches-aidants, il faut des personnes « malades ». Or le statut de « malade » peut être pertinent dans les espaces de soins et la pharmacie mais pas dans l’espace social.

Reconnaître à quelqu’un une maladie est un acte médical. Le transformer en statut social, c’est un acte malveillant qui ne peut conduire qu’à l’exclusion sociale.

Se sortir du statut de malade, voilà ce qui nous intéresse, avoir une vie comme tout le monde et se libérer des étiquettes médicales. Le terme d’usager reconnaît au moins à la personne sa capacité à être autre chose qu’un malade.

Le rôle de l’usager en santé mentale peut devenir un enjeu politique. Se sortant des schémas de la maladie, il peut revendiquer son droit à la parole sur les sujets qui le concernent plutôt que de laisser la parole aux seules familles ou aux experts de la psychiatrie. L’expérience de la folie ne légitime pas le fou dans sa parole mais ne justifie pas qu’on parle à sa place.

Au-delà des revendications par rapport aux traitements déshumanisants qui existent en psychiatrie, le rôle de l’usager peut devenir un rôle social : il « incarne » un message d’espoir qui parle à tous, faisant sortir la « folie » du champ médical et des représentations négatives.

Nous avons le pouvoir de changer les représentations sociales sur les troubles psy en en faisant un sujet de débat au sein même de la société et non plus un sujet médical du ressort de l’intime et une honte sociale source de mal-être et d’auto-exclusion.

 

Les impacts des maladies psy dans le travail

Quels sont les impacts des troubles psychiques dans le travail?
Il est admis que chez une personne souffrant de troubles psychiques:

Les capacités intellectuelles sont le plus souvent conservées mais utilisables de manière variable.

Comment cela se traduit concrètement?
Voici un extrait de la rubrique maladies psychiques du site maladie-chronique-travail.eu, où il est question des difficultés que peuvent éprouver les personnes concernées, pour créer un environnement de travail propice à l’expression de leurs compétences et à leur aguerrissement.

La maladie ou les traitements peuvent avoir des impacts dans le travail :

  • Des impacts cognitifs :
    • Troubles de la concentration et mémorisation des consignes
    • Troubles de la concentration et de l’attention
    • Difficultés à anticiper, planifier

D’où l’importance de donner des consignes claires, éventuellement avec un support (fiches, supports informatiques), de reformuler, …

  • Des difficultés dans la réalisation du travail :
    • Lenteur d’exécution
    • Fatigabilité
    • Difficultés à mobiliser ses capacités

D’où l’importance de prendre en compte le rythme propre de la personne (en particulier pendant les phases d’adaptation), adaptation des horaires, temps partiel, éviter les changements de postes trop fréquents.

  • Des difficultés de communication :
    • Stress
    • Trouble de la gestion de vie émotionnelle

D’où la nécessité de soutien pour entreprendre de nouvelles tâches, de mise en confiance.

  • Des difficultés sociales :
    • Retard
    • Aspect vestimentaire

D’où la nécessité pour certaines personnes de travailler sur les codes sociaux, les difficultés de  la vie quotidienne en ayant un suivi à l’extérieur de l’entreprise

Employeurs et collègues sont souvent au courant (sans connaître précisément le diagnostic), mais se trouvent démunis (méconnaissance de l’attitude à observer ), ce qui peut entraîner un phénomène de stigmatisation, d’où l’importance d’informer l’ensemble du service et de prévoir un accompagnement (tuteur, collègue).